Cette annexe rassemble les nombres du cours: les unités dans lesquelles on les exprime, les constantes fondamentales, les masses molaires, les tables thermodynamiques, les constantes d'équilibre et les potentiels standard. Elle est faite pour être consultée, pas lue d'un bout à l'autre — mais les quelques pages de prose qui accompagnent chaque table méritent une lecture, parce qu'elles disent d'où viennent les valeurs et avec quelle précision on a le droit de les utiliser.
Trois principes gouvernent tout ce qui suit. D'abord, les valeurs sont celles que partagent les douze chapitres: ne les arrondissez pas autrement d'un exercice à l'autre, sous peine de voir votre résultat s'écarter du corrigé au troisième chiffre. Ensuite, chaque nombre porte son statut: certaines constantes sont exactes par définition depuis la réforme du Système international de 2019, d'autres sont mesurées et donc affectées d'une incertitude. Enfin, tout ce qui pouvait être recalculé l'a été: les masses molaires des composés sont sommées à partir des masses atomiques de la même table, les se déduisent des par , les sont les des voisins, et les enthalpies libres de formation ont été calculées, jamais recopiées. Là où une valeur provient d'une tabulation extérieure, la table le dit.
L'état standard retenu dans tout le cours est , , à sauf mention contraire.
Le Système international d'unités
Le tableau ci-dessous donne les sept unités de base et la constante dont la valeur fixée les définit.
| Grandeur | Unité | Symbole | Constante fixée | Valeur exacte |
|---|---|---|---|---|
| Temps | seconde | fréquence hyperfine du césium 133 | ||
| Longueur | mètre | vitesse de la lumière | ||
| Masse | kilogramme | constante de Planck | ||
| Courant électrique | ampère | charge élémentaire | ||
| Température | kelvin | constante de Boltzmann | ||
| Quantité de matière | mole | constante d'Avogadro | ||
| Intensité lumineuse | candela | efficacité lumineuse |
Ce que la réforme change pour la mole. Avant 2019, une mole était la quantité de matière d'un système contenant autant d'entités qu'il y a d'atomes dans de carbone 12; la constante d'Avogadro était alors une grandeur mesurée, dont on cherchait la valeur à coups de sphères de silicium monocristallin. Depuis 2019, la relation est renversée: une mole contient exactement entités élémentaires, un point c'est tout. La mole est devenue un simple comptage, indépendant de toute substance. En contrepartie, la masse molaire du carbone 12 n'est plus exactement : c'est une valeur mesurée, égale à à environ près. Autant dire que pour la chimie, rien ne change: les masses molaires du tableau périodique, données à quatre ou cinq chiffres significatifs, sont très loin d'être sensibles à un écart relatif de .
Ce que la réforme change pour le kilogramme. Le kilogramme était, jusqu'en 2019, la masse d'un cylindre de platine iridié conservé à Sèvres. Un artefact dérive: les copies nationales s'écartaient du prototype de quelques dizaines de microgrammes en un siècle, sans que l'on sût laquelle avait bougé. Fixer permet de réaliser le kilogramme n'importe où, par une balance de Kibble qui compare une puissance mécanique à une puissance électrique, ou par le comptage des atomes d'une sphère de silicium. La métrologie suisse (METAS, à Wabern) participe à ce réseau de réalisations.
Unités dérivées utiles en chimie
| Grandeur | Unité | Symbole | Expression en unités de base |
|---|---|---|---|
| Force | newton | ||
| Pression | pascal | ||
| Énergie, travail, chaleur | joule | ||
| Puissance | watt | ||
| Charge électrique | coulomb | ||
| Potentiel électrique | volt | ||
| Fréquence | hertz | ||
| Concentration | — | usage chimique: | |
| Masse volumique | — | usage chimique: |
Deux relations dérivées reviennent sans cesse: , qui rend homogène le travail du chapitre 8, et , qui rend homogène le travail électrique du chapitre 12. Il vaut la peine de les vérifier une fois pour toutes plutôt que de mémoriser les facteurs.
Préfixes
| Préfixe | Symbole | Facteur | Préfixe | Symbole | Facteur |
|---|---|---|---|---|---|
| téra | déci | ||||
| giga | centi | ||||
| méga | milli | ||||
| kilo | micro | ||||
| hecto | nano | ||||
| déca | pico | ||||
| — | — | — | femto |
Unités hors SI tolérées
Le SI tolère un petit nombre d'unités anciennes dont l'usage reste commode. Les facteurs marqués «exact» le sont par définition de l'unité; les autres sont donnés à quatre chiffres significatifs.
| Unité | Symbole | Grandeur | Conversion |
|---|---|---|---|
| litre | volume | (exact) | |
| bar | pression | (exact) | |
| atmosphère normale | pression | (exact) | |
| torr | pression | (exact par définition) | |
| millimètre de mercure | pression | ; égal au torr à près | |
| ångström | longueur | (exact) | |
| électronvolt | énergie | (exact) | |
| unité de masse atomique | (ou ) | masse | (mesurée) |
| calorie thermochimique | énergie | (exact) | |
| minute, heure | , | temps | , (exact) |
| degré Celsius | température | (exact) |
L'électronvolt est exact depuis 2019 parce que est exacte: est par construction le travail de sous . L'unité de masse atomique, elle, est le douzième de la masse d'un atome de carbone 12, donc une grandeur mesurée depuis que la mole ne dépend plus du carbone.
Constantes fondamentales
La colonne «statut» distingue ce qui est exact par définition depuis 2019 de ce qui est mesuré. Les valeurs de la colonne «valeur du cours» sont celles à employer dans tous les exercices; la colonne suivante donne, quand elle diffère, la valeur exacte ou plus précise dont elle est l'arrondi.
| Constante | Symbole | Valeur du cours | Valeur complète | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Constante d'Avogadro | exacte | |||
| Constante de Planck | exacte | |||
| Vitesse de la lumière (vide) | exacte | |||
| Charge élémentaire | exacte | |||
| Constante de Boltzmann | exacte | |||
| Constante des gaz parfaits | exacte | |||
| Constante des gaz parfaits | exacte | |||
| Constante des gaz parfaits | exacte | |||
| Constante de Faraday | exacte | |||
| Zéro de l'échelle Celsius | — | exact (définition) | ||
| Constante de Rydberg (énergie) | mesurée | |||
| Masse de l'électron | — | mesurée | ||
| Masse du proton | — | mesurée | ||
| Unité de masse atomique | — | mesurée | ||
| Accélération de la pesanteur (normale) | conventionnelle | |||
| Produit ionique de l'eau, 25 °C | mesurée | |||
| Volume molaire du gaz parfait, 0 °C et 1 atm | calculée | |||
| Volume molaire du gaz parfait, 0 °C et 1 bar | calculée | |||
| Volume molaire du gaz parfait, 25 °C et 1 bar | calculée |
Pourquoi et sont désormais exactes. Ce sont des produits de constantes fixées: et . En multipliant les valeurs exactes, on obtient et : des nombres exacts, dont l'écriture décimale est simplement trop longue pour l'usage courant; on les arrondit, mais aucune incertitude ne s'y attache. Avant 2019, se mesurait — par la vitesse du son dans l'argon, notamment — et sa dernière incertitude relative, de l'ordre de , a précisément servi à fixer .
Les volumes molaires ne sont pas des constantes de la nature. Ce sont les valeurs de pour un gaz parfait, donc des résultats de calcul dépendant du couple choisi. À et : . Un gaz réel s'en écarte de quelques dixièmes de pour-cent au voisinage de l'ambiante, davantage près de sa condensation (chapitre 7).
Conversions et rappels de calcul
Pression
| (exact) | ||||
L'écart entre le bar et l'atmosphère est de : il est négligeable pour un ordre de grandeur, jamais pour un calcul à quatre chiffres. Comme l'état standard du cours est , la constante avec les pressions en pascals est le choix par défaut. Pour éviter les conversions, les chapitres 7 et 11 emploient couramment la forme , qui accepte directement des litres et des bars; ne sert que si l'énoncé donne des atmosphères. Les trois formes sont la même constante:
Mélanger ces trois écritures dans un même calcul est l'erreur la plus coûteuse du chapitre 7: vérifiez toujours que les unités de , de et de se simplifient avant de taper le premier chiffre.
Énergie
| Départ | Arrivée | Facteur |
|---|---|---|
| (exact) | ||
| (par entité) | (exact) | |
| par entité | , soit | |
| (nombre d'onde) | par photon | |
| (exact) | ||
| (exact) | ||
Le facteur par électronvolt n'est autre que exprimée en kilojoules: par volt, et il est exact pour la même raison que . C'est pourquoi une pile de force électromotrice à deux électrons échangés libère — c'est l'ordre de grandeur trouvé au chapitre 12 pour la pile Daniell.
Température
Une différence de température vaut le même nombre en kelvins et en degrés Celsius: c'est pourquoi une capacité thermique s'écrit indifféremment en ou en . En revanche, toute grandeur où apparaît seule — , , — exige des kelvins.
Concentration
| Grandeur | Symbole | Définition | Unité |
|---|---|---|---|
| Concentration molaire | ou | ||
| Molalité | |||
| Fraction molaire | sans dimension | ||
| Pourcentage massique | sans dimension (ou %) | ||
| Partie par million | ppm |
Les formules de passage utilisent toutes la masse volumique de la solution, en :
Dans la dernière relation est exprimée en . Pour une solution aqueuse diluée, et en masse équivaut à : c'est l'approximation qui fonde toute l'analyse des eaux, et elle cesse d'être acceptable dès que la solution est concentrée.
Chiffres significatifs et incertitude
Les règles énoncées au chapitre 1 sont rappelées ici sous forme opératoire.
Trois compléments valent d'être retenus. Les nombres exacts — coefficients stœchiométriques, nombres de comptage, facteurs de conversion exacts comme — n'ont pas de chiffres significatifs et ne limitent jamais le résultat. Les calculs intermédiaires se mènent avec un ou deux chiffres de plus que nécessaire: on n'arrondit qu'à la fin, sauf pour les grandeurs tabulées que l'on reporte d'une étape à l'autre. Enfin, l'arrondi se fait au plus proche, et à mi-chemin exact vers le chiffre pair (, ) pour ne pas biaiser une longue série vers le haut.
L'hypothèse d'indépendance est essentielle: deux pesées faites sur la même balance mal étalonnée ne sont pas indépendantes, et leurs erreurs s'ajoutent alors linéairement, ce qui est plus pénalisant. En l'absence d'information, la majoration prudente consiste à additionner les incertitudes relatives sans les mettre au carré.
Masses molaires
Masses atomiques
Valeurs en , arrondies à quatre chiffres significatifs au plus (masses atomiques relatives standard de l'IUPAC). Les vingt-deux premières sont celles que partagent tous les chapitres.
| Élément | Symbole | Élément | Symbole | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Hydrogène | Potassium | ||||
| Carbone | Calcium | ||||
| Azote | Fer | ||||
| Oxygène | Cuivre | ||||
| Fluor | Zinc | ||||
| Sodium | Brome | ||||
| Magnésium | Argent | ||||
| Aluminium | Iode | ||||
| Silicium | Baryum | ||||
| Phosphore | Plomb | ||||
| Soufre | Hélium | ||||
| Chlore | Lithium | ||||
| Bore | Chrome | ||||
| Néon | Manganèse | ||||
| Argon | Nickel | ||||
| Titane | Étain | ||||
| Strontium | Mercure |
Le carbone, l'azote et l'oxygène sont donnés à cinq chiffres parce qu'ils entrent dans presque toutes les masses molaires organiques, et qu'y perdre un chiffre se paie sur un composé à vingt atomes. Rappelons que la masse atomique relative est une moyenne pondérée des isotopes dans leur abondance terrestre: c'est pourquoi le chlore vaut et non un nombre proche d'un entier.
Masses molaires de composés
Toutes les valeurs de cette table ont été recalculées en sommant les masses atomiques ci-dessus, sans arrondi intermédiaire, puis arrondies à deux décimales.
| Composé | Formule | en | Composé | Formule | en |
|---|---|---|---|---|---|
| Dihydrogène | Acide nitrique | ||||
| Eau | Hydroxyde de sodium | ||||
| Ammoniac | Hydroxyde de potassium | ||||
| Méthane | Hydroxyde de calcium | ||||
| Diazote | Hydroxyde de magnésium | ||||
| Dioxygène | Oxyde de calcium | ||||
| Dichlore | Carbonate de calcium | ||||
| Monoxyde de carbone | Carbonate de sodium | ||||
| Dioxyde de carbone | Hydrogénocarbonate de sodium | ||||
| Monoxyde d'azote | Chlorure de sodium | ||||
| Dioxyde d'azote | Chlorure de potassium | ||||
| Tétroxyde de diazote | Chlorure d'ammonium | ||||
| Dioxyde de soufre | Chlorure d'argent | ||||
| Trioxyde de soufre | Nitrate d'argent | ||||
| Chlorure d'hydrogène | Sulfate de baryum | ||||
| Fluorure d'hydrogène | Sulfate de sodium | ||||
| Cyanure d'hydrogène | Sulfate d'ammonium | ||||
| Acide sulfurique | Sulfate de cuivre(II) | ||||
| Acide phosphorique | Sulfate de cuivre(II) pentahydraté | ||||
| Acide acétique | Permanganate de potassium | ||||
| Éthanol | Dichromate de potassium | ||||
| Éthane | Oxyde de fer(III) | ||||
| Propane | Oxyde d'aluminium | ||||
| Benzène | Fluorure de calcium | ||||
| Glucose | Saccharose |
Les huit masses molaires dérivées que le cours cite explicitement — , , , , , , , — ont été recalculées une à une et coïncident exactement avec les valeurs partagées: , , , , , , et . Aucune divergence n'a été trouvée.
Tables thermodynamiques
Les enthalpies standard de formation et les entropies molaires standard ci-dessous sont des valeurs tabulées standard à 298 K (type CRC Handbook / Atkins); les quatorze premières enthalpies et les douze premières entropies sont celles que partagent les chapitres 8 et 9. Les entropies des corps simples , , et , ainsi que les entropies de , , , , et , ne figurent pas dans la liste partagée et proviennent de la même famille de tables; elles sont signalées par un astérisque.
| Espèce | en | en | en | calculée en |
|---|---|---|---|---|
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
| (*) | ||||
Les colonnes sont cohérentes entre elles par construction: la quatrième est la différence d'entropies imposée par la réaction de formation, la cinquième vaut à près. Aucune valeur de n'a été recopiée d'une table extérieure. Le lecteur qui comparera à une table du commerce trouvera des écarts de l'ordre de à : ils viennent des arrondis des colonnes de départ, pas d'un désaccord de fond.
Une vérification indépendante existe dans le cours lui-même. Le chapitre 9 calcule, pour la formation d'une mole d'eau liquide à partir de et , une enthalpie libre de réaction de . C'est précisément la ligne de la dernière colonne, obtenue ici par un chemin indépendant. Notez au passage que cette table est le seul endroit du cours où les sont rassemblées: les chapitres 9, 11 et 12 calculent toujours soit par , soit par , soit par . Les trois voies doivent s'accorder, et leur accord est le meilleur contrôle disponible.
Tables d'équilibres
Constantes d'acidité et de basicité à 25 °C
Chaque ligne a été vérifiée: , avec , et . Les couples sont classés du plus acide au moins acide.
| Acide | Formule | Base conjuguée | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ion hydrogénosulfate | ||||||
| Acide phosphorique | ||||||
| Acide fluorhydrique | ||||||
| Acide nitreux | ||||||
| Acide formique | ||||||
| Acide benzoïque | ||||||
| Acide acétique | ||||||
| Acide carbonique | ||||||
| Sulfure d'hydrogène | ||||||
| Ion dihydrogénophosphate | ||||||
| Acide hypochloreux | ||||||
| Acide cyanhydrique | ||||||
| Ion ammonium | ||||||
| Ion hydrogénocarbonate | ||||||
| Ion hydrogénophosphate |
Les de , de l'acide formique, de l'acide acétique, de , de , de et des trois acidités de sont ceux que partage le cours entier; celui de vient du chapitre 2; les trois autres (, acide benzoïque, ) sont des valeurs tabulées standard ajoutées ici, et aucun exercice du cours n'en dépend.
Deux vérifications valent d'être refaites à la main. Pour l'ammoniac, : c'est la valeur que tout le monde connaît, et elle sort bien du de . Pour l'acide acétique, , soit une base très faible — mais pas négligeable, puisque c'est elle qui rend basique une solution d'acétate de sodium.
Produits de solubilité à 25 °C
Valeurs tabulées standard, complétées par la solubilité molaire dans l'eau pure, calculée ici depuis en négligeant tout effet d'ion commun, toute hydrolyse et tout effet de force ionique.
| Solide | Équilibre de dissolution | en | ||
|---|---|---|---|---|
Pour un solide , ; pour un solide , donc . Cette différence d'exposant explique une anomalie apparente de la table: a un cent fois plus petit que et pourtant une solubilité quatre fois plus grande. Comparer deux de stœchiométries différentes n'a pas de sens; il faut passer par .
Constantes globales de formation de complexes à 25 °C
| Complexe | Équilibre | (ordre de grandeur) |
|---|---|---|
Ces trois constantes sont données à deux chiffres significatifs et à titre d'ordre de grandeur seulement: les tabulations de constantes de formation dépendent fortement de la force ionique et diffèrent parfois d'un facteur dix. Elles suffisent pour la leçon qualitative du chapitre 12 — la complexation par l'ammoniac redissout un précipité en abaissant la concentration du cation libre de plusieurs ordres de grandeur — mais un calcul quantitatif doit reprendre la valeur de sa propre source.
Potentiels standard de réduction à 25 °C
Demi-équations écrites dans le sens de la réduction, en milieu acide sauf mention contraire, classées par potentiel croissant. Le couple à est la référence par convention.
| Demi-équation de réduction | en |
|---|---|
Chaque demi-équation a été vérifiée en charge et en masse: pour le permanganate, côté gauche , côté droit ; en atomes, , et de part et d'autre. Deux règles de lecture: l'oxydant le plus fort est en bas de la colonne, le réducteur le plus fort en haut; et une réaction est thermodynamiquement favorable si l'oxydant du couple de potentiel supérieur rencontre le réducteur du couple de potentiel inférieur, puisque avec .
Les deux couples de l'eau encadrent le domaine de stabilité thermodynamique de l'eau, de à selon le pH. Que et se situent au-dessus signifie qu'ils devraient oxyder l'eau; que le lithium se situe très en dessous signifie qu'il devrait la réduire. Ils le font effectivement — mais la lenteur cinétique de plusieurs de ces réactions, et la passivation, expliquent qu'on manipule néanmoins des solutions de permanganate (chapitre 10).
Ions polyatomiques courants
| Nom | Formule | Charge | Nom | Formule | Charge |
|---|---|---|---|---|---|
| Ammonium | Nitrate | ||||
| Hydronium (oxonium) | Nitrite | ||||
| Hydroxyde | Cyanure | ||||
| Sulfate | Thiocyanate | ||||
| Hydrogénosulfate | Permanganate | ||||
| Sulfite | Chromate | ||||
| Hydrogénosulfite | Dichromate | ||||
| Thiosulfate | Hypochlorite | ||||
| Carbonate | Chlorite | ||||
| Hydrogénocarbonate | Chlorate | ||||
| Phosphate | Perchlorate | ||||
| Hydrogénophosphate | Peroxyde | ||||
| Dihydrogénophosphate | Oxalate | ||||
| Acétate (éthanoate) | Azoture |
Le chapitre 1 en donne douze — ammonium, hydroxyde, cyanure, carbonate, hydrogénocarbonate, permanganate, nitrate, nitrite, sulfate, sulfite, phosphate, hypochlorite. La table ci-dessus les contient toutes et ajoute celles que les chapitres 2, 6 et 12 emploient sans les avoir listées: acétate, perchlorate, hydrogénosulfate, dichromate, chromate, peroxyde, thiosulfate, oxalate, azoture, thiocyanate, chlorite, chlorate, hydrogénophosphate, dihydrogénophosphate et hydronium. Les anions monoatomiques courants ne figurent pas ici: chlorure , bromure , iodure , sulfure , oxyde , nitrure , hydrure .
Quatre régularités de nomenclature rendent cette table presque déductible plutôt que mémorisable. Le suffixe -ate désigne l'oxoanion le plus riche en oxygène d'une série usuelle, -ite celui qui en a un de moins: nitrate contre nitrite , sulfate contre sulfite, chlorate contre chlorite. Les préfixes per- et hypo- ajoutent et retranchent encore un oxygène: perchlorate , chlorate , chlorite , hypochlorite . Le préfixe hydrogéno- signale un proton fixé, ce qui augmente la charge d'une unité: . Le préfixe thio- remplace un oxygène par un soufre: sulfate thiosulfate .
Règles de solubilité dans l'eau
Règles empiriques du chapitre 2, reproduites avec leur numérotation d'origine, à laquelle plusieurs exercices renvoient par numéro. En cas de conflit entre deux règles, la règle de plus petit numéro l'emporte. Elles prédisent le sens d'une réaction de précipitation, pas une solubilité chiffrée — pour cela, il faut un . Le seuil conventionnel est : en dessous, on dit «insoluble».
Toujours solubles
- Les sels des cations alcalins (, , …) et de l'ion ammonium .
- Les nitrates , les acétates , les chlorates et les perchlorates .
Généralement solubles, avec exceptions
- Les chlorures, bromures et iodures, sauf ceux de , et .
- Les sulfates , sauf ceux de , et ; ceux de et sont peu solubles.
Généralement insolubles, avec exceptions
- Les carbonates , phosphates , sulfures et sulfites , sauf avec les cations de la règle 1.
- Les hydroxydes , sauf ceux de la règle 1; est soluble et modérément soluble.
L'ordre compte réellement. Pour , la règle 1 tranche (soluble) et la règle 5 n'est jamais consultée. Pour , la règle 3 s'applique et donne soluble; la règle 4, qui range le baryum parmi les exceptions, ne concerne que le sulfate. Retenez enfin que «insoluble» veut dire «très peu soluble»: dissout tout de même , ce qui est parfaitement mesurable et suffit à faire un précipité visible.
Règles d'attribution des nombres d'oxydation
Règles du chapitre 2, numérotation d'origine conservée. En cas de conflit, la règle de plus petit numéro l'emporte. Le cours note les nombres d'oxydation en chiffres romains.
- Dans un corps simple, le nombre d'oxydation de chaque atome est nul: , , , .
- Dans un ion monoatomique, il est égal à la charge: pour , pour .
- Le fluor vaut toujours — c'est l'élément le plus électronégatif, et cette règle n'a aucune exception.
- Les alcalins valent et les alcalino-terreux dans tous leurs composés.
- L'hydrogène vaut , sauf dans les hydrures métalliques (, ) où il vaut .
- L'oxygène vaut , sauf dans les peroxydes (, ) où il vaut , dans les superoxydes où il vaut , et dans où il vaut puisque le fluor a la priorité.
- La somme des nombres d'oxydation vaut pour une espèce neutre et la charge pour un ion polyatomique. C'est l'équation qui livre l'inconnue.
Un dernier point de vocabulaire: les autres halogènes valent dans la plupart de leurs composés, mais rien dans les règles 1 à 7 ne l'impose, et il n'y a pas de règle huit. C'est la règle 7 qui tranche: dans , l'oxygène étant à , le chlore vaut .
Abaques et repères
Échelle de pH à 25 °C
Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur typiques, pas des mesures: le pH d'un jus de citron ou d'une eau minérale varie d'un échantillon à l'autre. Rappel: à , et le point de neutralité se déplace avec la température puisque en dépend.
| pH | Milieu | Caractère |
|---|---|---|
| – | acide chlorhydrique , bains de décapage | très acide |
| – | suc gastrique | très acide |
| – | jus de citron, vinaigre | acide |
| – | boissons gazeuses, jus d'orange | acide |
| – | café noir, bière, pluie acide | faiblement acide |
| pluie non polluée, en équilibre avec le atmosphérique | faiblement acide | |
| – | lait, salive | quasi neutre |
| eau pure à 25 °C | neutre | |
| – | eaux du Léman et de la plupart des rivières du Plateau | faiblement basique |
| – | sang humain (tampon hydrogénocarbonate) | faiblement basique |
| – | eau de mer | faiblement basique |
| – | solution d'hydrogénocarbonate de sodium | basique |
| – | savons, ammoniaque ménagère | basique |
| – | eau de chaux saturée, laitance de ciment | très basique |
| soude | très basique |
La valeur de mérite d'être retenue: c'est le pH d'une eau de pluie parfaitement propre, simplement équilibrée avec le dioxyde de carbone de l'air. On ne parle donc de «pluie acide» qu'en dessous de ce seuil, et non en dessous de .
La ligne de l'eau pure, elle, dépend de la température, parce que en dépend. Le chapitre 12 en donne la table: à , à , à et à , soit un pH de neutralité de , , et respectivement. De l'eau pure à a donc un pH de sans être acide: elle est neutre, puisque . La neutralité est une égalité de concentrations, pas un pH de .
Indicateurs colorés usuels
| Indicateur | Zone de virage (pH) | Changement de couleur |
|---|---|---|
| Bleu de thymol (1re zone) | – | rouge → jaune |
| Hélianthine (méthylorange) | – | rouge → jaune-orangé |
| Vert de bromocrésol | – | jaune → bleu |
| Rouge de méthyle | – | rouge → jaune |
| Tournesol | – | rouge → bleu |
| Bleu de bromothymol | – | jaune → bleu |
| Bleu de thymol (2e zone) | – | jaune → bleu |
| Phénolphtaléine | – | incolore → rose fuchsia |
| Jaune d'alizarine | – | jaune → rouge-orangé |
Les quatre indicateurs employés dans le cours sont l'hélianthine, le rouge de méthyle, le bleu de bromothymol et la phénolphtaléine; les cinq autres lignes complètent l'échelle vers les pH extrêmes et proviennent de tabulations standard.
Un indicateur est lui-même un couple acide-base faible dont les deux formes sont différemment colorées; sa zone de virage est approximativement . Le critère du chapitre 12 est plus exigeant que le simple encadrement du point d'équivalence: la zone de virage doit être entièrement contenue dans le saut de pH du titrage. C'est la raison pour laquelle on titre un acide faible par une base forte à la phénolphtaléine (équivalence en milieu basique) et une base faible par un acide fort à l'hélianthine (équivalence en milieu acide) — et pourquoi, lorsque le saut ne fait pas deux unités de pH, aucun indicateur ne convient et il faut un pH-mètre. Le tournesol, dont la zone est large de trois unités, ne convient à aucun titrage précis.
Ordres de grandeur des énergies
L'échelle de référence est l'agitation thermique. À :
soit, par entité, , c'est-à-dire environ . Deux autres combinaisons reviennent constamment: , qui convertit une décade de constante d'équilibre en enthalpie libre, et , dont le produit par donne le fameux de l'équation de Nernst à 25 °C.
Les fourchettes ci-dessous sont celles du tableau des interactions du chapitre 7; la colonne de droite les rapporte à , ce qui est la seule manière de les lire.
| Type d'interaction ou de processus | Ordre de grandeur en | Rapport à |
|---|---|---|
| Agitation thermique à 298 K | ||
| Forces de dispersion de London | à | à |
| Interactions dipôle-dipôle | à | à |
| Liaison hydrogène | à | à |
| Enthalpie de vaporisation de l'eau | ||
| Liaison covalente | à | à |
| Liaison ionique (énergie réticulaire) | à | à |
| Énergie d'ionisation d'un atome | à | à |
Cette échelle explique à elle seule une bonne part de la chimie. Une liaison covalente vaut soixante à quatre cents fois : elle ne se rompt pas spontanément à l'ambiante, et il faut une flamme, un rayonnement ou un catalyseur. Une liaison hydrogène ne vaut que quelques : elle se forme et se défait constamment dans l'eau liquide, à l'échelle de la picoseconde, tout en structurant assez le liquide pour lui donner un point d'ébullition anormalement élevé et une enthalpie de vaporisation de . Les forces de London recouvrent les deux régimes: négligeables devant pour l'hélium, dominantes pour une longue chaîne carbonée. Et une réaction dont l'énergie d'activation dépasse est pratiquement gelée à : la fraction de collisions suffisamment énergétiques, , y tombe en dessous de .
Exercices d'utilisation des tables
Se servir des tables
Exercice 1 sur 5Calculez la masse molaire du sulfate d'ammonium à partir de la table des masses atomiques.
Références
- P. Atkins, L. Jones et L. Laverman, Principes de chimie, 4e éd., De Boeck Supérieur. Ses annexes de données thermodynamiques, de constantes d'acidité et de potentiels standard sont la source de référence du type de tables reproduites ici.
- CRC Handbook of Chemistry and Physics, CRC Press, édition courante. La compilation de référence pour les constantes physiques, les masses atomiques, les produits de solubilité et les propriétés des composés; elle indique les incertitudes, ce qu'une table de manuel omet toujours.
- Bureau international des poids et mesures, Le Système international d'unités (SI), 9e éd., 2019. La brochure officielle du SI, qui énonce les sept constantes fixées et les définitions actuelles des unités de base; disponible gratuitement sur le site du BIPM.
- CODATA, Recommended Values of the Fundamental Physical Constants. L'ajustement international des constantes mesurées (, , , ) et de leurs incertitudes, mis à jour tous les quatre ans.
- Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC), Atomic Weights of the Elements et recommandations de nomenclature. Source des masses atomiques relatives standard et des noms d'ions polyatomiques employés dans cette annexe.
- R. H. Petrucci et al., Chimie générale, Pearson. Ses tables d'indicateurs colorés, de règles de solubilité et de nombres d'oxydation présentent les mêmes règles empiriques, avec des exemples d'application complémentaires.