Ce formulaire rassemble, chapitre par chapitre, les définitions, formules et théorèmes essentiels du cours, avec la notation des chapitres correspondants (les numéros d'équations et de théorèmes y renvoient). Chaque formule est suivie de la signification des symboles et de ses conditions de validité; les démonstrations, les exemples et les pièges classiques se trouvent dans les chapitres. Conventions: , , et en romain, pour le logarithme népérien, intervalles ouverts , virgule décimale ().
Chapitre 1 – Nombres réels
Caractérisation de la borne supérieure d'une partie non vide et majorée (théorème 1.3); toute partie non vide et majorée de possède une borne supérieure (axiome de la borne supérieure). De façon symétrique, si minore et si pour tout il existe avec .
Propriété d'Archimède et partie entière; entre deux réels distincts il existe toujours un rationnel et un irrationnel (densité).
Valeur absolue et inégalité triangulaire (1.2, théorème 1.6); signifie .
Inégalités de Bernoulli (1.3), arithmético-géométrique (1.4, égalité si et seulement si ) et de Cauchy–Schwarz (1.5).
Sommes usuelles, toutes démontrables par récurrence; la dernière est la somme géométrique (1.6).
Coefficients binomiaux, relation de Pascal (1.7) et formule du binôme de Newton (1.8), valable pour tous réels et tout , avec .
Chapitre 2 – Nombres complexes
Forme algébrique, conjugué, module et inverse (2.3, 2.4); , , , et .
Forme trigonométrique et exponentielle (2.5, 2.6, 2.8): , défini modulo , . Les modules se multiplient, les arguments s'additionnent.
Formules d'Euler (2.7) et formule de Moivre (2.9), ; elles servent à linéariser , et à exprimer en fonction de .
Racines -ièmes d'un complexe non nul (2.11) et racines -ièmes de l'unité (2.10): points régulièrement espacés sur le cercle de rayon ; on a pour .
Équation du second degré dans (2.13), , l'une des deux racines carrées complexes de ; la racine carrée de se trouve par , , (2.12). Tout polynôme de degré possède racines complexes comptées avec multiplicité (d'Alembert–Gauss); les racines non réelles d'un polynôme réel vont par paires conjuguées.
Chapitre 3 – Suites numériques
Définition – de la convergence (3.3); la limite est unique, toute suite convergente est bornée; si pour tout on a à partir d'un rang.
Suites arithmétiques de raison et géométriques de raison (3.1, 3.2); si , si , pas de limite si .
Limites de référence et croissances comparées (théorème 3.6, (3.4)), pour et : le logarithme est dominé par les puissances, les puissances par les exponentielles, celles-ci par la factorielle, elle-même par .
Théorème des gendarmes (3.5); en particulier entraîne . Le passage à la limite conserve les inégalités larges (), jamais les strictes.
Théorème de la limite monotone (3.7) et suites adjacentes (3.8): une suite croissante non majorée tend vers ; la limite commune de deux suites adjacentes vérifie pour tout .
Théorème 3.9; une suite converge vers si et seulement si toutes ses sous-suites convergent vers , ce qui permet de prouver une divergence en exhibant deux sous-suites de limites différentes.
Critère de Cauchy (3.5, théorème 3.10), valable dans (complétude) mais pas dans .
Suites récurrentes (proposition 3.11): la limite éventuelle est un point fixe; la monotonie se lit sur le signe de et la convergence vient de la limite monotone. Méthode de Héron (3.6): pour , dès et la suite décroît vers de façon quadratique.
Chapitre 4 – Séries numériques
Sommes partielles et condition nécessaire (4.1): si , la série diverge grossièrement; la réciproque est fausse (série harmonique).
Série géométrique et son reste (4.1), série géométrique dérivée (4.5); divergence si .
Séries de Riemann (théorème 4.6) et encadrement du reste par comparaison série–intégrale (4.2, 4.3) pour continue, positive, décroissante: . Valeurs remarquables: .
Critères de comparaison et des équivalents (4.5) pour les séries à termes positifs; une série à termes positifs converge si et seulement si ses sommes partielles sont majorées.
Critères de d'Alembert (quotient, 4.8) et de Cauchy (racine, 4.9), ; typiques pour les termes contenant , ou .
Critère de Leibniz (4.11) et majoration du reste (4.4): la somme est comprise entre deux sommes partielles consécutives.
Convergence absolue (4.10); une série convergente mais non absolument convergente est semi-convergente (exemple: ).
Série de et majoration du reste (4.6, ); cet encadrement démontre l'irrationalité de (Euler, 1737).
Chapitre 5 – Limites et continuité
Définition – (5.1), adhérent à ; caractérisation séquentielle (5.1): pour toute suite . Les limites latérales , et les limites en se définissent de même. Les opérations sur les limites et le théorème des gendarmes (5.4) sont ceux des suites.
Limites usuelles (5.2), qui sont les dérivées en de , , et .
Croissances comparées (5.3, 6.3), , . Formes indéterminées à lever par ces limites, par un équivalent ou par un développement limité: , , , , , et (les trois dernières se traitent en passant au logarithme).
Continuité (5.4) et sa caractérisation séquentielle (5.6); sommes, produits, quotients (dénominateur non nul) et composées de fonctions continues sont continues; se prolonge par continuité en si existe et est finie.
Théorème des valeurs intermédiaires (5.8) et corollaire de Bolzano (5.9); la dichotomie localise le zéro avec une erreur au plus après étapes, soit (5.5). L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
Théorème de Weierstrass (5.10): sur un segment (fermé borné), une fonction continue atteint ses bornes.
Théorème de la bijection (5.12); est un intervalle dont les bornes sont les limites de aux bornes de .
Continuité uniforme (5.6) et fonction -lipschitzienne (5.7). Théorème de Heine (5.13): continue sur un segment uniformément continue; lipschitzienne uniformément continue continue (5.14), les réciproques étant fausses en général ( sur , sur ).
Chapitre 6 – Fonctions élémentaires
Exponentielle (6.1, 6.2): continue, strictement croissante, bijective de sur , , , .
Logarithme népérien (6.4), réciproque de , : strictement croissant, , , , ; logarithme en base , (décimal: ).
Puissances d'exposant réel (6.6) et exponentielle de base . Hiérarchie des croissances en (6.7): pour tout .
Relation fondamentale (6.8), parité et symétries du cercle; et sont -périodiques, est -périodique et définie pour .
Formules d'addition (6.9), de duplication (6.10) et de linéarisation (6.11). Produits en sommes: , , .
Résolution des équations trigonométriques élémentaires (6.10), . Signal sinusoïdal: d'amplitude , pulsation , phase ; avec (6.12).
Fonctions trigonométriques réciproques: signifie et . Attention: seulement pour .
Identités entre réciproques (6.11), pour la première et la troisième; et sont impaires, , .
Fonctions hyperboliques et identité fondamentale (6.13); est paire et , et sont impaires et croissantes, , .
Formules d'addition et de duplication hyperboliques (6.14): celles de la trigonométrie avec un signe devant le produit des sinus.
Expressions logarithmiques des réciproques hyperboliques (6.15); est la réciproque de restreint à .
Chapitre 7 – Dérivation
Nombre dérivé (7.1) et équation de la tangente (7.2); dérivable en si et seulement si avec (7.3, 7.4). Dérivable continue (7.2); réciproque fausse ( en ). Linéarisation: , d'où la propagation des incertitudes (7.13).
Linéarité, produit, quotient () (7.5, 7.6), règle de la chaîne (7.7; en notation de Leibniz ) et dérivée de la réciproque (7.8), valable là où .
Dérivée logarithmique (7.9), puissance d'exposant réel (7.10), exposant variable (7.11), .
| Fonction | Dérivée | Fonction | Dérivée |
|---|---|---|---|
| () | |||
| () | |||
| () | |||
| () | () |
Dérivées usuelles (théorèmes 7.3 et 7.7, tableau récapitulatif du chapitre 7); et sont dérivables sur seulement, et sur . Forme composée: remplacer par et multiplier par , par exemple , .
Formule de Leibniz (7.12) et dérivées -ièmes usuelles; est de classe si existe et est continue. Théorème de Fermat (7.9): un extremum local en un point intérieur où est dérivable impose ; la condition est nécessaire, non suffisante ( en ). Cinématique: si est la position, la vitesse est et l'accélération ; pour des grandeurs liées par une relation , on dérive par rapport au temps avec la règle de la chaîne (taux liés).
Chapitre 8 – Théorèmes du calcul différentiel
Théorème de Rolle (8.2); les extrema d'une fonction continue sur sont à chercher parmi les points critiques (), les points de non-dérivabilité et les bornes , .
Théorème des accroissements finis de Lagrange (8.1) et inégalité des accroissements finis (8.2), continue sur et dérivable sur ; si , alors . Conséquences (8.5): sur un intervalle constante; croissante; (sauf en des points isolés) strictement croissante; est -lipschitzienne.
Accroissements finis généralisés de Cauchy (8.3, ) et règle de l'Hospital (8.4) pour les formes et , fini ou infini, réel ou infini; on peut l'itérer, mais l'existence de la limite de est une hypothèse, non une conclusion.
Convexité (8.5, théorème 8.8) pour dérivable, resp. deux fois dérivable, sur un intervalle: cordes au-dessus du graphe, graphe au-dessus des tangentes. Concave: inégalités inversées, . Point d'inflexion: change de signe. Inégalité de Jensen (8.9) et inégalités de moyennes: (8.10).
Méthode de Newton (8.6): sous les hypothèses du théorème 8.11 (, , de signe constant, départ avec ), la suite est monotone et converge quadratiquement vers l'unique zéro (le nombre de décimales exactes double environ à chaque pas).
Asymptotes: verticale si en , horizontale si ; le signe de indique la position de la courbe. Plan d'étude d'une fonction: domaine et symétries, limites et asymptotes, dérivée et tableau de variation, convexité, graphe.
Chapitre 9 – Formule de Taylor et développements limités
Polynôme de Taylor (9.1) et formule de Taylor–Lagrange (9.2, 9.3): de classe sur , dérivable sur , strictement entre et , majorant de . Pour on retrouve les accroissements finis.
Formule de Taylor–Young (9.4), fois dérivable en , et formule de Taylor avec reste intégral (11.3), de classe . Notation de Landau: si ; règles (9.5): , , .
| Fonction | Développement limité en |
|---|---|
Développements limités usuels en (chapitre 9), ; l'ordre du reste tient compte de la parité. En un point , on pose et l'on développe en puissances de .
Équivalents usuels en ( si ): le premier terme non nul du développement limité. Les équivalents se multiplient, se divisent et passent à la limite, mais ne s'additionnent pas et ne se composent pas (ni par , ni par ).
Règles de calcul (9.4): somme, produit (tronquer au degré ), quotient par ou division suivant les puissances croissantes, composition, primitivation terme à terme. Position de la courbe par rapport à sa tangente: signe du premier terme non nul après l'ordre 1. Développement asymptotique en avec : donne l'asymptote et la position par le signe de .
Chapitre 10 – Intégrale de Riemann
Sommes de Riemann (10.4, 10.5) pour intégrable, subdivision de , ; est intégrable si et seulement si ses sommes de Darboux vérifient pour une subdivision (10.3). Les fonctions continues, continues par morceaux et monotones sont intégrables (10.4, 10.5). Limite de suite: (10.12).
Linéarité, relation de Chasles (avec ), croissance et valeur absolue (10.6). L'intégrale est une aire signée: les parties du graphe situées sous l'axe comptent négativement; l'aire géométrique est , calculée en découpant aux zéros de . L'aire entre deux courbes sur vaut .
Inégalité de la moyenne (10.6) pour , valeur moyenne (10.7) et théorème de la moyenne (10.8) pour continue. Une fonction continue positive d'intégrale nulle est nulle (10.9).
Théorème fondamental de l'analyse (10.11), continue: est la primitive de nulle en ; formule de Newton–Leibniz (10.8) avec une primitive quelconque (deux primitives diffèrent d'une constante); dérivée d'une intégrale à bornes variables (10.9).
| Fonction | Primitive | Fonction | Primitive |
|---|---|---|---|
| () | |||
| (, ) | () | ||
| () | |||
Primitives usuelles (chapitre 10), chacune à une constante près sur tout intervalle où est continue. Formes composées (10.10): (), , , ; le facteur doit être présent.
Valeur efficace (RMS) d'un signal -périodique (10.11): pour le réseau V, V.
Méthodes des trapèzes (10.13) et de Simpson (10.14, pair) sur la subdivision régulière , ; erreurs majorées par (10.13) et , où majore . Rectangles: , point milieu (erreur en ).
Chapitre 11 – Techniques d'intégration et intégrales impropres
Intégration par parties (11.1), de classe ; on dérive le facteur qui se simplifie (polynôme, , ) et l'on intègre l'autre (, , ). Exemples: , , .
Intégrales de Wallis (11.2), , ; la même valeur s'obtient avec .
Changement de variable (11.4), de classe , continue: on remplace , et les bornes. Fonction paire: ; impaire: ; -périodique: ne dépend pas de (11.5).
| Expression | Substitution | Simplification |
|---|---|---|
| , | ||
| (ou ) | ||
| , | , | |
| , , |
Substitutions classiques du chapitre 11; pour une fraction rationnelle en , , essayer d'abord , ou selon la parité de l'intégrande avant la substitution universelle (11.5).
Primitives de référence, (la troisième vaut pour tout réel là où la racine est définie); constantes omises.
Décomposition en éléments simples sur (11.6): partie entière (division euclidienne si ), pôles réels de multiplicité , trinômes sans racine réelle. Coefficients par la méthode du cache, la limite en l'infini ou l'identification.
Primitives des éléments simples (11.6), avec (forme canonique du trinôme); pour , .
Intégrales impropres: convergentes si la limite existe et est finie; on coupe en deux une intégrale doublement impropre. Pour : critères de comparaison (, 11.8) et des équivalents ( en la borne, 11.9); la convergence absolue entraîne la convergence.
Intégrales de Riemann impropres (11.7) et intégrale exponentielle de référence; de plus , et (admis).
Fonction Gamma d'Euler (11.7) et son équation fonctionnelle (11.10), .
Aire entre deux courbes (), volume du solide de révolution autour de l'axe des (formule des disques, 11.8, ) et longueur de l'arc (11.9, de classe ).
Centre de gravité d'une plaque homogène (11.10) et travail d'une force le long de ; transformée de Laplace , par exemple pour .
Chapitre 12 – Équations différentielles ordinaires
Équation à variables séparables: on sépare, on intègre chaque membre, puis on résout en si possible; les constantes telles que fournissent les solutions constantes. La condition initiale fixe (problème de Cauchy: existence et unicité locale si et sont de classe ).
Croissance ou décroissance exponentielle (désintégration radioactive de constante , demi-vie ) et équation logistique de capacité .
Équation linéaire du premier ordre, , continues sur un intervalle: solution générale solution homogène une solution particulière . Variation de la constante: on cherche , d'où . Circuit RC alimenté par : , avec .
Équation linéaire homogène du second ordre à coefficients constants réels et son équation caractéristique; l'ensemble des solutions est un espace vectoriel de dimension 2, et le problème de Cauchy , a une solution unique.
Les trois cas selon le discriminant: racines réelles distinctes, racine double, racines complexes conjuguées (); . La forme s'écrit aussi .
| Second membre | Solution particulière à chercher | Facteur |
|---|---|---|
| polynôme de degré | polynôme de degré | si ; si , ; si |
| , | = multiplicité de comme racine caractéristique (, ou ) | |
| si est racine caractéristique, sinon |
Solution particulière de par identification des coefficients; principe de superposition: si , alors . Solution générale ; on impose les conditions initiales après avoir ajouté .
Oscillateur amorti (masse , amortissement , raideur ): pulsation propre , taux d'amortissement ; même équation pour le circuit RLC série avec et .
Régimes pseudo-périodique (sous-amorti, pseudo-pulsation ), critique et apériodique (sur-amorti, ); dans tous les cas le régime libre tend vers si . Régime forcé par : avec
Amplitude et déphasage de la réponse stationnaire; résonance d'amplitude au voisinage de lorsque est petit (maximum en si ), avec .
Références
- Douchet, J. et Zwahlen, B., Calcul différentiel et intégral, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne: formulaire en fin d'ouvrage.
- Stewart, J., Analyse: concepts et contextes, vol. 1, De Boeck, Bruxelles: tables de dérivées, de primitives et de développements en série sur les pages de garde.
- Bronstein, I. N. et Semendjajew, K. A., Taschenbuch der Mathematik, Harri Deutsch, Frankfurt: référence exhaustive pour les primitives et les équations différentielles.