Annexe B

Formulaire

Écritures types, schémas de clôture, formules d'amortissement, ratios et calcul des coûts, chapitre par chapitre.

Ce formulaire rassemble, sous une forme condensée, ce que les douze chapitres ont établi: les écritures types, les relations démontrées, les ratios, les constantes suisses, les procédures et les pièges. Il est fait pour deux usages: réviser en fin de semestre, en parcourant d'un bout à l'autre une matière qui s'est construite chapitre après chapitre, et servir d'aide-mémoire pendant un examen où les formulaires sont autorisés. Il ne remplace pas les chapitres: il les indexe. Chaque entrée porte le numéro du chapitre, du théorème ou de l'équation qui l'établit, de sorte qu'un point mal compris se retrouve en une manipulation.

Une mise en garde doit précéder tout le reste. Une formule apprise sans ses hypothèses est inutilisable, et souvent dangereuse. La formule de l'amortissement dégressif ne dit rien si l'on oublie que s'applique à la valeur comptable et non à la valeur d'acquisition; la formule du seuil de rentabilité suppose que la distinction entre charges fixes et charges variables tient sur la plage d'activité considérée; l'écriture de la perte sur créance est fausse d'une centaine de francs si l'on oublie que l'entreprise est assujettie à la TVA. C'est pourquoi chaque entrée de ce formulaire porte, en une ligne, ses conditions d'application et l'usage auquel elle est destinée. Lisez toujours cette ligne avant de recopier la formule.

L'organisation suit l'ordre dans lequel on travaille et non l'ordre des chapitres. Les écritures types viennent en premier, parce qu'elles sont ce que l'on cherche le plus souvent et sous la plus grande pression de temps; elles sont regroupées par thème et utilisent exclusivement les numéros du plan comptable de l'annexe A. Viennent ensuite les relations démontrées, dans l'ordre des chapitres cette fois, puisqu'elles se déduisent les unes des autres, puis les ratios du chapitre 11, les chiffres suisses, quatre méthodes sous forme de listes ordonnées et un tableau des pièges classiques. Trois exercices de révision terminent l'annexe.

Une convention de lecture, enfin. Tous les montants sont en francs suisses, le taux de TVA retenu est le taux normal de 8,1 % sauf indication contraire, et les entreprises sont supposées assujetties selon la méthode effective, avec décompte selon les contre-prestations convenues. L'annexe A donne la nomenclature — quel numéro pour quel compte; la présente annexe donne le mode d'emploi — quelle écriture pour quelle opération.

Les écritures types

Achats et ventes de marchandises

Le régime est celui de l'inventaire périodique (chapitre 6): les achats vont directement en charge au 4200 et les ventes en produit au 3200, le compte 1200 n'étant touché qu'à l'inventaire. Les comptes de charges et de produits sont tenus hors taxe; la TVA vit exclusivement dans des comptes de bilan. C'est la méthode nette, la seule admise en Suisse.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Achat de marchandises à crédit, prix net4200 Achats de marchandises2000 CréanciersMontant hors taxe
TVA sur cet achat1170 Impôt préalable2000 Créanciers8,1 % du prix net; le 2000 est crédité du total TTC
Achat d'une immobilisation à crédit1500, 1510, 1520, 1530 ou 1600 selon la nature du bien2000 CréanciersCoût d'acquisition au sens de l'art. 960a al. 1 CO
TVA sur un investissement ou une charge de structure1171 Impôt préalable2000 Créanciers ou 1020 Banque1171 et non 1170: la séparation reprend les cases du décompte de l'AFC
Frais d'acquisition (transport, douane)4270 Frais d'acquisition2000 Créanciers ou 1020 BanqueFrais engagés pour faire entrer la marchandise
Vente de marchandises à crédit, prix net1100 Débiteurs3200 Ventes de marchandisesLe 1100 est débité du total TTC
TVA sur cette vente1100 Débiteurs2200 TVA dueLa TVA facturée n'est jamais un produit
Vente au comptant1000 Caisse ou 1020 Banque3200 Ventes de marchandises et 2200 TVA dueÉcriture composée à un débit et deux crédits
Paiement d'une facture fournisseur2000 Créanciers1020 BanqueAucune charge: la charge est née à la réception de la facture
Encaissement d'une facture client1020 Banque1100 DébiteursAucun produit: échange à l'actif

Rabais, escomptes et retours

Une réduction sur un achat n'est pas un produit: c'est un achat plus petit. Une réduction sur une vente n'est pas une charge: c'est une vente plus petite. D'où les deux comptes correcteurs 4800 et 3800, et l'interdiction de compenser de l'art. 958c al. 1 ch. 7 CO. Point décisif: l'escompte se calcule sur le montant TVA comprise et se ventile donc toujours en deux parts, la part hors taxe au compte de correction et la part de taxe au compte de taxe.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Rabais ou ristourne obtenu d'un fournisseur, part hors taxe2000 Créanciers4800 Déductions sur achatsSolde créditeur, en diminution de la classe 4
TVA sur ce rabais obtenu2000 Créanciers1170 Impôt préalableOn «défait» une partie de l'écriture initiale
Escompte obtenu au paiement, en une écriture2000 Créanciers du montant TTC de la facture1020 Banque du net payé, 4800 de la part hors taxe, 1170 de la part de TVAPart hors taxe escompte TTC
Rabais accordé à un client, part hors taxe3800 Déductions sur ventes1100 DébiteursSolde débiteur, en diminution de la classe 3
TVA sur ce rabais accordé2200 TVA due1100 DébiteursLa dette envers l'AFC diminue d'autant
Escompte accordé au client, en une écriture1020 Banque du net encaissé, 3800 de la part hors taxe, 2200 de la part de TVA1100 Débiteurs du montant TTCMiroir exact de l'escompte obtenu
Retour d'un achat2000 Créanciers4200 Achats de marchandises et 1170 Impôt préalableContre-passation: la marchandise n'est plus là, donc 4200 et non 4800
Retour d'une vente3200 Ventes de marchandises et 2200 TVA due1100 DébiteursContre-passation de l'écriture de vente

Le décompte de TVA

À la fin de chaque trimestre, les trois comptes de taxe sont soldés dans le compte de liaison 2201, dont le solde est la dette nette envers l'AFC. L'assujetti dispose de soixante jours pour remettre son décompte et payer.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Virement de la TVA due du trimestre2200 TVA due2201 Décompte TVASolde du 2200 après les rabais et les pertes sur créances
Virement de l'impôt préalable sur marchandises2201 Décompte TVA1170 Impôt préalable
Virement de l'impôt préalable sur investissements2201 Décompte TVA1171 Impôt préalable
Paiement du solde à l'AFC2201 Décompte TVA1020 BanqueLes quatre comptes sont alors soldés
Remboursement reçu de l'AFC (excédent d'impôt préalable)1020 Banque2201 Décompte TVACas fréquent des entreprises exportatrices

Salaires et charges sociales

Deux écritures par mois, et deux seulement. Le compte 5000 reçoit le brut, jamais le net; le compte 2270 est une dette, jamais une charge. Le net versé n'est qu'une modalité de règlement.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Salaire brut du mois, part retenue5000 Salaires2270 Charges sociales à payerAVS/AI/APG, AC, LAA non professionnelle, part employé LPP, impôt à la source
Salaire brut du mois, part versée5000 Salaires1020 BanqueSalaire net; le débit total du 5000 est le brut
Part patronale des assurances sociales5700 Charges sociales2270 Charges sociales à payerAVS/AI/APG, AC, LAA professionnelle, allocations familiales, frais d'administration, part employeur LPP
Acompte trimestriel à la caisse de compensation2270 Charges sociales à payer1020 BanqueNe touche jamais le 5700: la charge est déjà comptabilisée
Acompte à la caisse de pension ou à l'assureur LAA2270 Charges sociales à payer1020 BanqueMême raisonnement
Versement de l'impôt à la source au canton2270 Charges sociales à payer1020 BanqueLa commission de perception se comptabilise en produit
Solde du décompte annuel2270 Charges sociales à payer1020 BanqueDifférence entre cotisations dues et acomptes versés
Treizième salaire dû et non versé, à la clôture5000 Salaires et 5700 Charges sociales2300 Passifs de régularisation2300 et non 2270: le décompte n'interviendra que l'an prochain

Amortissements et sorties d'immobilisations

La charge est toujours le compte 6800; seule la contrepartie change. La méthode indirecte conserve la valeur d'acquisition à l'actif et présente les amortissements cumulés en déduction: c'est la règle en Suisse.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Amortissement, méthode directe6800 Amortissements1530 Véhicules (ou le compte d'actif concerné)La valeur d'acquisition disparaît du bilan
Amortissement, méthode indirecte6800 Amortissements1539 Amortissements cumulés sur véhiculesCorrecteurs: 1509, 1519, 1529, 1539, 1609
Cession avec gain, méthode directe1020 Banque du prix TTC1530 Véhicules de la valeur comptable, 7000 Produits accessoires du gain, 2200 TVA due8500 au lieu de 7000 si l'opération est exceptionnelle
Cession avec gain, méthode indirecte1020 Banque du prix TTC et 1539 du cumul des amortissements1530 Véhicules de la valeur d'acquisition, 7000 du gain, 2200 TVA dueDeux comptes à solder au lieu d'un
Cession avec perte1020 Banque, 1539 le cas échéant, 6800 Amortissements de la perte1530 Véhicules, 2200 TVA dueLa perte est un complément d'amortissement
Mise hors service sans contrepartie6800 Amortissements de la valeur comptable et 1539 du cumul1530 VéhiculesCas limite du prix de vente nul
Reprise, écriture 1: cession de l'ancien bien2000 Créanciers de l'avoir TTC1530 Véhicules, 7000 du gain, 2200 TVA dueUne reprise est deux opérations distinctes
Reprise, écriture 2: achat du bien neuf1530 Véhicules et 1171 Impôt préalable2000 CréanciersCompensation seulement sur le compte du fournisseur
Reprise, écriture 3: paiement du solde2000 Créanciers1020 BanqueLe compte 2000 se solde

Créances, stocks et corrections de valeur

Deux réflexes: la perte définitive sort du 1100 pour son montant TTC mais ne charge le 3805 que du montant hors TVA; le ducroire s'ajuste de sa variation, jamais du montant nécessaire en entier.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Perte définitive sur créance (acte de défaut de biens, faillite close)3805 Pertes sur créances de la part hors TVA et 2200 TVA due de la taxe1100 Débiteurs du montant TTCPart hors taxe montant TTC
Ducroire à augmenter, 3805 Pertes sur créances1109 DucroireOn comptabilise
Ducroire à diminuer, 1109 Ducroire3805 Pertes sur créancesLe solde du 1109 doit valoir après écriture
Stock en diminution à l'inventaire4900 Variation du stock de marchandises1200 Stock de marchandisesLa charge de l'exercice augmente
Stock en augmentation à l'inventaire1200 Stock de marchandises4900 Variation du stock de marchandisesLa charge de l'exercice diminue
Correction de valeur du stock (art. 960c CO)4900 Variation du stock de marchandises1200 Stock de marchandisesOn n'«amortit» jamais un stock: pas de 6800
Réserve latente sur stock (tiers-provision)4900 Variation du stock de marchandises1200 Stock de marchandisesUn tiers de la valeur d'inventaire, admis fiscalement

Régularisations et provisions

Les quatre cas de délimitation se retiennent par une seule question: qui doit encore quelque chose à qui? Si l'entreprise est créancière d'une prestation, le compte est 1300, à l'actif; si elle en est débitrice, c'est 2300, au passif. L'extourne du 1er janvier n'est pas obligatoire, mais elle est la pratique courante et elle évite d'avoir à se souvenir de la régularisation lorsque la facture arrive.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Charge payée d'avance, au 31.121300 Actifs de régularisationCompte de charge concernéOn retire du résultat la part de l'exercice suivant
Extourne au 1.1Compte de charge concerné1300 Actifs de régularisationLa charge revient sur son compte définitif
Produit à recevoir, au 31.121300 Actifs de régularisationCompte de produit concernéOn ajoute au résultat la part acquise
Extourne au 1.1Compte de produit concerné1300 Actifs de régularisation
Charge à payer, au 31.12Compte de charge concerné2300 Passifs de régularisationIntérêts courus, treizième salaire, facture non reçue
Extourne au 1.12300 Passifs de régularisationCompte de charge concerné
Produit reçu d'avance, au 31.12Compte de produit concerné2300 Passifs de régularisationAbonnement encaissé pour l'exercice suivant
Extourne au 1.12300 Passifs de régularisationCompte de produit concerné
Constitution ou augmentation d'une provision6700 Autres charges d'exploitation (ou le compte de charge par nature)2330 ou 2600 ProvisionsArt. 960e al. 2 CO: montant ou échéance incertains
Utilisation de la provision2330 Provisions à court terme1020 BanqueAucun passage par le compte de résultat
Dissolution d'une provision devenue sans objet2330 Provisions à court terme3600 Autres produits d'exploitationL'art. 960e al. 4 CO n'oblige pas à dissoudre

Impôts, affectation du bénéfice et dividende

L'impôt sur le bénéfice est une charge de l'exercice (8900), calculée sur le bénéfice avant impôts: c'est donc la toute dernière écriture de régularisation. L'affectation du bénéfice, elle, n'est pas une charge: elle intervient au printemps suivant, sur décision de l'assemblée générale.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Acompte d'impôt versé en cours d'exercice2208 Impôts directs à payer1020 BanqueLe compte peut être temporairement débiteur
Charge d'impôt estimée à la clôture8900 Impôts directs2208 Impôts directs à payerTaux illustratif de 15 % du bénéfice avant impôts
Mise à disposition du bénéfice, au printemps2979 Bénéfice de l'exercice2970 Bénéfice reportéLe 2970 porte alors le bénéfice au bilan
Attribution à la réserve légale (art. 672 CO)2970 Bénéfice reporté2950 Réserve légale issue du bénéfice5 % du bénéfice de l'exercice, plafonné
Dividende brut décidé par l'assemblée générale2970 Bénéfice reporté2261 Dividendes à verserArt. 675 CO: seulement sur le bénéfice au bilan et les réserves disponibles
Attribution à une réserve facultative2970 Bénéfice reporté2960 Réserves facultativesLe solde du 2970 est le report à nouveau
Impôt anticipé de 35 % retenu sur le dividende2261 Dividendes à verser2210 Autres dettes à court termeImpôt de garantie, récupérable par l'actionnaire qui déclare
Versement du dividende net aux actionnaires2261 Dividendes à verser1020 Banque65 % du dividende brut
Versement de l'impôt anticipé à l'AFC2210 Autres dettes à court terme1020 BanqueDans les trente jours
Dividende encaissé par une société actionnaire1020 Banque de la part nette et 1176 Impôt anticipé à récupérer de la retenue6950 Produits financiers du dividende brutLe produit est le brut, la retenue une créance
Émission d'actions au-dessus du pair1020 Banque2800 Capital-actions du nominal et 2900 Réserve légale issue du capital de l'agioL'agio ne transite jamais par le compte de résultat

Ouverture et clôture

Les comptes de la classe 9 ne contiennent aucune opération avec l'extérieur: ce sont des comptes de passage, ouverts et soldés le même jour. Le 9100 sert à l'ouverture comme à la clôture; le 9200 relaie le résultat entre le 9000 et le bilan.

OpérationCompte débitéCompte créditéRemarque
Ouverture des comptes d'actifChaque compte d'actif9100 BilanMontants bruts: le 1100 avant déduction du ducroire, les immobilisations avant amortissements cumulés
Ouverture des comptes correcteurs, des dettes et des fonds propres9100 Bilan1109 Ducroire, 1539, 2000, 2800, 2950, 2970…Le 9100 se solde: preuve que le bilan repris équilibrait
Clôture des comptes de charges9000 Compte de résultatChaque compte de charge, de son soldeClasses 4 à 6 et 8
Clôture des comptes de produitsChaque compte de produit, de son solde9000 Compte de résultatClasses 3 et 7
Clôture d'un compte au solde inversé (4900 créditeur, 3800 débiteur)On inscrit le solde du côté opposéContrepartie au 9000La règle générale prime sur la classification
Virement du bénéfice9000 Compte de résultat9200 Bénéfice ou perte de l'exerciceSolde créditeur du 9000
Virement de la perte9200 Bénéfice ou perte de l'exercice9000 Compte de résultatSolde débiteur du 9000
Report du résultat au bilan9200 Bénéfice ou perte de l'exercice2979 Bénéfice de l'exerciceInverse en cas de perte
Clôture des comptes d'actif9100 Bilan de clôtureChaque compte d'actifLe 9100 se solde nécessairement
Clôture des correcteurs, dettes et fonds propresChaque compte concerné9100 Bilan de clôtureSa présentation en deux colonnes est le bilan
Exercice

Alpina Sports SA reçoit une facture fournisseur de CHF 16 215,00 (CHF 15 000,00 hors taxe et CHF 1 215,00 de TVA à 8,1 %) et la règle dans les dix jours avec un escompte de 2 %. Quelle est l'écriture correcte du paiement?

Les relations démontrées

Chaque entrée reprend l'énoncé du chapitre à la notation près, précise ses hypothèses en une ligne et indique à quoi elle sert. Les numéros de théorème et d'équation sont ceux des chapitres.

Théorème 1.1 — Principes de régularité (art. 957a et 958c CO). C'est le seul résultat du cours qui ne s'écrit pas en formule. Retenez les cinq principes de la tenue régulière — enregistrement intégral, fidèle et systématique; justification de chaque enregistrement par une pièce; clarté; adaptation à la nature et à la taille de l'entreprise; traçabilité — et les sept principes de la présentation régulière: clarté et intelligibilité, intégralité, fiabilité, importance relative, prudence, permanence, interdiction de la compensation. S'y ajoute l'hypothèse de continuité de l'exploitation (art. 958a CO). Conditions: toute entreprise tenue à une comptabilité complète. Usage: c'est la grille qui justifie tout le reste, en particulier les travaux de bouclement et l'interdiction de présenter un solde net.

Théorème 2.1 — Équation fondamentale du bilan (chapitre 2).

Conditions: à toute date et pour toute entreprise dont la comptabilité est tenue régulièrement. Usage: c'est une identité de construction, non une découverte: les fonds propres sont définis comme le solde . Un bilan qui ne balance pas signale une erreur, jamais un fait économique.

Théorème 2.2 — Invariance de l'équilibre (chapitre 2). Toute opération produit exactement deux effets de même montant et relève de l'un des quatre types: échange à l'actif, échange au passif, augmentation, diminution. Dans les quatre cas,

Conditions: aucune, hors une comptabilité correctement tenue. Usage: il fonde d'avance la partie double et fournit le contrôle permanent du travail comptable.

Théorème 3.1 — Double détermination du résultat (chapitre 3).

Conditions: et sont les fonds propres aux deux extrémités du même exercice; apports et distributions sont les mouvements avec les propriétaires. Usage: articuler le bilan et le compte de résultat, et contrôler un résultat par une seconde voie. Comparer deux bilans sans corriger du dividende conduit à un diagnostic faux, parfois inversé.

Théorème 3.2 — Coût des marchandises vendues (chapitre 3, repris en 6.2).

Conditions: entreprise commerciale en inventaire périodique; les achats nets comprennent les frais d'acquisition et sont diminués des rabais et escomptes obtenus. Usage: obtenir la marge brute . Une erreur de CHF 10 000 sur le stock final déplace le résultat de CHF 10 000 en sens inverse.

Théorème 4.1 — Sens des comptes de charges et de produits (chapitre 4).

Conditions: absence d'apport et de distribution pendant l'exercice. Usage: les comptes de charges et de produits sont des sous-comptes des fonds propres, qui sont au passif; d'où la règle unique actif et charge augmentent au débit, passif et produit augmentent au crédit.

Théorème 4.2 — Règle de la partie double (chapitre 4).

Conditions: pour chaque écriture prise isolément, donc pour l'ensemble des livres à tout instant. Usage: contrôle arithmétique permanent. Il est nécessaire mais non suffisant: il ne détecte ni l'écriture omise, ni l'écriture doublée, ni l'imputation au mauvais compte, ni le montant faux des deux côtés.

Théorème 5.1 — Égalités de la balance (chapitre 5).

Conditions: comptabilité tenue en partie double. Usage: la balance à quatre colonnes offre deux contrôles indépendants; le total des mouvements doit en outre égaler le total du journal. Si la différence est divisible par 2, cherchez un montant porté du mauvais côté; si elle est divisible par 9, cherchez une transposition de chiffres ou un décalage de virgule.

Théorème 5.2 — Mécanique de la clôture (chapitre 5).

Conditions: toutes les écritures de régularisation doivent être passées avant. Usage: les charges se virent au débit du 9000, les produits à son crédit, le solde au 9200 puis au 2979; les comptes de bilan se virent enfin au 9100, qui se solde nécessairement puisque .

Théorème 6.1 — Neutralité de la TVA pour l'assujetti (chapitre 6).

Conditions: chaîne d'entreprises toutes assujetties, même taux , prix hors taxe , . Usage: la TVA n'est ni une charge ni un produit; chaque entreprise ne verse que le taux appliqué à sa propre valeur ajoutée, et la Confédération encaisse exactement ce que le consommateur a supporté, quel que soit le nombre d'intermédiaires.

Théorème 6.2 — Coût implicite d'un escompte non utilisé (chapitre 6).

Conditions: conditions «escompte de au jour , net exigible au jour »; annualisation proportionnelle, année de 365 jours. Usage: décider de payer tôt. Un «2/10 net 30» coûte 37,24 % par an, un «3/10 net 60» coûte 22,58 %: on prend toujours l'escompte, quitte à tirer sur la ligne de crédit bancaire.

Théorème 7.1 — Coût total d'un collaborateur (chapitre 7).

Conditions: salaire brut annuel, taux des cotisations patronales proportionnelles, part patronale de la bonification LPP. Usage: budgéter un poste. Le taux n'est pas constant: il croît avec le salaire dans le régime ordinaire, atteint son maximum en CHF et décroît ensuite. Ordre de grandeur usuel: 15 à 20 % du brut.

Salaire coordonné LPP (chapitre 7, définition).

Conditions: le salaire annuel doit dépasser le seuil d'entrée de CHF 22 680, sans quoi . Le calcul part toujours du salaire annuel, treizième compris, et l'on ne divise par douze qu'à la toute fin. Usage: la bonification de vieillesse vaut avec de 7, 10, 15 ou 18 % selon l'âge, partagée au minimum par moitié entre employeur et employé.

Théorème 8.1 — Amortissement linéaire (chapitre 8).

Conditions: valeur d'acquisition, valeur résiduelle, durée d'utilité en exercices; le taux linéaire s'applique à la valeur d'acquisition, constante. Usage: charge constante, facile à budgéter, adaptée aux biens dont l'usure est régulière et aux immobilisations incorporelles. On a exactement.

Théorème 8.2 — Amortissement dégressif (chapitre 8).

Conditions: ; le taux s'applique à la valeur comptable, qui diminue chaque année. Usage: charge concentrée sur les premiers exercices, plus proche de la dépréciation réelle. La valeur comptable ne s'annule jamais en un nombre fini d'exercices. Pour atteindre une valeur visée après exercices,

Théorème 9.1 — Ajustement du ducroire (chapitre 9).

Conditions: est le solde repris du compte 1109, le ducroire nécessaire calculé après avoir sorti les pertes définitives, sur le solde TTC des créances subsistantes. Usage: seule la variation se comptabilise, en charge au 3805 si le risque augmente, en diminution de charge s'il diminue. Le solde du 1109 vaut après écriture.

Théorème 9.2 — Principe de la valeur minimale (art. 960c CO, chapitre 9).

Conditions: la comparaison s'opère article par article ou par catégorie homogène, jamais globalement; le prix du marché est le prix de vente net attendu, diminué des frais de vente restant à engager. Usage: évaluer le stock à la clôture. La règle est asymétrique: une moins-value se constate immédiatement, une plus-value latente jamais.

Théorème 9.3 — Règle de la délimitation (chapitre 9).

Conditions: montant couvrant mois, dont dans l'exercice N; répartition pro rata temporis. Usage: le montant à régulariser vaut si le flux de trésorerie a déjà eu lieu, et s'il n'a pas encore eu lieu. Le compte est 1300 lorsque l'entreprise est créancière de la contrepartie, 2300 lorsqu'elle en est débitrice.

Théorème 10.1 — Attribution à la réserve légale (art. 672 CO, chapitre 10).

Conditions: bénéfice de l'exercice, perte reportée positive, et les réserves légales existantes, le capital-actions inscrit au registre du commerce; 20 % au lieu de 50 % pour les sociétés holding. Usage: première ligne de la cascade d'affectation. Deux contrôles successifs: on compense d'abord la perte reportée, on butte ensuite sur le plafond, la dernière attribution étant partielle.

Théorème 10.2 — Flux de trésorerie d'exploitation, méthode indirecte (chapitre 10).

Conditions: toute augmentation d'un actif d'exploitation se retranche, toute augmentation d'une dette d'exploitation s'ajoute; le produit de vente encaissé d'une immobilisation va au flux d'investissement, le gain correspondant étant neutralisé dans le flux d'exploitation. Usage: expliquer la variation de trésorerie. Contrôle impératif: doit égaler la différence entre les postes de trésorerie des deux bilans.

Théorème 11.1 — Égalité des deux calculs du fonds de roulement (chapitre 11).

Conditions: bilan retraité et condensé en quatre masses. Usage: deux lectures du même montant — matelas de sécurité à court terme par le bas, excédent de financement stable par le haut — et contrôle croisé du retraitement. La règle d'or du financement exige .

Théorème 11.2 — Effet de levier financier (chapitre 11).

Conditions: , taux d'intérêt moyen , impôt ignoré; avec un taux d'impôt , le membre de droite se multiplie par (11.18). Usage: l'endettement augmente le ROE si et seulement si , le diminue sinon. Il ne crée aucune valeur: il redistribue le résultat économique entre créanciers et actionnaires et concentre la variabilité sur ces derniers.

Théorème 12.1 — Marge de contribution et résultat (chapitre 12).

Conditions: les coûts fixes sont indépendants des quantités sur la plage d'activité considérée. Usage: — une unité supplémentaire fait varier le résultat de sa marge de contribution, jamais de son résultat unitaire en coût complet. C'est le fondement de toutes les décisions marginales.

Théorème 12.2 — Seuil de rentabilité (chapitre 12).

Conditions: ; entreprise mono-produit, ou multiproduits à composition des ventes constante, auquel cas est le taux de marge de contribution moyen. Usage: est la marge de sécurité et l'indice de sécurité. Le levier opérationnel , inverse de l'indice de sécurité, mesure la variation relative du résultat provoquée par une variation de 1 % du chiffre d'affaires; il tend vers l'infini au voisinage du point mort.

Théorème 12.3 — Priorité sous contrainte d'un facteur rare (chapitre 12). On sert les produits par ordre décroissant de , où est la consommation de facteur rare par unité de produit , jusqu'à épuisement de la capacité, chaque produit étant limité par sa demande. Conditions: un seul facteur saturé, coûts fixes insensibles au programme retenu. Usage: établir un programme de production. Classer par marge unitaire au lieu de marge par heure conduit systématiquement à un résultat inférieur.

Exercice

Remettez dans l'ordre les travaux de bouclement d'un exercice, tels que le chapitre 9 les enchaîne.

Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre

    1.
  • Passer les délimitations aux comptes 1300 et 2300
  • 2.
  • Comptabiliser l'inventaire des stocks: variation au coût, puis correction de valeur selon l'art. 960c CO
  • 3.
  • Établir la balance après inventaire, comptabiliser l'impôt sur le bénéfice, puis clôturer par les comptes 9000 et 9100
  • 4.
  • Constater les pertes définitives sur créances, puis ajuster le ducroire sur le solde subsistant
  • 5.
  • Constituer les réserves latentes admises fiscalement
  • 6.
  • Passer les amortissements sur les immobilisations
  • 7.
  • Rapprocher les comptes et établir la première balance de vérification
  • 8.
  • Constituer, utiliser ou dissoudre les provisions

Les ratios

Tous les ratios ci-dessous se calculent sur un bilan retraité et condensé en quatre masses: échéances réelles, actifs fictifs éliminés, réserves latentes connues réintégrées sous déduction de l'impôt latent, bénéfice à distribuer reclassé en capitaux étrangers à court terme, comptes correcteurs déduits des postes qu'ils corrigent. Les dénominateurs des ratios de rentabilité sont en principe des moyennes de début et de fin d'exercice. Les ordres de grandeur sont ceux du chapitre 11: des repères de discussion, non des normes.

RatioFormuleLectureOrdre de grandeur usuel
Liquidité immédiate (degré 1)liquidités et titres cotés trésorerie disponible face aux dettes exigibles20 à 30 %
Liquidité réduite (degré 2)(liquidités créances) ce qui sera encaissé face à ce qui devra être payé, sans vendre de stockenviron 100 % (acid test)
Liquidité générale (degré 3)couverture globale du court terme150 à 200 %; 130 à 250 % dans le commerce de détail
Fonds de roulement netpart de l'actif circulant financée par des capitaux permanentspositif; le degré 3 dépasse 100 % si et seulement si le FRN est positif
Degré de financement proprecoussin qui absorbe les pertes avant les créanciers30 à 50 % pour une PME suisse
Degré d'endettementcomplément du précédentcomplément de 30 à 50 %
Degré d'immobilisationrigidité de la structure d'actif20 à 35 % commerce, 50 à 70 % industrie, 10 à 25 % services
Couverture des immobilisations 1règle d'or renforcéesupérieure à 100 % si possible, rarement atteinte dans l'industrie
Couverture des immobilisations 2règle d'or minimaledoit dépasser 100 %
Cash-flowbénéfice net amortissements augmentation des provisions et corrections de valeurflux de fonds dégagé par l'activité, insensible aux choix d'amortissementà comparer d'une année à l'autre
Marge de cash-flowcash-flow capacité de l'activité à produire des liquiditésse lit dans le temps et par rapport à la branche
Capacité de remboursement(capitaux étrangers liquidités) cash-flowannées théoriques de désendettementles banques s'inquiètent au-delà de 4 à 5 ans
Marge brutesignature du métier35 à 50 % détail spécialisé, 25 à 30 % grande distribution alimentaire, plus de 60 % services
Marge d'EBITefficacité de l'exploitation, indépendante du financement et de l'impôtcomparaison sectorielle et dans le temps
Marge nettebénéfice net ce qui revient aux actionnaires par franc vendu2 à 6 % détail, 4 à 8 % industrie, 8 à 15 % services
ROEbénéfice net moyensrendement du placement de l'actionnaireà comparer au ROA avant de conclure: l'écart vient du levier
ROA(bénéfice net charges d'intérêts) moyenperformance de l'outil de travail, avant partage entre créanciers et actionnairescomparable entre entreprises de financement différent
DuPonttrois leviers indépendants: marge, rotation, endettementrotation de l'actif 2 à 3 détail, 0,8 à 1,2 industrie, 1,5 à 2,5 services
Rotation des stocks stock moyennombre de fois où le stock se renouvelle dans l'année3 à 10 détail, 4 à 8 industrie, sans objet dans les services
Durée moyenne de stockage rotation des stocksjours de vente immobilisés en marchandisesde 37 à 122 jours selon la rotation ci-dessus
Délai moyen d'encaissementcréances clients TTC crédit effectivement accordé aux clientsquelques jours au détail, 45 à 75 jours dans l'industrie, 30 à 60 jours dans les services
Délai moyen de paiementdettes fournisseurs achats TTC crédit effectivement obtenu des fournisseursse lit face au délai d'encaissement et aux conditions négociées
Cycle de conversion de la trésoreriestockage encaissement paiementjours pendant lesquels l'argent reste immobilisénégatif dans la grande distribution, plus de 90 jours dans un commerce saisonnier

Trois précautions d'emploi. D'abord, les créances et les dettes commerciales sont exprimées taxe comprise, alors que le chiffre d'affaires et les achats sont hors taxe: il faut multiplier ces derniers par pour rendre le rapport homogène. Ensuite, un degré 3 élevé n'est rassurant que si la rotation des stocks l'est aussi: plus une entreprise accumule d'invendus, meilleur paraît son degré 3 et pire est sa situation réelle. Enfin, le degré 3 et le fonds de roulement net disent la même chose, l'un en pourcentage, l'autre en francs; les citer tous les deux ne double pas l'argument.

Exercice

Une PME présente une rentabilité de l'actif de 6 %, un taux d'intérêt moyen de 4 % sur ses capitaux étrangers et un taux d'endettement de 2. Que vaut sa rentabilité des fonds propres, impôt ignoré, et que faut-il en penser?

Les chiffres suisses

Toutes les valeurs ci-dessous sont des valeurs 2026, indicatives: elles servent aux exercices du cours et doivent être vérifiées auprès de la source officielle dans un cas réel. Les taux de LAA, d'allocations familiales et de frais d'administration varient selon l'assureur, la branche et le canton; le taux d'impôt sur le bénéfice varie selon le canton et la commune.

DomaineValeur 2026, indicativeOù elle sert
TVA, taux normal8,1 %Chapitre 6, et toutes les écritures d'achat et de vente
TVA, taux réduit2,6 % (denrées alimentaires, médicaments, livres, journaux)Chapitre 6
TVA, taux spécial d'hébergement3,8 %Chapitre 6
Assujettissement obligatoire à la TVAdès CHF 100 000 de chiffre d'affaires annuelChapitres 1 et 6
Méthode des taux de la dette fiscale nettechiffre d'affaires jusqu'à CHF 5 024 000 et dette fiscale jusqu'à CHF 108 000Chapitre 6
Décompte TVAtrimestriel en méthode effective, semestriel en taux de la dette fiscale nette; 60 jours pour remettre et payerChapitres 5 et 6
AVS/AI/APG5,3 % employé (4,35 % 0,7 % 0,25 %) et 5,3 % employeur, sans plafondChapitre 7
Assurance-chômage1,1 % de chaque côté jusqu'à CHF 148 200, puis 0,5 % de solidaritéChapitre 7
LAA non professionnelleenviron 1,6 %, à la charge de l'employé, salaire assuré plafonné à CHF 148 200Chapitre 7
LAA professionnelleenviron 0,5 % à 2 %, entièrement à la charge de l'employeurChapitre 7
Allocations familialesenviron 1,5 % à 3 % selon le canton, employeur seulChapitre 7
LPP, seuil d'entréeCHF 22 680 de salaire annuelChapitre 7
LPP, déduction de coordinationCHF 26 460Chapitre 7
LPP, salaire coordonnéentre CHF 3 780 et CHF 64 260Chapitre 7
LPP, bonifications de vieillesse7 % (25 à 34 ans), 10 % (35 à 44), 15 % (45 à 54), 18 % (55 à 65), partagées au minimum par moitiéChapitre 7
Amortissement, immeubles d'exploitation3 % dégressif (4 % pour les bâtiments industriels)Chapitre 8
Amortissement, mobilier et installations25 % dégressifChapitre 8
Amortissement, machines de production30 % dégressifChapitre 8
Amortissement, machines de bureau et informatique40 % dégressifChapitre 8
Amortissement, véhicules à moteur40 % dégressifChapitre 8
Amortissement, outillage45 % dégressifChapitre 8
Amortissement, taux linéaires admisla moitié des taux dégressifs, appliquée à la valeur d'acquisitionChapitre 8
Ducroire, forfaits admis par l'AFC5 % sur les créances suisses, 10 % sur les créances étrangèresChapitre 9
Comptabilité complète (art. 957 CO)dès CHF 500 000 de chiffre d'affaires pour les raisons individuelles et sociétés de personnes; toujours pour les personnes moralesChapitres 1 et 5
Conservation des livres (art. 958f CO)10 ansChapitres 1, 4 et 7
Contrôle ordinaire (art. 727 CO)deux des trois seuils dépassés durant deux exercices successifs: total du bilan CHF 20 millions, chiffre d'affaires CHF 40 millions, 250 emplois à plein tempsChapitres 1, 5 et 10
Opting-out (art. 727a CO)moins de 10 emplois à plein temps et accord de tous les actionnairesChapitres 1 et 10
Capital minimum, société anonymeCHF 100 000, libéré à 20 % au moins et à hauteur de CHF 50 000 au minimumChapitres 1, 2 et 10
Capital minimum, SàrlCHF 20 000 entièrement libérésChapitres 1 et 10
Réserve légale issue du bénéfice (art. 672 CO)5 % du bénéfice de l'exercice jusqu'à ce que les réserves légales atteignent 50 % du capital-actions (20 % pour un holding)Chapitres 2 et 10
Impôt sur le bénéficecharge effective d'environ 12 % à 21 % selon le canton; taux illustratif de 15 % dans tout le coursChapitres 3, 9 et 10

Deux valeurs complètent ce tableau sans en faire partie, parce qu'elles relèvent d'un chapitre et non du cadre général: l'impôt anticipé de 35 % retenu à la source sur les dividendes (chapitre 10) et le tiers-provision sur stock, abattement forfaitaire d'un tiers de la valeur d'inventaire admis par le fisc (chapitre 9).

Les méthodes

Passer une écriture: les quatre questions du chapitre 4

  1. Quels comptes sont touchés? Il y en a toujours au moins deux. Nommez-les avec leur numéro du plan comptable, jamais par un libellé approximatif.
  2. À quelle famille appartient chacun d'eux? Actif, passif, charge ou produit. C'est le premier chiffre du numéro qui répond: classe 1 actif, classe 2 passif, classe 3 produit, classes 4 à 6 charges.
  3. Chacun augmente-t-il ou diminue-t-il? Raisonnez sur la réalité économique, jamais sur les mots de l'énoncé ni sur le vocabulaire du relevé bancaire.
  4. Donc, quel côté? Actif et charge augmentent au débit, passif et produit augmentent au crédit; les diminutions vont du côté opposé.
  5. Contrôle final, toujours: le total porté au débit égale-t-il le total porté au crédit? Et, s'il y a de la TVA, le compte du tiers porte-t-il bien le montant TTC?

Conduire un bouclement: l'ordre du chapitre 9

  1. Rapprocher et contrôler: extraits bancaires, décompte de TVA, décompte des charges sociales, confirmation des soldes clients et fournisseurs. Établir la première balance de vérification.
  2. Créances: constater les pertes définitives avec leur correction de TVA, puis ajuster le ducroire sur le solde subsistant.
  3. Stocks: comptabiliser l'inventaire physique au compte 4900 — variation au coût d'abord, correction de valeur de l'art. 960c CO ensuite, article par article.
  4. Immobilisations: passer les amortissements de l'exercice, directement ou par les comptes correcteurs.
  5. Délimitations: charges payées d'avance et produits à recevoir au 1300, charges à payer et produits reçus d'avance au 2300, pro rata temporis.
  6. Provisions: constituer, utiliser ou dissoudre, en ne comptabilisant que la variation du besoin estimé.
  7. Réserves latentes: le cas échéant, constituer les réserves admises fiscalement (tiers-provision, ducroire forfaitaire, amortissements supplémentaires de l'art. 960a al. 4 CO).
  8. Clore: établir la balance après inventaire, calculer le résultat avant impôts, comptabiliser l'impôt (8900 à 2208), virer les charges et les produits au 9000, le résultat au 9200 puis au 2979, et les comptes de bilan au 9100.

Établir un décompte de TVA: chapitre 6

  1. Délimiter la période: un trimestre en méthode effective, un semestre en taux de la dette fiscale nette. Vérifier le régime retenu, contre-prestations convenues ou reçues.
  2. Additionner les contre-prestations imposables de la période, hors taxe, par taux, et en retrancher les rabais, escomptes et pertes sur créances de la période.
  3. Calculer la TVA due: le solde du compte 2200 doit correspondre au taux appliqué au chiffre d'affaires net soumis.
  4. Additionner l'impôt préalable: solde du 1170 pour les marchandises, les matières et les prestations, solde du 1171 pour les investissements et les autres charges d'exploitation, l'un et l'autre diminués de la part de TVA des escomptes obtenus.
  5. Solder les trois comptes dans le 2201: le 2200 au débit, le 1170 et le 1171 au crédit. Le solde du 2201 est la dette nette envers l'AFC.
  6. Contrôler par la valeur ajoutée: le solde doit égaler le taux appliqué à la différence entre le chiffre d'affaires net soumis et les achats et charges soumis. Un écart signale une opération mal ventilée.
  7. Payer et solder: virement à l'AFC dans les soixante jours, écriture 2201 à 1020 Banque, après laquelle les quatre comptes de TVA sont soldés.

Construire un tableau de répartition et un coût de revient: chapitre 12

  1. Délimiter les charges incorporables: partir des charges par nature, écarter les charges non incorporables (exceptionnelles, hors exploitation, impôt sur le bénéfice) et ajouter les charges supplétives (intérêt calculé, salaire calculé de l'exploitant, loyer et amortissements calculés).
  2. Séparer direct et indirect: les charges directes s'affectent aux produits sur la base d'un bon de sortie ou d'une fiche de temps; les autres passent par les centres.
  3. Répartition primaire: ventiler chaque charge indirecte entre les centres, par affectation directe ou par une clé de répartition (surfaces, effectifs, valeur des immobilisations, puissance installée).
  4. Répartition secondaire: déverser les centres auxiliaires sur les centres qu'ils servent. Leurs colonnes doivent se solder à zéro et le total général rester inchangé.
  5. Taux de frais: choisir pour chaque centre principal l'unité d'œuvre qui explique le mieux la consommation de ses ressources, puis diviser le total du centre par le volume d'unités d'œuvre.
  6. Empiler la cascade: coût d'achat des matières, puis coût de production, puis coût de revient, puis prix de vente calculé.
  7. Contrôler: la somme des coûts de revient de tous les produits doit égaler les charges incorporables de départ, au franc près. Aucun franc ne doit se perdre en chemin.

Les pièges

Le tableau ci-dessous rassemble les avertissements des douze chapitres. Ce sont les erreurs que l'on retrouve année après année dans les copies — et, plus rarement mais plus coûteusement, dans les comptabilités réelles.

PiègeCe qu'on croitCe qui est vrai
Charge et dépense«J'ai payé, donc c'est une charge»Une dépense diminue la trésorerie, une charge diminue les fonds propres. Les deux notions sont indépendantes: un achat de marchandises non revendues est une dépense sans charge, un amortissement une charge sans dépense (chapitres 3 et 8)
Bénéfice et trésorerie«Nous sommes bénéficiaires, donc nous pourrons payer»Une entreprise ne fait pas faillite parce qu'elle perd de l'argent, mais parce qu'elle n'a plus de liquidités. Une croissance rapide consomme du stock et des créances avant d'encaisser (chapitres 3, 10 et 11)
Débit et crédit«Être crédité, c'est recevoir de l'argent»Le relevé bancaire est un extrait de la comptabilité de la banque. Chez vous, un encaissement débite le compte 1020, qui est un actif (chapitre 4)
Balance équilibrée«La balance boucle, donc les comptes sont justes»L'équilibre est nécessaire, jamais suffisant: il ne détecte ni l'écriture omise, ni l'écriture doublée, ni l'inversion, ni le montant faux des deux côtés (chapitres 4 et 5)
TVA sur l'escompte«L'escompte se crédite en entier au 4800»L'escompte porte sur le montant TVA comprise: il se ventile en une part hors taxe au 4800 ou 3800 et une part de taxe au 1170 ou 2200 (chapitre 6)
Non-compensation«Présenter le net raccourcit le bilan sans rien fausser»L'art. 958c al. 1 ch. 7 CO interdit de compenser actifs et passifs, charges et produits: la compensation masque le volume des affaires et fausse tous les ratios (chapitres 1, 3 et 6)
Élasticité du compte 2270«Le paiement des cotisations est une charge»Le 2270 est une dette. La charge est au 5700; débiter le 5700 lors d'un acompte double la charge de l'exercice. Le 2270 n'est jamais soldé en cours d'année (chapitre 7)
Frais d'acquisition«Un transport est un frais de véhicule»Un port payé pour faire entrer la marchandise va au 4270 et augmente le coût d'achat; un port payé pour la faire sortir est une charge d'exploitation (chapitre 6)
Amortir un emprunt ou un actif«Rembourser une dette est une charge»Le remboursement du capital n'est ni charge ni produit: il réduit un actif et une dette. Seuls les intérêts sont une charge (chapitres 4 et 8)
Ducroire«On comptabilise le ducroire nécessaire»On ne comptabilise que la variation . Passer en entier double la charge et fausse le bilan (chapitre 9)
Perte sur créance«La charge est le montant TTC»La charge du 3805 est limitée au montant hors TVA; la différence corrige le compte 2200, puisque l'impôt déclaré n'est plus dû (chapitre 9)
Amortir un stock«Une dépréciation de stock va au 6800»Le mot amortissement est réservé aux immobilisations. Une perte de valeur du stock est une correction de valeur qui transite par le 4900 et appartient à la marge brute (chapitre 9)
Provision, régularisation, correctif«Tout ce qui est estimé est une provision»Montant et échéance connus: passif de régularisation (2300). Montant ou échéance incertains: provision (2330, 2600). Actif qui vaut moins qu'inscrit: correctif de valeur (1109, 1539) (chapitre 9)
Goodwill créé en interne«Vingt ans de réputation valent bien un actif»Seul le goodwill acquis, payé lors du rachat d'une entreprise, peut être activé: le goodwill interne n'a pas de coût d'acquisition mesurable (chapitres 2 et 8)
Dividende«Le dividende est une charge de l'exercice»Le dividende répartit une richesse déjà créée; le traiter en charge rendrait le calcul du bénéfice circulaire (chapitres 3 et 10)
Réserves latentes«Une réserve latente de CHF 100 000, ce sont CHF 100 000 de fonds propres cachés»Leur dissolution est imposable: environ 85 000 après l'impôt latent. Elles se constituent en abaissant le résultat et se dissolvent en le relevant, sans que l'exploitation ait changé (chapitres 8, 9, 10 et 11)
Ratio isolé«Une liquidité générale de 180 %, c'est bon»Un ratio isolé ne dit rien: il se compare dans le temps, au secteur et aux autres ratios de la même entreprise, et un degré 3 élevé peut n'être qu'un stock invendable (chapitre 11)
Effet de levier«Il faut s'endetter pour améliorer le ROE»Le levier ne modifie ni la marge, ni la rotation, ni la rentabilité de l'outil de travail: il redistribue le résultat et concentre le risque sur l'actionnaire (chapitre 11)
Coût complet et décision«Ce produit est vendu à perte, il faut le supprimer»Une décision marginale se juge sur la marge de contribution et les coûts fixes réellement évitables, jamais sur un résultat unitaire en coût complet (chapitre 12)
Direct et variable«Une charge directe est une charge variable»Les deux distinctions sont indépendantes: le salaire d'un ouvrier dédié à une ligne est direct et fixe, l'énergie des machines est indirecte et variable (chapitre 12)

Exercices

Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.

Exercice B.1 · Dix opérations mêlées

Alpina Sports SA est assujettie à la TVA au taux normal de 8,1 %, tient son stock en inventaire périodique et amortit ses véhicules selon la méthode indirecte. Pour chacune des dix opérations suivantes, indiquez le ou les comptes débités, le ou les comptes crédités et les montants. Contrôlez que chaque écriture s'équilibre.

  1. Achat de marchandises à crédit, prix net de CHF 20 000,00.
  2. Paiement de cette facture dans les dix jours, avec un escompte de 2 %.
  3. Vente de matériel à un club de ski, à crédit, prix net de CHF 15 000,00.
  4. Rabais de CHF 500,00 hors taxe accordé à ce club après réclamation.
  5. Salaires bruts du mois: CHF 30 000,00; retenues sociales et fiscales: CHF 3 600,00; le net est viré par la banque.
  6. Part patronale des assurances sociales du même mois: CHF 3 900,00.
  7. Amortissement de la camionnette au taux dégressif de 40 %, sa valeur comptable au début de l'exercice étant de CHF 30 000,00.
  8. Constatation d'une perte définitive de CHF 2 162,00, TVA comprise, sur un client tombé en faillite.
  9. Ajustement du ducroire: le solde repris du compte 1109 est de CHF 6 200,00 et le ducroire nécessaire au 31 décembre est de CHF 5 000,00.
  10. Comptabilisation de l'impôt sur le bénéfice, estimé au taux illustratif de 15 % d'un bénéfice avant impôts de CHF 90 000,00.
Solution
DébitCréditCHF
14200 Achats de marchandises20 000,00
1170 Impôt préalable1 620,00
2000 Créanciers21 620,00
22000 Créanciers21 620,00
1020 Banque21 187,60
4800 Déductions sur achats400,00
1170 Impôt préalable32,40
31100 Débiteurs16 215,00
3200 Ventes de marchandises15 000,00
2200 TVA due1 215,00
43800 Déductions sur ventes500,00
2200 TVA due40,50
1100 Débiteurs540,50
55000 Salaires30 000,00
2270 Charges sociales à payer3 600,00
1020 Banque26 400,00
65700 Charges sociales2270 Charges sociales à payer3 900,00
76800 Amortissements1539 Amortissements cumulés sur véhicules12 000,00
83805 Pertes sur créances2 000,00
2200 TVA due162,00
1100 Débiteurs2 162,00
91109 Ducroire3805 Pertes sur créances1 200,00
108900 Impôts directs2208 Impôts directs à payer13 500,00

Détail des calculs et commentaires.

Opération 1. CHF. Le compte 2000 est crédité du montant TTC, CHF 21 620,00: c'est bien ce que l'entreprise devra payer.

Opération 2. L'escompte se calcule sur le montant TVA comprise: CHF. Il se ventile en une part hors taxe de CHF et une part de taxe de CHF 32,40. Contrôle: CHF, et CHF virés à la banque. Créditer les CHF 432,40 en totalité au 4800 conduirait à conserver un impôt préalable de CHF 32,40 qui n'a jamais été supporté.

Opérations 3 et 4. CHF, d'où une créance de CHF 16 215,00. Le rabais réduit la créance de CHF et le chiffre d'affaires de CHF 500,00 seulement: 3800 est un compte correcteur de la classe 3, à solde débiteur, et non une charge.

Opérations 5 et 6. Le compte 5000 est débité du brut, CHF 30 000,00, jamais du net. La charge de personnel du mois s'élève à CHF, et le compte 2270 a été crédité de CHF, dette envers les caisses et l'administration fiscale.

Opération 7. CHF. En méthode indirecte, le compte 1530 reste à sa valeur d'acquisition et c'est le correcteur 1539 qui est crédité; le net présenté au bilan est identique à celui de la méthode directe.

Opération 8. La créance sort du 1100 pour son montant TTC. La part hors taxe vaut CHF et la TVA récupérée CHF. Débiter le 3805 de CHF 2 162,00 serait l'erreur la plus fréquente du chapitre 9.

Opération 9. CHF: le risque a diminué, on débite le ducroire et l'on crédite le 3805, ce qui allège la charge de l'exercice. Le solde du 1109 vaut ensuite exactement CHF 5 000,00. Notez l'ordre: le ducroire se calcule après la sortie de la créance perdue de l'opération 8.

Opération 10. CHF. C'est une charge de l'exercice (8900) et non une affectation du bénéfice; elle est la dernière écriture de régularisation, puisqu'elle suppose connu le bénéfice avant impôts.

Exercice B.2 · Une batterie de ratios

Sion Outdoor SA, commerce de détail d'articles de montagne, vous remet ses comptes retraités au 31 décembre N. Le conseil d'administration propose un dividende de CHF 30 000, déjà reclassé en capitaux étrangers à court terme dans le tableau ci-dessous. Le ducroire est passé de CHF 5 000 à CHF 8 000 pendant l'exercice; les créances brutes s'élèvent à CHF 156 000 au 31 décembre et le stock valait CHF 200 000 au 1er janvier. Le total du bilan était de CHF 660 000 et les fonds propres publiés de CHF 320 000 au 1er janvier N; les fonds propres publiés au 31 décembre, avant reclassement du dividende, s'élèvent à CHF 380 000. La TVA est au taux normal de 8,1 %.

Bilan retraité (CHF)31.12.NCompte de résultat (CHF)N
Liquidités62 000Chiffre d'affaires net1 400 000
Créances nettes148 000Coût des marchandises vendues−840 000
Stock de marchandises240 000Marge brute560 000
Actifs de régularisation10 000Charges de personnel−310 000
Actif circulant460 000Autres charges d'exploitation−140 000
Actif immobilisé240 000EBITDA110 000
Total de l'actif700 000Amortissements−45 000
Capitaux étrangers à court terme220 000EBIT65 000
Capitaux étrangers à long terme130 000Charges financières−5 000
Fonds propres350 000Résultat avant impôts60 000
Total du passif700 000Impôts directs (15 %)−9 000
Bénéfice net51 000

a) Calculez le fonds de roulement net par les deux voies et vérifiez la règle d'or du financement.

b) Calculez les trois degrés de liquidité, le degré de financement propre, le degré d'immobilisation et les deux couvertures des immobilisations.

c) Calculez le cash-flow, la marge de cash-flow et la capacité de remboursement.

d) Calculez les trois marges, le ROE, le ROA et décomposez le ROE selon le modèle de DuPont, en retenant des moyennes de début et de fin d'exercice pour l'actif et les fonds propres publiés.

e) Calculez la rotation des stocks, la durée de stockage, les délais d'encaissement et de paiement, et le cycle de conversion de la trésorerie. Les achats de l'exercice valent le coût des marchandises vendues augmenté de la hausse du stock.

f) Formulez un diagnostic en six lignes.

Solution

a) Fonds de roulement net. Par le bas du bilan, CHF. Par le haut, CHF. Les deux calculs concordent, comme l'exige le théorème 11.1. Le fonds de roulement étant positif, la règle d'or minimale est respectée: les capitaux permanents couvrent l'actif immobilisé et financent encore CHF 240 000 du cycle d'exploitation.

b) Liquidité et structure.

Degré de financement propre: ; degré d'endettement: ; degré d'immobilisation: . Couverture des immobilisations 1: ; couverture 2: .

c) Cash-flow. Le ducroire a augmenté de CHF, correction de valeur sans décaissement:

Dettes nettes: CHF, d'où une capacité de remboursement de ans.

d) Rentabilité. Marge brute ; marge d'EBIT ; marge nette . Actif moyen: CHF; fonds propres publiés moyens: CHF.

DuPont: marge nette , rotation de l'actif , levier financier . Produit: , ce qui reconstitue bien le ROE.

e) Rotations et cycle. Stock moyen: CHF.

Chiffre d'affaires TTC: CHF, d'où un délai d'encaissement de jours. Achats: CHF hors taxe, soit CHF TTC, d'où un délai de paiement de jours. Cycle de conversion: jours.

f) Diagnostic. L'entreprise est solide en structure: la moitié du bilan est financée par des fonds propres, la règle d'or est respectée avec une couverture des immobilisations de 200 %, et la capacité de remboursement de trois ans reste confortable au regard des quatre à cinq ans qui inquiètent un banquier. Elle est juste en liquidité à court terme: le degré 2 à 95,5 % passe sous la barre des 100 %, ce qui signifie qu'elle ne peut plus honorer ses dettes exigibles sans écouler du stock; le degré 3 de 209 % est trompeur, puisqu'il repose à 52 % sur ce même stock. Elle est peu rentable en exploitation: une marge brute de 40 % est correcte pour un commerce de détail spécialisé, mais il n'en reste que 4,6 points d'EBIT et 3,6 points de bénéfice net, dans le bas de la fourchette de 2 à 6 % de la branche. Son ROE de 14,6 % vient pour moitié du levier, puisque le ROA n'est que de 8,2 %: la décomposition de DuPont montre une rotation de l'actif de 2,06, dans le bas de la fourchette de 2 à 3 du commerce de détail. Le cycle de conversion de 84 jours explique le besoin de fonds de roulement: c'est la durée de stockage de 96 jours qui pèse, le crédit fournisseur de 50 jours ne finançant qu'une partie du parcours. Deux points de vigilance pour l'exercice suivant: réduire le stock, dont la rotation de 3,8 est au bas de la fourchette de 3 à 10, et surveiller le degré 2, dont la remontée au-dessus de 100 % passe soit par un encaissement plus rapide, soit par un rééchelonnement des dettes à court terme.

Exercice B.3 · Bouclement, affectation et analyse

Montagne Loisirs SA, commerce de détail de matériel de randonnée, clôture son exercice N au 31 décembre. Elle est assujettie à la TVA au taux normal de 8,1 % et amortit selon la méthode directe. Sa balance de vérification du 31 décembre, avant travaux de bouclement, dégage un résultat provisoire de CHF 139 000,00 et un chiffre d'affaires net de CHF 1 100 000,00. Les éléments suivants restent à traiter.

  • Le compte 1100 Débiteurs présente un solde de CHF 125 405,00, entièrement composé de créances suisses. Un acte de défaut de biens vient d'être délivré pour une créance de CHF 5 405,00, TVA comprise. L'entreprise applique ensuite le forfait de 5 % admis par l'AFC; le compte 1109 Ducroire porte un solde créditeur de CHF 4 000,00 repris de l'exercice précédent.
  • Le compte 1200 Stock de marchandises porte CHF 150 000,00. L'inventaire physique donne un stock de CHF 138 000,00 au coût d'acquisition, dont un lot de chaussures démodées qu'il faut ramener au prix du marché, ce qui abaisse la valeur retenue à CHF 132 000,00.
  • Les immobilisations sont amorties aux taux dégressifs maximaux admis par l'AFC: mobilier et installations (1510) d'une valeur comptable de CHF 48 000,00, machines de bureau et informatique (1520) de CHF 20 000,00, véhicules (1530) de CHF 40 000,00.
  • La prime annuelle d'assurance-choses de CHF 9 600,00 a été payée le 1er novembre N et couvre douze mois.
  • La dette bancaire à long terme de CHF 80 000,00 porte intérêt à 3 % l'an, payable le 28 février pour les douze mois écoulés.
  • Une provision de CHF 4 000,00 est constituée pour les garanties données à la clientèle.
  • L'impôt sur le bénéfice est estimé au taux illustratif de 15 %.

a) Établissez le tableau de l'effet des travaux de bouclement sur le résultat, et déterminez le bénéfice de l'exercice.

b) Le capital-actions est de CHF 100 000, la réserve légale issue du bénéfice de CHF 20 000 (il n'y a pas de réserve légale issue du capital) et le bénéfice reporté de CHF 10 000. L'assemblée générale décide l'attribution légale, un dividende de 15 % du capital-actions et une attribution de CHF 20 000 aux réserves facultatives. Établissez la cascade d'affectation, passez les écritures et calculez le report à nouveau ainsi que le dividende net encaissé par les actionnaires.

c) Le bilan de clôture, avant affectation, se présente comme suit. Retraitez-le en reclassant le dividende proposé, puis calculez le fonds de roulement net par les deux voies, les trois degrés de liquidité, le degré de financement propre, le cash-flow, la capacité de remboursement et le ROE, et commentez en quatre lignes.

ActifCHFPassifCHF
1000 Caisse6 0002000 Créanciers64 000
1020 Banque40 0002200 TVA due12 000
1100 Débiteurs120 0002208 Impôts directs à payer12 000
1109 Ducroire−6 0002300 Passifs de régularisation2 000
1200 Stock de marchandises132 0002330 Provisions à court terme4 000
1300 Actifs de régularisation8 0002400 Dettes bancaires à long terme80 000
1510 Mobilier et installations36 0002800 Capital-actions100 000
1520 Machines de bureau et informatique12 0002950 Réserve légale issue du bénéfice20 000
1530 Véhicules24 0002970 Bénéfice reporté10 000
2979 Bénéfice de l'exercice68 000
Total372 000Total372 000
Solution

a) Les travaux de bouclement.

Créances. La part hors taxe de la perte définitive vaut CHF et la TVA récupérée CHF 405,00. L'écriture débite 3805 de CHF 5 000,00 et 2200 de CHF 405,00 par le crédit de 1100 de CHF 5 405,00. Le solde des débiteurs tombe à CHF. Le ducroire nécessaire vaut CHF, contre CHF 4 000,00 existants: CHF, écriture 3805 Pertes sur créances à 1109 Ducroire CHF 2 000,00.

Stocks. Variation au coût: CHF, écriture 4900 à 1200. Correction de l'art. 960c CO: CHF, même écriture. La comparaison s'opère article par article: on ne compense pas la moins-value sur les chaussures par une plus-value latente sur un autre article.

Amortissements. Mobilier ; informatique ; véhicules . Total CHF 36 000,00, débit 6800, crédit des comptes 1510, 1520 et 1530 en méthode directe.

Délimitations. La prime couvre du 1er novembre N au 31 octobre N+1: dix mois sur douze reviennent à N+1, soit CHF, écriture 1300 Actifs de régularisation à 6300 Assurances-choses, droits, taxes. Les intérêts échus le 28 février portent sur les douze mois écoulés: dix mois sont courus au 31 décembre, soit CHF, écriture 6900 Charges financières à 2300 Passifs de régularisation.

Provision. 6700 Autres charges d'exploitation à 2330 Provisions à court terme CHF 4 000,00.

#Écriture de bouclementEffet sur le résultat (CHF)Résultat cumulé (CHF)
Résultat provisoire selon la balance139 000,00
1Perte définitive sur créance, hors TVA−5 000,00134 000,00
2Ajustement du ducroire−2 000,00132 000,00
3Variation du stock au coût−12 000,00120 000,00
4Correction de valeur art. 960c CO−6 000,00114 000,00
5Amortissements−36 000,0078 000,00
6Assurance payée d'avance, part de N+1+8 000,0086 000,00
7Intérêts courus non échus−2 000,0084 000,00
8Provision pour garanties−4 000,0080 000,00
Résultat avant impôts80 000,00
9Impôt sur le bénéfice, 15 %−12 000,0068 000,00
Bénéfice de l'exercice68 000,00

Le bouclement a réduit le résultat de CHF 71 000,00, soit plus de la moitié, sans qu'un seul franc ne quitte la caisse: seule l'écriture d'impôt donnera lieu à un décaissement, et seulement lors de la taxation.

b) L'affectation du bénéfice.

Bénéfice au bilan: CHF. Attribution légale par la formule (10.1): le plafond vaut CHF et les réserves légales existantes CHF 20 000,00, d'où une marge de CHF 30 000,00; les 5 % du bénéfice de l'exercice valent CHF, largement en dessous de la marge. L'attribution est donc de CHF 3 400,00 et porte la réserve légale à CHF 23 400,00.

Dividende: CHF. Contrôle de l'art. 675 CO: le montant distribuable vaut CHF, très supérieur à CHF 15 000,00. Impôt anticipé: CHF, les actionnaires recevant CHF.

Report à nouveau: CHF.

DateDébitCréditLibelléCHF
15.042979 Bénéfice de l'exercice2970 Bénéfice reportéBénéfice de N mis à disposition68 000,00
15.042970 Bénéfice reporté2950 Réserve légale issue du bénéficeAttribution de 5 % (art. 672 CO)3 400,00
15.042970 Bénéfice reporté2261 Dividendes à verserDividende brut de 15 %15 000,00
15.042970 Bénéfice reporté2960 Réserves facultativesAttribution facultative20 000,00
20.042261 Dividendes à verser2210 Autres dettes à court termeImpôt anticipé de 35 %5 250,00
20.042261 Dividendes à verser1020 BanqueDividende net versé9 750,00
05.052210 Autres dettes à court terme1020 BanqueVersement de l'impôt anticipé à l'AFC5 250,00

Les fonds propres diminuent exactement du dividende brut, CHF 15 000,00: les CHF 53 000,00 restants ont seulement changé de compte à l'intérieur des fonds propres. C'est de l'autofinancement.

c) L'analyse.

Retraitement. Le dividende proposé de CHF 15 000 sortira de l'entreprise dans les mois qui suivent: on le reclasse en capitaux étrangers à court terme et on le retranche des fonds propres.

Masse (CHF)31.12.N retraité
Liquidités46 000
Créances nettes ()114 000
Stock de marchandises132 000
Actifs de régularisation8 000
Actif circulant300 000
Actif immobilisé ()72 000
Total de l'actif372 000
Capitaux étrangers à court terme ()109 000
Capitaux étrangers à long terme80 000
Fonds propres ()183 000
Total du passif372 000

Fonds de roulement net. Par le bas: CHF. Par le haut: CHF. Les deux voies concordent.

Liquidité et structure.

Degré de financement propre: . Degré d'immobilisation: . Couverture des immobilisations 2: .

Cash-flow et endettement. Les charges sans décaissement de l'exercice sont les amortissements (CHF 36 000), l'augmentation du ducroire (CHF 2 000) et la dotation à la provision (CHF 4 000):

Dettes nettes: CHF, d'où une capacité de remboursement de an.

Rentabilité. Sur les fonds propres publiés de clôture, avant affectation, soit CHF 198 000: . Avec des charges financières de CHF, . Décomposition de DuPont: marge nette , rotation de l'actif , levier financier , dont le produit redonne bien .

Commentaire. La société est très liquide et peu immobilisée: avec un degré 2 de 147 % et un degré 3 de 275 %, elle dépasse largement les fourchettes usuelles, ce qui traduit un stock important de fin de saison plus qu'une fragilité. Sa structure de financement est équilibrée, à 49 % de fonds propres, et la règle d'or est très largement respectée, un actif immobilisé de CHF 72 000 étant couvert par CHF 263 000 de capitaux permanents. Sa capacité de remboursement de 1,3 an est excellente et son cash-flow de CHF 110 000 dépasse de moitié son bénéfice, l'écart venant des trois charges sans décaissement. Enfin, un ROE de 34,3 % est exceptionnellement élevé, mais il s'explique par une rotation de l'actif de près de 3 et un levier de 1,9 sur une base de capital modeste: c'est la rentabilité d'un placement de petite taille, non la preuve d'une performance opérationnelle hors du commun, puisque la marge nette de 6,2 % reste dans la fourchette haute du commerce de détail. Rappelons enfin que la réserve latente créée sur le stock par la correction de l'art. 960c CO, comme tout amortissement au taux fiscal maximal, déprime le bénéfice publié et donc ces ratios: les fonds propres présentés sont un plancher, jamais une valeur.

Références

  • Code des obligations, titre trente-deuxième, art. 957 à 963b, ainsi que les art. 672, 675, 725a, 725b, 727 et 727a — la source de toutes les règles rappelées dans ce formulaire.
  • Walter Sterchi, Herbert Mattle et Markus Helbling, Plan comptable général PME, veb.ch — la nomenclature des comptes utilisés dans les écritures types; l'annexe A du cours en donne l'extrait commenté.
  • Alain Ammann et Nathalie Vuillemin, Comptabilité générale, LEP, Le Mont-sur-Lausanne — écritures types et exercices de bouclement pour les écoles suisses.
  • Max Boemle et Carsten Lutz, Der Jahresabschluss, Verlag SKV — traitement approfondi des réserves latentes, de l'affectation du bénéfice et de l'analyse du bilan.
  • Administration fédérale des contributions, informations sur la TVA (estv.admin.ch) et notice A 1995 sur les amortissements — les taux et les seuils du tableau des chiffres suisses, à vérifier avant tout usage réel.
  • Jean-Marc Meyer, Comptabilité financière et analytique, Éditions Digilex — ratios, tableau de répartition et calcul du seuil de rentabilité.

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