Chapitre 5

Quantité de mouvement, collisions et centre de masse

Impulsion, conservation de la quantité de mouvement, chocs élastiques et inélastiques, centre de masse, systèmes à masse variable.

Objectifs du chapitre

À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:

  • définir la quantité de mouvement d'un point matériel et d'un système, écrire la deuxième loi de Newton sous la forme et relier l'impulsion d'une force à la variation de quantité de mouvement;
  • démontrer et appliquer la conservation de la quantité de mouvement d'un système isolé, y compris composante par composante;
  • classer les chocs par leur coefficient de restitution, calculer les vitesses finales d'un choc à une dimension (élastique, inélastique, parfaitement inélastique) et l'énergie dissipée;
  • traiter un choc à deux dimensions par la conservation vectorielle et résoudre le problème du pendule balistique;
  • définir et calculer le centre de masse de systèmes discrets et continus, énoncer et démontrer le théorème du centre de masse et le théorème de König;
  • établir l'équation de la fusée et la formule de Tsiolkovski, et les appliquer à des systèmes à masse variable.

Quantité de mouvement et impulsion

La quantité de mouvement

Au chapitre 3, la deuxième loi de Newton reliait la force à l'accélération, . Cette forme cache une grandeur plus fondamentale que l'accélération: le produit de la masse par la vitesse. C'est elle que Newton appelait la «quantité de mouvement», et c'est elle qui se conserve lorsque des corps interagissent. Un camion à km/h et une balle de fusil à m/s ont des vitesses très différentes, mais c'est le produit qui mesure ce qu'il faut «encaisser» pour les arrêter.

Démonstration. Pour un point matériel de masse constante, , et (5.2) est équivalente à .

Impulsion d'une force

Intégrons (5.2) entre deux instants. Ce que l'on obtient est la version «temporelle» du théorème de l'énergie cinétique du chapitre 4, qui intégrait la même loi le long du chemin.

Démonstration. D'après (5.2), . Le théorème fondamental de l'analyse, appliqué à chaque composante, donne .

Le théorème est particulièrement utile pour les chocs: des interactions brèves (quelques millisecondes) pendant lesquelles la force varie rapidement et de façon mal connue. On ne sait pas mesurer dans un marteau, mais on connaît ; le théorème donne alors la force moyenne

qui est, à impulsion donnée, inversement proportionnelle à la durée du choc. Cette remarque simple gouverne toute l'ingénierie de la sécurité passive.

0,00,10,20,30,40,50,60481216t (ms)F (kN)durée du choc Δt = 0,5 msF(t), maximum 16 kNaire = J = 4 N·sFmoy = J/Δt = 8 kNle rectangle a la même aireque la courbe
Figure 5.1. Force exercée par la tête d'un marteau (0,5 kg lancé à 8 m/s, arrêté en 0,5 ms) sur un clou. L'aire sous la courbe F(t) est l'impulsion J = Δp = 4 N·s; la force moyenne F_moy = J/Δt = 8 kN est la hauteur du rectangle de même aire, et le maximum de la force réelle est environ le double. Pendant le choc, le poids du marteau (4,9 N) est négligeable: la force de contact est plus de mille fois plus grande.
Exercice

Une balle de tennis de g arrive sur la raquette à m/s et repart en sens inverse à m/s. Le contact dure ms. Calculez la force moyenne exercée par la raquette, en newtons.

N

Conservation de la quantité de mouvement

Forces intérieures et forces extérieures

Considérons un système de points matériels. Chaque point subit des forces de deux origines: les forces intérieures exercées par les autres points du système, et la résultante des forces extérieures, exercées par des corps qui ne font pas partie du système. La distinction dépend du choix du système: pour le système «fusil», la force de la balle sur la culasse est extérieure; pour le système «fusil et balle», elle est intérieure.

Démonstration. Appliquons (5.2) à chaque point: . En sommant sur ,

Dans la double somme, les forces intérieures apparaissent par paires , et chaque paire est nulle d'après la troisième loi de Newton (action et réaction). Il reste . Si , la dérivée est nulle et est constant; l'énoncé par composante s'obtient en projetant (5.5) sur l'axe considéré.

Le résultat est remarquable par ce qu'il ne demande pas: aucune hypothèse sur la nature des forces intérieures (contact, ressort, explosion chimique, gravitation), qui peuvent être aussi violentes et compliquées que l'on veut. C'est pourquoi la conservation de la quantité de mouvement est l'outil privilégié pour les chocs et les explosions, où l'énergie mécanique, elle, n'est en général pas conservée.

Le même raisonnement traite tous les problèmes de «séparation»: deux patineurs qui se repoussent, un astronaute qui lance un outil, un projectile qui explose en plein vol. Dans ce dernier cas, le système est soumis à la pesanteur, mais l'explosion est si brève que la quantité de mouvement est la même juste avant et juste après: c'est ensuite le centre de masse qui poursuit la trajectoire initiale, comme nous le verrons à la figure 5.3.

Exercice

Deux patineurs immobiles, de masses kg et kg, se repoussent avec les mains. Le patineur de kg s'éloigne à m/s. Quelle est la vitesse du second (frottements négligés)?

Collisions

Classification par le coefficient de restitution

Dans un choc entre deux corps, la quantité de mouvement totale est conservée (approximation d'impulsion), mais cela ne suffit pas à déterminer les deux vitesses finales à partir des deux vitesses initiales: en une dimension, une équation pour deux inconnues. Il manque une information sur ce qui se passe pendant le contact: les corps se déforment, et ils restituent tout, une partie ou rien de l'énergie stockée dans la déformation. Newton a proposé de résumer ce comportement par un seul nombre.

Le coefficient dépend des matériaux et de la vitesse d'impact: environ pour deux billes d'acier trempé, pour une balle de tennis neuve sur un sol dur (les règlements imposent qu'une balle lâchée de cm rebondisse entre et cm, soit entre et ), pour une balle de squash froide, pour une boule de pâte à modeler. À l'échelle atomique, les chocs entre molécules d'un gaz sont rigoureusement élastiques; à l'échelle macroscopique, ils ne le sont jamais tout à fait.

Choc parfaitement inélastique

Démonstration. La conservation de la quantité de mouvement s'écrit , d'où (5.7). Pour : et

donc .

La formule (5.8) dit qu'une cible lourde absorbe presque toute l'énergie du projectile: une balle de g qui se fiche dans un bloc de kg perd de son énergie cinétique, transformée en chaleur et en déformation. Cette énergie n'est pas perdue pour la physique, mais elle l'est pour la mécanique: c'est pourquoi il faut la quantité de mouvement, et non l'énergie, pour analyser un tel choc.

Exercice

Remettez dans l'ordre les étapes du calcul de la vitesse d'une balle avec un pendule balistique.

Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre

    1.
  • Appliquer la conservation de la quantité de mouvement au choc:
  • 2.
  • Appliquer la conservation de l'énergie mécanique à la remontée:
  • 3.
  • Mesurer la hauteur dont s'élève le bloc après l'impact
  • 4.
  • En déduire la vitesse de la balle
  • 5.
  • En déduire la vitesse du bloc juste après le choc

Choc quelconque à une dimension

Avec le coefficient de restitution, le système devient déterminé: la conservation de la quantité de mouvement fournit une équation, la définition (5.6) la seconde.

Démonstration. Les deux équations sont et . En reportant dans la première, , ce qui donne ; puis donne après réduction au même dénominateur.

Pour , les deux vitesses sont égales à : on retrouve (5.7). Pour connaître l'énergie dissipée, un petit calcul algébrique, que nous réinterpréterons à la section sur le référentiel du centre de masse, s'avère très utile.

Démonstration. Multiplions le membre de droite par : , les termes croisés s'éliminant. En divisant par , on obtient l'identité. Dans un choc, est conservée (c'est ) et la vitesse relative passe de à ; l'identité appliquée avant et après donne . Cette quantité est nulle si et seulement si (ou , cas sans choc).

Choc élastique à une dimension

Démonstration. On pose dans (5.9): , ce qui est la première formule, et de même pour . L'inversion de la vitesse relative est la définition de , et la conservation de l'énergie cinétique résulte du théorème 5.6.

Les cas particuliers, avec une cible immobile (), méritent d'être retenus:

  • Masses égales (): et . Le projectile s'arrête et la cible part avec sa vitesse: les vitesses s'échangent. C'est le «carreau» de la pétanque et le principe du pendule de Newton.
  • Cible très lourde (): et . Le projectile rebondit en gardant sa vitesse; c'est le choc contre un mur. Si le mur avance à la vitesse (raquette, piston), un calcul analogue donne : la balle repart avec un supplément . C'est ainsi que Voyager et Rosetta ont gagné de la vitesse en «rebondissant» gravitationnellement sur Jupiter ou sur la Terre: l'assistance gravitationnelle est un choc élastique sans contact.
  • Projectile très lourd (): et . Le projectile continue presque sans ralentir et la cible est projetée au double de sa vitesse: un camion qui heurte un ballon, une boule de bowling qui heurte une quille.
Choc élastique (e = 1)avantm₁m₂3 m/sv = 0aprèsm₁m₂1 m/s4 m/sv₁′ = 1 m/s, v₂′ = 4 m/sEc perdue: 0 %Choc inélastique (e = 0,5)avantm₁m₂3 m/sv = 0aprèsm₁m₂1,5 m/s3 m/sv₁′ = 1,5 m/s, v₂′ = 3 m/sEc perdue: 25 %Parfaitement inélastique (e = 0)avantm₁m₂3 m/sv = 0aprèsm₁m₂2 m/sv₁′ = 2 m/s, v₂′ = 2 m/sEc perdue: 33,3 %m₁ = 2 kg, m₂ = 1 kg, v₁ = 3 m/s, v₂ = 0: la quantité de mouvement totale vaut 6 kg·m/s dans les trois cas
Figure 5.2. Trois chocs frontaux d'un bloc de 2 kg lancé à 3 m/s sur un bloc de 1 kg immobile. Choc élastique (e = 1): le projectile continue à 1 m/s et la cible part à 4 m/s, l'énergie cinétique est conservée. Choc inélastique (e = 0,5): la séparation se fait à la moitié de la vitesse d'approche et un quart de l'énergie est dissipé. Choc parfaitement inélastique (e = 0): les blocs restent accolés à la vitesse du centre de masse, 2 m/s, et un tiers de l'énergie est dissipé, conformément à m₂/(m₁ + m₂). Dans les trois cas, la quantité de mouvement totale vaut 6 kg·m/s.

L'explorateur suivant calcule (5.9) et (5.10) pour les valeurs de votre choix. Essayez les cas limites de la liste ci-dessus, puis un choc où la cible avance plus vite que le projectile.

Explorateur de collisions à une dimension

Deux blocs glissent sans frottement sur un rail. Réglez les masses, les vitesses initiales (positives vers la droite) et le coefficient de restitution e: l'explorateur applique la conservation de la quantité de mouvement et la définition de e pour calculer les vitesses finales, la fraction d'énergie cinétique perdue et la vitesse du centre de masse, qui ne change jamais.

Avant le chocm₁m₂v₁ = 4,0 m/sv₂ = −2,0 m/sCMAprès le choc (élastique)m₁m₂v₁′ = 0v₂′ = 6,0 m/sCMp = 6,0 kg·m/s avant comme après; Ec = 18,0 J → 18,0 J
Type de choc
élastique
v1
0,00m/s
v2
6,00m/s
Fraction d'énergie cinétique perdue
0,0%
Énergie perdue ½μ(1 − e²)(v₁ − v₂)²
0,0J
Vitesse du centre de masse vCM
2,00m/s
Masse m12,0kg
Masse m21,0kg
Vitesse v14,0m/s
Vitesse v2−2,0m/s
Restitution e1,00

Chocs à deux dimensions

Lorsque le choc n'est pas frontal, la conservation de la quantité de mouvement reste vectorielle: , soit deux équations scalaires dans le plan. Avec, dans le cas élastique, la conservation de l'énergie, cela fait trois équations pour les quatre inconnues (, et deux angles): il faut se donner une information supplémentaire, par exemple l'angle de déviation d'un des corps, qui dépend du paramètre d'impact, c'est-à-dire du décalage latéral des trajectoires incidentes. Un résultat célèbre ne demande cependant aucune information de plus.

Démonstration. Avec , la conservation de la quantité de mouvement donne et celle de l'énergie cinétique . Élevons la première au carré scalaire: . En comparant avec la seconde, : les deux vecteurs, non nuls, sont orthogonaux.

C'est l'angle droit familier des joueurs de billard et des traces de collisions proton–proton dans une chambre à bulles, où il servait à vérifier que les particules avaient bien la même masse. Dans le cas frontal (paramètre d'impact nul), : on retrouve l'échange des vitesses.

Centre de masse

Définition et calcul

Le théorème 5.3 concerne la quantité de mouvement totale. Il existe un point fictif dont le mouvement la représente exactement: le centre de masse. Sa vitesse est déjà apparue dans le théorème 5.5 sous le nom de .

Le centre de masse est la moyenne des positions pondérée par les masses. Il ne se trouve pas nécessairement dans la matière (anneau, boomerang, chaise). Deux propriétés simplifient les calculs: si le corps possède un plan, un axe ou un centre de symétrie (pour la répartition des masses), le centre de masse s'y trouve; et un corps composé de plusieurs parties a pour centre de masse celui des centres de masse des parties, affectés de leurs masses (associativité de la moyenne), ce qui permet aussi de traiter un trou comme une masse négative. En dérivant (5.12) par rapport au temps, on obtient : la quantité de mouvement totale est celle qu'aurait toute la masse concentrée au centre de masse.

Exercice

La Lune ( kg) orbite à km du centre de la Terre ( kg). À quelle distance du centre de la Terre, en km, se trouve le centre de masse du système Terre–Lune?

km

Théorème du centre de masse

Démonstration. Dérivons deux fois (5.12): . Comme dans la démonstration du théorème 5.3, les forces intérieures s'annulent par paires d'après la troisième loi, et il reste . C'est d'ailleurs le théorème 5.3 récrit avec .

Ce théorème justifie, après coup, tout le chapitre 3: lorsque nous écrivions pour un skieur ou une voiture, corps étendus et déformables, c'est le mouvement de leur centre de masse que nous calculions. Il explique aussi qu'un plongeur qui exécute un salto, un chat qui se retourne ou un obus qui explose ne peuvent rien changer à la trajectoire de leur centre de masse: seules les forces extérieures le peuvent.

x (m)y (m)71141212v₀ = 40 m/s, θ = 60°explosion au sommet (h = 61,2 m)fragment A (chute verticale)fragment B, vitesse 2v₀cos θcentre de masse(parabole intacte)projectile intactportée sans explosion R = 141,2 m; A tombe en R/2 = 70,6 m, B en 3R/2 = 211,9 m
Figure 5.3. Un projectile lancé à 40 m/s sous 60° explose au sommet de sa trajectoire en deux fragments de masses égales; le fragment A perd toute vitesse horizontale et tombe verticalement, le fragment B emporte le double de la vitesse horizontale initiale. À chaque instant (trois instantanés), le centre de masse est au milieu du segment joignant les fragments et reste sur la parabole du projectile intact (pointillés), comme l'exige le théorème 5.9: seule la pesanteur agit sur le système.

Référentiel du centre de masse

Pour un système isolé, est constante et est galiléen. L'énergie cinétique se décompose alors en deux parties, l'une liée au mouvement d'ensemble, l'autre au mouvement interne.

Démonstration. Avec ,

Le terme croisé contient ; il disparaît, et il reste (5.15).

Pour deux corps, avec la masse réduite : c'est exactement le lemme 5.6, qui n'était qu'un cas particulier de König. Le second théorème de König, pour le moment cinétique, sera vu au chapitre 9.

Le référentiel du centre de masse rend les chocs transparents. Les forces extérieures étant négligeables, ne change pas et l'énergie est indisponible: elle ne peut pas être dissipée. Seule peut l'être, et dans un choc parfaitement inélastique elle l'est entièrement (les corps accolés sont immobiles dans ): l'énergie perdue vaut , ce qui redonne (5.10) avec . Dans un choc élastique frontal, chaque vitesse est simplement renversée: , ce qui conserve à la fois et . Dans un choc élastique oblique, les vitesses dans tournent d'un même angle sans changer de module.

Systèmes à masse variable

L'équation de la fusée

Une fusée avance en éjectant vers l'arrière une partie de sa propre masse à grande vitesse. Aucun point d'appui n'est nécessaire: la fusée pousse sur ses gaz et les gaz poussent sur la fusée (troisième loi), et le système «fusée + gaz» conserve sa quantité de mouvement. Écrivons ce bilan proprement, car la forme avec variable conduit à des erreurs classiques.

Démonstration. Considérons le système fermé constitué, à l'instant , de la fusée et de son contenu, de masse et de vitesse : . Entre et , la fusée éjecte la masse (car ) à la vitesse par rapport au référentiel galiléen, et sa vitesse devient . La quantité de mouvement du même système à est

Le produit est un infiniment petit du second ordre. Par (5.5) appliquée au système fermé, , donc ; en divisant par , on obtient (5.16).

La formule de Tsiolkovski

Démonstration. Avec , (5.16) s'écrit , soit : c'est une équation à variables séparées. En intégrant de l'état initial (, ) à l'état final (, ), .

La formule, publiée par Konstantin Tsiolkovski en 1903, contient toute la difficulté de l'astronautique: le gain de vitesse ne dépend que du rapport des masses, et il y dépend logarithmiquement. Pour gagner , il faut : la fusée doit être constituée à de propergol. Pour gagner , il faut , soit de propergol, ce qu'aucune structure ne permet. Comme la vitesse d'éjection des meilleurs moteurs chimiques est de km/s (hydrogène–oxygène) et que la mise en orbite basse exige environ km/s en comptant les pertes, la solution est de se débarrasser en vol des réservoirs vides: les étages.

Masse qui s'ajoute: le tapis roulant

Le raisonnement du théorème 5.11 s'applique aussi à un système qui gagne de la masse, avec un résultat parfois contre-intuitif.

Exercice

Une sonde interplanétaire a une masse de kg dont kg de propergol; son moteur éjecte les gaz à m/s. Quel gain de vitesse (en m/s) peut-elle obtenir loin de tout astre?

m/s

Synthèse

  • La quantité de mouvement vérifie ; son intégrale temporelle, l'impulsion , permet de traiter les chocs sans connaître la force: , d'où l'intérêt d'allonger la durée d'un choc (airbag, zones de déformation).
  • Les forces intérieures s'annulent par paires (troisième loi): , et la quantité de mouvement d'un système isolé, ou pseudo-isolé pendant un choc bref, est conservée, composante par composante.
  • Un choc frontal est caractérisé par le coefficient de restitution : (élastique, énergie cinétique conservée, vitesses (5.11), échange des vitesses pour des masses égales), (parfaitement inélastique, vitesse commune , fraction perdue sur une cible immobile). L'énergie dissipée vaut avec la masse réduite .
  • En deux dimensions, la conservation est vectorielle; pour un choc élastique de masses égales sur une cible immobile, les vitesses finales sont perpendiculaires. Le pendule balistique combine conservation de la quantité de mouvement (choc) et de l'énergie (remontée).
  • Le centre de masse (intégrale pour un corps continu) se meut selon : les forces intérieures (explosion, saut, marche) ne le dévient pas. Théorème de König: ; seule peut être dissipée dans un choc, et dans le référentiel du centre de masse un choc élastique renverse simplement les vitesses.
  • Fusée: , poussée ; sans force extérieure, (Tsiolkovski), d'où la nécessité des étages. Une masse qui s'ajoute au repos exige la force et dissipe la moitié de la puissance fournie.

Série d'exercices du chapitre 5

Exercice 1 sur 5
Exercice

Un œuf lâché de la même hauteur se casse sur du carrelage mais pas sur un coussin. Quelle grandeur le coussin modifie-t-il?

Problème guidé

Collision frontale de deux voitures

Une voiture A de kg roulant à km/h et une voiture B de kg roulant à km/h en sens inverse se heurtent de front et restent encastrées. Le choc dure s. On cherche la vitesse de l'épave, l'énergie dissipée, la force moyenne subie par la voiture A et la décélération de ses occupants. On prend m/s².

  1. 1

    Vitesse de l'épave

    Convertissez les vitesses en m/s ( km/h m/s, km/h m/s), orientez l'axe dans le sens de A et appliquez la conservation de la quantité de mouvement au choc parfaitement inélastique.

    Exercice

    Calculez la vitesse de l'ensemble juste après le choc, en m/s (positive dans le sens de A).

    m/s
  2. Énergie dissipée

  3. Force moyenne sur la voiture A

  4. Décélération des occupants

Exercices

Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.

Exercice 5.1 · Le Jet d'eau de Genève

Le Jet d'eau de Genève projette L d'eau par seconde à la vitesse de km/h à la sortie de la buse.

  1. Quelle force horizontale une plaque fixe subirait-elle si le jet, dirigé horizontalement, s'y écrasait en perdant toute sa vitesse (l'eau s'écoule ensuite le long de la plaque)?
  2. Quelle serait cette force si l'eau rebondissait élastiquement en sens inverse?
  3. Quelle hauteur le jet atteindrait-il sans frottement de l'air? Comparer à la hauteur réelle d'environ m.
Solution

1. Le débit massique vaut kg/s et la vitesse m/s. Chaque seconde, une masse d'eau perd la quantité de mouvement horizontale ; par le théorème de l'impulsion appliqué à l'eau qui frappe la plaque pendant , la plaque exerce sur elle la force N, et par la troisième loi l'eau pousse la plaque avec kN, le poids d'environ tonnes.

2. Si l'eau repart à , la variation de quantité de mouvement par seconde est doublée: kN. C'est le principe des aubes en forme de coupe des turbines Pelton, comme celles de Bieudron alimentées par la Grande Dixence: en renvoyant le jet vers l'arrière, elles recueillent près du double de l'impulsion d'une plaque plane.

3. Sans frottement, la conservation de l'énergie donne m. La hauteur réelle, environ m, est un peu inférieure à cause de la traînée sur les gouttes; l'écart est modeste car le jet est compact et rapide.

Exercice 5.2 · Tamponnement de wagons

Sur une voie de triage horizontale, un wagon de t roulant à m/s heurte un wagon de t immobile.

  1. Les attelages automatiques s'enclenchent. Calculer la vitesse commune, l'énergie dissipée et sa fraction par rapport à l'énergie cinétique initiale.
  2. Les tampons sont supposés parfaitement élastiques. Calculer les deux vitesses finales.
  3. Les tampons ont un coefficient de restitution . Calculer les vitesses finales et l'énergie dissipée, de deux manières.
Solution

1. Par (5.7), m/s. Énergie cinétique initiale kJ; finale kJ. Énergie dissipée: kJ, soit , conformément à (5.8): .

2. Par (5.11) avec : m/s et m/s. Le wagon léger repart en arrière. Vérification: (quantité de mouvement en t·m/s) et (énergie en kJ).

3. Par (5.9) avec m/s et m/s: m/s et m/s. Énergie dissipée, première méthode: J, donc kJ. Seconde méthode, par (5.10): t et J. Les deux méthodes concordent; la fraction dissipée, , vaut fois celle du choc parfaitement inélastique.

Exercice 5.3 · Collision à un carrefour

À un carrefour, une voiture A de kg roulant vers l'est à m/s heurte une voiture B de kg roulant vers le nord à m/s. Les deux véhicules restent encastrés.

  1. Déterminer la vitesse (module et direction) de l'ensemble juste après le choc.
  2. Quelle fraction de l'énergie cinétique est dissipée dans le choc?
  3. L'épave glisse ensuite roues bloquées avec un coefficient de frottement . Sur quelle distance? Expliquer comment la police peut, à partir des traces, remonter aux vitesses initiales.
Solution

1. La quantité de mouvement est conservée vectoriellement pendant le choc (les forces de frottement au sol ont une impulsion négligeable sur sa durée). Avec vers l'est et vers le nord,

L'épave de kg part avec m/s et m/s, soit m/s dans la direction au nord de l'est.

2. kJ; kJ. Énergie dissipée kJ, soit . On peut vérifier avec König: avec kg et : kJ.

3. Roues bloquées, la force de frottement vaut et le théorème de l'énergie cinétique donne , soit m. Les experts procèdent à l'envers: la longueur et la direction des traces donnent et , donc ; en divisant par et par , on retrouve les vitesses de chaque véhicule avant le choc, à condition que leurs directions initiales soient connues (perpendiculaires ici). C'est l'usage judiciaire de la conservation de la quantité de mouvement.

Exercice 5.4 · Centres de masse par intégration et par superposition
  1. Une plaque homogène est un disque de rayon centré en , percé d'un trou circulaire de rayon dont le centre est à la distance de . Déterminer la position du centre de masse de la plaque percée.
  2. Déterminer la position du centre de masse d'un cône plein homogène de hauteur et de rayon de base .
  3. En déduire, sans nouvelle intégrale, le centre de masse d'un cône creux (surface latérale seule, sans base) de mêmes dimensions.
Solution

1. Plaçons l'axe de vers le centre du trou. Le disque plein (aire , centre en ) est la réunion de la plaque percée (aire , centre inconnu ) et du disque enlevé (aire , centre en ). Par associativité de la moyenne, les aires jouant le rôle des masses:

Le centre de masse est décalé de du côté opposé au trou, sur l'axe de symétrie. Traiter le trou comme une «masse négative» de centre donne le même calcul.

2. Axe le long de l'axe du cône, sommet en , base en . La tranche à la cote est un disque de rayon , de volume . Le volume total est et

Le centre de masse est aux trois quarts de la hauteur depuis le sommet, soit à au-dessus de la base. On retrouve le résultat du triangle (exemple 5.8) avec un exposant de plus: pour une plaque triangulaire, les bandes ont une largeur proportionnelle à et l'on obtient depuis le sommet; pour le cône, les tranches ont une aire proportionnelle à .

3. La surface latérale est la réunion de bandes circulaires de rayon et de largeur (où est le demi-angle au sommet, constant): leur aire est proportionnelle à , exactement comme les bandes d'un triangle. Le centre de masse est donc le même que celui de la plaque triangulaire: à du sommet, soit au-dessus de la base.

Exercice 5.5 · Choc élastique: démonstration par la vitesse relative

Deux corps de masses et , de vitesses et , subissent un choc frontal élastique.

  1. Écrire les deux lois de conservation, puis les mettre sous la forme et .
  2. En déduire que , c'est-à-dire que la vitesse relative est inversée: . Que devient le cas exclu par la division?
  3. Résoudre le système linéaire formé par la conservation de la quantité de mouvement et cette relation, et retrouver les formules (5.11).
  4. Montrer que si , la fraction de l'énergie cinétique transférée au corps 2 vaut , et qu'elle est maximale, égale à , lorsque .
Solution

1. Conservation de la quantité de mouvement: , soit, en regroupant par corps, . Conservation de l'énergie cinétique (choc élastique): , soit .

2. Factorisons la seconde: . Si , la première relation montre que et l'on peut diviser membre à membre par : il reste , soit . La vitesse de séparation est l'opposée de la vitesse d'approche: c'est dans (5.6). Le cas exclu, (et donc ), est la solution triviale «pas de choc», qui satisfait aussi les deux lois: un système quadratique a deux solutions, et la factorisation sépare la solution physique de la solution triviale.

3. Le système est linéaire en :

Multiplions la seconde par et ajoutons: , d'où . Multiplions la seconde par et retranchons: , d'où . Ce sont les formules (5.11).

4. Avec : et l'énergie transférée vaut

Posons : la fraction s'écrit . Sa dérivée est positive pour et négative pour : est maximale en , où . On peut aussi écrire , avec égalité si et seulement si . Le transfert d'énergie est total entre masses égales et tend vers dans les deux limites (mur) et (projectile lourd): c'est le résultat qui dicte le choix des modérateurs de l'exemple 5.6, et qui explique pourquoi un marteau efficace a une masse comparable à celle de la pièce qu'il frappe.

Références

  • Gruber, C. et Benoit, W., Mécanique générale, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, chap. 8 et 10 (quantité de mouvement, chocs, centre de masse).
  • Halliday, D., Resnick, R. et Walker, J., Physique 1 – Mécanique, Chenelière/De Boeck, chap. 9 (centre de masse et quantité de mouvement).
  • Benson, H., Physique I – Mécanique, De Boeck, Bruxelles, chap. 9 et 10.
  • Kleppner, D. et Kolenkow, R. J., An Introduction to Mechanics, 2e éd., Cambridge University Press, chap. 4 (momentum, rocket motion, collisions).
  • Young, H. D. et Freedman, R. A., University Physics, 15e éd., Pearson, chap. 8.
  • Feynman, R. P., Leighton, R. B. et Sands, M., Le cours de physique de Feynman – Mécanique 1, Dunod, Paris, chap. 10 (conservation de la quantité de mouvement).

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