Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- définir le nombre dérivé comme limite d'un taux d'accroissement et l'interpréter géométriquement (pente de la tangente) et physiquement (vitesse, débit, courant);
- reconnaître une fonction non dérivable en un point (point anguleux, tangente verticale, oscillation) et démontrer que toute fonction dérivable est continue;
- calculer la dérivée des fonctions usuelles à partir de la définition et appliquer les règles de dérivation (somme, produit, quotient, composée, réciproque);
- écrire l'approximation affine et l'utiliser pour linéariser une loi physique et propager une incertitude de mesure;
- calculer des dérivées d'ordre supérieur, en particulier avec la formule de Leibniz, et interpréter la dérivée seconde;
- résoudre des problèmes de taux liés et énoncer la condition nécessaire d'extremum (théorème de Fermat).
Pourquoi dériver?
Un capteur GPS enregistre la position d'un véhicule toutes les secondes. Sa vitesse moyenne entre les instants et est le quotient . Mais que vaut sa vitesse à l'instant ? La question a l'air innocente; elle a occupé les mathématiciens du XVIIe siècle, jusqu'à ce qu'Isaac Newton (1665) et Gottfried Wilhelm Leibniz (1675) proposent, indépendamment, la même réponse: faire tendre vers dans le quotient. La vitesse instantanée est la limite des vitesses moyennes sur des intervalles de plus en plus courts. Le chapitre 5 nous a donné la notion de limite qui manquait à leurs prédécesseurs pour rendre cette idée rigoureuse.
Le même quotient apparaît partout en ingénierie sous le nom de taux de variation:
- en électricité, le courant est le débit de charge, , et la tension aux bornes d'une bobine est ;
- en hydraulique, le débit est la variation du volume écoulé, ;
- en mécanique des structures, la pente de la courbe contrainte–déformation d'un acier, , est son module d'élasticité;
- en géométrie, la pente de la tangente à une courbe en un point est la limite des pentes des cordes.
Trois notations coexistent et vous les rencontrerez toutes. La notation est due à Lagrange; la notation de Leibniz rappelle qu'une dérivée est un quotient de petites variations et se prête bien aux changements de variable; la notation pointée de Newton est réservée en physique aux dérivées par rapport au temps.
Le nombre dérivé
Définition et interprétation géométrique
Dans tout le chapitre, désigne un intervalle ouvert de (ou plus généralement un intervalle non réduit à un point) et une fonction.
Géométriquement, le taux d'accroissement est la pente de la sécante passant par les points et du graphe. Lorsque , le second point glisse vers le premier et la sécante pivote vers une position limite: la tangente au graphe en (figure 7.1).
Explorateur de la tangente
Déplacez le point x₀ et réduisez l'accroissement h: la sécante pivote autour de (x₀, f(x₀)) et sa pente se rapproche de f′(x₀) = x₀² − 1. Ici f(x) = x³/3 − x.
À l'aide de la définition (7.1), calculez le nombre dérivé de en .
Approximation affine et différentiabilité
Réécrivons la définition (7.1) sans quotient. Posons pour et ; dire que est dérivable en revient exactement à dire que quand , c'est-à-dire que
Démonstration. Si est dérivable, la fonction définie ci-dessus convient avec . Réciproquement, si l'égalité est vérifiée, alors pour on a , donc est dérivable en et .
La formule (7.3) dit que, près de , la fonction est «presque affine»: l'erreur commise en remplaçant par la valeur lue sur la tangente est , négligeable devant . Avec la notation de Landau vue au chapitre 5, on écrit . Ce point de vue est celui qui se généralise aux fonctions de plusieurs variables (Analyse II) et c'est aussi celui de l'ingénieur: linéariser, c'est remplacer par sa tangente.
Dérivable implique continue
Démonstration. D'après (7.3), . Le facteur tend vers et le facteur entre parenthèses tend vers , donc le produit tend vers : , ce qui est la continuité en .
Soit définie sur par si et si . Que peut-on dire de en ?
Fonction dérivée et dérivées des fonctions usuelles
Calculons, à partir de la seule définition, les dérivées des fonctions élémentaires du chapitre 6. Chaque calcul repose sur une limite déjà établie.
Démonstration. Constante et identité. Le taux d'accroissement vaut respectivement et pour tout .
Puissances. Par la formule du binôme (chapitre 1), , donc
Inverse. Pour et assez petit pour que : .
Racine carrée. Pour , on multiplie par la quantité conjuguée: par continuité de la racine. En , le quotient tend vers : tangente verticale.
Sinus et cosinus. Les formules d'addition donnent . Or (chapitre 5) et . Donc . Le calcul pour est identique et donne .
Exponentielle. Par la relation fonctionnelle , on a . Il reste à montrer que . D'après la définition de l'exponentielle par sa série (chapitre 6), pour ,
Pour , le reste se majore en valeur absolue par , qui tend vers . Donc : l'exponentielle est sa propre dérivée, ce qui explique son omniprésence dans les phénomènes dont la vitesse de variation est proportionnelle à la valeur (décharge d'un condensateur, décroissance radioactive, intérêts composés).
Numériquement, vaut pour , pour et pour : l'écart à est bien de l'ordre de , conformément au premier terme du reste.
Règles de calcul
Les règles qui suivent permettent de dériver n'importe quelle combinaison des fonctions usuelles sans revenir à la définition. Dans toute cette section, et sont des fonctions définies sur et dérivables en .
Démonstration. Linéarité. Le taux d'accroissement de est , où et désignent les taux d'accroissement de et en ; on conclut par les opérations sur les limites.
Produit. L'astuce consiste à ajouter et retrancher au numérateur:
Quand , le premier facteur tend vers car est continue en (théorème 7.2), les taux d'accroissement tendent vers et : on obtient (7.5).
Quotient. Commençons par . Comme est continue en et , pour assez petit et
On applique ensuite la règle du produit à : .
Remettez dans l'ordre les étapes de la démonstration de la règle du produit .
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Passer à la limite dans chaque facteur et conclure
- Ajouter et retrancher au numérateur
- Utiliser la continuité de en (conséquence de sa dérivabilité) pour obtenir
- Factoriser pour obtenir
- Écrire le taux d'accroissement
Dérivée d'une fonction composée
Démonstration. On ne peut pas simplement écrire le taux d'accroissement de comme un produit de deux quotients, car l'accroissement peut s'annuler pour des . La formulation (7.3) évite ce piège. Par dérivabilité de en , il existe de limite nulle en telle que, pour tout assez petit,
Appliquons-la avec , qui tend vers quand (continuité de ):
En divisant par : le premier facteur tend vers ; le second tend vers car et quand (composition de limites, chapitre 5). D'où (7.7).
Dérivée d'une fonction réciproque
Le chapitre 6 a introduit , , , et comme réciproques de fonctions strictement monotones. Le théorème suivant en donne les dérivées d'un coup.
Démonstration. D'après le chapitre 5, la réciproque est continue. Soit , , et posons ; comme est injective, , et comme elle est continue, lorsque . Alors
Quand , et le dénominateur tend vers (composition de limites), donc le quotient tend vers . Si , le dénominateur tend vers en gardant un signe constant (monotonie), et le quotient tend vers .
Géométriquement, les graphes de et sont symétriques par rapport à la première bissectrice ; cette symétrie échange les deux axes et transforme donc une pente en pente (figure 7.3).
Démonstration. Logarithme. est une bijection dérivable de sur dont la dérivée ne s'annule jamais; par (7.8), .
Arc sinus. est une bijection de sur , de dérivée sur l'intervalle ouvert. Pour , avec : , le cosinus étant positif sur . Aux bornes , : tangente verticale. Le calcul pour est le même avec , sur .
Arc tangente. ; donc .
Argument sinus hyperbolique. et avec , donc .
Soit , bijection strictement croissante de sur . Calculez .
Dérivée logarithmique, puissances et exposants variables
Si est dérivable et strictement positive, la règle de la chaîne appliquée à donne
Le quotient s'appelle la dérivée logarithmique de : c'est le taux de variation relatif de , celui qui intéresse l'ingénieur quand il parle d'une croissance de «2 % par an» ou d'une atténuation en décibels. La dérivée logarithmique transforme les produits en sommes: , ce qui est une autre façon d'écrire la règle du produit.
Elle donne aussi la dérivée des puissances d'exposant réel. Pour et , par définition (chapitre 6), donc par la règle de la chaîne
La formule des puissances entières s'étend ainsi à tous les exposants: , , . Enfin, pour une expression de la forme avec , on écrit et l'on dérive:
Tableau récapitulatif
Dans ce tableau, désigne une fonction dérivable et les formules de la colonne de droite s'obtiennent de celles de gauche par la règle de la chaîne.
| Fonction | Dérivée | Forme composée | Dérivée |
|---|---|---|---|
| () | |||
| () | |||
Calculez pour .
Dérivées d'ordre supérieur
Si est dérivable sur et si est elle-même dérivable, on note la dérivée seconde, puis , et par récurrence la dérivée -ième, avec la convention . En notation de Leibniz, .
Les polynômes, , , , , sont de classe sur ; et le sont sur . Les inclusions sont strictes: est de classe sur (sa dérivée est continue) mais pas de classe (cette dérivée présente un point anguleux en ). Plus surprenant, une fonction peut être dérivable partout sans être de classe : c'est le cas de prolongée par (exercice 7.1).
Les dérivées successives des fonctions usuelles obéissent à des formules simples: pour et pour ; ; , car chaque dérivation décale la phase d'un quart de période; .
Que vaut la dérivée quatrième de ?
Dérivée et extremum: un premier aperçu
Le chapitre 8 étudiera en détail le lien entre le signe de et le sens de variation de . Un résultat n'a pourtant besoin que de la définition du nombre dérivé: en un extremum intérieur, la tangente est horizontale.
Démonstration. Supposons que soit un maximum local (le cas du minimum se traite en remplaçant par ). Comme est intérieur, pour assez petit, et pour ces . Le taux d'accroissement est donc négatif ou nul pour et positif ou nul pour . Par passage à la limite dans les inégalités, et . Comme est dérivable, ces deux limites sont égales à , qui est donc à la fois et : .
Parmi les affirmations suivantes concernant une fonction dérivable sur , lesquelles sont vraies?
Plusieurs réponses possibles
Applications à l'ingénierie
Linéarisation et propagation des incertitudes
Une grandeur est calculée à partir d'une mesure entachée d'une incertitude . Par (7.4), l'incertitude sur est approximativement
Pour une loi de puissance , la dérivée logarithmique vaut , et la seconde formule devient simplement
l'erreur relative est multipliée par l'exposant. Une incertitude de 1 % sur le rayon d'une sphère donne 3 % sur son volume ; une incertitude de 2 % sur la vitesse donne 4 % sur l'énergie cinétique . Pour un produit ou un quotient, les erreurs relatives s'ajoutent (au pire des cas), en vertu de (7.9): pour , une tension connue à 2 % et une résistance à 1 % donnent une puissance connue à % près.
Cinématique
Si est l'abscisse d'un mobile sur un axe, est sa vitesse et son accélération. Une voiture qui freine avec une décélération constante de à partir de m/s a pour position : sa vitesse s'annule à s, après une distance m. La vitesse est une fonction décroissante, tandis que la position croît jusqu'à l'arrêt: le signe de dit si croît ou décroît, ce que le chapitre 8 établira en général.
Taux liés
Lorsque deux grandeurs et dépendant du temps sont reliées par une équation , dériver cette relation par rapport à (règle de la chaîne) relie leurs vitesses de variation et . C'est le problème des taux liés.
Synthèse
- Le nombre dérivé est la limite du taux d'accroissement ; c'est la pente de la tangente et le taux de variation instantané. De manière équivalente, avec .
- Dérivable implique continue; la réciproque est fausse (point anguleux, tangente verticale, oscillation).
- Règles: , , , , .
- Les dérivées usuelles: , , , , , , .
- Dérivées d'ordre supérieur, classes et , formule de Leibniz ; la dérivée seconde est une accélération ou une courbure.
- Théorème de Fermat: en un extremum local intérieur d'une fonction dérivable, . Applications: linéarisation , erreur relative d'une puissance multipliée par l'exposant, taux liés.
Série d'exercices du chapitre 7
Exercice 1 sur 5Quelle est la dérivée de sur ?
Linéarisation de la période d'un pendule
La période des petites oscillations d'un pendule simple de longueur est , avec . Un pendule d'horloge a une longueur nominale m, connue à cm près. On veut estimer l'effet de cette incertitude sur la période.
- 1
Période nominale
Évaluez la période pour la longueur nominale.
ExerciceCalculez en secondes.
Dérivée de la période
Incertitude sur la période
Erreur relative
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
- En utilisant uniquement la définition (7.1), calculer pour en , puis pour en .
- Soit définie sur par pour et . Montrer que est dérivable sur , calculer et montrer que n'est pas continue en . Que peut-on conclure sur la classe de régularité de ?
Solution
1. Fonction en . Pour , ,
Donc , en accord avec la formule générale .
Fonction en . On a et, en multipliant par la quantité conjuguée,
par continuité de la racine carrée. Donc ; la règle de la chaîne donnerait , soit en .
2. Fonction , .
Dérivabilité pour . Sur , est un produit et une composée de fonctions dérivables: par la règle du produit et la règle de la chaîne,
Dérivabilité en . Le taux d'accroissement est . Comme , il tend vers : est dérivable en et . Ainsi est dérivable sur .
Discontinuité de en . Le terme tend vers quand , mais n'a pas de limite en : la suite tend vers avec , tandis que tend vers avec . Donc et : n'a pas de limite en et n'est pas continue en .
Conclusion. La fonction est dérivable sur mais n'est pas de classe : l'inclusion est stricte.
Calculer la dérivée de chacune des fonctions suivantes en précisant le domaine de dérivabilité:
- ;
- ;
- ;
- ;
- ; que reconnaît-on?
- .
Solution
1. Sur , règle du produit: .
2. Sur , règle de la chaîne avec , : . C'est, à un facteur près, la densité de la loi normale: sa dérivée s'annule en , sommet de la «courbe en cloche».
3. est définie et dérivable là où , c'est-à-dire pour . Règle du quotient:
On peut le vérifier autrement: (formules de l'angle moitié), dont la dérivée est .
4. est définie sur et dérivable sur (la racine n'est pas dérivable en ). Avec , :
En , le taux d'accroissement : tangente verticale.
5. Pour tout , (car ), donc est définie et dérivable sur . Avec ,
On reconnaît la dérivée de (théorème 7.7): en effet (chapitre 6).
6. , donc est définie et dérivable sur . Par (7.11) avec , :
Une poutre de longueur sur deux appuis simples, soumise à une charge uniformément répartie (en kN/m), a pour déformée
où est la rigidité de flexion (en kN·m²) et est compté positivement vers le bas.
- Calculer (rotation de la section) et . Vérifier que et ; interpréter.
- Le moment fléchissant est . Montrer que et déterminer, à l'aide du théorème de Fermat, où il est maximal et sa valeur.
- Montrer que la flèche maximale est .
- Application numérique: kN/m, m, kN·m². Calculer (en mm), la rotation aux appuis (en rad) et (en kN·m).
Solution
Posons , de sorte que .
1. Les dérivées d'un polynôme:
On vérifie et : la poutre ne se déplace pas aux appuis. De plus : le moment fléchissant est nul aux appuis simples, qui ne transmettent pas de moment. Ce sont les quatre conditions aux limites du problème.
2. .
La fonction est dérivable sur avec , qui s'annule uniquement en . Sur le segment , le maximum de la fonction continue existe (théorème de Weierstrass, chapitre 5); il est atteint soit aux bornes, où , soit en un point intérieur où, d'après le théorème de Fermat, , donc en . Comme , c'est bien le maximum:
3. Même raisonnement pour : . On vérifie que annule : . En factorisant, , et le second facteur a pour racines , toutes deux hors de . Le seul point critique intérieur est donc ; comme aux bornes et , la flèche maximale est atteinte à mi-portée et vaut
4. Avec kN/m, m, kN·m²:
- m mm, soit : la limite usuelle à est respectée;
- rad (et rad par symétrie);
- kN·m.
- Un réservoir a la forme d'un cône de révolution renversé (pointe en bas) dont le rayon vaut la moitié de la hauteur. Il se vide au débit constant de L/s. À quelle vitesse (en mm/s) le niveau d'eau baisse-t-il lorsque la hauteur d'eau est de m? Et lorsqu'elle est de m?
- Sans calculatrice, estimer par linéarisation et ; comparer ensuite aux valeurs exactes.
- La puissance dissipée dans une résistance est . Le courant est connu à 1 % près et la résistance à 0,5 % près. Estimer l'incertitude relative sur .
Solution
1. Notons la hauteur d'eau et le rayon de la surface libre. Le volume d'eau est celui d'un cône: . En dérivant par rapport à (règle de la chaîne),
Avec L/s :
- pour m: m/s mm/s;
- pour m: m/s mm/s.
Le niveau baisse quatre fois plus vite quand la hauteur est divisée par deux, car la surface libre est quatre fois plus petite.
2. Inverse. , , , : . Valeur exacte: ; erreur .
Sinus. Il faut travailler en radians: . Avec , , , :
Valeur exacte: ; erreur , de l'ordre de .
3. La dérivée logarithmique de donne . Dans le cas le plus défavorable, les erreurs s'ajoutent en valeur absolue:
Le courant, qui intervient au carré, pèse quatre fois plus que la résistance dans l'incertitude finale.
- En utilisant uniquement la règle du produit et , démontrer par récurrence sur que .
- Soit dérivable. Montrer que si est paire, alors est impaire, et que si est impaire, alors est paire. Que vaut pour une fonction paire dérivable en ?
- Rédiger complètement la démonstration par récurrence de la formule de Leibniz (7.12).
Solution
1. Notons la propriété «la fonction est dérivable sur et ».
Initialisation. est l'hypothèse .
Hérédité. Supposons vraie pour un . Alors est le produit de deux fonctions dérivables, donc dérivable, et par la règle du produit
ce qui est . Par le principe de récurrence, est vraie pour tout .
2. Supposons paire: pour tout . La fonction est la composée de et de ; par la règle de la chaîne, sa dérivée est . En dérivant les deux membres de l'identité , on obtient , c'est-à-dire : est impaire. De même, si est impaire, donne , soit : est paire.
Pour une fonction paire dérivable en , est impaire, donc , d'où : la tangente en au graphe d'une fonction paire est horizontale (pensez à , , ). On peut aussi le voir directement: le taux d'accroissement vérifie , donc , et la dérivabilité impose .
3. Notons la propriété «pour toutes fonctions , qui sont fois dérivables sur , est fois dérivable et ».
Initialisation. Pour , la somme vaut : c'est la règle du produit (7.5). (On peut aussi partir de , où la formule se réduit à .)
Hérédité. Supposons vraie et soient , deux fonctions fois dérivables. Elles sont en particulier fois dérivables, donc
Chaque terme est un produit de fonctions dérivables (car et , et , sont fois dérivables); donc est dérivable, c'est-à-dire est fois dérivable, et par linéarité et règle du produit
Dans la première somme, on pose (donc va de à ): elle s'écrit . En renommant en et en regroupant avec la seconde somme,
Par la relation de Pascal, ; et , . Donc
ce qui est . Par récurrence, la formule de Leibniz est vraie pour tout .
Références
- Douchet, J. et Zwahlen, B., Calcul différentiel et intégral, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne.
- Stewart, J., Analyse: concepts et contextes, vol. 1, De Boeck, Bruxelles.
- Spivak, M., Calculus, 4e éd., Publish or Perish, Houston, 2008.
- Liret, F. et Martinais, D., Analyse 1re année, Dunod, Paris.
- Rudin, W., Principles of Mathematical Analysis, 3e éd., McGraw-Hill, New York, 1976.
- Ramis, E., Deschamps, C. et Odoux, J., Cours de mathématiques spéciales, t. 3, Masson, Paris.