Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- définir une série numérique, ses sommes partielles, sa somme et son reste, et distinguer la nature d'une série de sa somme;
- reconnaître et sommer une série géométrique ou télescopique, et appliquer la condition nécessaire ;
- étudier une série à termes positifs à l'aide des critères de comparaison, des séries de Riemann, de d'Alembert et de Cauchy;
- démontrer qu'une série absolument convergente converge et appliquer le critère de Leibniz aux séries alternées, avec une majoration du reste;
- calculer des sommes explicites (géométriques dérivées, télescopiques, développements décimaux périodiques);
- majorer l'erreur commise en tronquant une série, et en déduire par exemple l'irrationalité de .
Sommes infinies: définitions
Peut-on additionner une infinité de nombres? Zénon d'Élée s'en inquiétait déjà: pour traverser un stade, Achille doit d'abord en parcourir la moitié, puis la moitié du reste, puis encore la moitié, et ainsi de suite; il effectue donc une infinité d'étapes. Pourtant il arrive. La résolution moderne de ce paradoxe tient en une phrase: la somme vaut exactement , au sens précis que nous allons donner. Le sujet a une longue histoire suisse: Jacques Bernoulli, à Bâle, a consacré cinq mémoires aux séries à la fin du XVII^e siècle et a démontré la divergence de la série harmonique; son élève Leonhard Euler a calculé en 1735 la somme , résolvant le «problème de Bâle» que Bernoulli avait laissé ouvert.
Pour un ingénieur, les séries sont partout: le comportement d'un filtre numérique est une somme infinie de réponses retardées, la valeur d'une rente perpétuelle est une somme infinie d'annuités actualisées, et toute fonction usuelle (, , ) se calcule en machine par une série tronquée dont il faut contrôler l'erreur (chapitre 9).
Deux remarques d'usage. D'abord, la nature d'une série (convergente ou divergente) est une question qualitative, souvent facile; le calcul de sa somme est une question quantitative, souvent difficile, voire impossible en termes de fonctions usuelles. Ce chapitre est d'abord consacré à la première question. Ensuite, la nature d'une série ne dépend pas de ses premiers termes: modifier ou supprimer un nombre fini de termes change la somme, pas la nature. On écrira donc souvent sans préciser l'indice de départ lorsque seule la nature est en jeu.
La condition nécessaire
Si la série converge, ses termes doivent devenir négligeables: c'est intuitif, et la démonstration tient en une ligne.
Démonstration. Pour , on a . Si la série converge vers , alors et (chapitre 3), donc .
La série géométrique
Démonstration. Si , . Si , l'identité (qui se vérifie en développant: tous les termes se télescopent) donne
Si , (chapitre 3) et ; le reste vaut . Si et , ne tend pas vers , donc n'a pas de limite finie; d'ailleurs et la série diverge grossièrement.
Le cas est celui d'Achille: . La figure 4.1 en donne la preuve «sans mots»: on découpe le carré unité en deux, puis l'une des moitiés en deux, et ainsi de suite; après étapes, il manque un rectangle d'aire , qui tend vers .
Séries télescopiques
Démonstration. La somme partielle se simplifie en cascade: . Elle converge si et seulement si converge.
L'exemple type est : la décomposition donne . Remarquez que la même proposition montre que diverge bien que son terme général, égal à , tende vers : encore un contre-exemple à la réciproque du théorème 4.1.
Enfin, les séries se combinent linéairement: si et convergent, alors converge et sa somme vaut (c'est la linéarité des limites appliquée aux sommes partielles). En revanche, la somme d'une série convergente et d'une série divergente diverge, et la somme de deux séries divergentes peut converger ( et ).
Parmi les séries suivantes, laquelle diverge grossièrement (son terme général ne tend pas vers )?
Séries à termes positifs
Lorsque tous les termes sont positifs ou nuls, la suite des sommes partielles est croissante, et tout devient plus simple: il n'y a que deux comportements possibles.
Démonstration. , donc est croissante. Une suite croissante converge si et seulement si elle est majorée (théorème de la limite monotone, chapitre 3, conséquence de l'axiome de la borne supérieure du chapitre 1); sinon elle tend vers .
Comparaison
Démonstration. Quitte à supprimer un nombre fini de termes, on suppose pour tout . Notons et les sommes partielles. Alors pour tout . Si converge, est majorée par sa somme , donc est majorée par et converge d'après le théorème 4.4; on a de plus . L'assertion 2 est la contraposée de l'assertion 1.
Pour les équivalents: si , il existe un rang à partir duquel , soit . La convergence de entraîne celle de donc de ; celle de entraîne celle de donc de .
Pour appliquer ce critère, il faut disposer d'une réserve de séries de référence. La série géométrique en est une; les séries de Riemann en sont la seconde, et la plus importante.
Séries de Riemann
Démonstration. Si , le terme général ne tend pas vers : divergence grossière. Supposons ; alors , et par comparaison il suffit de prouver la divergence de la série harmonique. Suivons l'idée de Nicole Oresme (XIV^e siècle), reprise par Jacques Bernoulli: on regroupe les termes par paquets de longueur
Chaque paquet contient termes tous supérieurs ou égaux au dernier, ; il vaut donc au moins . Ainsi , et la suite croissante n'est pas majorée: elle tend vers .
Supposons maintenant et regroupons de la même façon, mais en majorant chaque paquet par son premier terme:
Comme , la raison vérifie , et la somme géométrique est majorée par . Les sommes partielles sont donc majorées, et comme est croissante, toutes les sommes partielles le sont ( dès que ). La série converge par le théorème 4.4.
La figure 4.2 illustre le contraste: s'échappe vers l'infini, mais si lentement que seulement, tandis que s'accumule sous . Le même contraste s'observe géométriquement en comparant la série avec une intégrale (figure 4.3): les rectangles de hauteur dominent l'aire sous , qui est infinie; ceux de hauteur sont dominés par l'aire sous , qui est finie.
Ce théorème sera démontré au chapitre 11, une fois définies l'intégrale et les intégrales impropres; la figure 4.3 en contient toute l'idée: comme est décroissante, . Pour avec , l'encadrement (4.2) donne une estimation très pratique du reste des séries de Riemann:
Par exemple, pour et , on obtient , alors que la valeur exacte est . L'explorateur ci-dessous permet de visualiser ces sommes partielles et de constater à quel point la convergence est lente lorsque est proche de .
Explorateur des sommes partielles de Σ 1/nᵖ
Faites varier l'exposant p et le nombre de termes N: pour p > 1 les sommes partielles s'accumulent sous la limite ζ(p); pour p ≤ 1 elles grimpent sans borne, de plus en plus lentement.
On approche par sa somme partielle . Donnez la majoration du reste fournie par l'encadrement (4.3).
Critères de d'Alembert et de Cauchy
Lorsque le terme général contient des factorielles ou des puissances -ièmes, la comparaison avec une série géométrique se fait automatiquement grâce à deux critères.
Démonstration. 1. Choisissons tel que . Par définition de la limite, il existe un rang à partir duquel . Alors, pour , avec . La série géométrique converge, donc converge par comparaison.
-
Si , il existe un rang à partir duquel , donc est croissante et strictement positive: elle ne tend pas vers , et la série diverge grossièrement.
-
Pour et , le quotient tend vers dans les deux cas; or la première série diverge et la seconde converge.
Démonstration. Même schéma: si , on choisit ; à partir d'un certain rang , c'est-à-dire , et l'on conclut par comparaison avec la série géométrique. Si , à partir d'un certain rang, d'où la divergence grossière. Les mêmes exemples et montrent que ne permet pas de conclure.
Remettez dans l'ordre les étapes de l'étude de la série par le critère de d'Alembert.
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Simplifier:
- Former le quotient
- Vérifier que est strictement positif pour tout
- Conclure: , la série converge
- Calculer la limite:
Séries à termes quelconques
Lorsque les termes changent de signe, la suite des sommes partielles n'est plus monotone et le théorème 4.4 ne s'applique plus. Deux idées permettent néanmoins de conclure: se ramener à une série à termes positifs (convergence absolue), ou exploiter l'alternance des signes (critère de Leibniz).
Convergence absolue
Démonstration. On utilise le critère de Cauchy pour les suites (chapitre 3): une suite réelle converge si et seulement si elle est de Cauchy. Notons et les sommes partielles de et . Pour , l'inégalité triangulaire donne
Comme converge, elle est de Cauchy: pour tout il existe tel que pour . L'inégalité ci-dessus montre que est alors de Cauchy, donc convergente. L'inégalité sur les sommes s'obtient en passant à la limite dans .
Ce théorème transforme toute la théorie des séries à termes positifs en un outil pour les séries quelconques: si avec convergente, alors converge. Par exemple converge, puisque . De même, les critères de d'Alembert et de Cauchy s'appliquent à : converge absolument.
Séries alternées
Démonstration. Considérons les sommes partielles de rang pair et de rang impair. On a
car est décroissante: la suite est décroissante et la suite est croissante. De plus . Les suites et sont donc adjacentes (chapitre 3): elles convergent vers une même limite , et par conséquent converge vers . Comme croît vers et décroît vers , on a pour tout : . La somme est donc toujours comprise entre et , d'où .
Que peut-on dire de la série ?
Calculs de sommes
Savoir qu'une série converge est une chose, calculer sa somme en est une autre. Voici les trois techniques élémentaires qui s'ajoutent à la formule géométrique (4.1).
Séries géométriques dérivées
Démonstration. La convergence absolue résulte du critère de d'Alembert: . Pour la somme, écrivons ( fois) et regroupons autrement, ce qui est légitime pour une série absolument convergente (Callout ci-dessus):
On retrouvera (4.5) au chapitre 9 en dérivant terme à terme la série .
Pour : . En itérant l'argument, on obtient , d'où la somme annoncée à l'exemple 4.2 b).
Séries télescopiques et décomposition en éléments simples
Lorsque le terme général est une fraction rationnelle, on le décompose en éléments simples (chapitre 11) et l'on cherche un télescopage. Ainsi
Le télescopage peut aussi se faire «à deux pas»: , et dans la somme partielle seuls les deux premiers termes positifs survivent: .
Développements décimaux périodiques
Un nombre décimal illimité périodique n'est rien d'autre qu'une série géométrique déguisée. Par exemple
Cette remarque démontre qu'un développement décimal périodique représente toujours un nombre rationnel (la réciproque, vue au chapitre 1, résulte de l'algorithme de division). Elle règle aussi une question qui trouble beaucoup d'étudiants:
Il ne s'agit pas d'une approximation: est le nombre , écrit autrement, exactement comme et sont le même nombre. Les sommes partielles ; ; … en sont des valeurs approchées, mais la somme de la série, c'est-à-dire leur limite, vaut .
Calculez la somme .
Écrivez le nombre sous forme de fraction irréductible et donnez la valeur de .
Application: séries et représentation des nombres
Le nombre e comme somme d'une série
Au chapitre 3, le nombre a été défini comme limite de la suite . Les séries en donnent une représentation bien plus efficace pour le calcul.
Démonstration. La convergence résulte de d'Alembert (). L'identification de la somme avec la limite de est admise ici; elle se déduit de la formule du binôme et sera reprise au chapitre 9 avec la formule de Taylor. Démontrons la majoration du reste, qui est l'énoncé vraiment utile. Pour , on a , donc
L'inégalité est stricte puisque dès que , et car tous les termes sont strictement positifs.
Cette majoration est remarquablement fine: pour , , l'erreur réelle est et la borne (4.6) vaut . Pour , l'erreur est inférieure à : onze termes suffisent pour sept décimales, là où la suite en demanderait des dizaines de millions. C'est l'une des raisons pour lesquelles les bibliothèques numériques calculent les fonctions usuelles par des séries (et non par leur définition comme limite).
L'irrationalité de e
Démonstration. Raisonnons par l'absurde et supposons avec . Comme , on a . Appliquons (4.6) avec et multiplions par :
Or est un entier, et est un entier pour tout : la quantité du milieu est donc un entier strictement compris entre et . C'est absurde. Donc .
L'argument est typique de la façon dont une bonne majoration du reste renseigne sur la nature arithmétique d'un nombre: la série de converge «trop vite» pour que soit rationnel. La même idée, considérablement raffinée, conduit aux preuves d'irrationalité de et de .
Erreur d'un développement tronqué
Pour calculer avec une erreur inférieure à au moyen de la série , quel est le plus petit nombre pour lequel la borne (4.6) garantit cette précision?
Synthèse
- Une série est la suite de ses sommes partielles ; elle converge si converge, et sa somme est la limite. Si elle converge, ; la réciproque est fausse (série harmonique).
- Séries de référence: converge si et seulement si , de somme ; converge si et seulement si .
- Pour une série à termes positifs, la convergence équivaut à la majoration des sommes partielles; on conclut par comparaison (inégalité ou équivalent), par d'Alembert (), par Cauchy () ou par comparaison avec une intégrale.
- La convergence absolue entraîne la convergence (critère de Cauchy); une série alternée dont le terme décroît vers converge (Leibniz), avec .
- Sommes explicites: géométriques et dérivées (), télescopiques, développements décimaux périodiques ().
- La majoration du reste rend le calcul de efficace et démontre son irrationalité.
Série d'exercices du chapitre 4
Exercice 1 sur 5La série …
Nature et somme de Σ (n+1)/3ⁿ
On considère la série avec . On veut établir sa convergence, puis calculer sa somme exacte en la décomposant en deux séries connues.
- 1
Critère de d'Alembert
Les termes sont strictement positifs; formez le quotient et calculez sa limite.
ExerciceQuelle est la limite de ?
Partie géométrique
Partie géométrique dérivée
Conclusion
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
Déterminer la nature de chacune des séries suivantes, en précisant le critère utilisé.
Solution
a) et converge (Riemann, ): la série converge par comparaison.
b) , terme général d'une série de Riemann convergente (). Les termes sont positifs: la série converge par comparaison des équivalents.
c) Termes strictement positifs; d'Alembert: . La série converge.
d) Cauchy: . La série converge.
e) d'Alembert: . La série diverge; en fait , la divergence est grossière.
f) (car ), et la série harmonique diverge. Termes positifs: la série diverge par comparaison des équivalents.
Calculer les sommes suivantes après avoir justifié leur convergence.
Solution
a) Le terme général est équivalent à : convergence. Décomposition en éléments simples:
Télescopage: . Donc .
b) Convergence par d'Alembert (quotient ). Par linéarité, avec la formule (4.5) et la série géométrique:
c) Pour , , donc
Posons ; le terme général vaut et la série télescope: . La série converge (proposition 4.3, car ) et . On peut aussi noter que pour justifier la convergence directement.
d) .
a) Montrer que la série converge. Est-elle absolument convergente? Combien de termes faut-il sommer pour que la majoration (4.4) garantisse une erreur inférieure à ?
b) La série est-elle convergente?
c) Montrer que la série est alternée, que son terme général tend vers , mais qu'elle diverge. Pourquoi le critère de Leibniz ne s'applique-t-il pas? (Indication: multiplier numérateur et dénominateur par et séparer en deux séries.)
Solution
a) La suite est décroissante, positive, de limite nulle: par le critère de Leibniz, converge. Elle n'est pas absolument convergente, car est une série de Riemann avec : la série est semi-convergente.
D'après (4.4), . Pour garantir , il suffit que , c'est-à-dire , soit : il faut sommer termes. C'est le prix de la semi-convergence: la convergence est extrêmement lente.
b) Le terme général ne tend pas vers (sa valeur absolue tend vers ): la série diverge grossièrement, quelle que soit l'alternance des signes. Le critère de Leibniz exige .
c) Pour , : le terme général a le signe de , la série est bien alternée, et . Multiplions numérateur et dénominateur par :
La série converge par le critère de Leibniz: la fonction a pour dérivée sur , donc décroît, et elle tend vers . La série est la série harmonique (décalée): elle diverge. Une série convergente plus une série divergente est divergente: diverge.
Le critère de Leibniz ne s'applique pas parce que la suite n'est pas décroissante: , , , , etc. L'hypothèse de décroissance est donc essentielle, et non un simple confort technique.
a) Une balle est lâchée d'une hauteur m; à chaque rebond, elle remonte à une hauteur égale à fois la hauteur précédente. On rappelle que la durée d'une chute libre de hauteur vaut avec m/s². Calculer la distance totale parcourue et la durée totale du mouvement jusqu'à l'immobilisation. Commenter: la balle rebondit une infinité de fois en un temps fini.
b) Un emprunt de francs au taux annuel est remboursé par annuités constantes versées en fin d'année. Exprimer comme somme finie géométrique, en déduire en fonction de , , , et montrer qu'à la limite on retrouve la rente perpétuelle de l'exemple 4.1. Application: CHF, ans.
Solution
a) Distance. La balle tombe de , puis pour chaque rebond elle monte et redescend de :
Durée. La durée d'une chute de hauteur est , et la remontée dure autant. Avec s et :
Avec : s.
Commentaire. La balle effectue une infinité de rebonds, mais leurs durées forment une série géométrique de raison : la somme est finie. C'est exactement la situation du paradoxe de Zénon; en pratique, le modèle cesse d'être valable bien avant, lorsque la hauteur de rebond devient comparable aux déformations de la balle.
b) Emprunt. L'équivalence financière entre le capital reçu aujourd'hui et les annuités actualisées s'écrit
d'où l'annuité . Lorsque , car , et l'on obtient : la somme partielle de rang de la série géométrique de l'exemple 4.1 tend vers sa somme, la rente perpétuelle.
Application. CHF, , : , donc
Le total remboursé est CHF, soit CHF d'intérêts.
a) Soit une suite à termes positifs telle que converge. Montrer que converge, puis que converge (indication: ). Ces résultats subsistent-ils si l'on supprime l'hypothèse ? (Considérer .)
b) Condensation de Cauchy. Soit une suite positive et décroissante. Montrer que les séries et sont de même nature. En déduire la nature de et de .
Solution
a) Convergence de . Comme converge, (théorème 4.1); il existe donc un rang à partir duquel . Pour , on a alors . Par le critère de comparaison (théorème 4.5), converge.
Convergence de . L'inégalité (qui équivaut à ) appliquée à et donne
Le membre de droite est le terme général d'une série convergente (somme de et de la série de Riemann , à un facteur près). Par comparaison, converge.
Sans l'hypothèse de signe. Prenons (). La série converge par le critère de Leibniz (exercice 4.3 a), mais : la série est la série harmonique, divergente. Le résultat tombe donc en défaut pour les séries semi-convergentes; l'hypothèse (ou, plus généralement, la convergence absolue de , qui donne encore puis ) est indispensable. Quant à , elle n'est même pas définie lorsque .
b) Condensation de Cauchy. Notons et . Les deux séries sont à termes positifs; il suffit donc de montrer que est majorée si et seulement si l'est (théorème 4.4).
Si est majorée. Regroupons les termes de par paquets d'indices , qui contiennent termes, tous majorés par le premier, , puisque décroît. Pour :
Donc est majorée par et converge.
Si est majorée. Regroupons cette fois par paquets d'indices (), qui contiennent termes, tous minorés par le dernier, :
Ainsi : la suite est majorée et converge. Les deux séries sont donc de même nature. (Ce sont exactement les deux regroupements utilisés dans la démonstration du théorème 4.6.)
Applications. Pour (), suite positive décroissante: , terme général d'une série harmonique (à un facteur près), divergente. Donc diverge, bien que son terme général soit négligeable devant : la comparaison avec les séries de Riemann ne permettait pas de conclure.
Pour : , terme général d'une série de Riemann convergente (). Donc converge. Plus généralement, converge si et seulement si (séries de Bertrand).
Références
- Douchet, J. et Zwahlen, B., Calcul différentiel et intégral, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne (chapitres sur les séries numériques).
- Liret, F. et Martinais, D., Analyse 1re année, Dunod, Paris.
- Stewart, J., Analyse: concepts et contextes, vol. 1, De Boeck, Bruxelles (chapitre «Suites et séries»).
- Spivak, M., Calculus, 4^e éd., Publish or Perish (chapitre 23, Infinite Series).
- Rudin, W., Principles of Mathematical Analysis, 3^e éd., McGraw-Hill (chapitre 3).
- Ramis, E., Deschamps, C. et Odoux, J., Cours de mathématiques spéciales, tome 3, Masson, Paris.