Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- distinguer le tassement immédiat, le tassement de consolidation primaire et le tassement secondaire, et expliquer le mécanisme de la consolidation par l'analogie du ressort et du piston;
- interpréter un essai œdométrique (SN EN ISO 17892-5) et en tirer , , , l'OCR et le module œdométrique ;
- calculer le tassement final de consolidation d'une couche d'argile normalement consolidée ou surconsolidée, au besoin par sous-couches;
- appliquer la théorie de Terzaghi pour estimer l'évolution du tassement dans le temps (, , ) selon les conditions de drainage;
- estimer le tassement secondaire et décrire les méthodes d'accélération de la consolidation (préchargement, drains verticaux).
Compressibilité des sols
Lorsqu'un ouvrage charge le sol, celui-ci se déforme et l'ouvrage s'enfonce: c'est le tassement. Dans un sable ou une grave, l'essentiel du tassement se produit pendant la construction; on le calcule avec un module de déformation (chapitre 10). Dans une argile saturée, au contraire, le tassement peut se poursuivre pendant des années après la fin des travaux. Les remblais de l'autoroute A1 sur le Plateau, les quais du Seeland ou les bâtiments fondés sur les argiles lacustres de Vidy, Yverdon ou Genève en témoignent: le sol y est compressible et peu perméable, et c'est la lenteur de l'expulsion de l'eau interstitielle qui gouverne la vitesse du tassement.
Pour les argiles molles, domine largement; ce chapitre lui est consacré. Le tassement immédiat des argiles est en général faible (de l'ordre de 10 % du tassement total) et le tassement secondaire ne devient important que dans les sols organiques et les tourbes.
L'analogie du ressort et du piston
Terzaghi a proposé en 1923 une image restée classique. Un cylindre rempli d'eau est fermé par un piston percé d'un petit orifice et soutenu par un ressort. Le ressort représente le squelette solide, l'eau représente l'eau interstitielle et l'orifice la perméabilité du sol.
- À l'instant où l'on pose une charge sur le piston, l'eau, incompressible, ne peut s'échapper: elle reprend toute la charge. La surpression interstitielle vaut et le ressort n'est pas encore comprimé ().
- L'eau s'écoule par l'orifice sous l'effet de la surpression; le piston descend, le ressort se comprime et reprend progressivement la charge: augmente tandis que diminue, avec à tout instant (principe des contraintes effectives, chapitre 5).
- Lorsque , la charge est entièrement reprise par le ressort: la consolidation primaire est terminée.
La consolidation est donc le transfert progressif de la charge de l'eau vers le squelette, à une vitesse dictée par la perméabilité et la longueur du chemin de drainage. Le tassement final ne dépend que de la raideur du ressort (compressibilité du squelette); sa vitesse ne dépend que de l'orifice (perméabilité) et de la quantité d'eau à évacuer.
L'essai œdométrique
L'essai livre deux familles de résultats: la courbe tassement-temps de chaque palier, dont on tire le coefficient de consolidation (section sur la détermination de ), et la courbe indice des vides-contrainte à la fin de chaque palier, qui caractérise la compressibilité. Cette dernière se trace en portant en fonction de : c'est la courbe e–log σ' de la figure 6.2.
Indices de compression et de gonflement
Sur la courbe e–log σ', on distingue une branche initiale peu inclinée, puis, au-delà d'une contrainte particulière , une droite nettement plus raide appelée droite vierge (ou courbe de compression vierge). En déchargeant, le sol ne revient pas sur la droite vierge: il gonfle légèrement le long d'une branche de faible pente, à peu près parallèle à la branche initiale.
Ordres de grandeur: de 0,05 à 0,15 pour les silts et argiles peu plastiques, de 0,2 à 0,5 pour les argiles lacustres suisses, supérieur à 1 pour les tourbes. Faute d'essai, on utilise des corrélations avec la limite de liquidité, la plus connue étant celle de Skempton pour les argiles remaniées, adaptée par Terzaghi et Peck aux argiles intactes de sensibilité faible à moyenne:
Pour , on obtient , valeur que nous retiendrons pour l'argile lacustre servant de fil rouge à ce chapitre. Ces corrélations servent aux avant-projets; un projet d'exécution exige des essais œdométriques sur échantillons intacts.
Pression de préconsolidation et OCR
Un sol dont la contrainte effective actuelle est égale à est dit normalement consolidé (NC): il n'a jamais été chargé davantage et tout accroissement de charge le fait tasser suivant la droite vierge. Un sol dont est surconsolidé (OC): il a subi dans le passé une charge supérieure, aujourd'hui disparue. On quantifie ce degré de surconsolidation par le rapport de surconsolidation
Les causes de surconsolidation sont multiples: érosion d'une couverture de terrain, fonte d'un glacier (les moraines de fond du Plateau ont supporté plusieurs centaines de mètres de glace et sont fortement surconsolidées, OCR souvent supérieur à 5), dessiccation d'une croûte superficielle, fluctuations de la nappe, vieillissement et cimentation. Les argiles lacustres post-glaciaires du Plateau sont au contraire normalement consolidées ou légèrement surconsolidées (OCR de 1 à 2), sauf dans la croûte des premiers mètres.
Remettez dans l'ordre les étapes de la construction de Casagrande pour déterminer .
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Prolonger la droite vierge jusqu'à couper la bissectrice: l'abscisse de l'intersection est σ'_p
- Repérer le point P de courbure maximale de la courbe
- Tracer la courbe e–log σ' à partir des indices des vides en fin de palier
- Tracer la bissectrice de l'angle formé par ces deux droites
- Tracer par P l'horizontale et la tangente à la courbe
Une argile a une pression de préconsolidation kPa et une contrainte effective en place kPa. Que signifie son OCR?
Module œdométrique
Les ingénieurs de structures raisonnent en modules plutôt qu'en indices. Le module œdométrique est le rapport entre l'accroissement de contrainte effective et la déformation verticale relative qu'il produit, dans les conditions de l'œdomètre (déformation latérale nulle):
Son inverse est le coefficient de compressibilité volumique. Contrairement à , n'est pas une constante du sol: il croît avec la contrainte, puisque la droite vierge est une droite en et non en . Sur la droite vierge, entre et , on a , d'où, en linéarisant autour de la contrainte moyenne ,
Il faut donc toujours préciser à quel intervalle de contrainte un module œdométrique se rapporte. Ordres de grandeur: 1 à 5 MPa pour les argiles lacustres molles, 5 à 20 MPa pour les argiles fermes et les silts, 20 à 100 MPa pour les moraines et les graves compactes.
Calcul du tassement de consolidation
Couche unique
Considérons une couche d'argile d'épaisseur et d'indice des vides initial , soumise en son milieu à la contrainte effective initiale et à un accroissement dû à l'ouvrage, de sorte que la contrainte finale vaut . Le tassement de la couche est la variation de sa hauteur; comme le volume des grains est constant,
La variation d'indice des vides se lit sur la courbe e–log σ', selon la position de et par rapport à . Trois cas se présentent.
L'expression (6.10) est la plus générale: elle redonne (6.8) si et (6.9) si . Avec le module œdométrique, on écrit de façon équivalente , forme pratique lorsque est petit devant .
Une couche d'argile normalement consolidée de 4 m d'épaisseur (, ) est soumise, en son milieu, à kPa et à un accroissement kPa. Calculez le tassement final de consolidation, en cm.
Méthode par sous-couches
Les formules (6.8) à (6.10) supposent que et sont uniformes sur toute la couche, ce qui n'est vrai ni pour l'une (elle croît avec la profondeur) ni pour l'autre (sous une fondation de dimensions finies, décroît avec la profondeur, chapitre 5). Comme le logarithme n'est pas linéaire, le calcul au milieu de la couche n'est exact que pour une couche mince. Dès que dépasse 3 à 4 m, ou que varie fortement, on découpe la couche en sous-couches d'épaisseur (1 à 2 m), on évalue , et au milieu de chacune, et l'on somme:
L'exercice 6.2 compare les deux approches: pour une couche NC de 6 m sous un remblai étendu, le calcul par trois sous-couches donne un tassement d'environ 4 % supérieur au calcul en une seule couche. L'écart devient bien plus important sous une semelle isolée, où s'atténue rapidement.
Théorie de la consolidation unidimensionnelle
L'équation de Terzaghi
Reprenons l'analogie du ressort en la rendant continue: une couche d'argile saturée, d'épaisseur ou , drainée par une ou deux faces, reçoit à l'instant un accroissement de contrainte totale uniforme. À cet instant, partout. L'écoulement obéit à la loi de Darcy (chapitre 4), le squelette à la relation , et la conservation de la masse d'eau lie les deux. Terzaghi obtient, avec les hypothèses de et constants, de petites déformations et d'un écoulement purement vertical:
L'équation (6.12) est l'équation de la chaleur: la surpression interstitielle «diffuse» vers les faces drainantes, où elle est nulle. Sa solution dépend de deux variables adimensionnelles: la profondeur relative et le facteur temps
où est la longueur de drainage, c'est-à-dire le plus long chemin que doit parcourir une particule d'eau pour atteindre une face drainante:
- drainage double (couche entre deux niveaux perméables: sable, gravier): ;
- drainage simple (couche reposant sur un substratum imperméable, molasse marneuse ou moraine argileuse): .
Isochrones et degré de consolidation
La solution de (6.12) se présente sous la forme d'une série. À un instant donné, la répartition de sur la hauteur de la couche s'appelle une isochrone (figure 6.3). Près des faces drainantes, la surpression se dissipe vite; au centre, elle persiste longtemps.
Les valeurs correspondantes, à mémoriser au moins pour 50 et 90 %, sont les suivantes.
| (%) | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | 90 | 100 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0,008 | 0,031 | 0,071 | 0,126 | 0,197 | 0,287 | 0,403 | 0,567 | 0,848 | ∞ |
Théoriquement, la consolidation n'est jamais achevée; en pratique on considère qu'elle l'est à ou 95 %. Le temps nécessaire pour atteindre un degré donné s'obtient en inversant (6.13):
Explorateur de la consolidation unidimensionnelle
Faites varier le coefficient de consolidation, l'épaisseur de la couche et les conditions de drainage: la courbe U(t) et l'isochrone de surpression interstitielle à l'instant t se recalculent.
Une couche d'argile de 8 m repose sur une moraine argileuse très peu perméable et est surmontée d'une grave. Quelle longueur de drainage faut-il adopter dans le calcul de ?
Pour la couche de la question précédente ( m, drainage simple) avec m²/an, calculez le temps nécessaire pour atteindre 90 % de consolidation, en années.
Détermination de en laboratoire
Chaque palier de l'essai œdométrique fournit une courbe tassement-temps dont on tire en identifiant un point remarquable de la courbe théorique .
- Méthode de Casagrande (log t): le tassement est porté en fonction de . La courbe présente une forme en S; on détermine le tassement initial (par la parabole des premiers instants) et le tassement de fin de consolidation primaire (intersection de la tangente au point d'inflexion et de l'asymptote du fluage). Le point à mi-chemin donne , d'où .
- Méthode de Taylor (): le tassement est porté en fonction de . La partie initiale est une droite (conséquence de ); on trace une seconde droite d'abscisses 1,15 fois plus grandes, dont l'intersection avec la courbe donne , d'où .
Dans l'œdomètre, l'éprouvette est drainée par ses deux faces: est la moitié de sa hauteur moyenne pendant le palier. Les deux méthodes donnent des valeurs qui peuvent différer de 20 à 50 %; Taylor tend à donner des plus élevés. La valeur en place est souvent supérieure à la valeur de laboratoire à cause des lits silteux et sableux qui raccourcissent les chemins de drainage; d'où l'intérêt de la mesurer sur ouvrage instrumenté (tassomètres, piézomètres).
Tassement secondaire
Après la dissipation des surpressions interstitielles, le tassement continue lentement, sous contrainte effective constante: c'est le fluage ou consolidation secondaire, lié au réarrangement progressif des particules et à la déformation visqueuse des liaisons interparticulaires. Il est à peu près linéaire en , ce qui conduit à définir l'indice de fluage (ou de compression secondaire)
où est le temps de fin de consolidation primaire et l'indice des vides à cet instant. Le rapport est remarquablement constant pour une famille de sols: 0,02 à 0,04 pour les argiles minérales, 0,05 à 0,07 pour les sols organiques et les tourbes. Pour notre argile lacustre (, , m, ans), le tassement secondaire entre 2,5 et 50 ans vaut m: 3 cm, soit un quart du tassement primaire, ce qui n'est pas négligeable pour un ouvrage sensible. Dans les tourbes du Seeland ou de la vallée de l'Orbe, le fluage peut dépasser le tassement primaire.
Accélération de la consolidation
Lorsque la durée de consolidation est incompatible avec le programme des travaux, on dispose de deux leviers, parfois combinés.
Préchargement. On met en place un remblai provisoire d'une hauteur supérieure à la charge définitive (surcharge). Le tassement final visé sous la charge définitive est atteint plus tôt, puisque la surcharge accélère le tassement sans changer ; on enlève la surcharge lorsque le tassement mesuré atteint la valeur calculée pour l'ouvrage définitif. Le sol est alors légèrement surconsolidé vis-à-vis de la charge définitive, ce qui réduit aussi le tassement secondaire ultérieur. C'est la méthode classique des remblais autoroutiers sur les argiles du Plateau (A1 dans le Gros-de-Vaud et le Seeland, A9 dans la plaine du Rhône), avec un suivi par tassomètres et piézomètres qui permet d'ajuster en cours de chantier.
Drains verticaux. On fonce dans l'argile des drains préfabriqués (bandes de géotextile de 100 mm de largeur) selon un maillage triangulaire ou carré de 1 à 3 m. L'eau s'écoule alors horizontalement vers le drain le plus proche: la longueur de drainage passe de plusieurs mètres à moins d'un mètre, et l'on profite de la perméabilité horizontale , souvent 2 à 5 fois supérieure à dans les dépôts lacustres varvés. La théorie de la consolidation radiale de Barron donne le degré de consolidation en fonction d'un facteur temps radial , où est le diamètre d'influence du drain (1,05 fois l'entraxe pour une maille triangulaire, 1,13 pour une maille carrée), et d'une fonction du rapport entre ce diamètre et celui du drain. Le degré de consolidation combiné vaut . En pratique, des drains espacés de 1,5 m ramènent une consolidation de dix ans à quelques mois.
Synthèse
- Le tassement d'un sol fin saturé se décompose en tassement immédiat, tassement de consolidation primaire (expulsion de l'eau, transfert de la charge de l'eau au squelette) et tassement secondaire (fluage).
- L'essai œdométrique fournit la courbe e–log σ', dont on tire (droite vierge), (décharge-recharge), (construction de Casagrande) et ; l'OCR distingue les sols NC et OC.
- Tassement final: , à évaluer par sous-couches dès que la couche est épaisse ou la charge non uniforme.
- Vitesse: et (0,197 pour 50 %, 0,848 pour 90 %); la durée est proportionnelle au carré de la longueur de drainage ( ou ).
- se mesure sur les courbes tassement-temps de l'œdomètre (Casagrande log t, Taylor √t); les valeurs en place sont souvent plus élevées.
- Préchargement et drains verticaux permettent d'obtenir l'essentiel du tassement avant la construction de l'ouvrage définitif.
Série d'exercices du chapitre 6
Exercice 1 sur 5Quel paramètre gouverne l'amplitude du tassement final de consolidation, et lequel gouverne sa vitesse?
Remblai sur argile lacustre du Seeland
Un remblai routier de 3 m de hauteur ( kN/m³), de grande largeur, doit être construit dans le Seeland sur une couche d'argile lacustre de 8 m d'épaisseur reposant sur une grave. La nappe affleure à la surface du terrain. L'argile est normalement consolidée: kN/m³, , , m²/an; kN/m³.
- 1
Contrainte effective initiale
Le calcul en une seule couche se fait au milieu de l'argile, à 4 m de profondeur, sous la nappe.
ExerciceCalculez au milieu de la couche, en kPa.
Contrainte finale
Tassement final
Temps pour 90 % de consolidation
Exercices
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Un essai œdométrique sur une argile lacustre de Neuchâtel () a donné les indices des vides suivants en fin de palier.
| (kPa) | 12,5 | 25 | 50 | 100 | 200 | 400 | 800 | 200 (décharge) | 50 (décharge) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1,100 | 1,090 | 1,070 | 1,020 | 0,920 | 0,815 | 0,710 | 0,740 | 0,770 |
Tracer la courbe e–log σ'. Déterminer et , estimer par la construction de Casagrande, et calculer le module œdométrique entre 100 et 200 kPa. L'échantillon provenant de 6 m de profondeur avec kPa, l'argile est-elle NC ou OC?
Solution
Courbe e–log σ'. Les points de 12,5 à 100 kPa forment une branche peu inclinée, puis la courbe s'infléchit nettement: la droite vierge est bien définie entre 200 et 800 kPa. La décharge de 800 à 50 kPa donne une branche de faible pente.
Indice de compression. Sur la droite vierge, entre 200 et 800 kPa:
(Entre 100 et 800 kPa, on obtiendrait 0,34: le point à 100 kPa est encore dans la zone de transition.)
Indice de gonflement. Sur la branche de décharge, entre 800 et 50 kPa:
Pression de préconsolidation. Le point de courbure maximale se situe vers 50–100 kPa. En appliquant la construction de Casagrande (horizontale, tangente, bissectrice, prolongement de la droite vierge), on lit à 90 kPa. Compte tenu de la précision de la construction, on retient kPa.
Module œdométrique entre 100 et 200 kPa. ; l'indice des vides au début du palier vaut 1,020, d'où
État de consolidation. OCR : l'argile est légèrement surconsolidée, comme la plupart des argiles lacustres du Plateau dans leurs premiers mètres (vieillissement, fluctuations de nappe). Un chargement jusqu'à 85 kPa restera dans le domaine de recompression; au-delà, le tassement suivra la droite vierge.
Un remblai de grande emprise transmet kPa à un profil constitué de 1,5 m de remblai sableux existant ( kN/m³) surmontant 6 m d'argile lacustre normalement consolidée ( kN/m³, , ), la nappe étant au toit de l'argile. Calculer le tassement final (a) en une seule couche, (b) en trois sous-couches de 2 m. Commenter l'écart.
Solution
Données: kN/m³ dans l'argile; contrainte au toit de l'argile kPa; m pour la couche entière, m par sous-couche de 2 m; kPa uniforme.
(a) Une seule couche. Au milieu de l'argile ( m sous son toit): kPa, kPa.
(b) Trois sous-couches (milieux à 1, 3 et 5 m sous le toit de l'argile):
| Sous-couche | (m) | (kPa) | (kPa) | (m) | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 34,7 | 84,7 | 0,388 | 0,129 |
| 2 | 3 | 50,1 | 100,1 | 0,301 | 0,100 |
| 3 | 5 | 65,4 | 115,4 | 0,246 | 0,082 |
avec . Total: m.
Commentaire. Le calcul par sous-couches donne un tassement supérieur d'environ 4 % (31,2 cm contre 30,1 cm). La sous-couche supérieure, où est faible, contribue pour 41 % au tassement total alors qu'elle ne représente qu'un tiers de l'épaisseur: c'est la conséquence de la loi logarithmique. L'écart reste modeste ici parce que est uniforme (remblai étendu); sous une semelle isolée, où décroît rapidement avec la profondeur, le calcul en une seule couche serait beaucoup plus grossier et le découpage indispensable.
Une couche d'argile de 5 m d'épaisseur ( m²/an) est surmontée d'un sable et repose sur la molasse marneuse, considérée comme imperméable. Le tassement final calculé est de 20 cm. Déterminer et , ainsi que le tassement un an après le chargement. Reprendre le calcul en supposant que la molasse est remplacée par une grave drainante.
Solution
Drainage simple (molasse imperméable): m.
Après un an: . Comme , , soit 32 %; le tassement vaut cm.
Drainage double (grave drainante): m.
Après un an: , donc , soit 63 % (la formule en racine carrée donnerait 64 %, valeur acceptable à la limite de son domaine). Le tassement vaut cm.
Conclusion. Le tassement final (20 cm) est le même dans les deux cas, mais la nature du substratum divise les temps par 4: la reconnaissance doit établir sans ambiguïté si la base de la couche est drainante.
Sous le palier 50–100 kPa, une éprouvette œdométrique de 19 mm de hauteur, drainée par ses deux faces, atteint 50 % de consolidation en 4 min. Calculer en m²/an. On envisage de fonder un remblai sur une couche de 10 m de cette argile, à double drainage. Calculer et le degré de consolidation deux ans après la mise en place du remblai. Que proposez-vous si le maître d'ouvrage exige que 90 % du tassement soit acquis en un an?
Solution
Coefficient de consolidation. Éprouvette de 19 mm drainée par ses deux faces: mm m.
Couche de 10 m à double drainage. m.
Après deux ans: , : environ la moitié du tassement seulement.
Obtenir 90 % en un an. Il faudrait m², soit m, incompatible avec un drainage vertical naturel dans une couche de 10 m. Deux solutions, souvent combinées:
- Drains verticaux préfabriqués selon une maille triangulaire de 1,5 à 2 m: l'écoulement devient radial vers les drains, sur une distance inférieure à 1 m, en mobilisant la perméabilité horizontale (souvent 2 à 5 fois supérieure à la perméabilité verticale dans les argiles lacustres varvées). La théorie de Barron permet de dimensionner l'espacement pour atteindre % en quelques mois.
- Préchargement par une surcharge provisoire (par exemple 1,5 à 2 m de remblai supplémentaire), qui permet d'atteindre le tassement correspondant à la charge définitive à un degré de consolidation inférieur à 90 %, donc plus tôt, et qui réduit en outre le tassement secondaire.
Dans tous les cas, un suivi par tassomètres et piézomètres est indispensable, car le en place est souvent supérieur à la valeur de laboratoire (lits silteux, drainage horizontal): le programme de travaux s'ajuste aux mesures.
Références
- SN EN ISO 17892-5, Reconnaissance et essais géotechniques – Essais de laboratoire sur les sols – Partie 5: Essai de compression œdométrique par paliers.
- SIA 267, Géotechnique, Société suisse des ingénieurs et des architectes, Zurich, 2013.
- Terzaghi, K., Peck, R. B., Mesri, G., Soil Mechanics in Engineering Practice, 3e éd., Wiley, New York, 1996.
- Lang, H.-J., Huder, J., Amann, P., Puzrin, A. M., Bodenmechanik und Grundbau, 9e éd., Springer, Berlin, 2011.
- Recordon, E., Mécanique des sols, cours EPFL, Presses polytechniques et universitaires romandes.
- Craig, R. F., Knappett, J. A., Craig's Soil Mechanics, 8e éd., Spon Press, Londres, 2012.