Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- décrire les cinq étapes du processus de décision d'achat et situer, sur des effectifs réels, le rétrécissement des ensembles de choix qui conduit de la notoriété à l'achat;
- calculer l'attitude envers une marque avec le modèle multi-attributs , démontrer sa propriété de compensation et montrer sur des chiffres qu'une règle non compensatoire peut désigner un autre gagnant;
- chiffrer les trois leviers dont dispose une entreprise — améliorer une note, déplacer un poids, franchir un seuil éliminatoire — et dire lequel est le moins coûteux;
- relier implication et risque perçu aux quatre types d'achat, et choisir les réducteurs de risque adaptés;
- utiliser les facteurs psychologiques, sociaux et culturels du comportement en connaissant leurs limites empiriques — notamment celles de la pyramide de Maslow — et les questions éthiques qu'ils soulèvent;
- distinguer l'achat des particuliers de l'achat organisationnel (centre d'achat, situations d'achat) et en tirer les conséquences pour la vente.
Pourquoi le marketing a besoin d'une théorie du client
Sans modèle du comportement, tout le reste est un pari
Les chapitres 2 et 3 ont appris à mesurer un marché et à l'observer; le chapitre 5 apprendra à le découper en segments et à choisir un positionnement. Entre les deux manque une pièce: une théorie de la manière dont les gens décident. Segmenter suppose que des personnes différentes achètent pour des raisons différentes; positionner suppose qu'une marque occupe dans la tête du client une place comparative faite d'attributs pondérés; fixer un prix suppose une manière particulière de percevoir les écarts. Chacune de ces opérations repose donc sur une théorie du comportement, explicite ou non; le seul choix qui reste est de la rendre explicite, donc discutable et testable.
Cyclo Léman SA — le fil rouge de ce cours, entreprise fictive dont tous les chiffres sont construits pour l'exercice — détient environ du marché suisse du vélo électrique et consacre CHF 1,1 million par an au marketing. Faut-il faire connaître la marque, améliorer l'autonomie, baisser les prix publics ou rassurer les acheteurs après la vente? Sans modèle du comportement, ces quatre options se valent. Avec un modèle, elles deviennent comparables: on estime combien d'acheteurs supplémentaires chacune apporte, et à quel coût. C'est l'objet de ce chapitre.
Le fil conducteur: un consommateur économe de son effort cognitif
Deux caricatures circulent. La première, héritée de la microéconomie élémentaire, fait du consommateur un calculateur parfait. La seconde, popularisée par une certaine vulgarisation des sciences comportementales, en fait une marionnette de biais. Les deux sont fausses et, surtout, inutilisables: si le client est parfait, le marketing ne sert à rien; s'il est irrationnel, tout marche et rien ne se prévoit.
L'hypothèse de travail de ce chapitre est intermédiaire et, elle, opératoire: le consommateur est économe de son effort cognitif. Comparer coûte du temps et de l'attention, qui sont rares; il consacre donc à chaque décision un effort à peu près proportionnel à ce qu'il a à perdre. Pour un paquet de pâtes à CHF 1,80, il applique une règle d'une demi-seconde («la même que d'habitude»). Pour un vélo électrique à CHF 4 290, il lit des tests, demande à un ami et essaie en magasin. Entre ces deux extrêmes, il utilise des raccourcis: se limiter à trois marques, éliminer d'emblée tout ce qui dépasse un budget, se fier à un avis en ligne.
Trois conséquences pour le marketing découlent immédiatement de cette hypothèse, et structurent la suite:
- Être connu n'est pas un luxe, c'est une condition d'entrée. Un consommateur qui limite volontairement le nombre d'options examinées ne peut pas choisir une marque qu'il n'a pas en tête.
- La forme de la règle de décision compte autant que la qualité du produit. Selon que le client additionne des scores pondérés ou élimine par seuils, la même offre gagne ou perd.
- Plus l'enjeu est élevé, plus le risque perçu est élevé, et plus le marketing doit réduire ce risque plutôt que vanter des performances.
Le processus de décision d'achat
Les cinq étapes
Le modèle de référence, repris de Kotler et Keller, décompose l'achat en cinq étapes. Sa valeur n'est pas descriptive — personne ne les parcourt consciemment — mais analytique: il donne cinq endroits distincts où une entreprise peut agir, et cinq endroits distincts où elle peut perdre un client.
- Reconnaissance du besoin. Un écart apparaît entre l'état souhaité et l'état actuel; le déclencheur est interne (le vélo actuel est trop lourd pour la montée de Chailly) ou externe (un collègue arrive au bureau en vélo électrique). Le marketing accélère cette reconnaissance mais ne l'invente pas: il rend saillant un écart latent.
- Recherche d'information. Les sources sont internes (mémoire, expériences passées), personnelles (famille, amis, collègues), commerciales (publicité, vendeurs, emballage), publiques (comparateurs, tests de la Fédération romande des consommateurs, forums) et expérientielles (essai en magasin). Les sources commerciales informent le plus, les sources personnelles et publiques légitiment le plus: un budget publicitaire ne remplace jamais un bouche-à-oreille favorable.
- Évaluation des alternatives. Le consommateur compare peu d'options sur peu d'attributs, avec une règle de décision — l'objet de la section suivante.
- Décision d'achat. L'intention se transforme, ou non, en achat.
- Comportement post-achat. Satisfaction, dissonance, réachat, recommandation ou plainte.
Une flèche de retour ferme la boucle: l'expérience post-achat alimente la mémoire, donc les sources internes de la recherche suivante. C'est ce qui rend la fidélité économiquement si intéressante (chapitre 12).
Entre l'intention et l'achat, tout peut arriver
L'étape 4 mérite qu'on s'y arrête, car elle est la plus souvent escamotée. Une intention d'achat n'est pas un achat. Trois choses s'intercalent:
- L'avis d'autrui. Plus l'entourage est proche et son opposition intense, plus l'intention s'érode: un conjoint qui juge le budget déraisonnable annule beaucoup d'intentions.
- Les facteurs imprévus. Une facture inattendue, un changement d'emploi ou une hausse des primes d'assurance-maladie déplacent l'arbitrage budgétaire.
- Les frictions du point de vente. Rupture de stock, délai de dix semaines, vendeur indisponible, formulaire en ligne de sept écrans. Ce sont les pertes les plus coûteuses, parce qu'elles surviennent après que tout le travail de notoriété a été payé.
Le comportement post-achat: satisfaction et dissonance
La satisfaction est un écart, non un niveau: elle compare la performance perçue aux attentes. Une entreprise qui promet trop fabrique de l'insatisfaction avec un excellent produit; une entreprise qui promet peu satisfait avec un produit moyen, mais vend moins. Cet arbitrage entre promettre et tenir est l'une des tensions permanentes du métier.
La dissonance cognitive (Festinger) désigne l'inconfort qui suit une décision importante et difficilement réversible: le client vient de renoncer aux qualités des marques écartées et cherche à se rassurer. D'où une conséquence contre-intuitive: une partie de la communication doit s'adresser à ceux qui ont déjà acheté — courriel de confirmation soigné, guide de prise en main, appel du revendeur après un mois. Ce n'est pas de la courtoisie mais de la réduction de dissonance, et elle nourrit le bouche-à-oreille (chapitre 12).
Les ensembles de choix: on ne choisit pas ce qu'on ne considère pas
Entre «toutes les marques du marché» et «la marque achetée», le consommateur opère une réduction en cascade. Le vocabulaire standard distingue:
- l'ensemble de notoriété (awareness set): les marques que le consommateur connaît, spontanément ou après assistance;
- l'ensemble évoqué: celles qui lui viennent à l'esprit lorsqu'il pense à la catégorie;
- l'ensemble de considération: celles qu'il compare réellement avant de décider;
- le choix: la marque achetée.
Le tableau ci-dessous et la figure 4.1 reposent sur une enquête fictive de Cyclo Léman auprès de personnes de Suisse romande envisageant l'achat d'un vélo électrique dans l'année. Les effectifs sont des personnes chez qui la marque atteint le stade considéré.
La lecture managériale de cette figure tient en une phrase: la conversion globale est le produit des taux de passage, ici . Un goulet d'étranglement quelconque plafonne l'ensemble. Ici le premier passage est le plus mauvais en valeur absolue (: plus de la moitié des acheteurs potentiels ne connaissent tout simplement pas la marque), ce qui oriente vers un travail de notoriété — sujet du chapitre 11. Mais attention: le dernier passage (, soit ) est aussi un candidat, et il est bien moins cher à améliorer.
Remettez dans l'ordre les cinq étapes du processus de décision d'achat.
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Évaluation des alternatives: comparaison d'un petit nombre de marques sur un petit nombre d'attributs
- Recherche d'information: sources internes, personnelles, commerciales, publiques et expérientielles
- Reconnaissance du besoin: un écart apparaît entre l'état souhaité et l'état actuel
- Comportement post-achat: satisfaction, dissonance, réachat ou bouche-à-oreille
- Décision d'achat: l'intention se transforme en achat, sauf avis d'autrui, imprévu ou rupture de stock
Avec les effectifs de la figure 4.1, quel est le taux de passage de l'ensemble de notoriété ( personnes) à l'ensemble évoqué ( personnes)? Répondez en pourcentage.
L'évaluation des alternatives, traitée formellement
Le modèle multi-attributs
C'est ici que le comportement du consommateur cesse d'être une liste de facteurs et devient un objet calculable.
Les deux termes se mesurent séparément dans une enquête (chapitre 3): les poids par une répartition de points entre les attributs, les croyances par une échelle d'accord marque par marque. Ce sont des perceptions, pas des mesures techniques: un vélo peut avoir la meilleure autonomie du marché et une croyance médiocre — c'est précisément l'écart que la communication a pour objet de réduire.
Démonstration. (1) Par linéarité de la somme, .
(2) Dans la situation décrite, , et tous les autres écarts sont nuls. Par (1), , qui est strictement positif si et seulement si . Une faiblesse est donc toujours rachetable, mais le taux de change entre attributs est le rapport de leurs poids: racheter un point perdu sur un attribut deux fois plus lourd en coûte deux.
(3) , puisque les poids somment à . Comme , l'ordre des est conservé: le choix ne dépend pas de l'unité de l'échelle de notation, ce qui justifie qu'on puisse noter sur à ou sur à .
(4) Remplaçons par et par (la somme reste ). Par (1), le nouvel écart vaut , d'où la variation annoncée.
Le point (4) est le résultat managérialement le plus utile du chapitre: déplacer l'importance d'un attribut ne profite qu'à celui qui y est déjà relativement meilleur. Faire de la publicité pour un attribut sur lequel on est moyen revient à financer ses concurrents.
Les règles non compensatoires
L'exemple 4.1 est un contre-exemple au caractère universel du modèle (4.1). Trois familles de règles non compensatoires sont documentées, et toutes trois sont cohérentes avec un consommateur économe de son effort: elles demandent beaucoup moins de calculs.
- Règle lexicographique. On classe sur l'attribut le plus important, et l'on ne passe au deuxième qu'en cas d'égalité. Dans l'exemple 4.1, l'attribut le plus lourd est le prix perçu (): la règle choisit le Rheintal E7 (note ) sans regarder le reste.
- Règle conjonctive. Des seuils minimaux sur chaque attribut, élimination immédiate en cas d'échec. C'est la règle du filtre d'un comparateur en ligne («prix au maximum CHF 4 000, autonomie au minimum 80 km»), très fréquente parce que les interfaces d'achat la matérialisent.
- Règle disjonctive. On retient les marques excellentes sur au moins un attribut. Avec un seuil de , l'exemple 4.1 retiendrait le Cyclo Léman (autonomie) et le Vertigo Swift (design), et écarterait le Rheintal, moyen partout.
Les règles se combinent souvent en deux phases: une phase conjonctive pour réduire l'ensemble évoqué à deux ou trois marques, puis une phase compensatoire pour trancher. C'est exactement ce que fait un acheteur qui filtre sur Galaxus puis compare trois fiches produit côte à côte.
Avec les données de l'exemple 4.1 (poids 0,35 prix; 0,30 autonomie; 0,20 service; 0,15 design), quelles affirmations sont exactes?
Plusieurs réponses possibles
Trois leviers qui ne coûtent pas la même chose
Le théorème 4.1 et l'exemple 4.1 mettent en évidence trois manières distinctes d'améliorer la position d'une marque. Elles ne se valent ni en coût, ni en délai, ni en efficacité.
Levier 1 — améliorer une croyance . Gagner un point d'autonomie ajoute au score. Le levier est lisible, mais il suppose un progrès technique réel ou un travail de communication pour combler l'écart entre performance réelle et perçue. Ici il est inutile: le Cyclo Léman gagne déjà avec la règle compensatoire.
Levier 2 — déplacer un poids . Supposons qu'une campagne parvienne à faire passer le poids du prix de à et celui de l'autonomie de à . Les scores deviennent pour le Cyclo Léman, pour le Rheintal et pour le Vertigo: l'avance passe de à point, conformément au théorème 4.1 (4), qui prédit une variation de point. Le levier fonctionne — mais uniquement sur les clients qui utilisent une règle compensatoire. Sur ceux qui appliquent des seuils, changer un poids ne change strictement rien: les seuils ne sont pas pondérés.
Levier 3 — franchir un seuil éliminatoire. Pour passer de la note à la note en prix perçu, il faut baisser le prix. Admettons, sur la base de l'enquête, qu'une baisse de CHF 250 du prix public conseillé fasse gagner un demi-point de note prix: passer de à exige une baisse de CHF 500, soit . Avec un taux de TVA de , une baisse de CHF 500 du prix public entièrement supportée par le fabricant représente hors taxe par vélo. Sur les Trekking vendus par an, cela coûte environ CHF 694 000, et la marge unitaire du modèle tombe de CHF 1 102 ( d'un prix au détaillant de CHF 2 900) à CHF 639, une chute de .
Le levier 3 coûte à lui seul les deux tiers du budget marketing annuel (CHF 1,1 million), mais il est le seul qui débloque les clients à seuils; le levier 2 est bien moins cher et n'agit que sur une partie du marché. La bonne question n'est donc pas «quel levier est le meilleur?» mais «quelle proportion de mes clients utilise quelle règle?» — une question d'étude de marché (chapitre 3).
Explorateur du modèle multi-attributs
Version à trois attributs de l'exemple 4.1 (entreprise et notes fictives). Les trois curseurs donnent des points d'importance qui sont normalisés pour que la somme des poids fasse 1. Chaque barre empile les contributions w_i b_ij; la marque de score maximal est celle que retient la règle compensatoire. Baissez le poids du prix, ou remontez l'autonomie du Cyclo Léman, et regardez le gagnant changer.
Implication et risque perçu
Définir l'implication
L'implication n'est pas une propriété du produit mais de la relation entre un produit et une personne à un moment donné: le café est routinier pour la plupart des ménages et très impliquant pour un torréfacteur amateur. Segmenter par niveau d'implication (chapitre 5) est souvent plus opérationnel que segmenter par âge.
Les six risques perçus
L'implication forte s'accompagne d'un risque perçu: la crainte de conséquences négatives que l'on n'est pas certain d'éviter. On en distingue six, et chacun appelle une réponse différente:
| Risque | Question du client | Réducteurs efficaces |
|---|---|---|
| Fonctionnel | «Est-ce que ça marchera comme promis?» | essai, démonstration, tests indépendants, spécifications claires |
| Financier | «Vais-je perdre mon argent?» | garantie, satisfait ou remboursé, paiement échelonné, valeur de reprise |
| Physique | «Est-ce dangereux?» | normes et labels, certifications, formation à l'usage |
| Social | «Que vont penser les autres?» | avis de pairs, ambassadeurs crédibles, visibilité de la marque |
| Psychologique | «Vais-je regretter mon choix?» | politique de retour, période de rétractation, contact après l'achat |
| Temporel | «Combien de temps vais-je y perdre?» | service rapide, réseau dense, livraison et montage inclus |
La colonne de droite énonce le principe central de cette section: le marketing d'un achat impliquant consiste d'abord à retirer du risque, pas à ajouter des arguments. Une garantie de reprise, un essai de 48 heures, un retour gratuit ou un avis client vérifié vendent mieux qu'une fiche technique supplémentaire, parce qu'ils déplacent le risque du client vers l'entreprise, mieux placée pour le mutualiser (chapitres 7 et 10).
Les quatre types d'achat
Croiser l'implication avec la différenciation perçue entre les marques donne quatre comportements d'achat (Assael). Le second axe est essentiel: si le client ne voit pas de différence entre les marques, aucun argumentaire de supériorité ne peut fonctionner et la bataille se déplace vers la disponibilité, l'habitude et le prix.
- Achat complexe (implication forte, différences fortes): le client s'informe longuement; le marketing doit l'aider à apprendre — comparatifs honnêtes, essais, vendeurs formés.
- Achat réduisant la dissonance (implication forte, différences faibles): le client s'engage financièrement sans parvenir à distinguer les offres, décide vite sur le prix ou la proximité, puis doute. L'essentiel du travail se fait après la vente.
- Achat routinier (implication faible, différences faibles): la part de marché s'y joue sur la disponibilité, le prix relatif et l'habitude; la publicité entretient la familiarité, elle ne convainc pas.
- Achat de diversité (implication faible, différences fortes): le changement de marque y traduit la recherche de variété et non l'insatisfaction — erreur d'interprétation coûteuse. La réponse est un assortiment large et un flux de nouveautés.
Un client hésite deux jours entre trois assurances ménage aux prestations quasi identiques, choisit la moins chère, puis passe la semaine suivante à se demander s'il n'a pas commis une erreur. À quel type d'achat a-t-on affaire, et quelle est la priorité marketing?
Les facteurs psychologiques
Les influences qui pèsent sur une décision se rangent en quatre familles emboîtées, de la plus individuelle à la plus collective (figure 4.3). Cette section traite la couronne intérieure, la suivante les deux couronnes extérieures; la couronne «personnels» (âge, cycle de vie, profession, revenu, style de vie, personnalité) fournit l'essentiel des critères de segmentation du chapitre 5.
La motivation, et ce que vaut vraiment la pyramide de Maslow
Un besoin devient un motif lorsqu'il atteint une intensité suffisante pour pousser à l'action. La représentation la plus citée est la pyramide de Maslow (1943): cinq niveaux — physiologiques, sécurité, appartenance, estime, accomplissement de soi — dont chacun ne deviendrait motivant qu'une fois le précédent globalement satisfait. Omniprésente dans les manuels, elle mérite d'être maniée avec beaucoup plus de prudence, pour trois raisons.
- La hiérarchie n'est pas vérifiée empiriquement. La revue de littérature de Wahba et Bridwell (1976) ne trouve pas de soutien clair à l'ordre des cinq niveaux ni à l'activation séquentielle. Sur de grands échantillons internationaux, Tay et Diener (2011) retrouvent bien des besoins universels, mais montrent que leur satisfaction ne suit pas l'ordre prescrit: on peut éprouver de l'accomplissement sans sécurité matérielle.
- La construction est fragile. Maslow a bâti son modèle sur des biographies de personnalités qu'il jugeait accomplies, non sur un échantillon représentatif: c'est une intuition clinique, pas une mesure.
- Le modèle est culturellement situé. L'accomplissement de soi comme sommet reflète une culture individualiste nord-américaine du milieu du XXe siècle; dans des cultures plus collectivistes, l'appartenance se placerait plus haut.
Que garder? L'idée juste est que les motivations se superposent et qu'un même produit peut en servir plusieurs à la fois. Une lecture plus opérationnelle décompose non pas des «niveaux» mais des bénéfices recherchés, mesurables et directement traduisibles en arguments:
| Bénéfice recherché | Question du client | Argument pour un vélo électrique |
|---|---|---|
| Fonctionnel | «Que fait ce produit pour moi?» | 110 km d'autonomie, montée de la côte sans effort |
| Économique | «Combien cela me coûte-t-il en tout?» | coût au kilomètre inférieur à celui d'une deuxième voiture |
| Expérientiel | «Qu'est-ce que je ressens?» | plaisir du trajet, sortie du week-end |
| Symbolique | «Qu'est-ce que cela dit de moi?» | mobilité douce, appartenance à une communauté |
| Éthique | «Est-ce cohérent avec mes valeurs?» | émissions évitées, réparabilité, provenance |
Cette grille est testable: on demande à des clients de répartir points entre ces cinq bénéfices, ce qui alimente directement les poids du modèle (4.1). La pyramide, elle, ne se mesure pas.
La perception: attention, distorsion, rétention
Le consommateur est exposé chaque jour à un nombre considérable de messages commerciaux — les estimations publiées varient de quelques centaines à plusieurs milliers selon ce que l'on compte, et il faut se méfier des chiffres précis avancés sans méthode. L'ordre de grandeur suffit: l'attention est la ressource rare. Trois mécanismes filtrent l'information.
- L'attention sélective: on ne remarque qu'une fraction infime des stimuli, principalement ceux qui se rapportent à un besoin actif. C'est le phénomène bien connu de l'acheteur qui, ayant décidé d'acheter un vélo électrique, «voit soudain» des vélos électriques partout. Conséquence pratique: la publicité est bien plus efficace lorsqu'elle atteint le consommateur pendant sa phase de recherche — d'où le poids du référencement et des comparateurs (chapitre 10).
- La distorsion sélective: on interprète l'information dans le sens de ses croyances existantes. Un même argument technique sera lu comme une preuve de sérieux chez une marque en laquelle on a confiance et comme du bluff chez une autre. Une marque faible ne peut donc pas se contenter de dire la même chose qu'une marque forte.
- La rétention sélective: on ne mémorise durablement qu'une part réduite, et de préférence ce qui confirme ses attitudes. D'où la nécessité de la répétition et de la constance du message, sujet du chapitre 11.
Le seuil différentiel et la loi de Weber
La perception des différences obéit à une régularité mesurée dès le XIXe siècle en psychophysique.
Les valeurs de dépendent fortement du domaine et de la population; en marketing, on retient souvent un ordre de grandeur de pour des dimensions comme le prix ou la quantité, mais ce n'est qu'un repère de travail, à vérifier par un test dans chaque catégorie.
Le Léman Urbain est affiché à CHF 2 990. Avec un seuil différentiel de , quel est le prix maximal (en CHF) que Cyclo Léman peut afficher sans franchir le seuil de perception de la hausse?
Apprentissage, mémoire, croyances et attitudes
L'apprentissage modifie le comportement par l'expérience: association répétée d'un signal et d'une réponse (un jingle, une couleur, une forme d'emballage évoquent la marque) et renforcement (une expérience satisfaisante augmente la probabilité de réachat). C'est la base économique de la fidélité: chaque achat satisfaisant réduit l'effort de la décision suivante, exactement ce que cherche un consommateur économe de son effort.
La mémoire intervient deux fois dans la figure 4.1: elle est la source interne d'information et elle définit l'ensemble de notoriété. Une marque n'existe commercialement que si elle est accessible en mémoire au moment de la décision, d'où l'importance des indices de récupération — nom prononçable, logo constant, présence au point de vente (chapitre 8).
Une croyance est une pensée descriptive sur un objet: c'est le du modèle (4.1). Une attitude est une évaluation durable assortie d'une tendance à l'action: c'est le . Les attitudes forment un système cohérent et se modifient mal; il est en général plus efficace d'adapter le produit aux attitudes existantes que l'inverse — et c'est aussi pourquoi le levier 2 est plus coûteux qu'il n'y paraît.
Quelques biais documentés, et leur usage responsable
Les travaux de Kahneman et Tversky ont établi une série d'écarts systématiques par rapport au calcul rationnel. Quatre sont particulièrement utilisés en marketing.
L'ancrage. Un premier nombre influence les jugements qui suivent, même s'il n'est pas pertinent: d'où l'efficacité du prix barré et de l'ordre de présentation d'une gamme. En Suisse, un prix de comparaison doit avoir été réellement pratiqué, faute de quoi il tombe sous le coup de la loi contre la concurrence déloyale et des règles de la Commission suisse pour la loyauté (chapitre 9).
L'effet de dotation et l'aversion à la perte. On accorde plus de valeur à ce que l'on possède déjà, et une perte pèse davantage qu'un gain de même montant — les estimations de ce rapport se situent, selon les études, entre et . Deux conséquences: un essai gratuit crée un sentiment de possession qui rend la restitution coûteuse; un message formulé en perte évitée mobilise plus qu'un message formulé en gain — c'est aussi la porte d'entrée de la publicité par la peur, efficace et éthiquement contestable.
L'effet de leurre (asymétrie dominée). Ajouter à un couple d'options une troisième option dominée par l'une d'elles modifie le partage des choix entre les deux premières — ce qui contredit un principe élémentaire de la théorie du choix rationnel.
Les facteurs sociaux et culturels
Culture et sous-cultures
La culture est le déterminant le plus profond des désirs — valeurs, normes et rituels appris dès l'enfance — et le facteur qu'une entreprise peut le moins espérer changer, d'où sa place sur la couronne extérieure de la figure 4.3. Les sous-cultures (régionales, linguistiques, religieuses, générationnelles, communautés d'intérêt) partagent des systèmes de valeurs identifiables.
Classes sociales et niveaux de revenu
La classe sociale combine revenu, profession, formation et patrimoine en strates relativement homogènes de comportement. En Suisse, les études marketing raisonnent plus souvent en niveaux de revenu du ménage ou en catégories socioprofessionnelles. La distinction reste utile pour deux raisons: certains produits sont des marqueurs de position (une montre, une voiture, un quartier, une école) et leur demande dépend plus du statut que du revenu; et le revenu contraint la structure des budgets d'une manière que le modèle (4.1) ignore — c'est la limite «attitude contre achat» déjà signalée.
Groupes de référence et leaders d'opinion
Un groupe de référence est un groupe auquel on se compare pour former ses attitudes: groupes d'appartenance (famille, collègues, club de vélo), aspirationnels (ceux auxquels on souhaite ressembler) et de dissociation (ceux dont on veut se démarquer, ressort souvent sous-estimé). Leur influence croît avec la visibilité du produit et l'implication: déterminante pour un vélo, un vêtement ou un téléphone, presque nulle pour du sel.
Les leaders d'opinion sont ceux dont l'avis compte de façon disproportionnée dans une catégorie: le mécanicien du club cycliste, l'auteur d'un test lu par des milliers de personnes. Leur crédibilité vient de leur compétence perçue et de leur désintéressement supposé — c'est exactement ce que la rémunération dissimulée d'un influenceur détruit. En Suisse, la Commission suisse pour la loyauté et la loi contre la concurrence déloyale exigent que le caractère publicitaire d'un contenu soit reconnaissable: la transparence est ici la condition de l'efficacité autant que de la légalité.
La famille et les cinq rôles de la décision
Dans un ménage, la décision est rarement le fait d'une seule personne. Cinq rôles se distinguent, et une même personne peut en cumuler plusieurs:
- l'initiateur suggère l'achat;
- l'influenceur ou prescripteur pèse sur les critères et l'évaluation;
- le décideur tranche sur le principe, le modèle et le montant;
- l'acheteur effectue la transaction;
- l'utilisateur consomme le produit.
Pour un vélo cargo familial, l'initiateur est souvent le parent qui gère les trajets scolaires, l'influenceur un ami déjà équipé, le décideur le couple, l'acheteur celui qui se déplace au magasin, et les utilisateurs toute la famille. Une communication qui ne parle qu'à l'utilisateur passe à côté du décideur, et une argumentation en magasin qui ignore la personne accompagnante perd des ventes. C'est la grille qui structurera, plus loin, le centre d'achat en B2B.
Conformité et preuve sociale
La preuve sociale — se régler sur ce que font les autres — est un raccourci redoutablement efficace et parfaitement rationnel quand l'information est coûteuse: si trois cents personnes ont acheté ce modèle et l'ont bien noté, la probabilité qu'il soit défectueux est faible. D'où le poids des avis en ligne, des classements de ventes et des mentions «le plus choisi». Deux limites: les avis sont biaisés par sélection (les très satisfaits et les très mécontents écrivent davantage) et par la fraude aux faux avis, que la loi contre la concurrence déloyale sanctionne; et la preuve sociale renforce ce qui est déjà populaire, ce qui la rend inopérante pour une marque en lancement, laquelle doit s'appuyer sur d'autres réducteurs de risque.
Une famille achète un vélo cargo. L'aîné réclame de pouvoir aller à l'école en vélo, un voisin déjà équipé conseille une marque, les deux parents décident ensemble du budget et du modèle, le père se rend au magasin et paie, et toute la famille l'utilise. Quelles associations sont correctes?
Plusieurs réponses possibles
Deux prolongements
Le consommateur numérique: un parcours qui n'est plus linéaire
Le modèle en cinq étapes reste utile, mais le parcours réel s'est démultiplié. Trois changements comptent.
La recherche précède presque toujours l'achat, y compris en magasin. Le client arrive au point de vente avec des prix, des tests et parfois une décision formée. Le phénomène ROPO (research online, purchase offline) et son symétrique brouillent l'attribution des ventes aux canaux et rendent les mesures de performance par canal trompeuses (chapitre 10).
Les avis et comparateurs se substituent en partie aux sources commerciales. En Suisse, la consultation de comparateurs (Comparis pour les assurances et les télécommunications, Galaxus et Digitec pour l'électronique) intervient très en amont. Conséquence directe sur la figure 4.1: l'ensemble de considération se forme désormais souvent dans une interface, dont les filtres imposent une règle conjonctive. Ne pas apparaître dans les filtres par défaut d'un comparateur, c'est être éliminé avant toute comparaison, indépendamment de la qualité du produit.
Le parcours est fait de boucles et non d'une ligne. Le consommateur revient en arrière, réactive sa recherche des semaines plus tard, abandonne un panier puis le reprend. Cela plaide pour raisonner en ensembles plutôt qu'en étapes ordonnées, et pour mesurer les taux de passage plutôt que les seules ventes.
L'achat organisationnel: une autre logique
Vendre un vélo à un particulier et trente vélos à une entreprise ou à un détaillant ne sont pas le même métier. Pour Cyclo Léman, dont du chiffre d'affaires passe par détaillants spécialisés, l'essentiel des ventes relève de l'achat organisationnel.
Trois situations d'achat appellent des approches différentes, selon la typologie classique de Robinson, Faris et Wind:
| Situation | Nouveauté du besoin | Information requise | Nombre d'intervenants | Conséquence pour la vente |
|---|---|---|---|---|
| Achat nouveau | élevée | maximale | nombreux | cycle long, phase de conception, référence indispensable |
| Rachat modifié | moyenne | ciblée sur ce qui change | quelques-uns | fenêtre d'entrée pour un concurrent |
| Rachat à l'identique | nulle | minimale | un ou deux | position du fournisseur en place très solide |
Les différences avec l'achat des particuliers sont systématiques: processus long et jalonné (cahier des charges, appel d'offres, présélection, négociation, contrat, évaluation), critères formalisés (coût total de possession, disponibilité des pièces, délais, garantie, solidité financière du fournisseur), et demande dérivée — un détaillant n'achète pas des vélos parce qu'il les aime, mais parce qu'il anticipe la demande de ses propres clients. Une action de Cyclo Léman auprès du grand public sert donc aussi à vendre à ses détaillants.
Ces différences ne signifient pas que la décision soit purement rationnelle. Les acheteurs professionnels subissent le risque perçu — surtout psychologique et social, celui de devoir justifier un mauvais choix devant leur direction — et lui répondent par les mêmes réducteurs: références clients, essais pilotes, garanties de service, marque établie. L'aphorisme selon lequel «on ne s'est jamais fait licencier pour avoir choisi le fournisseur le mieux établi» décrit exactement une aversion à la perte en contexte professionnel.
Synthèse
- Le consommateur n'est ni parfaitement rationnel ni irrationnel: il est économe de son effort cognitif et engage un effort proportionnel à l'enjeu. Toute la construction du chapitre découle de cette hypothèse.
- Le processus de décision se lit en cinq étapes et, en parallèle, comme un rétrécissement d'ensembles de choix: la conversion globale est le produit des taux de passage, et le goulet le plus étroit plafonne l'ensemble. On ne peut pas être choisi si l'on n'est pas considéré.
- Le modèle multi-attributs formalise l'évaluation; le théorème 4.1 établit la propriété de compensation () et l'effet d'un déplacement de poids. Mais des règles non compensatoires — lexicographique, conjonctive, disjonctive — désignent souvent un autre gagnant sur les mêmes données: un seuil ne se compense pas.
- Trois leviers, trois coûts: améliorer une note, déplacer un poids par la communication, franchir un seuil éliminatoire par le prix. Le dernier est le plus cher et le seul qui débloque les clients à seuils; le choix dépend de la proportion de clients qui applique chaque règle.
- Implication et risque perçu (fonctionnel, financier, physique, social, psychologique, temporel) commandent l'effort du client et le travail du marketing: pour un achat impliquant, retirer du risque vaut mieux qu'ajouter des arguments. Le croisement implication × différenciation perçue donne les quatre types d'achat.
- Les facteurs psychologiques, sociaux et culturels s'emboîtent du plus individuel au plus collectif, et s'utilisent avec leurs limites: la hiérarchie de Maslow n'est pas vérifiée empiriquement et gagne à être remplacée par une grille de bénéfices recherchés; les biais documentés (ancrage, dotation, aversion à la perte, effet de leurre) sont réels mais d'ampleur modeste hors du laboratoire, et leur exploitation pose une question éthique explicite.
- L'achat organisationnel obéit à une autre logique: centre d'achat à six rôles, trois situations d'achat, demande dérivée, cycle long et critères formalisés — sans être exempt d'affect.
Série d'exercices du chapitre 4
Exercice 1 sur 5Un client a l'intention d'acheter un vélo électrique samedi. Lequel de ces événements ne relève PAS de ce qui s'intercale entre l'intention et l'achat?
Choisir un vélo cargo: règle compensatoire contre règle conjonctive
Une coopérative de livraison à vélo de Lausanne compare trois vélos cargo électriques: le Léman Cargo de Cyclo Léman et deux modèles concurrents fictifs, le Rheintal Load et le Vertigo Carry. Une enquête auprès de ses membres donne les poids d'attributs suivants: prix perçu , capacité de charge , autonomie , service et pièces . Les croyances (notes de 1 à 10) sont: Léman Cargo ; Rheintal Load ; Vertigo Carry , dans l'ordre prix, charge, autonomie, service.
- 1
Le score compensatoire du Léman Cargo
Appliquez le modèle multi-attributs (4.1) en multipliant chaque note par le poids de son attribut, puis en additionnant les quatre contributions.
ExerciceQuel est le score compensatoire du Léman Cargo?
La même décision avec des seuils
Pourquoi les deux règles divergent
De combien le concurrent doit-il progresser?
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
Une étudiante de la HES-SO compare trois ordinateurs portables, notés de à sur quatre attributs (données fictives). Ses poids d'importance sont: prix , autonomie de la batterie , poids de la machine , écran .
| Attribut | Modèle A | Modèle B | Modèle C | |
|---|---|---|---|---|
| Prix | 0,40 | 8 | 5 | 7 |
| Autonomie | 0,25 | 5 | 9 | 6 |
| Poids | 0,20 | 6 | 7 | 9 |
| Écran | 0,15 | 7 | 8 | 6 |
- Calculez les trois scores compensatoires et désignez le gagnant.
- Quel modèle désigne une règle lexicographique appliquée à l'attribut le plus important?
- Elle applique finalement une règle conjonctive avec un seuil de sur chacun des quatre attributs. Quel modèle survit?
- Le fabricant du modèle B veut passer devant le gagnant de la question 1 en allégeant sa machine. De combien de points sa note de poids doit-elle augmenter?
- Que retenez-vous de la comparaison des questions 1, 2 et 3?
Solution
1. On applique :
Le modèle C gagne avec , devant B () et A (). Remarquez l'étroitesse des écarts: et point sur une échelle de . Une erreur de mesure d'un demi-point sur une seule note suffirait à inverser le classement, ce qui doit rendre prudent quant à l'usage prédictif du modèle.
2. L'attribut le plus important est le prix (). La règle lexicographique retient la meilleure note de prix, soit le modèle A (), sans examiner les autres attributs. Le modèle A était pourtant dernier au classement compensatoire.
3. Seuil de partout:
| Modèle | Prix | Autonomie | Poids | Écran | Verdict |
|---|---|---|---|---|---|
| A | 8 ✓ | 5 ✗ | 6 ✓ | 7 ✓ | éliminé |
| B | 5 ✗ | 9 ✓ | 7 ✓ | 8 ✓ | éliminé |
| C | 7 ✓ | 6 ✓ | 9 ✓ | 6 ✓ | retenu |
Le modèle C est le seul survivant. Il gagne donc selon la règle compensatoire et selon la règle conjonctive, mais pour une raison différente: il n'est premier sur aucun attribut sauf le poids, il est simplement le seul à n'avoir aucune faiblesse. C'est le profil typique du gagnant par élimination.
4. L'écart à combler est point. Chaque point gagné sur le poids ajoute au score, il faut donc
c'est-à-dire porter la note de poids de à . C'est peu: un modèle allégé de quelques centaines de grammes suffirait probablement. Attention toutefois: cela ferait passer B devant C selon la règle compensatoire, mais B resterait éliminé par la règle conjonctive, où c'est sa note de prix (, sous le seuil de ) qui le condamne. Travailler le mauvais attribut est une erreur classique.
5. Trois règles, trois gagnants possibles sur des données strictement identiques: C (compensatoire et conjonctive), A (lexicographique). La leçon est double. Pour l'analyste: un score multi-attributs n'a de valeur prédictive que si l'on a vérifié que les clients raisonnent bien de façon compensatoire — question à poser dans l'étude. Pour l'entreprise: la première chose à faire est d'identifier ses seuils éliminatoires, car aucun avantage sur un autre attribut ne les rachète.
Cyclo Léman veut se développer en Suisse alémanique, où la marque est peu connue. Une enquête (fictive) auprès de acheteurs potentiels de vélo électrique donne, pour la marque: personnes la connaissent, l'ont dans leur ensemble évoqué, la comparent réellement et l'achètent. La marge brute unitaire est de d'un prix au détaillant de CHF 2 600.
- Calculez les quatre taux de passage et la conversion globale.
- Une campagne doit porter la notoriété de à des acheteurs potentiels, les taux de passage suivants restant inchangés. Combien de vélos supplémentaires cela représente-t-il, et quelle marge brute supplémentaire?
- La campagne coûte CHF 120 000. Est-elle rentable la première année?
- Quel taux de notoriété faudrait-il atteindre pour que la campagne s'autofinance la première année? Commentez.
- Proposez une action alternative agissant sur un autre taux de passage, et expliquez pourquoi elle pourrait être plus rentable.
Solution
1. Les taux de passage sont les rapports d'un effectif au précédent:
La conversion globale est le produit des quatre: , soit , ce que confirme le calcul direct . Elle est très inférieure aux obtenus en Suisse romande (figure 4.1), et l'écart provient presque entièrement du premier taux: de notoriété contre .
2. Le passage à porte l'ensemble de notoriété à personnes. Comme les trois taux suivants sont inchangés, le nombre d'acheteurs est proportionnel à la notoriété:
soit vélos supplémentaires. La marge brute unitaire vaut , d'où une marge supplémentaire de .
3. Non, et de très loin: CHF 17 784 de marge supplémentaire pour CHF 120 000 de campagne, soit un déficit de CHF 102 216 la première année. Le retour sur investissement de première année est de .
4. Il faudrait acheteurs supplémentaires, soit acheteurs au total. Comme les acheteurs valent fois la notoriété, il faudrait un ensemble de notoriété de personnes, soit des acheteurs potentiels. Aucune campagne à CHF 120 000 n'amène une marque inconnue à de notoriété en un an: la campagne n'est pas rentable sur un horizon d'un an, quel que soit son succès. Cela ne signifie pas qu'il ne faut rien faire, mais que la notoriété doit être évaluée comme un investissement pluriannuel: elle ne se déprécie pas entièrement en douze mois, et le calcul honnête compare le coût à la somme actualisée des marges de plusieurs exercices (méthode de la valeur à vie du client, chapitre 12). Il faut alors énoncer explicitement l'hypothèse de persistance retenue, car c'est elle qui porte tout le résultat.
5. Le dernier passage, de l'ensemble de considération à l'achat, est à : deux personnes sur trois comparent la marque puis en choisissent une autre. Ce sont des prospects déjà informés, déjà présents chez un revendeur, et sur lesquels toutes les dépenses amont ont déjà été consenties. Un essai gratuit de 48 heures, une reprise de l'ancien vélo, une garantie de batterie étendue ou une meilleure formation des vendeurs agissent sur ce taux. Le porter de à donnerait acheteurs, soit environ vélos de plus pour un coût sans commune mesure avec CHF 120 000. La règle générale se déduit de la structure multiplicative de l'entonnoir: à gain de points de pourcentage égal, il est presque toujours moins cher d'agir en bas de l'entonnoir qu'en haut — le haut se travaille sur des années, le bas sur des semaines.
Une commune vaudoise de habitants souhaite acquérir vélos électriques pour ses services de voirie et de conciergerie. Le dossier suit le parcours suivant. Le responsable du développement durable, chargé d'appliquer le plan climat communal, propose le projet en février. Les employés de voirie sont consultés lors d'une séance et insistent sur la capacité de charge et la robustesse. Le chef du service technique rédige un cahier des charges qui fixe une autonomie minimale de 70 km, une capacité de charge minimale de 80 kg et une disponibilité des pièces garantie sept ans. Le secrétariat municipal publie l'appel d'offres et transmet les seules offres conformes. La Municipalité arbitre en juin entre l'achat et le leasing. Le service des finances signe le contrat et négocie les délais de livraison.
- Attribuez à chaque intervenant son rôle dans le centre d'achat.
- De quelle situation d'achat s'agit-il, et qu'est-ce que cela implique pour un fournisseur qui n'a jamais travaillé avec cette commune?
- Le cahier des charges du chef de service technique agit comme quelle règle de décision au sens de la section 4? Quelle conséquence pour Cyclo Léman, dont le modèle utilitaire annonce 65 km d'autonomie?
- Proposez, pour chacun des six intervenants, l'argument ou le document qui lui est destiné.
Solution
1. Les rôles se répartissent ainsi:
| Intervenant | Rôle | Ce qui le préoccupe |
|---|---|---|
| Responsable du développement durable | initiateur | atteindre l'objectif du plan climat |
| Employés de voirie | utilisateurs | robustesse, confort, charge |
| Chef du service technique | prescripteur | spécifications, maintenance, durée de vie |
| Secrétariat municipal | filtre (gatekeeper) | conformité formelle des offres |
| Municipalité | décideur | budget, arbitrage achat/leasing, image |
| Service des finances | acheteur | prix, délais, conditions contractuelles |
2. C'est un achat nouveau: la commune n'a jamais acquis de flotte de vélos électriques, le besoin est neuf, les spécifications sont à construire et le nombre d'intervenants est élevé. Pour un fournisseur non référencé, c'est à la fois l'occasion la plus favorable — aucun fournisseur en place n'occupe la position — et la plus exigeante: le cycle est long (février à juin au minimum), il faut des références comparables, et l'essentiel se joue avant l'appel d'offres, au moment où le cahier des charges s'écrit. Un fournisseur qui découvre le dossier à la publication de l'appel d'offres arrive presque toujours trop tard. Ajoutons que, s'agissant d'une collectivité publique, la procédure de marché public encadre strictement les contacts et les critères d'adjudication: la règle du jeu formelle prime.
3. Le cahier des charges est une règle conjonctive: trois seuils minimaux (70 km, 80 kg, sept ans de pièces), et l'échec à un seul entraîne l'élimination, sans aucune compensation possible. Avec 65 km annoncés, le modèle utilitaire de Cyclo Léman est éliminé d'office, quelles que soient ses qualités de service, de prix ou de design. Aucun argumentaire ne rachète un seuil manqué. Trois réponses, et trois seulement, sont possibles: proposer une variante avec une batterie de plus grande capacité; démontrer, chiffres d'essai à l'appui, que les 65 km annoncés sont mesurés dans des conditions plus sévères que les 70 km des concurrents et demander une harmonisation de la méthode de mesure; ou — le plus efficace — intervenir en amont, lors de la définition des spécifications, pour discuter la pertinence du seuil retenu au regard des tournées réelles de la commune.
4. À chaque rôle son document:
- initiateur: un bilan chiffré des émissions évitées et des kilomètres reportés de la camionnette au vélo, réutilisable dans le rapport annuel du plan climat;
- utilisateurs: un essai de deux semaines avec les vélos en conditions réelles, plus une fiche d'ergonomie et de charge;
- prescripteur: une fiche technique complète, le protocole de mesure de l'autonomie, le plan de maintenance et l'engagement écrit de disponibilité des pièces;
- filtre: un dossier administratif irréprochable, complet et déposé dans les formes et les délais — c'est la seule chose qui l'intéresse, et la première cause d'élimination;
- décideur: une comparaison achat contre leasing sur cinq ans en coût total de possession, avec l'effet sur le budget de fonctionnement et un argument de visibilité communale;
- acheteur: une offre claire sur le prix, les délais, la garantie et les conditions de résiliation.
Une seule plaquette pour six interlocuteurs échoue nécessairement, puisque leurs critères dominants sont incompatibles entre eux.
Analysez les trois situations suivantes.
- (a) L'achat d'un vélo électrique à CHF 4 290 sur la boutique en ligne de Cyclo Léman, sans essai préalable.
- (b) La souscription d'une assurance complémentaire d'hospitalisation à CHF 95 par mois.
- (c) L'achat d'un nouveau yaourt à CHF 1,20 aperçu au rayon frais.
- Pour chaque situation, indiquez le niveau d'implication, les deux ou trois risques perçus dominants et le type d'achat de la figure 4.2.
- Proposez pour chacune deux réducteurs de risque adaptés, et justifiez.
- Cyclo Léman étudie un retour gratuit sous 14 jours pour ses ventes en ligne. La boutique reçoit visites par an; le taux de conversion actuel est de avec un taux de retour de ; l'offre de retour gratuit porterait la conversion à mais le taux de retour à . La marge de contribution est de CHF 1 500 par vélo vendu et non retourné, et chaque retour coûte CHF 180 de logistique et de remise en état. L'offre est-elle rentable? (Chiffres fictifs.)
- Que faudrait-il vérifier avant de généraliser votre conclusion?
Solution
1. Les trois situations n'ont presque rien en commun:
| Implication | Risques dominants | Type d'achat | |
|---|---|---|---|
| (a) Vélo en ligne | très forte | fonctionnel (l'assistance conviendra-t-elle?), financier (CHF 4 290), psychologique (regret), temporel (SAV en cas de panne) | achat complexe |
| (b) Assurance complémentaire | forte | financier, psychologique (ai-je bien choisi?), fonctionnel (couverture réelle en cas de sinistre) | achat réduisant la dissonance (offres difficiles à distinguer) |
| (c) Yaourt | très faible | fonctionnel minime (goût), aucun risque financier | achat de diversité |
2. Les réducteurs doivent viser les risques dominants, non tous les risques:
- (a): un retour gratuit sous 14 jours neutralise le risque financier et psychologique — c'est l'objet de la question 3 — et un essai chez l'un des 62 détaillants avec commande en ligne ensuite neutralise le risque fonctionnel. À ces deux-là s'ajoute utilement une garantie batterie explicite, qui traite le risque temporel.
- (b): un conseil personnalisé documenté (un interlocuteur nommé, un récapitulatif écrit de ce qui est couvert et de ce qui ne l'est pas) et un contact de suivi après la souscription. La dissonance étant ici le problème principal, l'essentiel du dispositif doit se déployer après la signature, ce qui est contre-intuitif pour beaucoup d'équipes commerciales.
- (c): une dégustation en magasin et un format d'essai à petit prix. Toute garantie ou politique de retour serait ici disproportionnée: le risque financier est nul, et un dispositif lourd sur un achat trivial signale au client que le produit est douteux.
3. Comparons les deux situations en ventes nettes des retours.
Situation actuelle: ventes, dont retours, soit ventes nettes.
Avec retour gratuit: ventes, dont retours, soit ventes nettes.
Gain de ventes nettes: vélos, soit une marge de contribution supplémentaire de
Coût logistique supplémentaire des retours: .
Gain net: . L'offre est très largement rentable, et le résultat n'est même pas sensible aux hypothèses: il faudrait que le coût unitaire d'un retour dépasse — davantage que le prix du vélo — pour l'annuler. C'est le résultat général: lorsque la marge unitaire est élevée et le risque perçu est le frein principal, un réducteur de risque coûteux à l'unité reste presque toujours rentable, parce qu'il est payé sur les seuls retours alors qu'il agit sur toutes les ventes.
4. Quatre vérifications s'imposent avant de généraliser.
D'abord, l'hypothèse de conversion: le passage de à est une prévision, pas une mesure; il faut la tester par une expérimentation contrôlée (deux groupes comparables, chapitre 3), sans quoi tout le calcul repose sur un chiffre supposé.
Ensuite, l'effet de cannibalisation: une partie des ventes en ligne supplémentaires se fait peut-être au détriment des détaillants, qui sont le canal principal. Si un vélo vendu en ligne remplace un vélo vendu en magasin, le gain n'est que la différence de marge entre les deux canaux, et non CHF 1 500.
Puis les abus: un retour gratuit sur un bien coûteux attire des usages détournés (essayer pour une sortie, puis retourner). Le taux de pourrait dériver, et la valeur de revente d'un vélo retourné n'est pas toujours celle d'un vélo neuf, ce que la marge de CHF 1 500 suppose implicitement.
Enfin le cadre juridique et la promesse: la politique doit être rédigée clairement, ses conditions doivent être respectées, et la loi contre la concurrence déloyale interdit d'annoncer un retour «gratuit» assorti de frais dissimulés. Un réducteur de risque qui ne tient pas sa promesse augmente le risque perçu au lieu de le réduire.
Une agence propose à Cyclo Léman la stratégie suivante: «Vous perdez sur le prix. Ne baissez pas vos prix: faites plutôt de la publicité pour que le marché accorde moins d'importance au prix et davantage à l'autonomie.» On reprend les données de l'exemple 4.1 (poids prix; autonomie; service; design; notes Cyclo Léman , Rheintal , Vertigo ). L'agence vise un déplacement de du poids du prix vers celui de l'autonomie.
- Chiffrez l'effet théorique du déplacement de poids sur les scores et sur l'écart au premier concurrent, une fois par le calcul direct et une fois par le théorème 4.1 (4).
- La campagne visée touche des acheteurs potentiels de Suisse romande avec une fréquence moyenne de contacts, pour un coût pour mille contacts de CHF 60. Chiffrez son coût et rapportez-le au budget marketing annuel de CHF 1,1 million.
- Une étude interne indique que des acheteurs de la catégorie utilisent une règle à seuils. Que devient l'effet attendu de la campagne?
- Comparez avec le levier «prix» chiffré dans le cours (baisse de CHF 500 du prix public, Trekking par an, TVA , marge de sur un prix au détaillant de CHF 2 900).
- Quelle est la limite éthique et juridique de la stratégie proposée? Formulez une recommandation argumentée à la direction de Cyclo Léman.
Solution
1. Calcul direct. Avec les nouveaux poids prix, autonomie, service, design:
L'écart au premier concurrent passe de à point, soit .
Par le théorème 4.1 (4). Le transfert d'un poids du prix () vers l'autonomie () fait varier l'écart Cyclo–Rheintal de
ce qui coïncide. La formule dit aussi pourquoi la stratégie fonctionne ici: Cyclo Léman est nettement meilleur en autonomie () et nettement moins bon en prix (), donc les deux termes s'additionnent. Sur une marque moyenne partout, l'effet serait nul.
2. Nombre de contacts: . Au coût pour mille de CHF 60:
soit du budget marketing annuel. Ce n'est pas négligeable, mais c'est dix fois moins cher que le levier prix de la question 4.
3. Un client qui applique une règle à seuils n'utilise pas de poids: la campagne est sans effet sur lui. Si du marché fonctionne ainsi, l'effet théorique ne porte au mieux que sur les restants, et le gain espéré doit être réduit d'autant. C'est une correction majeure, presque toujours omise dans les recommandations d'agence, et elle est vérifiable par une simple question d'enquête («avez-vous d'abord écarté des modèles sur un critère éliminatoire? lequel?»).
4. Le levier prix: une baisse de CHF 500 du prix public représente hors taxe par vélo; sur Trekking, cela coûte par an, et la marge unitaire tombe de à CHF 639, soit . Le tableau comparatif est net:
| Levier | Coût annuel | Portée | Effet |
|---|---|---|---|
| Déplacer le poids (communication) | environ CHF 162 000 | seulement les clients compensatoires (60 %) | point d'écart |
| Baisser le prix de CHF 500 | environ CHF 694 000 | tous, y compris les clients à seuils | franchit le seuil éliminatoire de prix |
Le levier de communication est quatre fois moins cher mais laisse intacte l'élimination par seuil; le levier prix est le seul qui débloque les de clients à seuils, mais il ampute la marge de sur le modèle concerné et il est difficilement réversible — remonter un prix public est bien plus coûteux en image que de l'avoir maintenu.
5. La limite. Déplacer l'importance d'un attribut n'est pas illicite en soi: informer le marché que l'autonomie compte est un discours légitime, d'autant plus que Cyclo Léman y est objectivement meilleur. La ligne est franchie sur trois points précis. Un: l'exactitude. Toute affirmation chiffrée sur l'autonomie doit être vraie et mesurée selon une méthode déclarée; une autonomie annoncée dans des conditions irréalistes tombe sous l'art. 3 de la loi contre la concurrence déloyale, qui interdit les indications inexactes ou fallacieuses. Deux: le mécanisme employé. Convaincre par une démonstration est légitime; convaincre en instrumentalisant la peur ou en dénigrant nommément un concurrent ne l'est pas, et la Commission suisse pour la loyauté est régulièrement saisie sur ce terrain. Trois: l'intention. Une campagne dont le but assumé est d'amener des ménages à sous-pondérer une contrainte budgétaire qu'ils subissent réellement les conduit à des achats qu'ils regretteront — ce qui, au passage, est aussi un mauvais calcul commercial: la dissonance post-achat, les retours et le bouche-à-oreille négatif coûteront plus que la vente gagnée.
Recommandation. Ne pas retenir la stratégie de l'agence telle qu'elle est formulée, mais la reformuler en trois points. Premièrement, mener la campagne d'autonomie, pour CHF 162 000, mais en la fondant sur une démonstration vérifiable (protocole de mesure publié, tests indépendants, essais clients) plutôt que sur une simple répétition: c'est le meilleur rapport effet/coût du dossier, et c'est défendable. Deuxièmement, ne pas baisser le prix public de la gamme entière, mais mesurer d'abord la part réelle des clients à seuils et la position exacte de leurs seuils; si les seuils se concentrent autour de CHF 4 000, une version d'entrée de gamme du Trekking franchissant ce seuil coûte bien moins cher que CHF 694 000 et ne dégrade pas la marge sur le modèle principal. Troisièmement, réserver une part du budget aux réducteurs de risque agissant en bas de l'entonnoir (essai, garantie batterie, reprise), dont l'exercice 4.2 a montré qu'ils sont, à effet égal, nettement moins chers qu'un gain de notoriété ou qu'un déplacement de poids.
Références
- Kotler, P., Keller, K. L. et Manceau, D., Marketing management, 16e éd., Pearson, Montreuil (chapitres sur le comportement du consommateur et sur les marchés organisationnels).
- Solomon, M. R., Comportement du consommateur, Pearson, Montreuil (perception, apprentissage, influence sociale).
- Lendrevie, J. et Lévy, J., Mercator. Tout le marketing à l'ère des données, Dunod, Paris (chapitre sur le comportement du consommateur, avec les spécificités européennes).
- Kahneman, D., Système 1 / Système 2. Les deux vitesses de la pensée, Flammarion, Paris, 2012; Huber, J., Payne, J. W. et Puto, C., «Adding asymmetrically dominated alternatives», Journal of Consumer Research, 9(1), 1982, p. 90–98 (effet de leurre).
- Wahba, M. A. et Bridwell, L. G., «Maslow reconsidered: a review of research on the need hierarchy theory», Organizational Behavior and Human Performance, 15(2), 1976, p. 212–240; Tay, L. et Diener, E., «Needs and subjective well-being around the world», Journal of Personality and Social Psychology, 101(2), 2011, p. 354–365.
- Webster, F. E. et Wind, Y., Organizational Buying Behavior, Prentice-Hall, Englewood Cliffs, 1972; Robinson, P. J., Faris, C. W. et Wind, Y., Industrial Buying and Creative Marketing, Allyn and Bacon, Boston, 1967 (centre d'achat et situations d'achat).
- Office fédéral de la statistique (OFS), Enquête sur le budget des ménages et statistiques régionales de la consommation, Neuchâtel; Commission suisse pour la loyauté, règles sur la loyauté dans la communication commerciale, Zurich.