Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- définir l'intégrale de Riemann d'une fonction bornée sur un segment à l'aide des sommes de Darboux et énoncer le critère d'intégrabilité;
- calculer une intégrale simple comme limite de sommes de Riemann et reconnaître une somme de Riemann dans une limite de suite;
- démontrer que les fonctions continues et les fonctions monotones sont intégrables;
- utiliser les propriétés de l'intégrale: linéarité, relation de Chasles, croissance, inégalité et théorème de la moyenne;
- énoncer et démontrer le théorème fondamental de l'analyse et calculer des intégrales grâce aux primitives;
- estimer numériquement une intégrale par les méthodes des rectangles, des trapèzes et de Simpson.
Pourquoi intégrer?
Le calcul différentiel des chapitres 7 à 9 répond à la question «à quelle vitesse une grandeur varie-t-elle?». Le calcul intégral répond à la question inverse: connaissant la vitesse de variation, comment retrouver la grandeur elle-même? Un ingénieur rencontre cette situation en permanence.
- Distance et vitesse. Un tram qui roule à la vitesse constante pendant une durée parcourt . Si la vitesse varie, on découpe le trajet en courts intervalles de durée , pendant lesquels est presque constante: la distance vaut environ , et exactement .
- Travail d'une force. Une force qui déplace un chariot de à fournit le travail ; pour un ressort, et l'on retrouve .
- Charge et courant. Le courant est le débit de charge: la charge qui traverse une section entre et vaut .
- Valeur moyenne d'un signal. La tension du réseau vaut , de moyenne nulle; ce qui compte pour la puissance dissipée est la valeur efficace V, définie par une intégrale de .
- Aire sous une courbe. Toutes ces situations reviennent à un seul problème géométrique: mesurer l'aire de la région comprise entre le graphe d'une fonction et l'axe des abscisses.
L'idée de calculer une aire en l'encadrant par des figures simples remonte à Archimède, qui obtient ainsi l'aire d'un segment de parabole. La définition rigoureuse, applicable à des fonctions générales, est due à Bernhard Riemann (1854); Gaston Darboux (1875) en donne la présentation par sommes inférieure et supérieure que nous suivons ici. Le lien avec la dérivation, le théorème fondamental, a été dégagé par Newton et Leibniz deux siècles plus tôt: c'est lui qui transforme le calcul d'aires en un calcul de primitives.
Construction de l'intégrale
Subdivisions et fonctions en escalier
Dans tout le chapitre, sont deux réels et est une fonction bornée.
On vérifie sans peine que cette valeur ne dépend pas de la subdivision choisie (raffiner découpe chaque rectangle en rectangles plus étroits de même hauteur) ni des valeurs de aux points . L'intégrale des fonctions en escalier est linéaire et croissante: si , alors .
Sommes de Darboux
L'idée est d'encadrer par deux fonctions en escalier, l'une en dessous, l'autre au-dessus, construites sur une même subdivision.
Ces sommes sont bien définies parce que est bornée. Trois propriétés élémentaires gouvernent toute la construction.
Démonstration. Le point 1 vient de . Pour le point 2, il suffit de traiter l'ajout d'un seul point . Le terme est remplacé par , où et sont les bornes inférieures de sur et ; comme ces deux intervalles sont contenus dans , on a et , donc le nouveau terme est supérieur ou égal à l'ancien. Le raisonnement est symétrique pour . Pour le point 3, la subdivision est plus fine que chacune, d'où .
Le point 3 dit que toute somme inférieure est plus petite que toute somme supérieure. L'ensemble des sommes inférieures est donc majoré et l'ensemble des sommes supérieures minoré: par l'axiome de la borne supérieure (chapitre 1), on peut définir
les intégrales inférieure et supérieure de , et l'on a toujours .
La variable est muette: . Le symbole est un S allongé, initiale de «somme», et rappelle la largeur des rectangles: la notation, due à Leibniz, est une somme de rectangles infiniment fins.
Le critère d'intégrabilité
Décider si directement est peu commode. Le critère suivant remplace le calcul de deux bornes par une seule estimation.
Démonstration. Supposons (10.3) satisfaite. Pour la subdivision correspondante, , donc . Ceci pour tout force .
Réciproquement, supposons intégrable, d'intégrale , et fixons . Par définition de la borne supérieure, il existe avec ; par définition de la borne inférieure, il existe avec . Pour , le lemme 10.1 donne , d'où .
Une fonction non intégrable
Sommes de Riemann
Les sommes de Darboux exigent de connaître les bornes de sur chaque sous-intervalle, ce qui est pénible en pratique. Riemann utilise des sommes plus souples: on évalue en un point quelconque de chaque sous-intervalle.
Comme , toute somme de Riemann est coincée entre les sommes de Darboux: . Si est intégrable, l'intégrale est elle aussi dans cet intervalle, et lorsque tend vers les sommes de Riemann tendent vers l'intégrale. Le théorème suivant précise que cela se produit dès que le pas de la subdivision tend vers , sans qu'on ait à choisir astucieusement les points .
Nous admettons ce théorème sous cette forme générale: la démonstration, technique, consiste à montrer que devient petit dès que le pas est petit (et pas seulement pour une subdivision particulière). Pour une fonction continue, il découle directement de la preuve du théorème 10.4 ci-dessous, qui établit que pour toute subdivision de pas inférieur à .
Explorateur des sommes de Riemann
Somme de Riemann de f(x) = x² sur [0, 2]: choisissez le nombre n de sous-intervalles et le point d'évaluation (gauche, milieu ou droite). L'intégrale exacte vaut 8/3.
Calculez la somme de Riemann à gauche de sur pour la subdivision régulière à pas.
Soit bornée sur et une subdivision plus fine que . Laquelle de ces affirmations est toujours vraie?
Fonctions intégrables et propriétés de l'intégrale
Les fonctions continues et les fonctions monotones sont intégrables
Démonstration. Une fonction continue sur un segment est bornée (théorème de Weierstrass, chapitre 5), donc les sommes de Darboux ont un sens. Fixons . Par le théorème de Heine (chapitre 5), est uniformément continue sur : il existe tel que . Prenons une subdivision de pas . Sur chaque sous-intervalle , la fonction continue atteint son minimum en un point et son maximum en un point (Weierstrass encore); comme , on a . Par conséquent
Comme est arbitrairement petit, le critère 10.2 est satisfait.
Remettez dans l'ordre les étapes de la démonstration «toute fonction continue sur est intégrable».
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Sur chaque sous-intervalle, atteint son minimum et son maximum en deux points distants de moins de , donc
- Choisir une subdivision de pas strictement inférieur à
- Conclure par le critère d'intégrabilité de Darboux
- Fixer et invoquer le théorème de Heine: est uniformément continue, ce qui fournit un
- Sommer:
Démonstration. Supposons croissante (le cas décroissant est analogue). Alors est bornée par et . Pour la subdivision régulière à pas, de pas , la croissance donne et , de sorte que la somme est télescopique:
Cette quantité tend vers : pour donné, il suffit de prendre assez grand pour satisfaire (10.3).
Ce résultat est remarquable, car une fonction monotone peut avoir une infinité de discontinuités (une à chaque point d'une suite, par exemple). Plus généralement, on démontre qu'une fonction continue par morceaux — continue sur sauf en un nombre fini de points, où elle admet des limites à gauche et à droite finies — est intégrable: on découpe aux points de discontinuité et l'on applique le théorème 10.4 sur chaque morceau, les valeurs prises en un nombre fini de points n'influençant pas les sommes de Darboux lorsque le pas tend vers . Les signaux rectangulaires ou en dents de scie de l'électronique entrent dans cette catégorie.
Propriétés de l'intégrale
Démonstration (esquisse). Ces propriétés se lisent sur les sommes de Riemann, qui sont linéaires en et positives si ; on passe à la limite grâce au théorème 10.3. L'intégrabilité de et de demande un peu plus de soin: on vérifie que sur chaque sous-intervalle, et , ce qui transmet le critère (10.3) de et à et . Le point 4 découle alors de la croissance appliquée à . Enfin, la relation de Chasles s'obtient en ajoutant aux subdivisions, ce qui ne peut qu'améliorer (10.3), puis en séparant les sommes en deux paquets.
Inégalité et théorème de la moyenne
Démonstration. C'est la croissance appliquée à , sachant que l'intégrale de la constante vaut (fonction en escalier à un seul palier).
Cette définition prolonge la moyenne arithmétique: la valeur moyenne est la limite des moyennes des valeurs prises par en points régulièrement espacés, comme le montre (10.5) avec .
Démonstration. Par le théorème de Weierstrass, atteint son minimum et son maximum sur . D'après (10.6), la valeur moyenne est comprise entre et . Le théorème des valeurs intermédiaires (chapitre 5) fournit alors un tel que .
Démonstration. Raisonnons par l'absurde et supposons qu'il existe avec . Par continuité, il existe tel que pour tout avec ; cet ensemble contient un segment de longueur . Par la relation de Chasles et la positivité de sur les deux autres morceaux,
ce qui contredit l'hypothèse.
Soit continue sur avec pour tout , et . Laquelle de ces affirmations est nécessairement vraie?
Le théorème fondamental de l'analyse
Primitives
Démonstration. Toute fonction est dérivable de dérivée . Réciproquement, si est une autre primitive, sur l'intervalle ; une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante (corollaire du théorème des accroissements finis, chapitre 8), d'où .
L'hypothèse «intervalle» est essentielle: sur , qui n'est pas un intervalle, la fonction valant pour et pour est une primitive de qui ne diffère pas de d'une constante globale.
On sait dériver beaucoup de fonctions; on sait donc «à l'envers» beaucoup de primitives. Mais rien, jusqu'ici, ne garantit qu'une fonction continue quelconque possède une primitive: c'est le théorème fondamental qui l'établit, en la construisant comme une intégrale.
Le théorème fondamental
Démonstration. Fixons et soit tel que . Par la relation de Chasles,
Comme (intégrale d'une constante), on peut écrire
Soit . Par continuité de en , il existe tel que dès que . Pour , tout entre et vérifie cette condition, et l'inégalité de la moyenne (10.6), appliquée sur le segment d'extrémités et (de longueur ), donne
Ceci prouve que , c'est-à-dire (dérivée à droite en , à gauche en ).
Le théorème 10.11 est l'un des sommets de l'analyse: il affirme que l'intégration est l'opération inverse de la dérivation, et il garantit que toute fonction continue sur un intervalle possède des primitives. Sa conséquence pratique est immédiate.
Démonstration. La fonction est une primitive de (théorème 10.11); par la proposition 10.10, pour une constante . Alors .
Primitives usuelles
Le tableau suivant, obtenu en lisant «à l'envers» celui des dérivées (chapitre 7), est à connaître. Chaque primitive est donnée à une constante près, sur tout intervalle où la fonction est continue.
| Fonction | Primitive | Intervalle |
|---|---|---|
| () | ||
| () | ||
| ou | ||
| (, ) | ||
Dérivée d'une intégrale à bornes variables
Combinons le théorème fondamental et la règle de dérivation des fonctions composées (chapitre 7). Soient continue sur un intervalle , et dérivables à valeurs dans . Si désigne une primitive de , la relation de Chasles donne
d'où, en dérivant,
Soit . Calculez .
Premières techniques de calcul
Le chapitre 11 est consacré aux méthodes systématiques d'intégration (intégration par parties, changement de variable, fractions rationnelles). Voici dès maintenant les réflexes qui suffisent pour une grande partie des calculs.
Linéarité et primitives «à vue»
Par linéarité, une somme de fonctions du tableau s'intègre terme à terme. Ensuite, la règle de dérivation des fonctions composées, lue à l'envers, fournit trois formes qu'il faut savoir reconnaître au premier coup d'œil:
Dans chaque cas, le facteur doit être présent (à une constante multiplicative près, que l'on ajuste): , mais n'est pas de cette forme et n'a pas de primitive élémentaire.
Valeur efficace d'un signal sinusoïdal
Aire entre deux courbes
Si sur , l'aire de la région comprise entre les deux graphes vaut : c'est la différence des aires sous chaque courbe (ou, si les fonctions changent de signe, le résultat de la translation verticale qui les rend positives, laquelle ne change pas l'aire entre elles). Lorsque les courbes se croisent, on découpe l'intervalle aux points d'intersection.
Sommes de Riemann et limites de suites
La formule (10.5), lue de droite à gauche, transforme certaines limites de suites en intégrales. La forme à repérer est
valable pour continue sur (somme à droite de la subdivision régulière). Le facteur joue le rôle de et celui de .
Que vaut ?
Approximation numérique d'une intégrale
Lorsqu'aucune primitive explicite n'est disponible — situation courante en ingénierie, où est parfois seulement connue par des mesures — on revient à l'idée des sommes de Riemann. Sur la subdivision régulière de pas , notons et .
Méthode des rectangles. C'est la somme de Riemann à gauche, à droite ou au point milieu:
Pour monotone, et encadrent l'intégrale et leur erreur est de l'ordre de ; la méthode du point milieu est nettement meilleure (erreur en ), car les erreurs de part et d'autre du milieu se compensent partiellement.
Méthode des trapèzes. On remplace sur chaque sous-intervalle par la corde joignant à ; l'aire du trapèze vaut , d'où
Nous admettons ce résultat, dont la preuve repose sur la formule de Taylor avec reste (chapitre 9) appliquée sur chaque sous-intervalle. Sa leçon pratique: diviser le pas par divise l'erreur par . Pour une fonction convexe, la corde est au-dessus du graphe et surestime l'intégrale; pour une fonction concave, la sous-estime.
Méthode de Simpson. On remplace sur chaque paire de sous-intervalles par la parabole passant par les trois points correspondants ( doit être pair). On obtient
avec une erreur majorée par ( majorant de ): diviser le pas par divise l'erreur par . C'est la méthode par défaut de la plupart des calculatrices.
On approche par la méthode des trapèzes avec (). Quelle valeur obtient-on, et pourquoi est-elle du côté attendu?
Synthèse
- L'intégrale de Riemann d'une fonction bornée est la valeur commune de et ; est intégrable si et seulement si peut être rendu plus petit que tout .
- Les fonctions continues (via la continuité uniforme), monotones et continues par morceaux sont intégrables; la fonction de Dirichlet ne l'est pas.
- L'intégrale est linéaire, additive (Chasles), croissante, et vérifie et l'inégalité de la moyenne; pour continue, la valeur moyenne est atteinte.
- Théorème fondamental: si est continue, est dérivable et ; toute fonction continue possède des primitives, uniques à une constante près sur un intervalle.
- Formule de Newton–Leibniz: pour toute primitive de ; les sommes de Riemann permettent en retour de calculer des limites de suites.
- Sans primitive explicite, on approche l'intégrale par les rectangles (erreur en ), les trapèzes ou le point milieu (erreur en ) ou Simpson (erreur en ).
Série d'exercices du chapitre 10
Exercice 1 sur 5Laquelle de ces fonctions n'est pas intégrable au sens de Riemann sur ?
Valeur moyenne et valeur efficace d'un signal redressé
Un redresseur simple alternance ne laisse passer que la demi-période positive d'une tension sinusoïdale: sur une période ms, pour et pour , avec et V. On cherche la valeur moyenne et la valeur efficace de sur une période.
- 1
Intégrale sur la demi-période
Le signal est nul sur la seconde moitié de la période: par la relation de Chasles, seule la première moitié compte. Une primitive de est .
ExerciceCalculez en V·s (utilisez s).
Valeur moyenne
Valeur efficace
Interprétation
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
On admet .
- Justifier que est intégrable sur et écrire la somme de Riemann à droite associée à la subdivision régulière à pas.
- Calculer et en déduire .
- Pour cette fonction, la somme à gauche est la somme de Darboux inférieure et la somme à droite la somme supérieure. Calculer et déterminer le plus petit tel que cet écart soit inférieur à .
Solution
1. La fonction est continue (et croissante) sur : elle est intégrable par le théorème 10.4 (ou 10.5). Pour la subdivision régulière , de pas , la somme à droite est
2. lorsque . Par le théorème 10.3, , ce que confirme la formule de Newton–Leibniz: .
3. Comme est croissante, et , et la différence des sommes de Darboux est télescopique:
On veut , soit : le plus petit entier convenable est . Cet écart est exactement l'aire du «rectangle-somme» de largeur et de hauteur obtenu en empilant les bandes de la figure 10.1.
Calculer les intégrales suivantes.
- , puis vérifier que la valeur moyenne de sur est atteinte en un point que l'on déterminera.
Solution
1. Par linéarité et le tableau des primitives,
2. Le numérateur est la dérivée du dénominateur , strictement positif sur : forme de (10.10).
3. On linéarise :
On remarque que puisque leur somme vaut et que les deux intégrales sont égales par symétrie du graphe autour de .
4. Le signe de change en : on découpe par la relation de Chasles.
À titre de comparaison, : l'aire algébrique est bien plus petite que l'aire géométrique.
5. Avec et la primitive ,
La valeur moyenne sur vaut . Elle est atteinte en tel que , soit , conformément au théorème de la moyenne.
Soit pour .
- Justifier que est définie et dérivable sur , et calculer .
- Montrer que est impaire.
- Déterminer les variations de sur et la valeur de où atteint son maximum.
- À l'aide de l'inégalité de la moyenne, montrer que pour et en déduire .
Solution
1. La fonction est continue sur ; le théorème fondamental lui associe la primitive , dérivable sur avec . Par la relation de Chasles, , donc est définie et dérivable sur , et par la règle de dérivation des composées (formule 10.9),
2. Montrons d'abord que est impaire. Posons . Alors sur l'intervalle , donc est constante, égale à . Ainsi , et
est impaire. (Le changement de variable , vu au chapitre 11, donne le même résultat plus rapidement.)
3. On factorise . Comme , le signe de est celui de , qui s'annule pour , c'est-à-dire , soit
Pour , donc et ; pour , . Ainsi est croissante sur , décroissante sur , et atteint son maximum en . Par imparité, admet un minimum en . (Numériquement, par la méthode de Simpson, .)
4. Pour et , la fonction est décroissante sur , donc . L'inégalité de la moyenne (10.6) sur le segment , de longueur , donne
Or lorsque (croissance comparée, chapitre 6). Par encadrement, . On vérifie que la borne est cohérente au maximum: .
- Calculer .
- Calculer .
- On rappelle que . Calculer l'approximation de cette intégrale par la méthode des trapèzes puis par la méthode de Simpson avec , et en déduire deux valeurs approchées de . Comparer à
Solution
1. On met en facteur au dénominateur:
somme de Riemann à droite de , continue sur . La forme avec (à un facteur près) donne
2. C'est la somme de Riemann de sur . Une primitive est , d'où
3. Avec et , les valeurs aux nœuds sont
| 0 | 0,25 | 0,5 | 0,75 | 1 | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 0,941176 | 0,8 | 0,64 | 0,5 |
Trapèzes (10.13): , d'où (erreur ). La fonction est concave sur puis convexe: la sous-estimation globale vient surtout de la partie concave près de .
Simpson (10.14): , d'où (erreur ).
Avec seulement cinq évaluations, Simpson fournit quatre décimales exactes de là où les trapèzes n'en donnent qu'une: la différence entre une erreur en et une erreur en est spectaculaire.
Soient et continues sur .
- Pour , justifier que et développer comme un polynôme du second degré en .
- En déduire l'inégalité de Cauchy–Schwarz:
- Montrer qu'il y a égalité si et seulement si et sont proportionnelles (l'une est un multiple constant de l'autre). On utilisera le théorème 10.9.
- Application: montrer que pour continue sur , , et interpréter cette inégalité en termes de valeur moyenne et de valeur efficace.
Solution
1. La fonction est continue et positive sur ; par positivité de l'intégrale (théorème 10.6), . En développant le carré et en utilisant la linéarité,
avec , et .
2. Si , alors est continue, positive, d'intégrale nulle: par le théorème 10.9, , donc et l'inégalité se réduit à . Si , est un polynôme du second degré en à coefficient dominant strictement positif, qui reste positif ou nul pour tout réel: il n'a pas deux racines réelles distinctes, donc son discriminant est négatif ou nul:
c'est-à-dire
3. Supposons (sinon et sont trivialement proportionnelles et l'égalité est acquise), donc . Il y a égalité si et seulement si , c'est-à-dire si et seulement si possède une racine (double) . Or signifie ; la fonction étant continue et positive, le théorème 10.9 donne , soit : est un multiple de . Réciproquement, si , alors et , d'où .
4. On applique l'inégalité avec (fonction constante), pour laquelle :
En divisant par , on obtient , c'est-à-dire : la valeur absolue de la valeur moyenne d'un signal ne dépasse jamais sa valeur efficace, avec égalité si et seulement si le signal est constant (proportionnel à ). Pour le signal redressé du problème guidé, V et V; pour la sinusoïde complète, et .
Références
- Douchet, J. et Zwahlen, B., Calcul différentiel et intégral, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne.
- Stewart, J., Analyse: concepts et contextes, vol. 1, De Boeck, Bruxelles.
- Spivak, M., Calculus, 4e éd., Publish or Perish, Houston, chap. 13–14.
- Rudin, W., Principles of Mathematical Analysis, 3e éd., McGraw-Hill, New York, chap. 6.
- Liret, F. et Martinais, D., Analyse 1re année, Dunod, Paris.
- Apostol, T. M., Calculus, vol. 1, 2e éd., Wiley, New York.