Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- expliquer pourquoi la tenue d'une comptabilité passe par des comptes plutôt que par la réécriture du bilan après chaque opération, et décrire un compte en T (intitulé, débit, crédit, solde d'ouverture, mouvements, solde de clôture);
- déterminer le sens de fonctionnement des quatre familles de comptes — actif, passif, charge, produit — et justifier la règle «actif et charge augmentent au débit» à partir de la position des postes dans le bilan;
- énoncer et démontrer la règle de la partie double, et en déduire le contrôle arithmétique permanent qu'elle procure;
- passer une écriture par la méthode des quatre questions et l'écrire aussi bien sous la forme «Banque à Ventes de marchandises CHF 5 400,00» que sous forme tabulaire;
- tenir un journal conforme aux exigences de traçabilité de l'art. 957a CO, y compris des écritures composées, et reporter ces écritures au grand livre;
- calculer le solde d'un compte, contrôler que la somme des débits égale la somme des crédits et interpréter un solde débiteur ou créditeur.
Pourquoi des comptes?
Le chapitre 2 a montré qu'une opération modifie toujours au moins deux postes du bilan, de telle manière que l'égalité fondamentale
reste vérifiée. On pourrait, en théorie, tenir la comptabilité ainsi: après chaque opération, dresser un nouveau bilan complet. Voyons ce que cela donne pour Alpina Sports SA, dont le bilan d'ouverture au 1er janvier N compte seize postes pour un total de CHF 440 000,00. Le magasin de Sion enregistre entre trois cents et six cents opérations par mois: ventes au comptant, factures fournisseurs, paiements, salaires, frais de véhicule. Redresser seize lignes six cents fois par mois reviendrait à recopier près de dix mille montants, dont l'immense majorité serait inchangée d'un bilan au suivant. Aucune entreprise n'a jamais travaillé de cette façon.
L'idée qui fonde la comptabilité en partie double est plus économe: puisque chaque opération ne touche que deux ou trois postes, ouvrons un registre séparé par poste et n'y inscrivons que les variations. Le poste «1020 Banque» reçoit sa propre fiche; on y note, dans l'ordre, tout ce qui entre et tout ce qui sort. À la fin de la période, il suffit d'additionner les entrées, d'en soustraire les sorties et d'ajouter le montant de départ pour retrouver la position du compte. Cette fiche s'appelle un compte.
Trois avantages en découlent immédiatement.
- L'économie d'écriture. Une opération n'affecte que deux fiches sur seize; les quatorze autres ne sont pas touchées. On écrit deux montants au lieu de seize.
- La traçabilité. La fiche conserve l'historique du poste, opération par opération, avec la date et la référence de la pièce justificative. Le bilan, lui, ne donnerait qu'une photographie: il indique que la banque est passée de CHF 85 000,00 à CHF 59 100,00, mais ne dit pas pourquoi. Le compte le dit.
- La finesse d'analyse. Rien n'oblige à ouvrir un compte par ligne du bilan. On peut ouvrir un compte «6000 Charges de locaux», un compte «6200 Charges de véhicules», un compte «6600 Publicité», alors que ces trois postes n'apparaissent nulle part au bilan: ils appartiennent au compte de résultat. Le système des comptes est donc à la fois le mécanisme d'enregistrement du bilan et celui du compte de résultat.
Le bilan cesse alors d'être l'outil de travail quotidien pour devenir ce qu'il est vraiment: un document de synthèse, établi à la clôture à partir des soldes des comptes. Entre deux clôtures, c'est le système des comptes qui vit.
Le compte
Définition et forme
La présentation traditionnelle d'un compte, encore universellement utilisée pour raisonner au brouillon et au tableau noir, est le compte en T: l'intitulé du compte est écrit au-dessus d'une barre horizontale, sous laquelle un trait vertical sépare les deux colonnes. Le dessin ressemble à la lettre T, d'où le nom.
Insistons tout de suite sur un point qui décide de la réussite de tout le cours: débit et crédit sont des noms de colonnes, rien d'autre. «Débit» veut dire «à gauche» et «crédit» veut dire «à droite». Ces deux mots ne portent, en comptabilité, aucune connotation de bien ou de mal, de gain ou de perte, d'avoir ou de devoir. Débiter un compte n'est pas une mauvaise nouvelle, créditer un compte n'est pas une bonne nouvelle: cela dépend entièrement du compte concerné. Ce sont deux étiquettes historiques héritées du latin debere (devoir) et credere (confier), qui décrivaient la relation avec un client ou un fournisseur dans les livres marchands du Moyen Âge; elles ont survécu à la généralisation du système à des comptes qui n'ont plus rien à voir avec des personnes.
Solde d'un compte
À tout moment, on peut faire le point sur un compte en additionnant séparément ses deux colonnes.
Par construction, le solde s'inscrit du côté le plus faible du compte: c'est précisément le montant qu'il faudrait ajouter à la colonne la moins garnie pour que les deux totaux coïncident. On l'écrit traditionnellement en italique (ou entre parenthèses) pour bien le distinguer des mouvements réels, car il ne correspond à aucune opération: c'est un chiffre de synthèse. Un solde débiteur figure donc au crédit du compte, et un solde créditeur au débit — ce qui déroute un instant, puis devient une évidence: on inscrit le solde là où il manque quelque chose.
Ouverture, mouvements, clôture
La vie d'un compte comporte trois moments.
- L'ouverture. Au début de l'exercice, les comptes de bilan reprennent les montants du bilan d'ouverture: c'est le solde à nouveau (ou solde reporté). Un compte d'actif s'ouvre au débit, un compte de passif au crédit; nous justifierons cette règle à la section suivante. Les comptes de charges et de produits, eux, s'ouvrent toujours à zéro: ils mesurent l'activité d'une période et repartent de rien à chaque exercice.
- Les mouvements. Chaque opération inscrit un montant au débit ou au crédit, avec sa date, un libellé bref et la référence de la pièce justificative.
- La clôture. À la fin de la période, on calcule le solde, on l'inscrit du côté le plus faible, on additionne les deux colonnes — qui sont alors nécessairement égales — et l'on trace le double trait de clôture. Le solde ainsi dégagé devient le solde à nouveau de la période suivante, ou alimente le bilan de clôture et le compte de résultat (chapitre 5).
L'opération qui consiste à additionner les deux colonnes et à dégager le solde s'appelle balancer ou arrêter le compte; le résultat de cette opération, présenté sous la forme «total débit / total crédit / solde», est la balance du compte.
Le compte 2000 Créanciers d'Alpina Sports SA s'ouvre avec un solde de CHF 95 000,00. Au cours du mois, l'entreprise achète pour CHF 26 400,00 de marchandises à crédit et règle CHF 31 000,00 de factures fournisseurs par le compte bancaire. Quel est le solde du compte à la fin du mois (en CHF)?
Le sens des comptes
Comptes d'actif et comptes de passif
La règle qui décide du côté d'inscription n'est pas arbitraire: elle découle de la position du poste dans le bilan. Rappelons la présentation du chapitre 2: les actifs occupent la gauche du bilan, les dettes et les fonds propres sa droite. On transporte cette géographie dans les comptes.
Un compte d'actif dont le solde deviendrait créditeur signalerait soit une erreur, soit une situation particulière qui appelle un reclassement: un compte «1020 Banque» créditeur n'est plus un avoir mais un découvert, c'est-à-dire une dette envers la banque, à présenter au passif sous «2100 Dettes bancaires à court terme». La même remarque vaut pour les comptes correcteurs comme «1109 Ducroire», qui figurent dans la classe 1 mais présentent délibérément un solde créditeur, parce qu'ils viennent en déduction d'un poste d'actif.
Comptes de charges et de produits
Reste la question décisive: où inscrire une charge, où inscrire un produit? Le compte de résultat n'apparaît pas dans le bilan; comment la géographie du bilan pourrait-elle donc en décider? La réponse tient au lien établi au chapitre 3 entre le résultat et les fonds propres.
Démonstration. Le chapitre 3 a établi que le compte de résultat n'est pas un état indépendant du bilan, mais le développement d'un poste des fonds propres: le résultat de l'exercice vient s'ajouter aux fonds propres à la clôture, puisque
en l'absence d'apport et de distribution. Autrement dit, tous les comptes de charges et de produits sont des sous-comptes des fonds propres, ouverts pour la seule durée de l'exercice afin de détailler l'origine de leur variation, puis soldés dans les fonds propres à la clôture.
Or les fonds propres sont un poste du passif. D'après la règle des comptes de bilan, un compte de passif augmente au crédit et diminue au débit.
Une charge est, par définition, une consommation de valeur qui diminue les fonds propres: dans (4.2), est affecté du signe moins. Elle se comptabilise donc du côté des diminutions d'un compte de passif, c'est-à-dire au débit. Un produit augmente les fonds propres: il se comptabilise du côté des augmentations d'un compte de passif, c'est-à-dire au crédit.
Cette démonstration mérite d'être relue jusqu'à ce qu'elle devienne réflexe, car elle dispense d'apprendre par cœur une quatrième et une cinquième règle: il n'y en a qu'une seule, celle du bilan, appliquée aux fonds propres. Elle explique aussi pourquoi, en fin d'exercice, il suffira de virer le solde de chaque compte de charge au débit du compte «9000 Compte de résultat» et le solde de chaque compte de produit à son crédit: on ne fait que rassembler des sous-comptes dans leur compte d'origine (chapitre 5).
Il n'y a donc, au total, que quatre familles de comptes et une seule matrice à connaître.
Alpina Sports SA rembourse CHF 10 000,00 de sa dette bancaire à long terme par le compte bancaire. Quels comptes sont mouvementés, et dans quel sens?
La partie double
La règle
Nous pouvons maintenant énoncer le principe qui donne son nom au système et qui gouverne toute la comptabilité occidentale depuis cinq siècles.
Démonstration. Le chapitre 2 a montré que toute opération produit exactement deux effets sur le bilan et que ces deux effets conservent l'équation (4.1). Quatre cas sont possibles, et quatre seulement:
| Cas | Effet 1 | Effet 2 | Conservation de |
|---|---|---|---|
| Échange à l'actif | un actif augmente | un autre actif diminue | inchangé |
| Échange au passif | un passif augmente | un autre passif diminue | inchangé |
| Augmentation du bilan | un actif augmente | un passif augmente | les deux membres augmentent de |
| Diminution du bilan | un actif diminue | un passif diminue | les deux membres diminuent de |
Traduisons chaque ligne en termes de comptes, à l'aide de la matrice de la figure 4.2. Une augmentation d'actif s'écrit au débit et une diminution d'actif au crédit; une augmentation de passif s'écrit au crédit et une diminution de passif au débit. Dans le premier cas, l'actif qui augmente est débité de et celui qui diminue est crédité de : un débit et un crédit du même montant. Dans le deuxième, le passif qui diminue est débité de et celui qui augmente est crédité de : à nouveau un débit et un crédit égaux. Dans le troisième, l'actif est débité de et le passif crédité de . Dans le quatrième, le passif est débité de et l'actif crédité de . Les quatre cas donnent le même résultat: exactement un montant au débit et le même montant au crédit.
Les charges et les produits ne font pas exception, puisque le théorème 4.1 les traite comme des mouvements des fonds propres, c'est-à-dire d'un poste de passif; les quatre cas les couvrent donc déjà.
L'égalité (4.3) vaut ainsi pour chaque écriture. Comme la comptabilité entière est la somme de ses écritures, l'égalité se conserve par addition. Enfin, le solde d'un compte est par définition son total débit diminué de son total crédit; en sommant sur tous les comptes,
ce qui signifie exactement que la somme des soldes débiteurs égale la somme des soldes créditeurs.
Ce que la règle apporte
La partie double n'est pas une contrainte gratuite: c'est un dispositif de contrôle intégré. À tout moment, sans rien connaître du contenu des opérations, on peut additionner tous les débits et tous les crédits enregistrés; si les deux totaux diffèrent, il y a certainement une erreur. Ce contrôle arithmétique permanent prend une forme systématique dans la balance de vérification, tableau qui récapitule pour chaque compte ses totaux et son solde et dont les quatre colonnes doivent s'équilibrer deux à deux. Nous la construirons au chapitre 5.
Il faut cependant mesurer exactement la portée de ce contrôle. Il détecte les erreurs qui déséquilibrent les colonnes: un montant reporté d'un seul côté, une inversion de chiffres dans un seul des deux montants, une addition fausse. Il est en revanche aveugle à quatre familles d'erreurs, qui laissent les colonnes parfaitement équilibrées:
- l'écriture entièrement omise (les deux côtés manquent);
- l'écriture passée deux fois (les deux côtés sont doublés);
- l'écriture passée pour un montant faux mais identique au débit et au crédit (une facture de CHF 1 200,00 comptabilisée pour CHF 2 100,00 des deux côtés);
- l'écriture passée dans un mauvais compte de la bonne famille, ou l'inversion complète du débit et du crédit.
Une balance équilibrée est donc une condition nécessaire, jamais suffisante, de l'exactitude d'une comptabilité. C'est pourquoi le Code des obligations exige, à côté de l'équilibre arithmétique, la justification de chaque écriture par une pièce (art. 957a al. 2 ch. 2 CO) et pourquoi la révision comptable ne se limite pas à vérifier des additions.
Parmi les affirmations suivantes sur la partie double, lesquelles sont exactes?
Plusieurs réponses possibles
Passer une écriture
La méthode des quatre questions
Devant une pièce justificative — une facture, une quittance, un avis bancaire —, la difficulté n'est jamais de calculer: elle est de décider quels comptes utiliser et de quel côté. Une méthode en quatre questions permet de ne jamais se tromper, à condition de les poser dans l'ordre et de répondre à chacune avant de passer à la suivante.
Deux notations pour la même écriture
L'écriture se note de deux façons, également correctes et utilisées côte à côte dans la pratique suisse.
La forme littérale met le compte débité en premier, relié par la préposition «à» au compte crédité: «Banque à Ventes de marchandises CHF 5 400,00». Elle se lit «on débite Banque et l'on crédite Ventes de marchandises». Cette forme est rapide, se dicte à l'oral et convient au brouillon; elle atteint sa limite avec les écritures composées.
La forme tabulaire est celle du journal proprement dit:
| Date | Compte débité | Compte crédité | Libellé | CHF |
|---|---|---|---|---|
| 03.01 | 1020 Banque | 3200 Ventes de marchandises | Vente au comptant, pièce P-014 | 5 400,00 |
Elle est plus lourde à écrire mais porte davantage d'information: la date, le libellé, la référence de la pièce. C'est elle que reproduisent les logiciels comptables, et c'est elle qu'exige l'art. 957a CO.
Explorateur d'écritures
Choisissez une opération d'Alpina Sports SA et son montant. L'écriture, les deux comptes en T touchés et l'effet de l'opération sur le total du bilan et sur le résultat se recalculent. Remarquez qu'une opération peut modifier le résultat sans toucher au total du bilan, et inversement.
Manipulez l'explorateur ci-dessus avant de poursuivre, en observant particulièrement trois opérations. L'opération 3 (achat de marchandises à crédit) diminue le résultat sans modifier le total du bilan: la charge réduit les fonds propres exactement de ce que la dette fournisseur ajoute aux dettes, et la somme du passif ne bouge pas. Les opérations 5 et 7 (encaissement d'un client, retrait d'espèces) ne touchent ni le bilan ni le résultat: ce sont de simples échanges à l'actif. L'opération 4 (paiement d'un fournisseur) réduit le total du bilan sans toucher au résultat. Ces dissociations sont au cœur de la distinction entre trésorerie, patrimoine et résultat, sur laquelle repose toute l'analyse financière du chapitre 11.
Le journal
Définition et colonnes
Le journal répond directement aux exigences de l'art. 957a CO sur la tenue régulière de la comptabilité: l'intégralité (toutes les opérations y figurent), l'exactitude, la clarté, la justification de chaque enregistrement par une pièce et la traçabilité, c'est-à-dire la possibilité de suivre le chemin qui va du justificatif à l'écriture, de l'écriture au compte, du compte aux comptes annuels — et de le remonter en sens inverse. C'est ce que la doctrine alémanique appelle le Belegprinzip, le principe du justificatif: pas d'écriture sans pièce, pas de pièce sans écriture. L'art. 958f CO impose de conserver les livres et les pièces comptables pendant dix ans.
L'ordre chronologique n'est pas un détail administratif. C'est lui qui rend une comptabilité vérifiable: un contrôleur — réviseur, inspecteur de l'AFC, juge en cas de faillite — doit pouvoir reconstituer la suite des opérations telles qu'elles se sont produites. C'est aussi pour cette raison qu'une écriture erronée ne s'efface jamais: on la corrige par une contre-écriture (une écriture d'extourne, qui inverse le débit et le crédit) suivie de l'écriture correcte, de sorte que la trace de l'erreur et de sa correction demeure.
Le libellé mérite un mot. Il doit permettre à un tiers, des années plus tard, de comprendre l'opération sans consulter la pièce: «Facture Rossignol 2405, skis de randonnée» vaut infiniment mieux que «achat». Un bon libellé nomme le tiers, l'objet et la référence du document.
Les écritures composées
Une écriture n'est pas toujours simple, c'est-à-dire limitée à un compte débité et un compte crédité. Beaucoup d'opérations font intervenir trois comptes ou davantage.
Il existe une limite, imposée par la traçabilité. On admet une écriture à plusieurs débits pour un crédit, ou à un débit pour plusieurs crédits, parce que la correspondance entre les montants reste alors lisible. On n'admet pas l'écriture dite «multiple à multiple», qui met plusieurs comptes de chaque côté sans que l'on puisse dire quel débit correspond à quel crédit: elle rend la vérification impossible et contrevient à l'exigence de clarté de l'art. 957a CO. La solution consiste toujours à décomposer l'opération en autant d'écritures qu'il y a de pièces justificatives ou d'événements économiques distincts.
Prenons un exemple concret. Alpina Sports SA reçoit le même jour deux factures — CHF 9 000,00 de marchandises et CHF 6 000,00 de mobilier — et règle immédiatement CHF 5 000,00 par banque, le reste restant dû. Écrire d'un bloc «Achats de marchandises et Mobilier à Banque et Créanciers» serait inexploitable: on ignore lequel des deux achats a été payé. Il faut deux écritures, guidées par les deux factures:
| Date | Compte débité | Compte crédité | Libellé | CHF |
|---|---|---|---|---|
| 04.03 | 4200 Achats de marchandises | Facture Mammut 3312 | 9 000,00 | |
| 04.03 | 1020 Banque | Acompte versé | 5 000,00 | |
| 04.03 | 2000 Créanciers | Solde dû | 4 000,00 | |
| 04.03 | 1510 Mobilier et installations | 2000 Créanciers | Facture Interio 771, rayonnages | 6 000,00 |
Le total du débit vaut CHF 15 000,00 et celui du crédit CHF 5 000,00 + CHF 4 000,00 + CHF 6 000,00 = CHF 15 000,00.
Alpina Sports SA achète du mobilier de magasin pour CHF 41 500,00. Elle verse CHF 12 500,00 par le compte bancaire et CHF 9 000,00 en espèces à la caisse; le solde est accordé à crédit par le fournisseur. Quel montant est porté au crédit du compte 2000 Créanciers (en CHF)?
Le grand livre
Définition et report
Le journal et le grand livre sont donc deux lectures d'une même matière, l'une chronologique et l'autre systématique. C'est ce qui rend possible le rapprochement journal / grand livre: le total des montants passés au journal sur une période doit égaler la somme des mouvements reportés au grand livre, et pour l'ensemble des comptes, le total des débits doit égaler le total des crédits. Tout écart signale un report oublié, dédoublé ou déformé.
Le classement du grand livre suit le plan comptable PME présenté au chapitre 1: la classe 1 pour les actifs, la classe 2 pour les passifs, la classe 3 pour les produits d'exploitation, les classes 4 à 6 pour les charges, les classes 7 et 8 pour les résultats annexes et hors exploitation, la classe 9 pour la clôture. Le premier chiffre donne la famille, donc le sens du compte: c'est la raison pratique pour laquelle on écrit toujours le numéro devant l'intitulé. Le deuxième chiffre affine (10 = liquidités, 11 = créances, 12 = stocks), et ainsi de suite.
Un mois complet d'Alpina Sports SA
Ordonnez les étapes de l'enregistrement d'une opération, de la pièce justificative au solde du compte.
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Arrêter le compte: additionner les deux colonnes et en dégager le solde
- Inscrire l'écriture au journal, à sa date, avec le libellé et la référence de la pièce
- Déterminer les comptes touchés, leur famille et le sens de chaque mouvement
- Recevoir et contrôler la pièce justificative (facture, quittance, avis bancaire)
- Reporter le même montant au crédit du ou des comptes crédités du grand livre
- Reporter le montant au débit du ou des comptes débités du grand livre
Synthèse
- Un compte est la fiche de mouvement d'un poste: on n'y inscrit que les variations, à gauche (débit) ou à droite (crédit). Ces deux mots sont des noms de colonnes et n'ont aucune connotation de gain ou de perte; le relevé bancaire, tenu du point de vue de la banque, en est le faux ami le plus dangereux.
- Le solde d'un compte est la différence entre ses deux totaux; il est débiteur si le débit l'emporte, créditeur sinon, et se reporte en italique du côté le plus faible pour équilibrer le compte.
- Le sens des comptes découle du bilan: actif et charge augmentent au débit, passif et produit augmentent au crédit. Les deux dernières familles se déduisent des deux premières, parce que les comptes de charges et de produits sont des sous-comptes des fonds propres, qui figurent au passif (théorème 4.1).
- La partie double (théorème 4.2) impose pour chaque écriture et pour l'ensemble des livres; il en résulte que la somme des soldes débiteurs égale celle des soldes créditeurs. L'équilibre est une condition nécessaire, non suffisante: il ne détecte ni l'omission, ni le doublon, ni le mauvais compte, ni le montant faux des deux côtés.
- On passe une écriture par les quatre questions: quels comptes, quelle famille, augmentation ou diminution, donc quel côté. L'écriture se note «débité à crédité CHF …» ou sous forme tabulaire; une écriture composée met plus de deux comptes en jeu, mais jamais «multiple à multiple».
- Le journal enregistre les opérations par date, avec libellé et référence de la pièce (art. 957a CO, conservation dix ans selon l'art. 958f CO); le grand livre les classe par compte. Ce sont deux vues des mêmes montants, et leur rapprochement est le premier contrôle du cycle comptable (chapitre 5).
Série d'exercices du chapitre 4
Exercice 1 sur 5Alpina Sports SA paie la prime annuelle d'assurance-choses de CHF 2 400,00 par le compte bancaire. Quelle est l'écriture?
Quatre opérations de mai et le compte 1020 Banque
Le compte 1020 Banque d'Alpina Sports SA présente un solde de CHF 51 200,00 au 1er mai. Quatre opérations affectent le compte bancaire durant le mois: le 04.05, une vente de marchandises au comptant de CHF 8 900,00 encaissée sur le compte; le 09.05, le paiement du loyer du magasin, CHF 3 500,00; le 16.05, l'encaissement d'une facture client de CHF 13 400,00; le 24.05, le règlement d'une facture fournisseur de CHF 19 700,00. Aucune autre opération ne touche la banque.
- 1
Identifier les comptes et le sens
Reprenez les quatre questions. Pour l'opération du 16.05, l'entreprise reçoit de l'argent d'un client dont la facture avait déjà été comptabilisée à la vente.
ExerciceQuelle est l'écriture de l'encaissement du 16.05?
Le total porté au débit
Le total porté au crédit
Le solde au 31 mai
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
Passez au journal les dix opérations de mars d'Alpina Sports SA, sous la forme tabulaire «Date — Compte débité — Compte crédité — CHF». Utilisez exclusivement les numéros du plan comptable PME. Les montants sont hors TVA.
- 02.03 — Vente de marchandises au comptant, encaissée à la caisse du magasin: CHF 1 850,00.
- 04.03 — Vente de skis à l'école de ski de Nendaz, facturée à 30 jours: CHF 14 300,00.
- 06.03 — Réception de la facture du fournisseur Salomon pour un réassort de marchandises, payable à 60 jours: CHF 22 500,00.
- 09.03 — Paiement de la facture d'électricité du magasin par le compte bancaire: CHF 640,00.
- 10.03 — Paiement du loyer du magasin par le compte bancaire: CHF 3 500,00.
- 14.03 — Un client règle sa facture par virement bancaire: CHF 11 000,00.
- 18.03 — Paiement d'une facture fournisseur par le compte bancaire: CHF 18 000,00.
- 21.03 — Paiement par le compte bancaire de la prime d'assurance-choses du magasin: CHF 1 260,00.
- 27.03 — Versement à la banque des espèces excédentaires de la caisse: CHF 4 000,00.
- 31.03 — La banque débite le compte des intérêts du prêt à long terme: CHF 750,00.
Calculez ensuite le total du journal et vérifiez que le total du débit égale celui du crédit.
Solution
Pour chaque opération, les quatre questions donnent directement l'écriture.
| Date | Compte débité | Compte crédité | CHF |
|---|---|---|---|
| 02.03 | 1000 Caisse | 3200 Ventes de marchandises | 1 850,00 |
| 04.03 | 1100 Débiteurs | 3200 Ventes de marchandises | 14 300,00 |
| 06.03 | 4200 Achats de marchandises | 2000 Créanciers | 22 500,00 |
| 09.03 | 6400 Charges d'énergie et évacuation des déchets | 1020 Banque | 640,00 |
| 10.03 | 6000 Charges de locaux | 1020 Banque | 3 500,00 |
| 14.03 | 1020 Banque | 1100 Débiteurs | 11 000,00 |
| 18.03 | 2000 Créanciers | 1020 Banque | 18 000,00 |
| 21.03 | 6300 Assurances-choses, droits, taxes | 1020 Banque | 1 260,00 |
| 27.03 | 1020 Banque | 1000 Caisse | 4 000,00 |
| 31.03 | 6900 Charges financières | 1020 Banque | 750,00 |
| Total | 77 800,00 |
Commentaires sur les points délicats.
- Opérations 1 et 2: le produit est le même (3200 Ventes de marchandises); seule la contrepartie change, monnaie ou créance. C'est la facturation qui déclenche le produit, non l'encaissement.
- Opération 3: on débite une charge (4200) et non le compte de stock. La méthode dite de l'inventaire périodique, retenue ici et au chapitre 6, comptabilise les achats en charge et corrige le stock en fin d'exercice.
- Opérations 6 et 9: aucun produit ni aucune charge. Ce sont des échanges à l'actif, sans effet sur le résultat ni sur le total du bilan.
- Opération 7: aucune charge non plus, puisque la charge d'achat a été enregistrée le 06.03 ou avant. La dette diminue: elle est débitée.
- Opération 10: les intérêts sont bien une charge (6900 Charges financières). Attention, seul le remboursement du capital de la dette débiterait 2400.
Contrôle: la somme des montants vaut . Chaque montant apparaissant une fois au débit et une fois au crédit, les deux colonnes totalisent CHF 77 800,00 chacune: la condition (4.3) est respectée.
On vous soumet le journal d'une entreprise commerciale suisse, sans les libellés. Pour chacune des six écritures, décrivez en une phrase l'opération qui l'a produite, puis indiquez son effet sur le total du bilan (augmentation, diminution ou aucun effet) et sur le résultat de l'exercice.
| N° | Compte débité | Compte crédité | CHF |
|---|---|---|---|
| 1 | 1020 Banque | 1100 Débiteurs | 6 300,00 |
| 2 | 6200 Charges de véhicules | 1000 Caisse | 180,00 |
| 3 | 1530 Véhicules | 2000 Créanciers | 32 000,00 |
| 4 | 2000 Créanciers | 1020 Banque | 14 500,00 |
| 5 | 1100 Débiteurs | 3200 Ventes de marchandises | 9 900,00 |
| 6 | 6800 Amortissements | 1530 Véhicules | 8 000,00 |
Solution
La lecture inverse consiste à retrouver la famille de chaque compte, donc le sens du mouvement, puis à reconstituer l'événement économique.
1. 1020 Banque à 1100 Débiteurs, CHF 6 300,00. Deux comptes d'actif: l'un augmente (banque, au débit), l'autre diminue (créance, au crédit). Un client a réglé par virement bancaire une facture de CHF 6 300,00. Effet sur le total du bilan: aucun (échange à l'actif). Effet sur le résultat: aucun, la vente ayant été enregistrée à la facturation.
2. 6200 Charges de véhicules à 1000 Caisse, CHF 180,00. Une charge augmente (au débit), un actif diminue (au crédit). L'entreprise a payé en espèces un plein de carburant ou un petit entretien de véhicule pour CHF 180,00. Bilan: diminution de CHF 180,00 (l'actif recule, les fonds propres aussi). Résultat: diminution de CHF 180,00.
3. 1530 Véhicules à 2000 Créanciers, CHF 32 000,00. Un actif augmente, un passif augmente. L'entreprise a acquis un véhicule de CHF 32 000,00 entièrement à crédit chez le fournisseur. Bilan: augmentation de CHF 32 000,00. Résultat: aucun effet — l'acquisition d'une immobilisation n'est pas une charge.
4. 2000 Créanciers à 1020 Banque, CHF 14 500,00. Un passif diminue, un actif diminue. L'entreprise a payé une facture fournisseur de CHF 14 500,00 par le compte bancaire. Bilan: diminution de CHF 14 500,00. Résultat: aucun effet.
5. 1100 Débiteurs à 3200 Ventes de marchandises, CHF 9 900,00. Un actif augmente, un produit augmente. L'entreprise a vendu pour CHF 9 900,00 de marchandises à crédit. Bilan: augmentation de CHF 9 900,00 (la créance à l'actif, le bénéfice aux fonds propres). Résultat: augmentation de CHF 9 900,00.
6. 6800 Amortissements à 1530 Véhicules, CHF 8 000,00. Une charge augmente, un actif diminue. L'entreprise a comptabilisé l'amortissement annuel de son véhicule, CHF 8 000,00, selon la méthode directe. Bilan: diminution de CHF 8 000,00. Résultat: diminution de CHF 8 000,00. C'est l'exemple type de la charge sans dépense: aucune trésorerie ne bouge (chapitre 8).
Deux enseignements. D'abord, une écriture ne modifie le résultat que si elle touche un compte de la classe 3 à 8; les écritures 1, 3 et 4 restent au bilan. Ensuite, l'effet sur le total du bilan n'a rien à voir avec l'effet sur la trésorerie: l'écriture 3 augmente le bilan de CHF 32 000,00 sans qu'un centime ne circule, l'écriture 6 le réduit de CHF 8 000,00 dans les mêmes conditions.
Passez les écritures des quatre opérations suivantes. Vérifiez chaque fois que le total du débit égale le total du crédit.
- Alpina Sports SA achète une machine de bureau pour CHF 8 400,00: elle verse CHF 3 400,00 par le compte bancaire et obtient le solde à crédit du fournisseur.
- Elle vend pour CHF 19 500,00 de marchandises à un club de ski: CHF 4 500,00 sont encaissés immédiatement en espèces, le reste est facturé à 30 jours.
- Elle comptabilise les salaires de mars: salaires bruts CHF 34 000,00, retenues sociales à la charge des employés CHF 3 200,00 (dues à la caisse de compensation, compte 2270 Charges sociales à payer), net versé par le compte bancaire CHF 30 800,00.
- Le même jour, elle reçoit deux factures — CHF 9 000,00 de marchandises et CHF 6 000,00 de rayonnages — et verse immédiatement CHF 5 000,00 par banque en acompte sur la facture de marchandises, le solde des deux factures restant dû. Expliquez pourquoi il faut deux écritures et non une seule.
Solution
1. Machine de bureau. Un débit, deux crédits.
| Compte débité | Compte crédité | CHF |
|---|---|---|
| 1520 Machines de bureau et informatique | 8 400,00 | |
| 1020 Banque | 3 400,00 | |
| 2000 Créanciers | 5 000,00 |
Contrôle: . L'actif immobilisé augmente de CHF 8 400,00, la banque diminue de CHF 3 400,00 et la dette augmente de CHF 5 000,00; le total du bilan progresse donc de CHF 5 000,00.
2. Vente mixte. Deux débits, un crédit.
| Compte débité | Compte crédité | CHF |
|---|---|---|
| 1000 Caisse | 4 500,00 | |
| 1100 Débiteurs | 15 000,00 | |
| 3200 Ventes de marchandises | 19 500,00 |
Contrôle: . Le produit est enregistré en une fois, pour le montant total de la vente: c'est la facturation, non l'encaissement, qui le déclenche.
3. Salaires de mars. Un débit, deux crédits.
| Compte débité | Compte crédité | CHF |
|---|---|---|
| 5000 Salaires | 34 000,00 | |
| 2270 Charges sociales à payer | 3 200,00 | |
| 1020 Banque | 30 800,00 |
Contrôle: . La charge de l'entreprise est le salaire brut, CHF 34 000,00, et non le net versé: les retenues sont de l'argent que l'entreprise doit reverser pour le compte de l'employé, d'où une dette au passif jusqu'au versement à la caisse de compensation. Le chapitre 7 ajoutera la part patronale, qui est une charge supplémentaire.
4. Deux factures, un acompte. Deux écritures distinctes.
| Compte débité | Compte crédité | CHF |
|---|---|---|
| 4200 Achats de marchandises | 9 000,00 | |
| 1020 Banque | 5 000,00 | |
| 2000 Créanciers | 4 000,00 | |
| 1510 Mobilier et installations | 2000 Créanciers | 6 000,00 |
Contrôle: première écriture ; seconde écriture .
Pourquoi ne pas tout regrouper? Une écriture unique «4200 et 1510 à 1020 et 2000, CHF 15 000,00» serait multiple à multiple: rien n'y indiquerait que l'acompte de CHF 5 000,00 se rapporte à la facture de marchandises et non à celle de mobilier. Or l'art. 957a CO exige la clarté et la traçabilité de chaque enregistrement: on doit pouvoir remonter d'un montant à sa pièce justificative. La règle pratique est simple: une pièce, une écriture. Ici, deux factures donnent deux écritures, chacune équilibrée par elle-même.
Le compte 1020 Banque d'Alpina Sports SA présente un solde de CHF 42 000,00 au 1er avril. Les mouvements du mois sont les suivants:
| Date | Opération | CHF |
|---|---|---|
| 02.04 | Encaissement d'une facture client | 16 400,00 |
| 05.04 | Paiement d'une facture fournisseur | 21 300,00 |
| 08.04 | Loyer du magasin | 3 500,00 |
| 12.04 | Vente au comptant virée sur le compte | 7 850,00 |
| 18.04 | Retrait d'espèces pour la caisse | 1 500,00 |
| 22.04 | Paiement d'une facture fournisseur | 9 640,00 |
| 25.04 | Salaires nets d'avril | 26 700,00 |
| 28.04 | Encaissement d'une facture client | 24 900,00 |
| 30.04 | Intérêts et frais bancaires du trimestre | 380,00 |
- Présentez le compte 1020 Banque en T, avec son solde d'ouverture, ses mouvements dans l'ordre, ses deux totaux et son solde de clôture.
- Indiquez le compte de contrepartie de chaque mouvement.
- Le solde obtenu est-il débiteur ou créditeur, et que signifie-t-il économiquement?
- Le trésorier affirme: «Nous avons perdu de l'argent en avril, puisque la banque a baissé.» Que lui répondez-vous?
Solution
1. Le compte en T.
| Débit (1020 Banque) | CHF | Crédit | CHF |
|---|---|---|---|
| Solde à nouveau | 42 000,00 | 05.04 Fournisseur | 21 300,00 |
| 02.04 Client | 16 400,00 | 08.04 Loyer | 3 500,00 |
| 12.04 Vente au comptant | 7 850,00 | 18.04 Retrait caisse | 1 500,00 |
| 28.04 Client | 24 900,00 | 22.04 Fournisseur | 9 640,00 |
| 25.04 Salaires | 26 700,00 | ||
| 30.04 Intérêts et frais | 380,00 | ||
| Solde au 30.04 | 28 130,00 | ||
| Total | 91 150,00 | Total | 91 150,00 |
Détail des calculs: total du débit ; total des mouvements au crédit ; solde . Reporté au crédit, il porte bien la colonne de droite à .
2. Les contreparties.
| Date | Écriture | CHF |
|---|---|---|
| 02.04 | 1020 Banque à 1100 Débiteurs | 16 400,00 |
| 05.04 | 2000 Créanciers à 1020 Banque | 21 300,00 |
| 08.04 | 6000 Charges de locaux à 1020 Banque | 3 500,00 |
| 12.04 | 1020 Banque à 3200 Ventes de marchandises | 7 850,00 |
| 18.04 | 1000 Caisse à 1020 Banque | 1 500,00 |
| 22.04 | 2000 Créanciers à 1020 Banque | 9 640,00 |
| 25.04 | 5000 Salaires à 1020 Banque | 26 700,00 |
| 28.04 | 1020 Banque à 1100 Débiteurs | 24 900,00 |
| 30.04 | 6900 Charges financières à 1020 Banque | 380,00 |
3. Le solde est débiteur de CHF 28 130,00, ce qui est normal pour un compte d'actif: l'entreprise dispose d'un avoir de CHF 28 130,00 auprès de sa banque au 30 avril. Un solde créditeur aurait signifié un découvert, donc une dette à reclasser au passif sous «2100 Dettes bancaires à court terme».
4. Le trésorier confond trésorerie et résultat. Le compte 1020 Banque a effectivement reculé de francs, mais la plupart des mouvements du mois n'ont aucun effet sur le résultat: les encaissements clients des 02.04 et 28.04 (CHF 41 300,00) remplacent des créances déjà comptabilisées en produits; les paiements fournisseurs des 05.04 et 22.04 (CHF 30 940,00) éteignent des dettes correspondant à des charges déjà enregistrées; le retrait du 18.04 déplace simplement de la monnaie d'un compte d'actif à un autre.
Seules quatre lignes touchent le compte de résultat: le produit de la vente au comptant (CHF 7 850,00) et les charges de loyer (CHF 3 500,00), de salaires (CHF 26 700,00) et d'intérêts (CHF 380,00). En s'en tenant à ces mouvements bancaires, la contribution au résultat d'avril serait de francs, très différente de la baisse de trésorerie de CHF 13 870,00 — et incomplète, puisque les ventes à crédit et les achats du mois n'apparaissent pas ici. La réponse correcte est donc: la variation du compte bancaire ne mesure pas le résultat; seul le compte de résultat, alimenté par tous les comptes de charges et de produits, le fait. C'est l'objet du chapitre 5.
- Démontrez que, dans une comptabilité tenue en partie double, la somme des soldes débiteurs de tous les comptes est égale à la somme de leurs soldes créditeurs, à tout instant.
- Vérifiez numériquement cette propriété sur la comptabilité d'Alpina Sports SA au 31 janvier (exemple 4.3).
- Un comptable constate que sa balance est équilibrée et en conclut que sa comptabilité est exacte. Donnez quatre types d'erreurs qui laissent la balance équilibrée, avec un exemple chiffré pour chacun, et expliquez ce qui, dans la démonstration de la question 1, autorise ces erreurs à passer inaperçues.
- Une seule des erreurs suivantes déséquilibre la balance. Laquelle, et de combien? (a) Une vente au comptant de CHF 3 400,00 comptabilisée «Banque à Ventes de marchandises CHF 4 300,00». (b) Le paiement d'un fournisseur de CHF 2 000,00 comptabilisé «Créanciers à Banque CHF 2 000,00», passé deux fois. (c) Un loyer de CHF 3 500,00 débité au compte 6100 Entretien, réparations, leasing au lieu de 6000 Charges de locaux. (d) Une vente au comptant de CHF 3 400,00 dont seul le débit a été reporté au grand livre.
Solution
1. Démonstration. Notons l'ensemble des comptes, et pour un compte , le total de sa colonne débit et le total de sa colonne crédit. Le solde de est : il est débiteur si et créditeur si .
Par le théorème 4.2, chaque écriture inscrit un montant total au débit et le même montant au crédit. En sommant sur toutes les écritures passées jusqu'à l'instant considéré,
Par conséquent
Séparons maintenant les comptes selon le signe de leur solde: soit les comptes à solde débiteur et ceux à solde créditeur (les comptes soldés ne contribuent à rien). Alors
c'est-à-dire: somme des soldes débiteurs = somme des soldes créditeurs.
2. Vérification au 31 janvier. Soldes débiteurs: Caisse , Banque , Débiteurs , Stock , Actifs de régularisation , Mobilier , Machines de bureau , Véhicules , Achats de marchandises , Salaires , Charges de locaux , soit CHF 461 000,00.
Soldes créditeurs: Ducroire , Créanciers , TVA due , Passifs de régularisation , Dettes bancaires à long terme , Capital-actions , Réserve légale , Bénéfice reporté , Ventes de marchandises , soit CHF 461 000,00. Les deux totaux coïncident.
3. Quatre erreurs invisibles.
- Écriture omise. La facture d'électricité de CHF 640,00 n'a jamais été enregistrée. Ni le débit de 6400 ni le crédit de 1020 n'existent: les deux colonnes manquent de CHF 640,00 chacune et restent égales. Le résultat est surestimé de CHF 640,00.
- Écriture doublée. Le paiement d'un fournisseur de CHF 2 000,00 est saisi deux fois: CHF 2 000,00 de trop au débit de 2000 et CHF 2 000,00 de trop au crédit de 1020. La balance tient, mais le compte bancaire est sous-évalué de CHF 2 000,00 et la dette fournisseur aussi.
- Montant faux, identique des deux côtés. Une vente au comptant de CHF 3 400,00 saisie pour CHF 4 300,00 (inversion de chiffres commise une seule fois, mais recopiée des deux côtés). Le débit et le crédit sont tous deux surestimés de CHF 900,00: la balance est parfaite et le bénéfice trop élevé de CHF 900,00.
- Mauvais compte de la bonne famille, ou débit et crédit intervertis. Le loyer débité à «6100 Entretien, réparations, leasing» au lieu de «6000 Charges de locaux»: la balance est équilibrée, le total des charges est juste, mais la ventilation du compte de résultat est fausse. Plus grave: une écriture entièrement inversée, «Ventes de marchandises à Banque» au lieu de «Banque à Ventes de marchandises», laisse elle aussi les colonnes égales tout en donnant des soldes de signe opposé.
Pourquoi la démonstration l'autorise-t-elle? Parce qu'elle ne dit rien de plus que ce qu'elle dit: elle établit une égalité entre deux sommes. Or une somme est insensible à ce qui la compose. Ajouter zéro (écriture omise), ajouter au lieu de des deux côtés (écriture doublée), ajouter au lieu de des deux côtés (montant faux) ou déplacer un montant d'un compte à un compte situé du même côté ne modifie jamais l'égalité . Le contrôle porte sur la forme de l'enregistrement, jamais sur sa fidélité aux faits. C'est exactement pourquoi l'art. 957a CO ajoute à l'exigence d'exactitude celles d'intégralité et de justification par pièces, et pourquoi la révision comptable (art. 727–727a CO) va bien au-delà d'un contrôle d'additions.
4. Seule l'erreur (d) déséquilibre la balance: le débit de 1020 Banque a été reporté mais pas le crédit de 3200 Ventes de marchandises, si bien que le total des débits dépasse celui des crédits de CHF 3 400,00. Les trois autres sont précisément les cas de la question 3: (a) est un montant faux identique des deux côtés (surestimation de CHF 900,00 du bénéfice, balance intacte), (b) une écriture doublée, (c) une erreur d'imputation à l'intérieur des charges. Toutes trois passent le test arithmétique sans être détectées; seule une vérification par les pièces, ou l'examen du caractère vraisemblable des soldes, les révélerait.
Références
- Ammann, A. et Vuillemin, N., Comptabilité générale, Éditions LEP Loisirs et Pédagogie, Le Mont-sur-Lausanne (comptes, partie double, journal et grand livre).
- Garcia, C., Introduction à la comptabilité, Éditions Loisirs et Pédagogie, Le Mont-sur-Lausanne.
- Sterchi, W., Mattle, H. et Helbling, M., Plan comptable général PME, veb.ch, Zurich (numérotation et libellés des comptes utilisés dans ce chapitre).
- Boemle, M. et Lutz, R., Der Jahresabschluss, Verlag SKV, Zurich (fondements du système en partie double).
- Code des obligations, titre trente-deuxième, art. 957 à 963b, en particulier l'art. 957a (tenue régulière de la comptabilité et justification par pièces) et l'art. 958f (obligation de conserver les livres dix ans).
- Pacioli, L., Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalita, Venise, 1494, traité XI Particularis de computis et scripturis (premier exposé imprimé de la partie double).