Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- comptabiliser les achats et les ventes de marchandises selon la méthode de l'inventaire périodique, et distinguer cette méthode de l'inventaire permanent;
- distinguer le rabais, la remise, la ristourne et l'escompte, et les enregistrer au 4800 Déductions sur achats ou au 3800 Déductions sur ventes plutôt qu'en produit ou en charge;
- incorporer les frais d'acquisition au coût d'achat des marchandises et calculer le coût implicite d'un escompte non utilisé;
- expliquer le mécanisme de la taxe sur la valeur ajoutée et démontrer sa neutralité pour l'entreprise assujettie;
- passer les écritures de TVA selon la méthode nette (comptes 1170, 1171, 2200 et 2201), y compris la délicate correction de TVA sur un escompte, et établir un décompte trimestriel;
- comparer la méthode effective et la méthode des taux de la dette fiscale nette, et traiter les importations et les exportations.
Le cœur d'un commerce: acheter et revendre
Du coût des marchandises vendues à la marge brute
Alpina Sports SA n'invente rien: elle achète des skis, des chaussures de randonnée et des vestes à des fournisseurs, les expose dans son magasin de Sion et les revend plus cher. Toute son activité tient dans cet écart. Le chapitre 3 a nommé cet écart la marge brute et l'a défini à partir du coût des marchandises vendues:
où est le chiffre d'affaires net et le coût des marchandises effectivement vendues pendant l'exercice. Le mot effectivement est essentiel. Une entreprise commerciale achète rarement exactement ce qu'elle vend: elle constitue des stocks avant la saison, elle en écoule les restes après. Le coût des marchandises vendues n'est donc pas le montant des achats de l'année, mais
ou, ce qui revient au même, les achats nets corrigés de la variation de stock. Si le stock a augmenté, une partie des achats dort encore dans le magasin et ne doit pas peser sur le résultat; si le stock a diminué, l'entreprise a vendu davantage qu'elle n'a acheté. Cette correction se passe en fin d'exercice par le compte 4900 Variation du stock de marchandises; l'évaluation du stock final, avec la règle de l'article 960c CO (valeur la plus basse du coût d'acquisition ou du prix du marché), est l'affaire du chapitre 9. Dans tout le présent chapitre, nous supposerons le stock inchangé pour concentrer l'attention sur les achats, les ventes et la TVA.
Les blocs de la figure 6.1 sont à l'échelle: la marge brute de CHF 450 000 ne représente que du chiffre d'affaires net de CHF 1 440 000, et il faudra encore en retrancher les salaires, le loyer, la publicité et les amortissements avant d'arriver au bénéfice. Un commerce de détail vit sur une marge brute étroite; une erreur de quelques pour cent sur les conditions d'achat ou sur les rabais accordés se répercute immédiatement sur le résultat. C'est ce qui rend la comptabilisation soignée des corrections de prix, objet de la section suivante, beaucoup moins anecdotique qu'il n'y paraît.
Inventaire permanent et inventaire périodique
Il existe deux façons de suivre les marchandises, et le plan comptable les traite différemment.
Dans l'inventaire permanent, le compte 1200 Stock de marchandises est mouvementé à chaque opération: tout achat le débite, toute vente le crédite du coût de la marchandise sortie, en même temps qu'un compte de charge (souvent appelé «coût des marchandises vendues») est débité. À tout instant, le solde du compte de stock donne la valeur théorique des marchandises en magasin, et l'entreprise connaît sa marge sur chaque vente. C'est la méthode des grandes surfaces, des pharmacies et de toute entreprise équipée d'un système de gestion intégré qui lit les codes-barres à la caisse. Elle exige un inventaire physique annuel pour constater les écarts (vols, casse, démarque inconnue), mais elle ne l'attend pas pour connaître le stock.
Dans l'inventaire périodique (ou intermittent), le compte 1200 Stock de marchandises reste figé à sa valeur d'ouverture pendant tout l'exercice. Les achats sont enregistrés directement en charge au compte 4200 Achats de marchandises, les ventes en produit au compte 3200 Ventes de marchandises, sans qu'aucune écriture ne relie les deux. Ce n'est qu'à la clôture, après un inventaire physique, que l'on ajuste le compte de stock à sa valeur réelle par la contrepartie 4900 Variation du stock de marchandises. La méthode est légère — elle n'exige aucun suivi permanent — mais elle ne renseigne sur la marge qu'une fois par an.
Les corrections de prix et les frais accessoires
Le prix affiché sur un catalogue n'est presque jamais le prix payé. Entre les deux s'intercale une cascade de réductions, dont le vocabulaire commercial suisse distingue quatre formes. Les confondre est sans conséquence dans une conversation, mais pas dans une comptabilité: elles n'obéissent pas à la même logique et n'apparaissent pas au même moment.
Où les comptabiliser
Il serait tentant d'enregistrer un rabais obtenu d'un fournisseur en produit («nous avons gagné CHF 1 500») et un escompte accordé à un client en charge («cela nous a coûté CHF 400»). Ce serait une faute. Une réduction sur un achat n'est pas un produit: c'est un achat plus petit. Une réduction sur une vente n'est pas une charge: c'est une vente plus petite. Les gonfler artificiellement des deux côtés donnerait un chiffre d'affaires et un total de charges exagérés, sans changer le résultat — exactement ce que l'article 958c CO interdit sous le nom de principe de non-compensation et d'exigence de clarté.
Le plan comptable prévoit donc deux comptes correcteurs:
- le 4800 Déductions sur achats (rabais, escomptes et ristournes obtenus), qui vient en diminution de la classe 4;
- le 3800 Déductions sur ventes (rabais, escomptes et ristournes accordés), qui vient en diminution de la classe 3.
Le 4800 fonctionne comme un compte de charge inversé: il est crédité quand une réduction est obtenue. Le 3800 fonctionne comme un compte de produit inversé: il est débité quand une réduction est accordée. Au compte de résultat, ils n'apparaissent pas sur leur propre ligne mais en déduction du poste qu'ils corrigent, comme le montre la figure 6.1.
Les frais d'acquisition et les frais de vente
Une caisse de chaussures livrée à Sion depuis Munich coûte davantage que son prix facturé: il y a le transport, éventuellement les droits de douane, l'assurance de transport, les frais de dédouanement. Ces frais d'acquisition font partie du coût de la marchandise: l'article 960a al. 1 CO impose de comptabiliser un actif à son coût d'acquisition, et le coût d'acquisition est ce qu'il a fallu dépenser pour amener le bien dans l'état et à l'endroit où il est utilisable. Ils vont donc au 4270 Frais d'acquisition (transports, douane), dans la classe 4, et s'ajoutent au coût d'achat.
Les frais de vente obéissent à la logique inverse. Le transport que l'entreprise offre à son client, l'emballage cadeau, la commission du représentant, la publicité: rien de tout cela n'augmente la valeur de la marchandise, tout cela est engagé pour l'écouler. Ce sont des charges d'exploitation ordinaires, qui vont dans les classes 5 et 6 (6600 Publicité, 6700 Autres charges d'exploitation) et non en diminution des ventes.
Remettez dans l'ordre les lignes d'une facture d'achat suisse, du prix de catalogue au montant effectivement viré au fournisseur.
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- + TVA au taux applicable
- Prix brut du catalogue
- = Montant effectivement viré au fournisseur
- = Montant de la facture
- − Rabais pour défaut de qualité
- − Remise de quantité
- − Escompte de paiement, TVA comprise
- = Prix net commercial, base de calcul de la TVA
Les conditions de paiement suisses
Les factures suisses portent des mentions du type «30 jours net, d'escompte à 10 jours», parfois écrites «2/10 net 30». Elles se lisent ainsi: le montant total est exigible au trentième jour, mais si le client paie dans les dix premiers jours, il ne doit que du montant. Ce petit pourcentage cache un taux d'intérêt considérable, et c'est l'un des calculs les plus rentables qu'un trésorier puisse faire.
Justification. Notons le montant de la facture. En payant au jour , le client débourse . En payant au jour , il débourse . Il conserve donc la somme pendant jours supplémentaires et paie pour ce service la différence . Le taux d'intérêt de cette période est le rapport de l'intérêt au capital emprunté,
et l'annualisation proportionnelle multiplie ce taux par le nombre de périodes de jours contenues dans une année, soit .
Un fournisseur propose les conditions «60 jours net, d'escompte à 10 jours». Calculez le coût annualisé simple, en pourcentage, de la renonciation à cet escompte (formule 6.3, année de 365 jours).
Les retours de marchandises
Un retour n'est pas une réduction de prix mais l'annulation pure et simple d'une opération. Le client renvoie la marchandise, le vendeur reprend le bien et rembourse. En comptabilité, on procède par contre-passation: l'écriture initiale est répétée en sens inverse pour la partie retournée, TVA comprise. Un retour d'achat crédite le 4200 Achats de marchandises (et non le 4800, puisque la marchandise n'est plus là) et réduit l'impôt préalable; un retour de vente débite le 3200 Ventes de marchandises et réduit la TVA due. Dans la pratique de nombreuses PME, les retours de vente transitent néanmoins par le 3800, ce qui simplifie le suivi sans changer le résultat; l'essentiel est de rester cohérent d'un exercice à l'autre (principe de permanence de la présentation, art. 958c al. 1 ch. 6 CO).
La taxe sur la valeur ajoutée: le mécanisme
Un impôt sur la consommation perçu par fractions
L'idée est due à l'économiste français Maurice Lauré (1954) et s'est imposée dans une centaine de pays. La Suisse l'a adoptée en 1995, en remplacement de l'ancien impôt sur le chiffre d'affaires (ICHA) qui frappait les ventes en cascade et pénalisait les circuits de distribution longs. Le mécanisme de déduction de l'impôt préalable élimine ce défaut: l'impôt total ne dépend plus du nombre d'intermédiaires, seulement du prix final.
Démonstration. L'entreprise facture à son client et encaisse donc de TVA, qu'elle doit à l'AFC. Elle a payé à son fournisseur , dont de TVA, qu'elle récupère au titre de l'impôt préalable. Son versement net est
ce qui établit le point 2. Pour le point 1, observons que la TVA facturée n'a jamais transité par un compte de produit (le produit enregistré est , hors taxe) ni la TVA payée par un compte de charge (la charge enregistrée est , hors taxe): les deux montants sont passés par des comptes de bilan, une dette pour l'une, une créance pour l'autre. Le solde versé n'est donc que l'extinction de ces positions, et le résultat de l'entreprise est identique à ce qu'il serait en l'absence de TVA. Pour le point 3, la somme est télescopique:
puisque . Or le consommateur final a payé , dont de taxe: la Confédération encaisse exactement ce que le consommateur a supporté, ni plus ni moins, quel que soit le nombre d'intermédiaires.
Le troisième point du théorème est ce qui distingue la TVA d'une taxe en cascade. Sous l'ancien ICHA, chaque vente était taxée sur son montant total; un circuit à trois intermédiaires supportait donc trois fois l'impôt, ce qui incitait artificiellement les entreprises à s'intégrer verticalement pour supprimer des ventes intermédiaires. La TVA est neutre à l'égard de l'organisation industrielle: qu'un même bien passe par deux ou par dix entreprises, la Confédération encaisse fois le prix final, et pas un franc de plus.
Les taux suisses et l'assujettissement
Depuis le 1er janvier 2024, la Suisse applique trois taux (valeurs en vigueur en 2026, indicatives):
| Taux | Valeur | Principales opérations concernées |
|---|---|---|
| Taux normal | tout ce qui n'est pas expressément soumis à un autre taux: vêtements, matériel de sport, électronique, meubles, carburant, prestations de conseil, réparations, restauration sur place | |
| Taux réduit | denrées alimentaires et boissons sans alcool, médicaments, journaux, revues et livres, semences et engrais, prestations d'entreprises de médias sans caractère publicitaire | |
| Taux spécial | prestations d'hébergement (nuitée avec petit-déjeuner) dans l'hôtellerie et la parahôtellerie |
Le taux spécial d'hébergement est une particularité suisse, introduite pour soutenir un tourisme exposé à la concurrence étrangère; il ne couvre que la nuitée et le petit-déjeuner. Le même hôtel facturera sur la chambre, sur le repas du soir servi au restaurant et sur la bouteille d'eau minérale emportée. La restauration est délibérément traitée au taux normal, alors que la même nourriture achetée à l'emporter relève du taux réduit: c'est ce qui explique la question rituelle «à l'emporter ou sur place?».
L'assujettissement est obligatoire dès que le chiffre d'affaires annuel provenant de prestations imposables atteint CHF 100 000 (CHF 250 000 pour les associations sportives ou culturelles gérées bénévolement et les institutions d'utilité publique). En dessous de ce seuil, l'entreprise est libérée de l'assujettissement: elle ne facture pas de TVA, mais ne récupère pas non plus l'impôt préalable, qui devient pour elle une charge. Elle peut renoncer volontairement à cette libération, ce que font les jeunes entreprises fortement investisseuses: mieux vaut facturer la taxe et récupérer celle de ses achats. L'inscription se fait auprès de l'AFC, qui attribue un numéro TVA construit sur le numéro d'identification des entreprises (IDE), de la forme «CHE-123.456.789 TVA».
Le décompte est en principe trimestriel selon la méthode effective. L'assujetti dispose de soixante jours après la fin du trimestre pour remettre son décompte et payer; au-delà, un intérêt moratoire court. Les décomptes se font depuis 2025 par voie électronique.
Contre-prestations convenues ou reçues
Deux dates possibles peuvent déclencher l'impôt, et l'assujetti choisit son régime.
Le décompte selon les contre-prestations convenues est le régime ordinaire: la TVA est due au moment de la facturation et l'impôt préalable déductible au moment de la réception de la facture du fournisseur. Il colle à la comptabilité d'engagement — celle que le Code des obligations impose dès CHF 500 000 de chiffre d'affaires — mais oblige l'entreprise à avancer la taxe sur des factures que ses clients n'ont pas encore payées.
Le décompte selon les contre-prestations reçues (sur autorisation de l'AFC) déplace le fait générateur au moment de l'encaissement et du paiement. La trésorerie s'en trouve soulagée, au prix d'un suivi séparé des mouvements de caisse et de banque. Beaucoup de petites entreprises de services, dont les clients paient tard, le demandent.
Opérations exclues et opérations exonérées
Voici le point que les étudiants confondent le plus, et l'un des rares endroits de la comptabilité où deux mots presque synonymes désignent des situations opposées.
Les opérations exclues du champ de l'impôt (art. 21 LTVA) ne sont pas taxées et ne donnent pas droit à la déduction de l'impôt préalable. Y figurent notamment les soins médicaux et hospitaliers, les prestations de formation et d'enseignement, les opérations d'assurance et la plupart des opérations bancaires, la location et la vente d'immeubles, les prestations culturelles et sportives. Une clinique privée ne facture donc pas de TVA sur ses opérations, mais l'impôt préalable qu'elle a payé sur son scanner, son électricité et ses pansements reste définitivement à sa charge: il gonfle ses coûts. On parle parfois de «fausse exonération» précisément parce que l'entreprise reste, économiquement, frappée par la taxe en amont.
Les opérations exonérées avec droit à déduction (art. 23 LTVA), au premier rang desquelles les exportations et les prestations de transport international, ne sont pas taxées et donnent malgré tout droit à la déduction intégrale de l'impôt préalable. C'est une vraie exonération: l'entreprise horlogère qui exporte une montre à Singapour facture sans TVA, récupère la TVA payée sur son or, ses machines et son loyer, et se trouve donc totalement déchargée. Le produit exporté quitte la Suisse purgé de toute TVA suisse, et sera taxé dans le pays de destination — c'est le principe du pays de destination, appliqué par tous les grands systèmes de TVA du monde pour que la fiscalité ne fausse pas la concurrence internationale.
Une clinique privée genevoise (soins médicaux: opérations exclues du champ de l'impôt) et une manufacture horlogère neuchâteloise qui exporte la totalité de sa production (opérations exonérées avec droit à déduction) achètent chacune une machine grevée de CHF 8 100 d'impôt préalable. Laquelle peut récupérer ces CHF 8 100 auprès de l'AFC?
Explorateur de la chaîne de TVA
Un bien traverse trois entreprises avant d'atteindre le consommateur. Chaque barre est le prix de vente TTC du stade, décomposé en prix d'achat, valeur ajoutée et TVA facturée. Chaque entreprise ne verse à l'AFC que le taux appliqué à sa propre valeur ajoutée: la somme des trois versements est exactement la TVA que le consommateur a payée.
La comptabilisation de la TVA
La méthode nette et les quatre comptes
Puisque la TVA n'est ni une charge ni un produit pour l'entreprise (théorème 6.2, point 1), elle ne doit apparaître dans aucun compte de résultat. C'est la méthode nette, la seule admise en Suisse:
Les comptes de charges et de produits sont tenus hors taxe; la TVA est isolée dans des comptes de bilan.
Quatre comptes suffisent:
| Compte | Nature | Fonctionnement |
|---|---|---|
| 1170 Impôt préalable sur matériel, marchandises et prestations | actif (créance envers l'AFC) | débité de la TVA payée sur les achats de marchandises, de matières et les frais d'acquisition |
| 1171 Impôt préalable sur investissements et autres charges d'exploitation | actif (créance envers l'AFC) | débité de la TVA payée sur les immobilisations et les charges des classes 5 à 6 |
| 2200 TVA due | passif (dette envers l'AFC) | crédité de la TVA facturée aux clients |
| 2201 Décompte TVA | passif (compte de liaison) | reçoit en fin de trimestre les soldes des trois précédents; son solde est le montant à payer à l'AFC |
La séparation des deux comptes d'impôt préalable n'est pas un caprice: elle correspond à la structure du formulaire de décompte de l'AFC, qui demande séparément l'impôt préalable sur les biens et prestations de services et celui sur les investissements et autres charges d'exploitation. Elle facilite aussi les corrections ultérieures lorsqu'un bien d'investissement change d'affectation.
Les écritures courantes
Les exemples ci-dessous supposent le taux normal de et le régime des contre-prestations convenues.
Achat de marchandises à crédit, CHF 10 000,00 hors taxe:
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 4200 Achats de marchandises | 10 000,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 810,00 | |
| 2000 Créanciers | 10 810,00 |
Frais d'acquisition (transport payé par banque), CHF 600,00 hors taxe: 4270 Frais d'acquisition CHF 600,00 et 1170 Impôt préalable CHF 48,60 à 1020 Banque CHF 648,60.
Vente de marchandises à crédit, CHF 16 000,00 hors taxe:
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 1100 Débiteurs | 17 296,00 | |
| 3200 Ventes de marchandises | 16 000,00 | |
| 2200 TVA due | 1 296,00 |
Achat d'une immobilisation, un véhicule de livraison à CHF 45 000,00 hors taxe, à crédit: 1530 Véhicules CHF 45 000,00 et 1171 Impôt préalable CHF 3 645,00 à 2000 Créanciers CHF 48 645,00. Notez le compte 1171 et non 1170: c'est un investissement.
L'escompte et sa correction de TVA
Escompte obtenu. Alpina a reçu une facture de CHF 15 000,00 hors taxe, TVA CHF 1 215,00, total CHF 16 215,00. Elle paie dans les dix jours avec d'escompte, soit CHF 324,30 (dont CHF 300,00 hors taxe et CHF 24,30 de TVA):
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 2000 Créanciers | 16 215,00 | |
| 1020 Banque | 15 890,70 | |
| 4800 Déductions sur achats | 300,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 24,30 |
Escompte accordé. Alpina a facturé CHF 20 000,00 hors taxe, TVA CHF 1 620,00, total CHF 21 620,00. Le client paie dans les dix jours avec d'escompte, soit CHF 432,40 (dont CHF 400,00 hors taxe et CHF 32,40 de TVA):
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 1020 Banque | 21 187,60 | |
| 3800 Déductions sur ventes | 400,00 | |
| 2200 TVA due | 32,40 | |
| 1100 Débiteurs | 21 620,00 |
Dans les deux cas, le compte de taxe est corrigé du même côté que le compte de correction de prix: on «défait» une partie de l'écriture initiale. Un raccourci de contrôle: la part hors taxe de l'escompte vaut le montant TTC divisé par , et la part de TVA la différence. Ici et .
Le décompte trimestriel
À la fin de chaque trimestre, l'entreprise solde ses trois comptes de TVA dans le 2201 Décompte TVA. Le solde de ce dernier est la dette (ou, plus rarement, la créance) envers l'AFC:
Au deuxième trimestre, Alpina Sports SA n'a réalisé que deux catégories d'opérations soumises: des ventes de marchandises pour CHF 150 000,00 hors taxe et des achats de marchandises pour CHF 90 000,00 hors taxe, au taux normal de 8,1 %. Quel est le solde du décompte à verser à l'AFC, en CHF?
La méthode des taux de la dette fiscale nette
Tenir quatre comptes de TVA, ventiler chaque escompte et remettre un décompte tous les trois mois représente une charge administrative disproportionnée pour un petit salon de coiffure ou un artisan seul. L'AFC propose donc une méthode simplifiée: les taux de la dette fiscale nette (TDFN, Saldosteuersätze).
Pour qui. L'option est ouverte aux assujettis dont le chiffre d'affaires annuel imposable ne dépasse pas CHF 5 024 000 et dont la dette fiscale annuelle ne dépasse pas CHF 108 000 (calculée au taux forfaitaire de la branche). L'immense majorité des PME suisses remplit ces conditions.
Comment. L'entreprise facture toujours la TVA à ses clients aux taux légaux (, ou ) — ses clients assujettis doivent pouvoir déduire l'impôt préalable normalement. Mais pour calculer ce qu'elle doit à l'AFC, elle applique à son chiffre d'affaires TVA comprise un taux forfaitaire de branche, sensiblement plus bas, et ne déduit aucun impôt préalable: le forfait est censé compenser la déduction en moyenne pour la branche. Le décompte devient semestriel. Le choix engage pour au moins une période fiscale et le retour à la méthode effective impose un délai de carence.
Le point de bascule se calcule une fois pour toutes. Notons le taux légal, le taux forfaitaire de branche, le chiffre d'affaires hors taxe et le montant hors taxe des achats et charges donnant droit à déduction. Les deux méthodes conduisent au même versement lorsque
Avec et , le rapport critique vaut : tant que les achats déductibles représentent moins de du chiffre d'affaires, le forfait coûte moins cher; au-delà, la méthode effective reprend l'avantage. Alpina, avec , est du bon côté — mais de peu.
Avantages et inconvénients. Le forfait allège radicalement l'administration: pas de suivi de l'impôt préalable, pas de ventilation des escomptes, deux décomptes par an au lieu de quatre. Il reste possible et même recommandé de tenir les comptes 1170 et 1171 pour l'information interne, mais ils ne sont pas déduits. En contrepartie, l'entreprise perd la déduction sur les gros investissements: une PME qui achète une machine à CHF 300 000 renonce à CHF 24 300 d'impôt préalable qu'elle aurait récupérés en méthode effective. Le forfait est donc défavorable aux entreprises en phase d'investissement, à celles dont la marge est faible (beaucoup d'achats), et à celles qui exportent (leurs ventes exonérées ne supporteraient aucune TVA en méthode effective, alors qu'elles restent hors assiette du forfait mais sans récupération de l'impôt préalable).
Reprenez le cas de l'exemple 6.4 (chiffre d'affaires CHF 1 600 000,00 hors taxe au taux de 8,1 %, achats déductibles CHF 1 100 000,00 hors taxe, taux de la dette fiscale nette de 2,1 %). De combien, en CHF, le versement annuel selon la méthode des taux de la dette fiscale nette est-il inférieur à celui de la méthode effective?
Importations et exportations
Un magasin de sport valaisan achète en Bavière, en Autriche et en Italie autant qu'en Suisse. La TVA suit alors le principe du pays de destination.
À l'importation, la marchandise franchit la frontière hors TVA étrangère et l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) perçoit la TVA suisse sur la valeur de l'importation, augmentée des frais de transport et d'assurance jusqu'au lieu de destination et, le cas échéant, des droits de douane. Cette TVA à l'importation est intégralement déductible comme impôt préalable par l'importateur assujetti: elle se comptabilise au 1170 (marchandises) ou au 1171 (investissements), exactement comme une TVA facturée par un fournisseur suisse. La décision de taxation de l'OFDF tient lieu de justificatif. Les droits de douane proprement dits, en revanche, ne sont pas récupérables: ils font partie du coût de la marchandise et vont au 4270 Frais d'acquisition.
À l'exportation, la vente est exonérée avec droit à déduction (art. 23 LTVA): Alpina facture sans TVA à un client français, conserve la preuve d'exportation visée par la douane et récupère malgré tout l'impôt préalable grevant les marchandises exportées. Une entreprise qui exporte beaucoup présente donc souvent un solde de décompte négatif: l'AFC lui rembourse un excédent d'impôt préalable, comptabilisé au débit du 2201 Décompte TVA.
Enfin, lorsqu'une entreprise suisse acquiert des prestations de services auprès d'un prestataire étranger non assujetti en Suisse (une licence logicielle, une campagne publicitaire en ligne, une expertise juridique), c'est elle qui doit déclarer et payer la TVA suisse sur cette acquisition — l'impôt sur les acquisitions, qu'elle déduit simultanément comme impôt préalable si elle y a droit, si bien que l'opération est le plus souvent neutre.
Synthèse
- En inventaire périodique, les achats vont au 4200 et les ventes au 3200 sans toucher le stock; le compte 1200 n'est ajusté qu'en fin d'exercice par le 4900. La marge brute est le chiffre d'affaires net moins le coût des marchandises vendues.
- Rabais (défaut), remise (quantité, fidélité), ristourne (chiffre d'affaires d'une période) et escompte (paiement rapide) se comptabilisent en diminution des comptes d'achat et de vente, au 4800 et au 3800, jamais en produit ni en charge: c'est l'interdiction de compenser de l'article 958c CO. Les frais d'acquisition (4270) augmentent le coût d'achat; les frais de vente sont des charges d'exploitation.
- Renoncer à un escompte revient à emprunter au taux : un «2/10 net 30» coûte par an. On prend l'escompte.
- La TVA frappe la consommation à chaque stade sur la seule valeur ajoutée. Elle est neutre pour l'assujetti (théorème 6.2) et la somme des versements des entreprises égale la taxe payée par le consommateur final. Taux suisses: , (alimentation, médicaments, presse, livres) et (hébergement); assujettissement dès CHF 100 000 de chiffre d'affaires; décompte trimestriel auprès de l'AFC.
- Ne confondez pas les opérations exclues (santé, formation, immobilier: pas de TVA, pas de déduction) et les opérations exonérées avec droit à déduction (exportations: pas de TVA, mais déduction intégrale).
- En méthode nette, les charges et produits sont hors taxe; la TVA vit au bilan dans les comptes 1170, 1171, 2200 et 2201. Tout escompte se ventile en une part hors taxe (4800 ou 3800) et une part de TVA (1170 ou 2200). Le solde du décompte est la TVA due moins l'impôt préalable.
- La méthode des taux de la dette fiscale nette (chiffre d'affaires jusqu'à CHF 5 024 000, dette fiscale jusqu'à CHF 108 000) applique un forfait de branche au chiffre d'affaires TVA comprise, sans déduction de l'impôt préalable, avec un décompte semestriel: avantageuse quand les achats déductibles sont faibles par rapport aux ventes.
Série d'exercices du chapitre 6
Exercice 1 sur 5Alpina Sports SA obtient de son fournisseur un escompte de CHF 300,00 hors taxe pour paiement rapide. Dans quel compte la part hors taxe de cet escompte est-elle enregistrée, et de quel côté?
Un trimestre simplifié d'Alpina Sports SA
Au troisième trimestre, Alpina Sports SA (assujettie au taux normal de 8,1 %, méthode effective, contre-prestations convenues) n'a enregistré que trois opérations soumises. Elle a acheté des marchandises pour CHF 40 000,00 hors taxe et réglé la facture dans les dix jours en déduisant un escompte de 2 % du montant TVA comprise. Elle a vendu des marchandises pour CHF 68 000,00 hors taxe. Enfin, un client lui a retourné pour CHF 3 000,00 hors taxe de marchandises non conformes, avec une note de crédit annulant l'opération, TVA comprise. Aucune autre opération n'est intervenue.
- 1
L'impôt préalable du trimestre
La TVA sur l'achat vaut de CHF 40 000,00. L'escompte de porte sur le montant TVA comprise: sa part de TVA vient réduire l'impôt préalable, exactement comme sa part hors taxe réduit le coût d'achat.
ExerciceQuel est le solde du compte 1170 Impôt préalable à la fin du trimestre, en CHF?
La TVA due sur les ventes
Le solde du décompte
L'écriture de paiement
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
Alpina Sports SA est assujettie au taux normal de et tient son inventaire selon la méthode périodique. Passez au journal les quatre opérations suivantes du mois de septembre.
- Achat de skis à un fournisseur suisse pour CHF 25 000,00 hors taxe, à trente jours.
- Paiement par banque du transport de ces skis jusqu'à Sion, CHF 1 200,00 hors taxe.
- Vente à un club de sport pour CHF 18 000,00 hors taxe, à trente jours.
- Ventes au comptant encaissées en caisse pour CHF 5 405,00, TVA comprise.
Indiquez pour chaque écriture les comptes débités et crédités et les montants, puis calculez le solde des comptes 1170, 2200 et le montant qui serait dû à l'AFC si le trimestre s'arrêtait là.
Solution
1. Achat de marchandises. TVA CHF.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 4200 Achats de marchandises | 25 000,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 2 025,00 | |
| 2000 Créanciers | 27 025,00 |
2. Frais d'acquisition. TVA CHF. Le transport à l'entrée fait partie du coût d'achat: il va au 4270, jamais dans les charges d'exploitation.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 4270 Frais d'acquisition | 1 200,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 97,20 | |
| 1020 Banque | 1 297,20 |
3. Vente à crédit. TVA CHF.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 1100 Débiteurs | 19 458,00 | |
| 3200 Ventes de marchandises | 18 000,00 | |
| 2200 TVA due | 1 458,00 |
4. Ventes au comptant, montant TVA comprise. Il faut «décomposer» le montant encaissé: la part hors taxe vaut CHF et la TVA CHF. (Contrôle: CHF.)
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 1000 Caisse | 5 405,00 | |
| 3200 Ventes de marchandises | 5 000,00 | |
| 2200 TVA due | 405,00 |
Soldes et décompte. Le 1170 présente un solde débiteur de CHF, le 2200 un solde créditeur de CHF. Le décompte donnerait
c'est-à-dire un excédent d'impôt préalable de CHF 259,20 que l'AFC rembourserait. C'est la situation normale d'un mois où l'entreprise constitue son stock de saison avant d'avoir vendu: elle avance la taxe sur ses achats. Contrôle par la valeur ajoutée: CHF de valeur ajoutée, et CHF.
Alpina Sports SA (taux normal ) enregistre les opérations suivantes.
- Le 3 novembre, achat de vestes à crédit pour CHF 30 000,00 hors taxe.
- Le 6 novembre, deux cartons ayant été livrés abîmés, le fournisseur accorde un rabais de sur le prix net et adresse une note de crédit.
- Le 12 novembre, Alpina paie le solde par banque en déduisant l'escompte de prévu par les conditions «30 jours net, à 10 jours».
- Par ailleurs, une vente de CHF 12 000,00 hors taxe faite le 2 novembre donne lieu, le 20 novembre, à un retour de marchandises pour CHF 2 000,00 hors taxe.
Passez toutes les écritures, puis déterminez le coût d'achat net des vestes, l'impôt préalable définitif, et la TVA due sur les ventes de novembre.
Solution
1. Achat. TVA CHF; facture CHF.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 4200 Achats de marchandises | 30 000,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 2 430,00 | |
| 2000 Créanciers | 32 430,00 |
2. Rabais de . Part hors taxe CHF; part de TVA CHF; note de crédit CHF. La dette envers le fournisseur tombe à CHF.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 2000 Créanciers | 1 621,50 | |
| 4800 Déductions sur achats | 1 500,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 121,50 |
3. Paiement avec escompte de . L'escompte se calcule sur la dette restante, TVA comprise: CHF. Ventilation: part hors taxe CHF; part de TVA CHF. Paiement CHF.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 2000 Créanciers | 30 808,50 | |
| 1020 Banque | 30 192,33 | |
| 4800 Déductions sur achats | 570,00 | |
| 1170 Impôt préalable | 46,17 |
4. Retour de vente. Contre-passation de la part retournée: TVA CHF.
| Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|
| 3200 Ventes de marchandises | 2 000,00 | |
| 2200 TVA due | 162,00 | |
| 1100 Débiteurs | 2 162,00 |
Résultats. Le coût d'achat net des vestes vaut
et l'impôt préalable définitif
soit exactement CHF: à chaque étape, la taxe a suivi la base proportionnellement. La TVA due de novembre vaut CHF, soit des ventes nettes de CHF.
Notez la différence de traitement entre le rabais et le retour: le rabais laisse la marchandise chez Alpina et se loge au 4800 (compte correcteur), le retour la fait ressortir et contre-passe le 3200 lui-même.
Au deuxième trimestre, la comptabilité d'Alpina Sports SA fait apparaître les montants hors taxe suivants, tous soumis au taux normal de :
| Opération | CHF hors taxe |
|---|---|
| Ventes de marchandises | 380 000,00 |
| Rabais et escomptes accordés aux clients | 12 000,00 |
| Achats de marchandises | 210 000,00 |
| Frais d'acquisition (transports, douane) | 4 500,00 |
| Escomptes et rabais obtenus des fournisseurs | 6 000,00 |
| Autres charges d'exploitation soumises | 34 000,00 |
| Acquisition d'une machine d'atelier | 28 000,00 |
- Calculez la TVA de chaque poste et les soldes des comptes 1170, 1171 et 2200.
- Passez les écritures de clôture du décompte et déterminez le montant versé à l'AFC.
- Contrôlez votre résultat par la valeur ajoutée.
- L'entreprise pourrait-elle opter pour la méthode des taux de la dette fiscale nette? Justifiez à partir des deux conditions légales, en annualisant le trimestre.
Solution
1. TVA de chaque poste et soldes.
| Opération | Base (CHF) | TVA (CHF) | Compte |
|---|---|---|---|
| Ventes de marchandises | 380 000,00 | 30 780,00 | 2200 crédit |
| Déductions sur ventes | 12 000,00 | 972,00 | 2200 débit |
| Achats de marchandises | 210 000,00 | 17 010,00 | 1170 débit |
| Frais d'acquisition | 4 500,00 | 364,50 | 1170 débit |
| Déductions sur achats | 6 000,00 | 486,00 | 1170 crédit |
| Autres charges d'exploitation | 34 000,00 | 2 754,00 | 1171 débit |
| Machine d'atelier | 28 000,00 | 2 268,00 | 1171 débit |
Soldes: CHF (débiteur); CHF (débiteur); CHF (créditeur).
2. Écritures de clôture.
| N° | Débit | Crédit | CHF |
|---|---|---|---|
| 1 | 2200 TVA due | 2201 Décompte TVA | 29 808,00 |
| 2 | 2201 Décompte TVA | 1170 Impôt préalable | 16 888,50 |
| 3 | 2201 Décompte TVA | 1171 Impôt préalable | 5 022,00 |
| 4 | 2201 Décompte TVA | 1020 Banque | 7 897,50 |
Montant versé à l'AFC: CHF.
3. Contrôle par la valeur ajoutée. Chiffre d'affaires net soumis CHF. Achats et charges soumis CHF. Valeur ajoutée CHF, et CHF. Le décompte est confirmé.
4. Option pour le forfait. En annualisant ce trimestre, le chiffre d'affaires imposable atteindrait CHF hors taxe, soit CHF TVA comprise: bien en dessous du plafond de CHF 5 024 000. La dette fiscale annuelle en méthode effective vaudrait CHF, en dessous du plafond de CHF 108 000. Les deux conditions sont donc remplies et l'option est ouverte. Reste à savoir si elle serait avantageuse: le rapport achats déductibles sur chiffre d'affaires vaut ici , supérieur au seuil de calculé en (6.6) pour un taux forfaitaire de . Sur ce trimestre, le forfait serait donc légèrement défavorable: CHF contre CHF en méthode effective. L'écart, environ CHF 1 800 par an, doit être mis en regard de l'allégement administratif; la présence d'un investissement de CHF 28 000 dans ce trimestre explique une bonne part du résultat.
Un fournisseur adresse à Alpina Sports SA une facture de CHF 100 000,00 hors taxe, TVA , aux conditions «45 jours net, d'escompte à 10 jours».
- Calculez le montant de la facture, le montant de l'escompte et sa ventilation entre part hors taxe et part de TVA.
- Calculez le coût annualisé simple de la renonciation à l'escompte par la formule (6.3), puis le taux composé équivalent.
- La trésorerie d'Alpina ne permet pas de payer au dixième jour. Sa banque lui accorde un crédit d'exploitation à l'an. A-t-elle intérêt à emprunter pour prendre l'escompte? Chiffrez le gain.
- À partir de quel taux d'intérêt bancaire l'opération cesserait-elle d'être avantageuse?
Solution
1. TVA CHF; facture CHF. Escompte CHF, ventilé en CHF hors taxe (au crédit du 4800 Déductions sur achats) et CHF de TVA (au crédit du 1170 Impôt préalable). Paiement au dixième jour: CHF.
2. Le délai gagné est de jours et le taux de la période vaut . Par (6.3),
En capitalisant les périodes de l'année, .
3. Oui, très largement. Emprunter CHF 104 857,00 pendant 35 jours à coûte
alors que l'escompte rapporte CHF 3 243,00. Le gain net est de CHF sur une seule facture. Sur un an d'achats de CHF 1 000 000 aux mêmes conditions, cela représenterait environ CHF 26 000.
4. L'opération devient indifférente lorsque l'intérêt bancaire égale l'escompte, c'est-à-dire au taux tel que , soit
c'est-à-dire exactement le coût annualisé de la question 2 — ce qui est rassurant, puisque c'est la définition même de ce coût. Aucun crédit d'exploitation suisse n'approche ce niveau: la conclusion pratique est qu'un escompte de à doit toujours être pris, au besoin en tirant sur la ligne de crédit.
Cet exercice comporte deux parties indépendantes.
Partie A — une chaîne à deux taux. Considérez la filière du pain. Un meunier vend de la farine à un boulanger pour CHF 100 000,00 hors taxe (taux réduit de ; on suppose que le meunier n'a lui-même aucun achat soumis). Un fabricant d'emballages vend au même boulanger des sacs et du papier pour CHF 20 000,00 hors taxe (taux normal de ; on suppose de même qu'il n'a aucun achat soumis). Le boulanger vend son pain à un détaillant pour CHF 200 000,00 hors taxe (taux réduit), qui le revend aux consommateurs pour CHF 260 000,00 hors taxe (taux réduit).
- Calculez, pour chacune des quatre entreprises, la TVA facturée, l'impôt préalable déductible et le montant versé à l'AFC.
- Vérifiez que la somme des versements égale la TVA supportée par les consommateurs finaux, et expliquez pourquoi la coexistence de deux taux ne rompt pas cette égalité.
- Que se passerait-il si le taux réduit était encore abaissé, au point que le boulanger paie plus d'impôt préalable qu'il ne facture de TVA?
Partie B — le seuil de la méthode forfaitaire. Une entreprise assujettie au taux normal réalise un chiffre d'affaires hors taxe et engage des achats et charges déductibles , hors taxe. Son taux de la dette fiscale nette est .
- Établissez la relation (6.6) donnant le rapport à partir duquel la méthode effective devient plus avantageuse que la méthode forfaitaire.
- Calculez ce rapport critique pour , et , et interprétez la tendance.
Solution
1. Les montants de TVA sont les suivants.
| Entreprise | Vente hors taxe | Taux | TVA facturée | Impôt préalable | Versé à l'AFC |
|---|---|---|---|---|---|
| Meunier | 100 000,00 | 2,6 % | 2 600,00 | 0,00 | 2 600,00 |
| Fabricant d'emballages | 20 000,00 | 8,1 % | 1 620,00 | 0,00 | 1 620,00 |
| Boulanger | 200 000,00 | 2,6 % | 5 200,00 | 4 220,00 | 980,00 |
| Détaillant | 260 000,00 | 2,6 % | 6 760,00 | 5 200,00 | 1 560,00 |
Le boulanger déduit à la fois la TVA de la farine ( CHF) et celle des emballages ( CHF), soit CHF d'impôt préalable, et ne verse que CHF.
2. La somme des versements vaut
exactement la TVA supportée par les consommateurs, CHF. La démonstration du théorème 6.2 reste valable parce qu'elle repose uniquement sur le caractère télescopique de la somme: l'impôt préalable déduit par une entreprise est, franc pour franc, la TVA facturée par son fournisseur, quel que soit le taux auquel elle a été calculée. Les CHF 1 620,00 versés par le fabricant d'emballages disparaissent de la somme au moment où le boulanger les déduit; ce qui subsiste est la seule taxe restée non déduite, celle du dernier maillon — c'est-à-dire celle qui est facturée au consommateur.
3. Rien d'anormal. Le compte 2201 Décompte TVA présenterait un solde débiteur, c'est-à-dire une créance envers l'AFC, qui rembourserait l'excédent d'impôt préalable. Cette situation est structurelle dans deux cas: les entreprises dont les ventes relèvent du taux réduit alors que leurs achats relèvent du taux normal (boulangeries, éditeurs, exploitations agricoles), et les entreprises exportatrices, dont les ventes sont exonérées avec droit à déduction. Elle ne signale ni une erreur ni une difficulté: le mécanisme de la TVA fonctionne aussi dans ce sens, et c'est précisément ce qui garantit la neutralité annoncée par le point 1 du théorème 6.2.
4. Le versement en méthode effective est ; le versement en méthode forfaitaire est appliqué au chiffre d'affaires TVA comprise, soit . Les deux se valent lorsque
En divisant par puis en isolant le rapport:
ce qui est (6.6). Comme le versement effectif décroît avec tandis que le versement forfaitaire n'en dépend pas, la méthode effective l'emporte dès que dépasse ce rapport critique, et le forfait l'emporte en dessous.
5. Avec :
| critique | |
|---|---|
| 0,6 % | 91,99 % |
| 2,1 % | 71,97 % |
| 5,2 % | 30,60 % |
La tendance est claire et logique: plus le taux forfaitaire de la branche est élevé, plus le seuil est bas, donc plus il est facile que la méthode effective devienne avantageuse. C'est cohérent avec la façon dont l'AFC construit ces taux: elle attribue un taux bas aux branches à faible valeur ajoutée (beaucoup d'achats, comme le commerce d'or), où l'impôt préalable est important, et un taux élevé aux branches à forte valeur ajoutée (peu d'achats, comme le conseil), où il l'est peu. Le forfait imite donc, en moyenne, ce que donnerait la méthode effective dans la branche; il n'est réellement avantageux que pour l'entreprise dont la structure de coûts s'écarte de cette moyenne dans le bon sens, c'est-à-dire celle qui achète moins que ses concurrentes. Une entreprise en phase d'investissement lourd, dont le rapport grimpe temporairement, a donc intérêt à rester en méthode effective ou à planifier son option en conséquence.
Références
- Ammann, A. et Vuillemin, N., Comptabilité générale, LEP Loisirs et Pédagogie, Le Mont-sur-Lausanne (chapitres sur les comptes de marchandises, les corrections de prix et la TVA).
- Garcia, C., Introduction à la comptabilité, Loisirs et Pédagogie, Le Mont-sur-Lausanne.
- Sterchi, W., Mattle, H. et Helbling, M., Plan comptable général PME, veb.ch, Zurich (classes 3 et 4, comptes 1170, 1171, 2200 et 2201).
- Administration fédérale des contributions, Info TVA 01 «La TVA en bref», Info TVA 12 «Taux de la dette fiscale nette» et Décompte TVA,
estv.admin.ch. - Loi fédérale régissant la taxe sur la valeur ajoutée (LTVA, RS 641.20), en particulier les art. 10 (assujettissement), 21 (opérations exclues), 23 (opérations exonérées), 25 (taux), 28 ss (impôt préalable) et 37 (taux de la dette fiscale nette); Code des obligations, art. 958c (principes de présentation) et 960a (coût d'acquisition).
- Boemle, M. et Lutz, R., Der Jahresabschluss, Verlag SKV, Zurich.