Chapitre 3

Compactage

Essai Proctor, teneur en eau optimale, contrôle du compactage in situ.

Objectifs du chapitre

À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:

  • expliquer les objectifs du compactage et les mécanismes qui le gouvernent;
  • décrire l'essai Proctor normal et modifié, tracer la courbe et en déduire et ;
  • tracer la courbe de saturation et les lignes d'air constant, et calculer le degré de saturation d'un sol compacté;
  • prévoir le comportement d'un sol compacté côté sec et côté humide de l'optimum;
  • choisir un engin de compactage, contrôler un remblai par la densité in situ et l'essai de plaque , et juger de sa conformité aux exigences suisses.

Pourquoi compacter?

Un sol mis en remblai par simple déversement est lâche: son indice des vides est élevé, sa résistance faible, sa perméabilité forte et surtout sa compressibilité importante et irrégulière. Le compactage consiste à resserrer les grains par une action mécanique (chocs, vibrations, pétrissage, pression), en expulsant l'air des vides; contrairement à la consolidation (chapitre 6), il n'y a pas d'expulsion d'eau et l'opération est quasi instantanée.

Les objectifs pratiques sont de limiter les tassements ultérieurs d'un remblai (routes, voies ferrées, plateformes), d'assurer la portance de la plateforme sous une chaussée, de garantir la stabilité des talus de remblai et des digues, et de réduire la perméabilité des noyaux de barrages ou des couvertures de décharges. En Suisse, les remblais routiers et ferroviaires utilisent largement les matériaux morainiques et les graves d'excavation, ainsi que, de plus en plus, des matériaux recyclés (graves de recyclage, matériaux bitumineux concassés) conformément à l'ordonnance sur les déchets (OLED) et aux normes VSS correspondantes.

L'essai Proctor

Principe et énergie de compactage

Ralph Proctor a montré en 1933 que, pour une énergie de compactage donnée, le poids volumique sec obtenu dépend de la teneur en eau et passe par un maximum. L'essai Proctor reproduit ce phénomène en laboratoire: on compacte le sol dans un moule cylindrique en plusieurs couches, chacune recevant un nombre fixé de coups d'une dame de masse et de hauteur de chute normalisées. L'essai est répété à plusieurs teneurs en eau croissantes.

L'énergie volumique se calcule directement à partir des paramètres de l'essai. Pour le Proctor normal en moule A:

Pour chaque point d'essai, on pèse le moule rempli, on en déduit le poids volumique humide , on mesure la teneur en eau sur un prélèvement et l'on calcule

La courbe Proctor

Le report des points (, ) donne la courbe Proctor ou courbe de compactage (figure 3.1). Elle passe par un maximum, le poids volumique sec maximal , atteint pour la teneur en eau optimale .

24681012141618201617181920212223Sr = 100 % (Gs = 2,70)a = 5 %a = 10 %wopt = 9 %wopt = 7 %côté seccôté humideProctor normal (0,6 MJ/m³)Proctor modifié (2,7 MJ/m³)Teneur en eau w (%)Poids volumique sec γd (kN/m³)
Figure 3.1. Courbes Proctor normal et modifié d'une moraine du Plateau (G_s = 2,70). L'augmentation de l'énergie déplace l'optimum vers le haut et vers la gauche. Aucun point ne peut se trouver à droite de la courbe de saturation S_r = 100 %; les courbes en pointillé correspondent à des teneurs en air a de 5 et 10 %.

L'interprétation physique est la suivante. Côté sec, l'eau lubrifie les contacts et permet aux grains de se réarranger: plus augmente, plus le compactage est efficace. Au-delà de l'optimum, l'eau occupe une part croissante des vides; comme elle est incompressible et n'a pas le temps de s'échapper pendant le compactage, elle empêche le resserrement des grains et diminue. La courbe se rapproche alors de la courbe de saturation sans jamais l'atteindre: il subsiste toujours quelques pour cent d'air occlus.

Exercice

On compacte un sol à une teneur en eau nettement supérieure à . Pourquoi le poids volumique sec obtenu est-il plus faible qu'à l'optimum?

Exercice

Calculez le poids volumique sec sur la courbe de saturation pour et ( kN/m³), en kN/m³.

kN/m³

Influence de l'énergie et du type de sol

Une énergie plus forte resserre davantage les grains: la courbe Proctor modifié se situe au-dessus de la courbe normale et son optimum est décalé vers les faibles teneurs en eau (figure 3.1). Pour la moraine de l'exemple 3.1, on passe typiquement de kN/m³ à 21,5 kN/m³ et de à 7 %. Le gain de densité est cependant limité par la courbe de saturation: à droite de l'optimum, les deux courbes se rejoignent presque.

La nature du sol joue un rôle encore plus important:

  • les graves et sables bien gradués atteignent des élevés (20 à 22 kN/m³) pour des faibles (6 à 10 %), avec une courbe pointue: la teneur en eau doit être bien maîtrisée;
  • les sables uniformes ont une courbe plate et peu marquée, parfois avec deux maximums; ils se compactent mieux par vibration, secs ou saturés;
  • les silts et argiles peu plastiques (moraines argileuses, silts lacustres) ont des optimums de 12 à 18 % et de 17 à 19 kN/m³;
  • les argiles plastiques présentent une courbe aplatie, de 15 à 17 kN/m³ et de 18 à 25 %; une argile lacustre romande donne typiquement kN/m³ et .

Comportement des sols compactés

Deux échantillons compactés au même , l'un côté sec et l'autre côté humide de l'optimum, n'ont pas le même comportement. La différence tient à la structure du sol: côté sec, les particules argileuses restent groupées en agrégats (structure floculée), avec de gros pores entre eux; côté humide, l'énergie de compactage oriente les particules parallèlement (structure dispersée) et les pores sont plus fins et plus uniformes.

PropriétéCompacté côté secCompacté côté humide
Structurefloculée, agrégatsdispersée, orientée
Perméabilitéplus élevée (gros pores)plus faible (10 à 100 fois)
Résistance à court termeélevée, comportement raide et fragileplus faible, comportement ductile
Compressibilité sous chargefaible aux faibles contraintes, mais effondrement possible à l'imbibitionplus élevée, mais régulière
Gonflement à l'imbibitionimportant (argiles)faible
Pressions interstitielles au compactagenégatives (succion)positives, risque de matelassage

Ces différences dictent le choix de la teneur en eau de mise en œuvre selon la fonction de l'ouvrage. Un noyau de barrage en argile est compacté légèrement côté humide (+1 à +3 % au-dessus de ) pour minimiser la perméabilité et éviter la fissuration; un remblai routier ou une couche de forme sont compactés à l'optimum ou légèrement côté sec pour maximiser la portance immédiate. Un sol compacté trop sec sous une fondation risque un effondrement (collapse) lors d'une remontée de nappe: les agrégats se détruisent et le sol se tasse brutalement.

Exercice

Pour le noyau argileux d'une digue de retenue, on compacte l'argile à une teneur en eau légèrement supérieure à . Pourquoi?

Explorateur de la courbe Proctor

Faites varier la densité des grains, l'énergie de compactage et la teneur en eau de mise en œuvre: la courbe, la droite de saturation et le point courant se recalculent.

2610141822261416182022Sr = 100 %a = 5 %w = 9.0 %, γd = 20.00Teneur en eau w (%)γd (kN/m³)Proctor normal – Gs = 2.70
γd obtenu
20.00kN/m³
γd,max / wopt
20.00 / 9kN/m³ / %
Degré de saturation Sr
74.9%
γd sur la droite de saturation
21.31kN/m³
Degré de compactage D
100.0%
Écart à l'optimum
0.0%
Densité des grains Gs2.70
Énergie de compactagenormal (0,6 MJ/m³)
Teneur en eau w9.0%

Compactage in situ

Engins et épaisseur des couches

Le compactage sur chantier s'effectue par couches successives, dont l'épaisseur est adaptée à l'engin et au matériau. Les principaux engins sont:

  • les rouleaux vibrants lisses (monocylindres tractés ou automoteurs de 5 à 20 t): les plus polyvalents, efficaces sur les graves, sables et moraines par vibration, couches de 30 à 60 cm;
  • les rouleaux à pieds dameurs («pieds de mouton»): compactage par pétrissage des sols fins et argileux, couches de 20 à 30 cm;
  • les rouleaux à pneus: compactage par pression et pétrissage des sols intermédiaires et des couches bitumineuses;
  • les plaques vibrantes et pilonneuses pour les remblais de tranchées et les zones inaccessibles, couches de 15 à 25 cm;
  • le compactage dynamique (chute de masses de 10 à 40 t) et le vibrocompactage pour densifier en place des sables lâches sur plusieurs mètres.

Le nombre de passes (généralement 4 à 8) et l'épaisseur des couches sont fixés lors d'une planche d'essai en début de chantier, où l'on mesure la densité obtenue en fonction du nombre de passes.

Contrôle par la densité in situ

Le premier contrôle consiste à mesurer le poids volumique sec en place et à le comparer à la référence Proctor.

Les exigences courantes sont de 95 % du Proctor normal dans le corps d'un remblai routier, 97 % dans le mètre supérieur et 100 % (ou 97 % du Proctor modifié) pour les couches de forme et de fondation des chaussées. La teneur en eau de mise en œuvre est également contrôlée: les tolérances usuelles sont de l'ordre de à pour les sols fins, un peu plus larges pour les graves.

La densité in situ se mesure par:

  • le densitomètre à membrane (ou méthode du sable calibré): on creuse un trou, on pèse le sol extrait et l'on mesure le volume du trou par une membrane gonflée à l'eau ou par du sable de granulométrie connue; la teneur en eau est mesurée à l'étuve;
  • le gammadensimètre (sonde nucléaire): l'atténuation d'un rayonnement gamma donne la masse volumique humide et la modération de neutrons rapides donne la teneur en eau; mesure rapide, mais à étalonner sur le matériau;
  • les contrôles continus embarqués sur les rouleaux (compactage intelligent), qui cartographient la raideur de la couche.
Exercice

Un gammadensimètre mesure kN/m³ sur une couche dont le Proctor normal de référence donne kN/m³. Calculez le degré de compactage en %.

%

Sur chantier, il faut souvent corriger la teneur en eau du matériau avant compactage. La masse d'eau à ajouter se rapporte à la masse sèche du sol: pour porter un volume de remblai compacté au poids volumique sec de la teneur en eau à , il faut ajouter

Exercice

Une moraine arrive sur le chantier à ; on veut la compacter à pour obtenir kN/m³. Quelle masse d'eau (kg) faut-il ajouter par m³ de remblai compacté?

kg

Contrôle par l'essai de plaque

La densité ne dit rien de la raideur de la couche, qui est pourtant ce que la chaussée «voit». L'essai de plaque mesure directement la déformabilité de la plateforme.

Dispositif d'essaicouche contrôléecontrepoids (camion)vérin + manomètreplaque d = 300 mmcomparateur (s)poutre de référence hors zone d'influence0,000,050,100,150,200,250,300,00,51,01,52,01er chargement → ME1rechargement → ME2déchargementContrainte sous la plaque σ (MPa)Tassement s (mm)ME = Δσ · d / Δsici ME1 = 50 MPa, ME2 = 100 MPa
Figure 3.2. Essai de plaque ME: dispositif (à gauche) et courbe contrainte–tassement (à droite). Le module M_E1 est la pente sécante du premier chargement, M_E2 celle du rechargement. Les valeurs de l'exemple 3.3 sont reportées.
Exercice

Un essai de plaque sur une planie donne MPa et MPa. Que concluez-vous?

Synthèse

  • Le compactage densifie le sol en chassant l'air de ses vides, à teneur en eau constante; il augmente , la résistance et la raideur, et réduit la perméabilité et les tassements.
  • L'essai Proctor (SN 670 330 / SN EN 13286-2) donne la courbe , dont le maximum définit et ; l'énergie modifiée (2,7 MJ/m³) déplace l'optimum vers le haut et vers la gauche.
  • La courbe de saturation borne les courbes Proctor; à l'optimum, vaut 75 à 90 %.
  • Un sol compacté côté sec est raide, perméable et gonflant; côté humide, il est ductile et peu perméable: la teneur en eau de mise en œuvre se choisit selon la fonction de l'ouvrage.
  • Le contrôle repose sur le degré de compactage (exigences de 95 à 100 %) et sur l'essai de plaque , avec les exigences de la SN 640 585 pour et un rapport limité.

Série d'exercices du chapitre 3

Exercice 1 sur 5
Exercice

Quel énoncé décrit correctement un sol argileux compacté côté sec de l'optimum, par rapport au même sol compacté côté humide au même ?

Problème guidé

Contrôle de compactage d'un remblai

Sur un remblai routier en moraine près de Payerne, la spécification exige un degré de compactage du Proctor normal ( kN/m³, ) et une teneur en eau comprise entre et . Un essai au densitomètre à membrane donne un volume de trou et une masse humide extraite . Un prélèvement de 400 g de sol humide pèse 362 g après séchage à l'étuve.

  1. 1

    Teneur en eau

    La teneur en eau se déduit du prélèvement séché à l'étuve.

    Exercice

    Calculez la teneur en eau en %.

    %
  2. Poids volumique humide

  3. Poids volumique sec et degré de compactage

  4. Décision

Exercices

Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.

Exercice 3.1 · Essai Proctor sur une argile lacustre

Un essai Proctor normal en moule A ( cm³) sur une argile lacustre de la région de Neuchâtel () donne les couples (teneur en eau, masse humide du sol dans le moule) suivants: (13 %, 1,650 kg), (16 %, 1,783 kg), (19 %, 1,886 kg), (22 %, 1,887 kg), (25 %, 1,849 kg). (a) Calculer et pour chaque point et tracer la courbe Proctor. (b) Tracer la courbe de saturation et vérifier qu'aucun point ne la dépasse. (c) Déterminer , et le degré de saturation à l'optimum. (d) Le matériau en place a une teneur en eau naturelle de 23 %. Quelle masse d'eau par m³ de remblai compacté à 97 % de faut-il éliminer pour revenir à l'optimum?

Solution

(a) Poids volumiques. Pour chaque point, avec , puis . Par exemple pour le point 3: et .

Point (%) (kg) (kN/m³) (kN/m³) (kN/m³)
1131,65017,1715,2019,710,47
2161,78318,5616,0018,590,65
3191,88619,6316,5017,590,84
4221,88719,6416,1016,690,91
5251,84919,2515,4015,880,93

La courbe Proctor est obtenue en reportant en fonction de et en lissant par une courbe régulière passant par un maximum.

(b) Courbe de saturation. D'après (3.2), ; les valeurs figurent dans la dernière colonne. Tous les points sont à gauche de la courbe de saturation (), et les points 4 et 5 s'en rapprochent ( supérieur à 0,9): la branche humide de la courbe Proctor longe la courbe de saturation à une teneur en air de 5 à 7 %.

(c) Optimum. Le maximum se situe au point 3 ou légèrement au-delà: pour , valeurs typiques d'une argile lacustre peu à moyennement plastique. Degré de saturation à l'optimum:

(d) Eau à éliminer. Le remblai est compacté à , soit une masse sèche par m³ de . Pour passer de à :

Il faut donc évaporer environ 65 litres d'eau par m³ de remblai, ce qui, pour une argile, n'est réalisable que par aération prolongée par temps sec ou par traitement à la chaux (qui consomme une partie de l'eau et abaisse la teneur en eau d'environ 1 % par pour cent de chaux ajoutée, en plus de modifier la plasticité).

Exercice 3.2 · Contrôle d'un remblai

Trois essais au densitomètre à membrane sont réalisés sur la couche supérieure d'un remblai en moraine (Proctor normal: kN/m³, ; exigence ).

EssaiVolume du trou (dm³)Masse humide (kg) (%)
11,924,158,8
21,783,7310,4
32,014,417,9

(a) Calculer , et pour chaque essai. (b) Quels essais sont conformes? (c) Le responsable de chantier propose de retenir la moyenne des trois essais. Discuter cette proposition et indiquer la décision à prendre pour la zone de l'essai 2.

Solution

(a) Calculs. (avec en kg et en dm³, sort en kN/m³), et .

Essai (kN/m³) (kN/m³) (%) (%)
197,4−0,2
293,1+1,4
399,7−1,1

(b) Conformité. Les essais 1 (97,4 %) et 3 (99,7 %) sont conformes à l'exigence ; l'essai 2 (93,1 %) ne l'est pas. On remarque que l'essai 2 correspond aussi à la teneur en eau la plus élevée, côté humide de l'optimum.

(c) Moyenne des essais. La moyenne vaut , inférieure à 97 % de toute façon. Mais surtout, la moyenne n'a pas de sens pour un contrôle de conformité: les essais sont ponctuels et l'exigence s'applique à chaque zone du remblai, car c'est la zone la plus faible qui gouverne les tassements différentiels et la portance locale. Les spécifications admettent parfois qu'une faible proportion des essais soit inférieure à l'exigence, mais avec une valeur minimale absolue (par exemple 95 %). Ici, avec un déficit de 4 %, la zone de l'essai 2 doit être recompactée; comme le matériau y est plus humide, on vérifiera d'abord s'il n'a pas été mis en œuvre sous la pluie ou dans une zone mal drainée, on le laissera éventuellement s'aérer, puis on ajoutera des passes et l'on refera un essai de contrôle.

Exercice 3.3 · Préparation d'une couche de remblai

Une couche de remblai de 30 cm d'épaisseur (après compactage) doit être mise en place sur une surface de 1200 m². Le matériau, une moraine à , est livré à et doit être compacté à pour atteindre kN/m³ (97 % du Proctor normal). (a) Calculer la masse sèche de matériau nécessaire. (b) Calculer le volume d'eau à ajouter. (c) Le matériau foisonné dans les camions a un poids volumique sec de 16 kN/m³: calculer le volume à transporter et le nombre de camions de 12 m³. (d) Calculer le degré de saturation de la couche compactée.

Solution

(a) Masse sèche. Volume compacté . Masse sèche:

(b) Volume d'eau. Il faut faire passer la teneur en eau de 5,5 % à 9 %:

Cela représente environ 21 litres par m² de couche; l'arrosage se fait en général par citerne, en plusieurs passages, suivi d'un malaxage à la niveleuse ou au rotavator pour homogénéiser.

(c) Transport. Dans les camions, le matériau foisonné a ; le volume à transporter est

soit un coefficient de foisonnement de par rapport au volume compacté. Avec des camions de 12 m³, il faut , donc 37 voyages. La masse humide transportée est , soit environ 20 t par camion, ce qui est compatible avec la charge utile d'un camion 4 essieux.

(d) Degré de saturation. et : la couche compactée contient encore un tiers d'air dans ses vides, ce qui est normal à l'optimum Proctor normal.

Exercice 3.4 · Essai de plaque sur une planie

Un essai de plaque ( mm) sur la planie d'une route communale donne, au premier chargement, mm sous 0,10 MPa et mm sous 0,25 MPa; au rechargement, mm sous 0,10 MPa et mm sous 0,25 MPa. (a) Calculer et . (b) Calculer le rapport et commenter la qualité du compactage. (c) La spécification exige MPa sur la planie: conclure et proposer des mesures si nécessaire. (d) Expliquer pourquoi la densité in situ ne suffit pas à garantir la portance d'une planie.

Solution

(a) Modules. Avec et :

(b) Rapport. . Le rapport est inférieur à la limite usuelle de 2,5 à 3: le premier chargement n'a que modérément densifié la couche, ce qui indique un compactage correct. Le tassement au rechargement sous 0,10 MPa (1,30 mm, contre 0,55 mm au premier chargement) montre néanmoins qu'une part importante de la déformation du premier cycle est plastique, comme c'est normal pour une planie en sol naturel.

(c) Conformité. : la planie est conforme à la spécification, et même largement. Aucune mesure n'est nécessaire; si la valeur avait été inférieure à 30 MPa, les mesures possibles auraient été, dans l'ordre: attendre un séchage et recompacter (sol trop humide), substituer la couche supérieure par une grave, stabiliser le sol à la chaux ou au ciment, ou augmenter l'épaisseur de la couche de fondation pour compenser la faible portance de la planie (dimensionnement de la superstructure selon les normes VSS).

(d) Densité et portance. Le degré de compactage mesure l'état de compacité du sol, mais la raideur d'une couche dépend aussi de sa teneur en eau (un sol fin compacté côté humide peut avoir un satisfaisant et un très faible), de sa structure, de la présence d'un sous-sol mou ou saturé sous la couche testée (l'essai de plaque intéresse une profondeur de l'ordre de 1,5 à 2 fois le diamètre, soit 45 à 60 cm) et de la succion. Inversement, une grave grossière peut donner un élevé malgré un contrôle de densité difficile. Les deux contrôles sont complémentaires: la densité vérifie la mise en œuvre couche par couche, l'essai de plaque vérifie la performance de la plateforme finie, qui est ce que la chaussée sollicite réellement.

Références

  • SN 670 330, Sols – Essai de compactage Proctor, et SN EN 13286-2, Mélanges avec ou sans liant hydraulique – Méthodes d'essai de détermination de la masse volumique de référence et de la teneur en eau – Compactage Proctor, VSS, Zurich.
  • SN 670 317b, Sols – Essai de plaque ME, VSS, Zurich.
  • SN 640 585, Terrassement – Remblais et infrastructure: exigences, VSS, Zurich.
  • SIA 267, Géotechnique, Société suisse des ingénieurs et des architectes, Zurich, 2013.
  • Lang, H.-J., Huder, J., Amann, P., Puzrin, A. M., Bodenmechanik und Grundbau, Springer, Berlin.
  • Das, B. M., Principles of Geotechnical Engineering, Cengage; chapitre sur le compactage.

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