Annexe A

Formulaire

Algorithmes, propriétés et formules essentielles du cours, chapitre par chapitre.

Ce formulaire rassemble, chapitre par chapitre, les algorithmes, propriétés et formules essentiels du cours, avec la notation des chapitres correspondants (les numéros d'équations et de théorèmes y renvoient). Chaque formule est suivie de la signification des symboles et de ses conditions de validité; les démonstrations, les exemples et les pièges classiques se trouvent dans les chapitres. Conventions: les vecteurs sont des colonnes, notés en gras , les matrices en capitales , d'entrées ; transposée , inverse , identité , déterminant ou , trace , rang , noyau , image , sous-espace engendré ; produit scalaire , norme , produit vectoriel ; désigne les polynômes de degré au plus ; virgule décimale ().

Chapitre 1 – Systèmes d'équations linéaires

Écriture matricielle d'un système de équations à inconnues (1.2): est la matrice des coefficients, la matrice augmentée; la ligne code la -ième équation, la colonne rassemble les coefficients de . Le système est homogène si ; il admet alors toujours la solution triviale.

Les trois opérations élémentaires sur les lignes (échange, multiplication par un scalaire non nul, addition d'un multiple d'une autre ligne); elles sont réversibles et conservent l'ensemble des solutions (théorème 1.1). Deux matrices reliées par une suite de telles opérations sont équivalentes par lignes, .

Algorithme de Gauss (élimination), appliqué à la matrice augmentée, colonne par colonne:

  1. choisir le pivot: dans la première colonne non encore traitée contenant un coefficient non nul parmi les lignes disponibles, amener ce coefficient en haut par un échange de lignes (pivot partiel: prendre le coefficient de plus grande valeur absolue);
  2. éliminer: pour chaque ligne sous la ligne du pivot , effectuer , où est la colonne du pivot;
  3. recommencer avec la sous-matrice située sous la ligne du pivot jusqu'à obtenir une forme échelonnée (lignes nulles en bas, chaque pivot strictement à droite du précédent, zéros sous les pivots);
  4. lire la compatibilité, puis résoudre de la dernière équation non nulle vers la première (substitution rétrograde).

Méthode de Gauss–Jordan: prolonger l'algorithme en divisant chaque ligne par son pivot (), puis en éliminant de bas en haut les coefficients situés au-dessus de chaque pivot. On obtient la forme échelonnée réduite (pivots égaux à , seuls non nuls dans leur colonne), qui est unique (théorème 1.2); les variables pivots s'y lisent directement en fonction des variables libres.

Théorème 1.3 d'existence et d'unicité, lu sur une forme échelonnée de la matrice augmentée: le système est compatible si et seulement si la colonne des seconds membres n'est pas une colonne pivot; un système compatible a une solution unique s'il n'y a aucune variable libre, une infinité dès qu'il y en a une. Un système linéaire a donc , ou une infinité de solutions.

Situation ( de taille , )Ensemble des solutions
vide (système incompatible)
un point unique
sous-espace affine de dimension ( paramètres)
homogène, infinité de solutions non triviales (corollaire 1.5)

Structure des solutions d'un système compatible (proposition 1.4 et (1.3)): une solution particulière plus toutes les solutions du système homogène associé, avec un paramètre par variable libre. Le rang ne dépend pas de la suite d'opérations choisie.

Nombre d'opérations arithmétiques pour un système carré : doubler multiplie le coût par huit. En arithmétique flottante, on applique la règle du pivot partiel pour limiter la propagation des erreurs d'arrondi.

Chapitre 2 – Calcul matriciel et matrices inversibles

Produit (2.1) de par , défini seulement si le nombre de colonnes de égale le nombre de lignes de ; est la combinaison linéaire des colonnes de à coefficients (2.2), et les colonnes de sont les produits de par les colonnes de (proposition 2.2).

Règles du produit (théorème 2.3), valables dès que les tailles sont compatibles. Le produit n'est ni commutatif ni intègre: en général , et n'entraîne pas ou ; en particulier .

Transposée (lignes et colonnes échangées) et ses règles; la transposition renverse l'ordre des facteurs (théorème 2.4). est symétrique si , antisymétrique si ; pour toute , les matrices et sont symétriques.

Inverse d'une matrice (théorème 2.9, (2.3)): échanger les coefficients diagonaux, changer le signe des deux autres, diviser par le déterminant.

Définition et propriétés des inverses (théorèmes 2.7 et 2.8), pour inversibles et ; l'inverse est unique et l'inversion renverse l'ordre des facteurs. Une matrice carrée non inversible est dite singulière.

Théorème d'inversibilité (théorème 2.10, complété au théorème 5.12): pour , les affirmations suivantes sont équivalentes:

  1. est inversible;
  2. pour tout , le système possède une solution unique;
  3. le système homogène n'a que la solution nulle, c'est-à-dire ;
  4. la forme échelonnée réduite de est , c'est-à-dire ;
  5. est un produit de matrices élémentaires;
  6. (chapitre 3);
  7. les colonnes (ou les lignes) de forment une base de (chapitre 5).

Calcul de l'inverse (2.4): on réduit la matrice augmentée jusqu'à obtenir à gauche; si une ligne nulle apparaît dans le bloc de gauche, n'est pas inversible. Pour résoudre un seul système, l'élimination directe est plus économique que le calcul de .

Matrices élémentaires (une opération appliquée à ): une opération sur les lignes de est un produit à gauche par la matrice élémentaire correspondante (théorème 2.5). Elles sont inversibles, avec , et (proposition 2.6). Une matrice triangulaire est inversible si et seulement si sa diagonale ne contient aucun zéro, et son inverse est triangulaire du même type (théorème 2.11).

Chapitre 3 – Déterminants

Déterminants d'ordre 2 (3.2) et d'ordre 3 (3.3), ce dernier par la règle de Sarrus: recopier les deux premières colonnes à droite, additionner les produits des trois diagonales descendantes, soustraire ceux des trois diagonales montantes. La règle de Sarrus ne s'étend pas à l'ordre 4.

Cofacteur (mineur : déterminant de la matrice privée de la ligne et de la colonne , signe en damier commençant par ) et développement de Laplace selon une ligne ou une colonne quelconques (théorème 3.2, (3.6)); on choisit la ligne ou la colonne contenant le plus de zéros.

Opération sur donnant Effet sur le déterminant
()
()
deux lignes égales ou proportionnelles, ou une ligne nulle

Effet des opérations élémentaires (théorème 3.5) et alternance (corollaire 3.6); le déterminant est linéaire par rapport à chaque ligne, mais en général. Les mêmes règles valent pour les colonnes puisque (théorème 3.4). Méthode pratique: réduire à une forme triangulaire en notant les échanges et les facteurs.

Déterminant d'une matrice triangulaire ou diagonale (théorème 3.3) et de la transposée.

Déterminant d'un produit (théorème 3.8, (3.7)) et corollaires (théorème 3.9), pour , , inversible. Critère d'inversibilité (théorème 3.7): est inversible si et seulement si .

Règle de Cramer (théorème 3.10, (3.8)) pour avec carrée inversible: est la matrice dont la -ième colonne est remplacée par . Précieuse pour les formules littérales, mais Gauss reste la méthode numérique.

Formule de la comatrice (théorème 3.11, (3.9)–(3.10)): est la matrice des cofacteurs et sa transposée la matrice adjointe. Pour , on retrouve (2.3).

Déterminant de Vandermonde (théorème 3.12, (3.11)), non nul si et seulement si les sont deux à deux distincts: c'est l'unicité du polynôme d'interpolation.

Aire signée du parallélogramme engendré par (proposition 3.1, (3.4); angle orienté de vers ), positive si la base est directe; en dimension 3, est le volume du parallélépipède. À droite, équation de la droite passant par et (3.12).

Chapitre 4 – Espaces vectoriels, bases et dimension

Les huit axiomes d'un espace vectoriel réel (addition et multiplication par un scalaire à valeurs dans ), pour tous et . Exemples: , , , , les solutions d'un système ou d'une équation différentielle linéaire homogène. Conséquences (proposition 4.1): , , , et implique ou .

Critère de sous-espace vectoriel (théorème 4.2): non vide et stable par combinaison linéaire. Une intersection de sous-espaces est un sous-espace (proposition 4.3); une réunion en général non.

Sous-espace engendré (4.1): le plus petit sous-espace contenant les (théorème 4.4); la famille est génératrice de si . Décider l'appartenance revient à résoudre le système (4.2) dont les colonnes sont les .

Famille libre (linéairement indépendante) (4.3); sinon la famille est liée, ce qui équivaut, pour , à ce que l'un des vecteurs soit combinaison linéaire des autres (théorème 4.5). Une famille contenant ou deux vecteurs égaux est liée; deux vecteurs sont liés si et seulement s'ils sont colinéaires; toute sous-famille d'une famille libre est libre (proposition 4.6). Dans : vecteurs sont libres si et seulement si la matrice qu'ils forment en colonnes a rang ; vecteurs de sont libres si et seulement si leur déterminant est non nul. La famille des monômes est libre (proposition 4.7).

Base et unicité de la décomposition (théorème 4.8, (4.4)). Toutes les bases d'un espace de dimension finie ont le même nombre d'éléments, la dimension (théorème 4.11); .

Dimensions usuelles (4.5): bases canoniques , matrices à une seule entrée non nulle, monômes .

Lemme d'échange de Steinitz (théorème 4.10) et sous-espaces (théorème 4.12). Théorème 4.9 de la base extraite et de la base incomplète: de toute famille génératrice finie on peut extraire une base, et toute famille libre peut être complétée en une base par des vecteurs d'une famille génératrice.

Familles de vecteurs en dimension (théorème 4.13): il suffit de vérifier l'une des deux propriétés.

Coordonnées dans la base et linéarité de l'application coordonnées (théorème 4.14, (4.6)), qui est bijective: une famille de est libre, génératrice ou une base si et seulement si la famille de ses vecteurs de coordonnées l'est dans . Base de Lagrange de (proposition 4.16, (4.7)): , dans laquelle les coordonnées de sont ses valeurs .

Chapitre 5 – Noyau, image et rang

Noyau (5.1) et image (5.3) de de colonnes ; ce sont des sous-espaces (propositions 5.1 et 5.4). L'image est aussi l'espace des colonnes; l'espace des lignes est . Le système est compatible si et seulement si ; si et seulement si les colonnes de sont libres (théorème 5.3).

Sous-espaceBase pratique (à partir de la forme échelonnée réduite de , à pivots)Dimension
pour chaque variable libre, le vecteur obtenu en lui donnant et aux autres variables libres
les colonnes de (et non de ) situées aux positions des pivots
(lignes)les lignes non nulles de (ou d'une forme échelonnée)

Calcul pratique des trois sous-espaces (théorèmes 5.2, 5.6 et 5.7); les opérations sur les lignes conservent et l'espace des lignes, ainsi que les relations linéaires entre colonnes (théorème 5.5), mais pas l'image.

Rang (théorèmes 5.8 et 5.9): nombre maximal de colonnes, ou de lignes, indépendantes. Rang d'un produit (théorème 5.10, (5.4)); si est inversible, , et si est inversible, .

Théorème du rang (théorème 5.11, (5.5)). Conséquences (théorème 5.13): si , et un système compatible a une infinité de solutions; si , et certains seconds membres ne donnent aucune solution. Pour carrée: inversible les colonnes (ou les lignes) forment une base de (théorème 5.12).

Solutions d'un système compatible (théorème 5.14, (5.6)): sous-espace affine de dimension passant par une solution particulière ; solution unique si et seulement si .

Somme de deux sous-espaces (5.7), engendrée par la réunion de familles génératrices de et de (proposition 5.15), et formule de Grassmann (théorème 5.16, (5.8)). Calcul pratique: une base de s'extrait de la réunion des bases (colonnes pivots); s'obtient en résolvant , ou, si et sont donnés par des équations, en réunissant les équations.

Caractérisations d'une somme directe (théorème 5.17): tout vecteur de s'écrit de manière unique . et sont supplémentaires dans () si et seulement si et . Application (théorème 5.18): la matrice d'incidence d'un graphe à nœuds, arêtes et composantes connexes a pour rang , et est le nombre de mailles indépendantes.

Chapitre 6 – Applications linéaires et changements de base

Application linéaire (6.1) et premières propriétés (proposition 6.1, (6.2)); est déterminée par les images des vecteurs d'une base, et l'image d'un sous-espace est . Vocabulaire: forme linéaire (), endomorphisme (), isomorphisme ( bijective, ), automorphisme.

Applications linéaires de dans (théorème 6.2, (6.3)): la matrice canonique a pour colonnes les images des vecteurs de la base canonique. Exemple: rotation d'angle du plan, (6.4).

Injectivité et noyau (théorème 6.4), théorème du rang (théorème 6.5, (6.5)) pour de dimension finie, avec . Si est finie, injective surjective bijective (corollaire 6.6); si , n'est jamais injective; si , jamais surjective.

Matrice de dans les bases de et de (6.6): la colonne contient les coordonnées de dans ; elle calcule les images en coordonnées (théorème 6.8, (6.7)). Pour un endomorphisme on écrit . Le rang de est le rang de n'importe laquelle de ses matrices.

Matrice d'une composée (théorème 6.9, (6.8)): composer, c'est multiplier les matrices, dans le même ordre; la matrice de la réciproque d'un isomorphisme est l'inverse.

Matrice de passage de à (6.9): colonnes = nouveaux vecteurs exprimés dans l'ancienne base, soit ; changement de coordonnées (théorème 6.10, (6.10)), les nouvelles coordonnées étant .

Formule de changement de base (théorème 6.11, (6.11)–(6.12)), avec , , et .

Matrices semblables (même endomorphisme dans deux bases) et invariants de similitude (théorème 6.13, complété par la proposition 9.6 pour le polynôme caractéristique); la trace vérifie (lemme 6.12) et .

Chapitre 7 – Produit scalaire, orthogonalité et projections

Produit scalaire canonique de (7.1), symétrique, bilinéaire et défini positif (proposition 7.1); norme et distance. Un produit scalaire sur un espace vectoriel quelconque est une forme symétrique, bilinéaire, définie positive; l'espace est alors euclidien. Développement: (7.2).

Inégalité de Cauchy–Schwarz (théorème 7.2, (7.3); égalité si et seulement si et sont colinéaires), inégalité triangulaire (théorème 7.3) et angle entre deux vecteurs non nuls (7.4). Identité du parallélogramme (proposition 7.4): .

Orthogonalité et théorème de Pythagore (théorème 7.5), qui s'étend à une famille deux à deux orthogonale. Une famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre (théorème 7.6).

Base orthonormée d'un sous-espace et coordonnées d'un vecteur (théorème 7.7, (7.5)): les coordonnées sont des produits scalaires, sans système à résoudre.

Matrice orthogonale (colonnes, et donc lignes, orthonormées) et propriétés (théorème 7.8): conservation des produits scalaires, normes, angles et distances; le produit de deux matrices orthogonales est orthogonal. Pour rectangulaire, signifie seulement que les colonnes sont orthonormées (7.6).

Orthogonal d'un sous-espace et propriétés (théorème 7.9); pour trouver , on résout où les colonnes de engendrent . Tout vecteur s'écrit de manière unique avec et : est la projection orthogonale, le résidu.

Projection orthogonale sur la droite (théorème 7.10, (7.7)) et sur un sous-espace muni d'une base orthonormée ou seulement orthogonale (théorème 7.11, (7.8)). Meilleure approximation (théorème 7.12): est l'unique point de le plus proche de , et .

Matrice de la projection orthogonale sur (théorème 7.13): a pour colonnes une base orthonormée de , une base quelconque (alors est inversible).

Procédé de Gram–Schmidt (théorème 7.14, (7.9)), à partir d'une famille libre :

  1. poser ;
  2. pour , retrancher à sa projection sur les vecteurs déjà construits: ;
  3. normaliser: .

La famille est orthogonale, orthonormée, et pour tout .

Factorisation QR (théorème 7.15) d'une matrice à colonnes indépendantes: contient les vecteurs de Gram–Schmidt, les coefficients ().

Équations normales (théorème 7.16, (7.10)): minimise (solution au sens des moindres carrés d'un système incompatible , ); elles ont toujours une solution, unique si les colonnes de sont indépendantes (théorème 7.17). Le résidu est orthogonal à .

Droite de régression (théorème 7.18, (7.11)) de points d'abscisses non toutes égales, et étant les moyennes; c'est la solution des équations normales pour , et la droite passe par le point moyen . Tout modèle linéaire en ses paramètres (polynôme, combinaison de fonctions données) se traite de même.

Chapitre 8 – Géométrie vectorielle de l'espace

Produit vectoriel de (8.2), dans un repère orthonormé direct. Propriétés (théorème 8.1): antisymétrie (donc ), bilinéarité, orthogonal à et à , orienté par la règle de la main droite; si et seulement si et sont colinéaires. Il n'est ni commutatif ni associatif.

Identité de Lagrange et norme du produit vectoriel (théorème 8.2, (8.3)–(8.4); angle entre et ), formule du double produit vectoriel (8.6). Aires (8.5): parallélogramme , triangle : .

Produit mixte et déterminant (théorème 8.3, (8.7)), volumes (8.8). Le produit mixte est invariant par permutation circulaire, change de signe si l'on échange deux vecteurs, et s'annule si et seulement si sont coplanaires.

Représentation paramétrique d'une droite passant par et dirigée par (8.9), équivalente à deux équations cartésiennes. Positions relatives de et : parallèles si et sont colinéaires (confondues si de plus ); sinon sécantes ou gauches selon que le produit mixte est nul ou non (théorème 8.4).

Équation cartésienne du plan passant par et de vecteur normal (théorème 8.7, (8.12)), obtenu à partir de deux vecteurs directeurs non colinéaires par produit vectoriel; réciproquement toute équation avec définit un plan de normale . Deux plans sont parallèles si leurs normales sont colinéaires, perpendiculaires si .

DistanceFormule
point – droite , pied
droites gauches ,
point – plan
projeté et symétrique par rapport à ,

Distances (théorèmes 8.5, 8.6 et 8.8, (8.10), (8.11), (8.14), (8.15)); la distance entre deux droites non parallèles est nulle si et seulement si elles sont sécantes. Deux droites parallèles sont à la distance .

Angles (8.13): entre deux plans de normales ; entre une droite de direction et un plan de normale (complémentaire de l'angle aigu entre et ); entre deux vecteurs (8.1); l'angle entre deux droites est l'angle aigu, obtenu avec au numérateur.

Moment par rapport à d'une force appliquée en (8.16), de norme «intensité × bras de levier», et vitesse d'un point d'un solide en rotation de vecteur rotation autour d'un axe passant par (8.17).

Chapitre 9 – Valeurs propres et vecteurs propres

Valeur propre , vecteur propre (9.1) et espace propre (9.2), sous-espace de dimension au moins (proposition 9.1); l'ensemble des valeurs propres est le spectre . Une valeur propre peut être nulle ( si et seulement si est singulière, proposition 9.3), un vecteur propre jamais.

Polynôme caractéristique, de degré , et caractérisation des valeurs propres (théorèmes 9.4 et 9.5, (9.3)–(9.4)); au plus valeurs propres réelles. Pour : . Marche à suivre: racines de , puis pour chaque une base de par Gauss.

Trace et déterminant (9.5), les étant les racines de comptées avec multiplicité (dans si nécessaire). Les valeurs propres d'une matrice triangulaire ou diagonale sont ses coefficients diagonaux (proposition 9.2); deux matrices semblables ont le même polynôme caractéristique, donc les mêmes valeurs propres (proposition 9.6); une rotation du plan d'angle n'a que des valeurs propres complexes .

Multiplicité géométrique et multiplicité algébrique (ordre de comme racine de ), et leur encadrement (théorème 9.7, (9.6)); une valeur propre simple () a toujours .

Indépendance des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes (théorème 9.8) et somme directe des espaces propres (théorème 9.9); valeurs propres réelles distinctes fournissent une base de vecteurs propres de .

Théorème de Cayley–Hamilton (théorème 9.10): toute matrice annule son polynôme caractéristique, ce qui exprime (si ) et toutes les puissances comme polynômes en de degré au plus .

Puissance itérée (valeur propre dominante ): partir de ; pour , calculer et normaliser ; estimer par le quotient de Rayleigh.

Quotient de Rayleigh (9.8) et vitesse de convergence, si a une composante non nulle le long de ; pour une matrice symétrique, converge comme . Application: PageRank, modèle de Leslie. Stabilité du système discret : pour tout si et seulement si toutes les valeurs propres vérifient .

Chapitre 10 – Diagonalisation et applications

Matrice diagonalisable (10.1) et théorème 10.1: est diagonalisable si et seulement si possède une base de vecteurs propres ; les colonnes de sont les vecteurs propres et la diagonale de les valeurs propres correspondantes, dans le même ordre. Contrôle: .

Critères de diagonalisabilité (théorèmes 10.2 et 10.3), pour de valeurs propres réelles distinctes :

  1. si a valeurs propres réelles deux à deux distinctes, est diagonalisable (condition suffisante);
  2. est diagonalisable sur si et seulement si ;
  3. de façon équivalente: est scindé sur () et pour chaque .

Sur , seule la condition subsiste. Un cisaillement () n'est pas diagonalisable; une rotation ne l'est que sur ; une matrice symétrique l'est toujours (chapitre 11). Algorithme: (i) calculer et ses racines; (ii) pour chaque , une base de ; (iii) vérifier ; (iv) former et .

Puissances d'une matrice diagonalisable (théorème 10.4, (10.2)); la formule vaut pour si aucune valeur propre n'est nulle, et si les : toute fonction de se calcule sur les valeurs propres.

Suite de Fibonacci (, , ) par la matrice compagnon et formule de Binet (théorème 10.5, (10.4)); est l'entier le plus proche de et . Toute suite récurrente linéaire se traite de même.

Système dynamique discret et comportement asymptotique (théorème 10.6, (10.5)) lorsque pour et : la direction s'aligne sur et la taille est multipliée par à chaque pas.

Exponentielle d'une matrice (10.6), toujours convergente, et propriétés (théorème 10.7); est toujours inversible, d'inverse . Sans commutation, en général.

Matrice stochastique par colonnes ( probabilité de passer de l'état à l'état ), évolution d'une chaîne de Markov (10.7) et distribution stationnaire (vecteur propre de la valeur propre , normalisé à somme ; se calcule en résolvant ). Toute matrice stochastique a la valeur propre et (théorème 10.8); si elle est régulière (une puissance à coefficients tous strictement positifs), est unique et pour tout vecteur de probabilité , à la vitesse de la seconde valeur propre (théorème 10.9). Pour deux états de probabilités de transition et : (10.8).

Solution du système différentiel linéaire à coefficients constants (théorème 10.10, (10.9)–(10.10)) pour diagonalisable: chaque mode propre évolue indépendamment avec le taux . Pour , les solutions se recombinent en et .

Valeurs propres de ()Nature de l'origineComportement quand
réelles, nœud stable, tangent à (la plus lente)
réelles, nœud instable le long de
réelles, point sellefuite le long de , sauf sur la droite
complexes , foyer stablespirale vers , pseudo-période
complexes , foyer instablespirale s'éloignant de
imaginaires pures centreorbites fermées (ellipses), oscillation entretenue

Portraits de phase de dans le plan. L'origine est asymptotiquement stable si et seulement si toutes les valeurs propres ont une partie réelle strictement négative; pour , cela équivaut à et . Oscillateurs couplés (10.11): les modes propres sont les vecteurs propres de et les pulsations propres .

Chapitre 11 – Matrices symétriques et formes quadratiques

Matrice symétrique réelle (11.1): ses valeurs propres sont toutes réelles, comptées avec multiplicité (proposition 11.1), et ses espaces propres sont deux à deux orthogonaux (proposition 11.2).

Théorème spectral (théorème 11.3, (11.2)): une matrice réelle est orthogonalement diagonalisable si et seulement si elle est symétrique; possède alors une base orthonormée de vecteurs propres. Marche à suivre: valeurs propres, base de chaque espace propre, Gram–Schmidt dans les espaces propres de dimension au moins , normalisation.

Décomposition spectrale (théorème 11.4, (11.3)): somme de projections orthogonales sur les droites propres, pondérées par les valeurs propres; , , .

Forme quadratique et sa matrice symétrique (11.4, proposition 11.5): coefficient de sur la diagonale, moitié du coefficient de en positions et .

Théorème des axes principaux (théorème 11.6, (11.5)): le changement de variables orthogonal élimine les termes croisés; les droites sont les axes principaux. La signature de est le couple (nombre de valeurs propres strictement positives et strictement négatives), son rang .

Nature de (ou de symétrique)Condition sur les valeurs propresSignature
définie positive: pour toutes
semi-définie positive: toutes ,
définie négative / semi-définie négativetoutes / /
indéfiniedes de signes opposés et

Classification des formes quadratiques par le signe des valeurs propres, lu sur la forme réduite .

Caractérisations d'une matrice définie positive (théorème 11.7), pour symétrique:

  1. pour tout ;
  2. toutes les valeurs propres de sont strictement positives;
  3. critère de Sylvester: tous les mineurs principaux dominants sont strictement positifs, , , …, ;
  4. avec inversible; on peut prendre avec triangulaire inférieure à diagonale strictement positive (décomposition de Cholesky , unique).

Pour «définie négative», appliquer le critère à (les alternent en signe, ). Pour toute de colonnes indépendantes, est définie positive.

Conique du plan (11.6) et matrice de sa partie quadratique. Réduction: rotation vers les axes principaux, puis complétion des carrés (translation).

Valeurs propresConique (hors cas dégénérés)Équation réduite type
même signeellipse (cercle si ), demi-axes ,
signes opposéshyperbole
une valeur propre nulleparabole, axe

Classification des coniques par les valeurs propres (théorème 11.8); est le second membre après complétion des carrés , les vecteurs propres portent les axes et la valeur propre la plus petite correspond au demi-axe le plus long. Cas dégénérés: ensemble vide, un point, une ou deux droites. Dans l'espace, les quadriques se classent par la signature de : ellipsoïde, hyperboloïde à une nappe (ou cône si le second membre est nul), hyperboloïde à deux nappes, ou avec terme linéaire résiduel: paraboloïde elliptique ou hyperbolique.

Quotient de Rayleigh d'une matrice symétrique (théorème 11.9, (11.7)), avec égalité si et seulement si est vecteur propre de la valeur propre extrême: le maximum et le minimum de sur la sphère unité sont et . Applications: axes principaux d'inertie, fréquences propres, analyse en composantes principales (matrice de covariance (11.8): composantes principales = vecteurs propres, variances = valeurs propres).

Chapitre 12 – Décompositions matricielles et calcul numérique

DécompositionHypothèseFormeUsage principal
LU carrée, Gauss sans échange (ou avec pivotage) triangulaire inférieure unitaire, triangulaire supérieurerésoudre pour plusieurs ,
Cholesky symétrique définie positive, systèmes symétriques définis positifs (moitié du coût de LU, sans pivotage)
QR, colonnes indépendantes, triangulaire supérieuremoindres carrés stables, valeurs propres (algorithme QR)
SVDtoute orthogonales, diagonale rang, normes, conditionnement, pseudo-inverse, compression, ACP

Les quatre factorisations du chapitre; les hypothèses conditionnent l'existence.

Décomposition LU (théorème 12.1): est la matrice échelonnée de Gauss et les coefficients sous-diagonaux de sont les multiplicateurs de l'élimination (); unique si est inversible et si aucun échange n'est nécessaire. Résolution en deux systèmes triangulaires (12.1), pour un coût de pour la factorisation puis environ par second membre. Avec pivotage partiel (théorème 12.2, (12.2)), est une matrice de permutation et ; déterminant (12.3) avec échanges de lignes. Ne jamais calculer pour résoudre un système.

Décomposition de Cholesky (théorème 12.3, (12.4)–(12.5)), colonne par colonne, pour symétrique définie positive; une racine carrée d'un nombre négatif ou nul signale que n'est pas définie positive (test pratique).

Décomposition QR (théorème 12.4, (12.6)) par Gram–Schmidt (chapitre 7) ou, de façon numériquement stable, par les réflexions de Householder (12.7, théorème 12.5): est la symétrie orthogonale par rapport à l'hyperplan , symétrique et orthogonale; une réflexion par colonne annule les coefficients sous la diagonale, et .

Moindres carrés par QR (théorème 12.6, (12.8)), pour de rang : système triangulaire équivalent aux équations normales, sans former . Algorithme QR pour les valeurs propres (12.9): les sont toutes semblables à et convergent vers une forme triangulaire dont la diagonale porte les valeurs propres.

Décomposition en valeurs singulières (théorème 12.7, (12.10)–(12.11)) de : et orthogonales, à diagonale ; les sont des vecteurs propres orthonormés de (les de ), et pour . Géométriquement: rotation, étirement, rotation; l'image de la sphère unité est un ellipsoïde de demi-axes .

Rang et bases orthonormées des quatre sous-espaces fondamentaux lus sur la SVD (théorème 12.8).

Norme spectrale et norme de Frobenius et leur expression par les valeurs singulières (proposition 12.9).

Pseudo-inverse de Moore–Penrose (12.12): si est inversible, si les colonnes sont indépendantes; minimise et est, parmi les minimiseurs, l'unique vecteur de norme minimale (théorème 12.10).

Conditionnement (12.13) pour une norme subordonnée, sa valeur en norme spectrale (proposition 12.11), sensibilité de la solution de à une perturbation du second membre (théorème 12.12, (12.14)) et carré du conditionnement par les équations normales (théorème 12.13). En pratique on perd environ chiffres significatifs; en double précision (), un de ne laisse que six chiffres fiables.

SVD tronquée (12.15) et théorème d'Eckart–Young (théorème 12.14): est la meilleure approximation de rang au plus , pour les deux normes; base de la compression d'images et de l'analyse en composantes principales (composantes , variances ).

Méthodes itératives (12.16)–(12.17) pour avec , : Jacobi utilise l'itéré précédent, Gauss–Seidel les composantes déjà mises à jour. Avec (diagonale, parties strictement inférieure et supérieure), avec et ; convergence pour tout point de départ si et seulement si toutes les valeurs propres de sont de module strictement inférieur à (théorème 12.15), ce qui est garanti si est à diagonale strictement dominante ( pour tout ) et, pour Gauss–Seidel, si est symétrique définie positive.

Références

  • Lay, D. C., Lay, S. R. et McDonald, J. J., Algèbre linéaire et applications, Pearson, Montréal: tableaux récapitulatifs du théorème d'inversibilité et des propriétés du déterminant en fin de chapitre.
  • Strang, G., Introduction to Linear Algebra, Wellesley-Cambridge Press, Wellesley: synthèses «Key ideas» et tableau des factorisations matricielles en fin d'ouvrage.
  • Bronstein, I. N. et Semendjajew, K. A., Taschenbuch der Mathematik, Harri Deutsch, Frankfurt: formulaire exhaustif d'algèbre linéaire, de géométrie vectorielle et d'algèbre linéaire numérique.

Connectez-vous pour enregistrer votre progression.

Connexion pour poser des questions sur ce chapitre.