Ce formulaire rassemble, chapitre par chapitre, les définitions, formules et théorèmes essentiels du cours, avec la notation des chapitres correspondants (les numéros d'équations et de théorèmes y renvoient). Chaque formule est suivie de la signification des symboles et de ses conditions de validité; les démonstrations, les exemples et les pièges classiques se trouvent dans les chapitres. Attention à la lecture des numéros: dans chaque chapitre, les équations numérotées et les théorèmes partagent la même série, si bien que l'équation (7.3) et le théorème 7.3 sont deux objets différents. Ici, un numéro entre parenthèses désigne toujours une équation et un numéro précédé du mot «théorème» toujours un théorème.
L'algèbre linéaire utilisée à partir du chapitre 5 — produit scalaire, base orthonormée, déterminant comme aire et comme volume, rang, théorème spectral, critères de classification des formes quadratiques — n'est pas reprise ici: elle est rassemblée à l'annexe A, dont les énoncés sont numérotés A.1 à A.9.
Conventions: points de notés , simplement dans et dans ; norme euclidienne et produit scalaire ; boule ouverte ; gradient vu comme vecteur colonne; différentielle ; dérivée directionnelle avec ; matrice jacobienne et hessienne ; classes ; , et en romain; intervalles ouverts ; virgule décimale. On dit pour une fonction de plusieurs variables, jamais «dérivable».
Chapitre 1 – Équations différentielles ordinaires
Méthode d'Euler (1.1) pour le problème de Cauchy , : on suit le champ des directions par petits pas rectilignes. L'erreur locale est en , l'erreur globale en — diviser le pas par divise l'erreur par . Les portent une pente constante.
Équations à variables séparables (1.2), théorème 1.1: continue sur , continue et ne s'annulant pas sur . En pratique on sépare et l'on intègre. Les zéros de fournissent les , que la formule ne contient pas: il faut les ajouter à la main.
Croissance et décroissance exponentielles (1.4), désintégration radioactive de constante et demi-vie , et modèle logistique de Verhulst (1.5) de capacité , dont le point d'inflexion est atteint en . Refroidissement de Newton: , donc .
Équation linéaire du premier ordre (1.6), et continues sur un intervalle : solution homogène (1.7, théorème 1.4) et variation de la constante (1.8, théorème 1.5), qui revient à poser et donne . Structure (théorème 1.3): solution générale solution générale de l'homogène une solution particulière. Le problème de Cauchy a une unique solution, définie sur (théorème 1.6): une équation linéaire n'explose jamais à l'intérieur de son intervalle de continuité, contrairement à .
Théorème de Cauchy–Lipschitz (théorème 1.2, admis): si est continue sur un rectangle ouvert et y existe et est continue, par chaque point passe une seule courbe intégrale. L'hypothèse de régularité en est essentielle: sans elle le déterminisme se perd.
Équation linéaire homogène du second ordre à coefficients constants réels et son polynôme caractéristique. L'espace des solutions est de dimension et le problème de Cauchy , a une unique solution (théorème 1.7).
Les trois cas du théorème 1.7, . La forme du troisième cas s'écrit aussi .
| Second membre | Forme de à essayer | Cas de résonance |
|---|---|---|
| polynôme de degré | polynôme de degré | multiplier par si , par si est racine double |
Méthode des coefficients indéterminés pour : on cherche de la même forme que le second membre. Il y a résonance lorsque est elle-même solution de l'homogène. Les conditions initiales se traitent sur la solution complète , jamais sur seule.
Oscillateur amorti sous forme normalisée (1.12): pulsation propre (en rad/s), période propre , taux d'amortissement sans dimension, mesuré relativement à l'amortissement critique . Même équation pour le circuit RLC série , avec et .
Régimes pseudo-périodique (sous-amorti, pseudo-pulsation et pseudo-période ), critique et apériodique (sur-amorti), d'après (1.13). Pour tout le régime libre tend vers : l'équilibre est asymptotiquement stable.
Décrément logarithmique (1.14): il se mesure directement sur un enregistrement et donne . C'est ainsi que l'on caractérise l'amortissement d'une structure réelle, où vaut souvent entre et .
Amplitude et déphasage de la réponse stationnaire à (1.15). Pour , (déformation statique); ; le maximum est atteint en (si ) et vaut . Pour l'amplitude décroît en : c'est le principe de l'isolation vibratoire.
Chapitre 2 – L'espace Rⁿ et les fonctions de plusieurs variables
Produit scalaire (2.1), norme euclidienne (2.2) et distance. Le produit scalaire est bilinéaire, symétrique et défini positif; ce sont les trois seules propriétés utilisées, de sorte que tout le chapitre vaut pour n'importe quel produit scalaire.
Inégalité de Cauchy–Schwarz (2.3, théorème 2.1), démontrée par le discriminant du trinôme ; égalité si et seulement si et sont colinéaires. Elle définit l'angle entre deux vecteurs non nuls; l'orthogonalité est .
Inégalité triangulaire et sa forme inverse (théorème 2.2), et l'encadrement (2.4) qui rend équivalentes « est petit» et «chaque coordonnée de est petite».
Normes usuelles (2.5) et encadrements (2.6, théorème 2.3). Toutes les normes de sont équivalentes (admis): en dimension finie, limite, continuité, ouvert et compact ne dépendent pas de la norme choisie. C'est faux en dimension infinie.
Boule ouverte (2.7), boule fermée et sphère. est ouvert si tout point de est centre d'une boule contenue dans ; est fermé si son complémentaire est ouvert; est borné s'il est contenu dans une boule. Ouvert et fermé ne sont pas des contraires: la couronne n'est ni l'un ni l'autre. Intérieur , adhérence , frontière . Une réunion quelconque et une intersection d'ouverts sont ouvertes (théorème 2.4).
Convergence composante par composante (théorème 2.5, conséquence de (2.4)) et caractérisation séquentielle de l'adhérence et des fermés (théorème 2.6). Attention: il n'y a aucun analogue pour les fonctions — la continuité séparée en chaque variable n'entraîne pas la continuité.
Théorème 2.7, démontré par extractions emboîtées, chacune prise à l'intérieur de la précédente; le procédé s'arrête parce que est fini. En dimension infinie il échoue.
Théorème de Heine–Borel (théorème 2.8): en dimension finie seulement, compact (au sens séquentiel: de toute suite de on extrait une sous-suite convergeant dans ) équivaut à fermé et borné. Compacts: segment, disque fermé, sphère, pavé , triangle plein. Non compacts: disque ouvert, droite, couronne .
Ligne de niveau (2.10): projection sur le plan de l'intersection du graphe avec le plan horizontal . Lignes serrées pente forte; lignes fermées emboîtées sommet ou cuvette; ligne qui se croise elle-même col; point isolé dans une ligne de niveau extremum strict. C'est ce que lisent une carte topographique, un réseau d'isothermes, d'isobares ou d'équipotentielles.
Fonction témoin du cours (2.11), suivie aux chapitres 2, 3, 5 et 7. Sa ligne de niveau est le folium de Descartes, qui se croise en — signature du point de selle — et dont la branche infinie est asymptote à ; le niveau est exactement la réunion de la droite et du point isolé , signature du minimum local strict de valeur .
Définition de la limite (2.13); est continue en si la limite y vaut . Caractérisation séquentielle, opérations algébriques et composition: théorème 2.9. Polynômes, fractions rationnelles hors des zéros du dénominateur et composées de fonctions élémentaires sont continus; les seuls points intéressants sont ceux où la formule perd son sens.
Majoration (2.14, théorème 2.10). Trois outils, dans cet ordre: majoration directe (, , , avec ), avec une majoration , composition avec une limite d'une variable. Le piège: constater que pour chaque ne prouve rien.
Les deux contre-exemples du cours (2.15). Le premier ne dépend que de la direction: il vaut le long de , le long de , sur les axes — pas de limite. Le second vaut le long de droite et le long de la parabole : une limite selon toutes les droites n'est pas une limite. Réciproque utile: si la limite existe, toutes les restrictions donnent la même valeur — c'est ainsi que l'on prouve une non-existence, avec deux chemins.
Théorème des bornes de Weierstrass (théorème 2.11), démontré par Bolzano–Weierstrass. Les deux hypothèses sont indispensables et le théorème donne l'existence, jamais la position. C'est l'ingrédient qui manque le plus souvent aux raisonnements d'optimisation des chapitres 7 et 8.
Théorème des valeurs intermédiaires (théorème 2.12), obtenu en composant avec un chemin continu. Avec la compacité en plus: l'image d'un compact connexe par arcs est le segment , bornes atteintes.
Chapitre 3 – Dérivées partielles et différentiabilité
Dérivée partielle (3.1), ouvert: c'est la dérivée ordinaire de la -ième fonction partielle , obtenue en gelant les autres variables. Toutes les règles de l'Analyse I s'appliquent. Notations abrégées , . Géométriquement, et sont les du graphe par les plans et . est sur si ses dérivées partielles existent et sont continues sur .
Contre-exemple fondamental (3.2): les dérivées partielles n'interrogent la fonction que le long de deux droites, sur lesquelles est ici identiquement nulle. Leur existence n'entraîne donc rien — pas même la continuité. Pire, la fonction possède toutes ses dérivées directionnelles en sans y être continue.
Différentiabilité (3.4): il existe une application linéaire approchant l'accroissement à près, le reste étant contrôlé uniformément en la direction. Cette est unique (théorème 3.1), se note , et la différentiabilité entraîne la continuité (théorème 3.2).
La différentielle est portée par le gradient (3.5, théorème 3.3), vecteur colonne des dérivées partielles; toutes les dérivées directionnelles existent alors et valent . En notation des physiciens, (3.6), où et sont les applications coordonnées.
Plan tangent au graphe en (3.8) et vecteur normal associé: c'est le graphe de l'approximation affine (3.7). Il n'existe que si est différentiable; les deux tangentes de coupe engendrent toujours un plan, mais ce plan ne mérite le nom de tangent que dans ce cas.
Théorème de différentiabilité des fonctions (théorème 3.4), démontré en décomposant l'accroissement variable par variable et en appliquant le théorème des accroissements finis à chaque morceau. C'est le critère pratique: on dérive, on constate la continuité, on conclut. Noter la dissymétrie des hypothèses — existence sur tout un voisinage, continuité au seul point .
La chaîne complète, dans laquelle aucune flèche ne se retourne. Témoins: est différentiable partout sans être en ; est continue en , y possède toutes ses dérivées directionnelles, et n'y est pas différentiable (l'application n'y est pas linéaire); y a ses deux dérivées partielles sans y être continue.
Propagation des erreurs (3.9), version majorante («pire cas»): les dérivées partielles sont les coefficients de sensibilité et leur comparaison désigne la mesure à améliorer. Pour un produit de puissances, la différentielle logarithmique donne la seconde formule — les incertitudes relatives s'ajoutent, pondérées par les exposants. Si les erreurs sont aléatoires et indépendantes, on utilise plutôt ; annoncez toujours laquelle des deux vous employez.
Matrice jacobienne d'une fonction vectorielle (3.10): sa -ième ligne est le gradient transposé de , et est différentiable si et seulement si chacune de ses composantes l'est (théorème 3.5). Pour , : le gradient est une colonne, la jacobienne une ligne. À connaître: a ; a .
Chapitre 4 – Gradient, dérivées directionnelles et règle de la chaîne
Dérivée directionnelle (4.1)–(4.2): c'est la dérivée en de la restriction de à la droite passant par et dirigée par . La normalisation n'est pas décorative — remplacer par multiplie la limite par . Les dérivées partielles en sont le cas (4.3), et .
Théorème 4.1 (4.4) et sa forme angulaire (4.5), étant l'angle entre et le gradient. La démonstration exploite le caractère uniforme du reste: le même sert pour toutes les directions. Sans différentiabilité, la formule tombe: pour toutes les dérivées directionnelles existent et valent , qui n'est pas de la forme .
Direction de plus forte croissance (théorème 4.2), conséquence directe de Cauchy–Schwarz. C'est le fondement de la descente de gradient, qui se déplace dans la direction ; le théorème est local et au premier ordre, il ne dit rien de la position du minimum. Si , toutes les directions donnent : le point est critique.
Orthogonalité du gradient aux ensembles de niveau (4.6, théorème 4.3). Lecture cartographique: la ligne de plus grande pente coupe les courbes de niveau à angle droit; là où les courbes sont serrées, est grand; marcher à flanc de coteau, c'est suivre une courbe de niveau. L'énoncé ne donne que l'orthogonalité aux directions tangentes: pour en déduire que l'ensemble de niveau est une courbe, il faut le théorème des fonctions implicites et .
Plan tangent à la surface de niveau et droite normale en (4.7), sous l'hypothèse ; les points où le gradient s'annule sont les points singuliers de la surface (la pointe d'un cône). Compatibilité avec le chapitre 3: le graphe est la surface de niveau de , de gradient .
Règle de la chaîne le long d'une courbe (4.8, théorème 4.4) et sa conversion (4.9), . Lecture cinématique: le taux ressenti par un mobile est le produit scalaire du gradient du champ par le vecteur vitesse. La dérivée directionnelle est un taux par unité de longueur (°C/m), la dérivée composée un taux par unité de temps (°C/s); les confondre est une faute d'unités.
Changement de paramètres (4.10, théorème 4.5): on multiplie le long de chaque chemin de l'arbre des dépendances, puis on additionne les chemins. Les dérivées de sont évaluées au point image , celles de et au point de départ; écrire n'a aucun sens.
Règle de la chaîne, forme générale (4.11, théorème 4.6): la jacobienne d'une composée est le produit des jacobiennes. Elle contient les deux formes précédentes — ligne fois colonne pour (4.8), ligne fois matrice pour (4.10) — et la multiplicativité des déterminants gouverne les changements de variables des chapitres 9 et 10 ainsi que l'inversion locale du chapitre 6.
Jacobienne du passage en polaires , (4.12).
Passage en polaires dans les deux sens, (4.13) et (4.14), ; le second système s'obtient en inversant (4.12), possible dès que .
Gradient dans le repère mobile , , orthonormé: (4.15) et (4.16). Le facteur vient de ce que n'est pas une longueur — un accroissement correspond à un déplacement sur le terrain. C'est le même facteur qui réapparaîtra en au chapitre 9.
Fonctions homogènes de degré sur un cône ouvert (4.17) et relation d'Euler (4.18, théorème 4.7), pour de classe . En économie, pour une fonction de production de Cobb–Douglas , le degré est et la relation devient, en rendements d'échelle constants, : le théorème de l'épuisement du produit. En physique, elle donne les relations de Gibbs–Duhem pour les grandeurs extensives.
Inégalité des accroissements finis (4.19, théorème 4.8) sur un ouvert convexe, obtenue en restreignant au segment puis en appliquant Cauchy–Schwarz; il existe même intérieur au segment avec . Si , est -lipschitzienne; si sur un ouvert connexe, est constante. : le tour complet du cercle donne alors que partout.
Chapitre 5 – Dérivées d'ordre supérieur, Taylor et hessienne
Les deux notations des dérivées croisées se lisent en sens contraires (5.1)–(5.2): dans la notation de Leibniz, le symbole le plus proche de agit en premier (on lit de droite à gauche); dans la notation indicielle, l'indice le plus proche de agit en premier (on lit de gauche à droite). Aucune ambiguïté pour . est de classe si toutes ses dérivées jusqu'à l'ordre existent et sont continues; les inclusions sont toutes strictes.
Théorème de Schwarz (théorème 5.1), démontré en comparant deux groupements de l'accroissement double (5.3), chacun donnant ou par le théorème des accroissements finis (5.4)–(5.5), puis en passant à la limite . Pour , toute dérivée d'ordre ne dépend que du nombre de dérivations par variable, pas de leur ordre: cela ramène les dérivées secondes à valeurs et fournit un contrôle de calcul gratuit.
Le contre-exemple de Schwarz (5.6)–(5.7). La fonction est sur tout entier — la pathologie est invisible à l'ordre un —, mais n'est pas continue en l'origine: le quotient ne dépend que de la direction, et ses deux limites itérées valent et . L'égalité des dérivées croisées est un , pas une règle de manipulation de symboles.
Matrice hessienne (5.8), avec les notations de Monge , , ; elle est dès que (théorème 5.2), donc diagonalisable en base orthonormée à valeurs propres réelles (théorème spectral). C'est aussi la jacobienne du champ de vecteurs (5.9).
Restriction à un segment (5.11)–(5.12, théorème 5.3), à condition que . C'est la stratégie de tout le chapitre: ramener un problème à variables à un problème à une variable, pour lequel l'Analyse I a tout démontré. En dimension deux, avec , (5.13) — le facteur vient de Schwarz.
Taylor avec reste de Lagrange (5.14, théorème 5.4), : égalité exacte avec un point intermédiaire inconnu. C'est la forme qui sert à majorer l'erreur (calcul d'incertitude, analyse numérique). À l'ordre un, sous la seule hypothèse , on retrouve les accroissements finis du chapitre 4.
Taylor avec reste de Young (5.15, théorème 5.5, forme condensée 5.17): énoncé asymptotique, celui qui sert aux questions locales (nature d'un point critique, limites, développements). En dimension deux le terme quadratique s'écrit (5.16). Trois étages, trois objets: une valeur, un vecteur, une matrice symétrique. Règle: pour un contrôle d'erreur chiffré, Lagrange; pour une conclusion qualitative, Young.
Forme quadratique d'une matrice symétrique réelle et encadrement par ses valeurs propres extrêmes (5.19, théorème 5.6, démontré à l'annexe A sous le numéro A.8), bornes atteintes sur les vecteurs propres. Définie positive ; définie négative ; indéfinie ; dégénérée . L'intérêt de (5.19) est qu'elle transforme une information qualitative en , seule capable de dominer le reste de Taylor. Noter que est homogène de degré : son signe ne dépend que de la direction.
Mise sous forme canonique (5.20), qui redonne le critère du discriminant (théorème 5.7) sans passer par les valeurs propres. Quand , et sont nécessairement de même signe: c'est un contrôle de calcul gratuit. Attention: le coefficient hors diagonale est la moitié du coefficient de dans , et le discriminant s'écrit , jamais .
| Discriminant | Signe de | Valeurs propres | Nature de | Lignes de niveau | Si |
|---|---|---|---|---|---|
Tableau de décision en dimension deux. Pour , critère de Sylvester (théorème 5.8, admis; théorème A.9 de l'annexe A): est définie positive si et seulement si tous les mineurs principaux dominants sont , définie négative si et seulement si (signes alternés à partir du moins). Il ne teste le cas strictement défini: dès qu'un mineur dominant s'annule, passez aux valeurs propres.
Condition suffisante du second ordre (5.21, théorème 5.9): en un point critique, définie positive donne un minimum local strict, définie négative un maximum local strict, indéfinie un point de selle, et ne décide rien. Témoins: (minimum strict) et (selle) ont à l'origine; (minimum) et (selle) ont la même hessienne . Quand le déterminant s'annule, la hessienne a dit tout ce qu'elle savait: étudiez directement.
Laplacien (5.22), somme des valeurs propres de la hessienne et invariant par changement de base orthonormée — version «ordre deux» de l'invariance de . Une fonction vérifiant est harmonique: , , , le sont (parties réelle et imaginaire de fonctions holomorphes). Pour une telle fonction, : le critère du second ordre ne peut y diagnostiquer un extremum — trace locale du principe du maximum. Le laplacien ouvre sur (Laplace), (chaleur) et (ondes).
Chapitre 6 – Fonctions implicites et inversion locale
Théorème des fonctions implicites dans le plan (théorème 6.1, admis). L'énoncé est local des deux côtés: dans la fenêtre , la courbe est le graphe de , pas une branche parmi d'autres. Le mécanisme: et sa continuité rendent strictement monotone sur un rectangle, et le théorème des valeurs intermédiaires fournit l'unique zéro. Si , alors .
Dérivation implicite (6.3) et formule de la dérivée (6.2): on dérive par la règle de la chaîne, puis on isole . La formule ne s'apprend pas par cœur, elle se retrouve en une ligne.
Équation de la tangente à la courbe (6.4): la droite passant par et orthogonale au gradient. Cette écriture est symétrique en et , donc valable même lorsque , pourvu que . Lorsque avec , la pente tend vers l'infini: la tangente bascule à la verticale et l'on résout en . Là où le gradient s'annule, la ligne de niveau peut cesser d'être une courbe lisse: l'origine du folium est un où deux branches se croisent, et c'est le point de selle de la fonction témoin ().
Dérivée seconde implicite (6.5)–(6.6), pour ; le théorème de Schwarz sert à regrouper les deux termes croisés. En pratique on redérive (6.3) à la main plutôt que d'appliquer (6.6). Le signe de donne la convexité locale de la courbe.
Cas général (théorème 6.2, admis; formule 6.11): pour exprimer inconnues en fonction de variables libres , il faut équations, et la condition scalaire devient l'inversibilité du bloc jacobien carré . La formule vient de (6.12). Deux erreurs classiques: oublier que la multiplication par l'inverse se fait , et écrire un quotient de matrices. En pratique on ne calcule pas l'inverse, on résout le système linéaire.
Théorème d'inversion locale (théorème 6.3, admis), version en dimension de « entraîne l'inversibilité locale». Il est équivalent au théorème 6.2, chacun se déduisant de l'autre (via , dont la jacobienne est triangulaire par blocs). Un difféomorphisme est une bijection dont la réciproque est : est un homéomorphisme et non un difféomorphisme, l'obstruction étant .
Jacobienne et jacobien de la réciproque (6.13)–(6.14), obtenus en dérivant . La seconde formule servira telle quelle aux changements de variables des chapitres 9 et 10. C'est aussi ce théorème qui justifie la méthode de Newton pour un système, (6.18), de convergence quadratique mais locale.
Un jacobien partout non nul garantit seulement que l'image est un ouvert et que l'application est localement inversible. Contre-exemples: les polaires, avec sur , ne sont pas injectives ( et ); le carré complexe , de jacobien , est exactement deux-à-un sur ; l'exponentielle complexe , de jacobien , est -périodique en . Pour obtenir une bijection, il faut restreindre le domaine à la main.
Coordonnées polaires (6.15): -difféomorphisme de sur le plan privé de la demi-droite d'angle issue de l'origine.
Coordonnées cylindriques (6.16): -difféomorphisme de sur privé du demi-plan . Ce sont les coordonnées de toute géométrie à symétrie de révolution.
Coordonnées sphériques (6.17), avec la distance à l'origine, la colatitude mesurée depuis l'axe positif et la longitude: -difféomorphisme sur . Le jacobien s'annule pour et aux pôles , où la longitude n'est pas définie.
Relation cyclique de la thermodynamique: le théorème 6.1 appliqué trois fois à la même relation donne trois quotients , , , dont le produit vaut . Le signe rappelle qu'une dérivée partielle n'est pas un quotient et que les trois dérivées sont prises — d'où la notation , qu'il ne faut jamais omettre. En revanche, deux dérivées au même contexte sont bien inverses l'une de l'autre.
Chapitre 7 – Extrema libres
Théorème de Fermat (7.1, théorème 7.1), démontré en restreignant à ses fonctions partielles. L'ouverture de sert à disposer d'un voisinage de part et d'autre dans chaque direction de coordonnée; aucune continuité n'est requise. Un point où est critique; un point critique qui n'est ni maximum ni minimum local est un point de selle (ou col).
Les deux pièges du premier ordre. La condition est nécessaire et jamais suffisante — a un gradient nul à l'origine sans y avoir d'extremum. Elle ne vaut qu'en un point intérieur — atteint ses extremums sur le bord de avec partout, et a un minimum global strict là où son gradient n'existe pas. Oublier la troisième catégorie est l'erreur la plus fréquente du chapitre. Enfin, : on quitte un point dans une infinité de directions, et même le long de courbes.
Minoration d'une forme quadratique (7.3, théorème 7.2), démontrée sur une base orthonormée de vecteurs propres. C'est l'énoncé du théorème 5.6, que le chapitre 5 délègue à l'annexe A (théorème A.8) et que le chapitre 7 démontre pour son compte, dans le seul cas défini positif dont il se sert. Lecture par compacité: sur la sphère unité, qui est compacte, la fonction continue atteint son minimum , et l'homogénéité propage l'inégalité à tout .
Condition suffisante du second ordre (7.4, théorème 7.3): définie positive donne un minimum local strict, définie négative un maximum local strict, indéfinie un point de selle, dégénérée sans être indéfinie ne conclut pas. La démonstration donne davantage qu'une inégalité large: une minoration quadratique explicite, qui contrôle la vitesse de remontée.
| Signe de | Nature de | Lignes de niveau voisines | |
|---|---|---|---|
| minimum local strict | ellipses, valeurs croissantes vers l'extérieur | ||
Test du discriminant en deux variables (7.5, théorème 7.4), avec , , ; il se redémontre par la forme canonique (7.6). Deux contrôles gratuits: quand , et sont forcément de même signe; quand , la hessienne est diagonale et le test se lit sur les signes de et .
Le cas douteux : cinq fonctions, cinq verdicts, et aucun critère plus fin ne vaut en général. Trois techniques: le raisonnement de signe (verdict immédiat et global quand est une somme de termes de même signe), l'étude le long de courbes (pour réfuter, par deux chemins de signes opposés), et la restriction à la direction propre dégénérée, où toute l'indétermination est concentrée.
Le contre-exemple de Peano: une étude directionnelle, même exhaustive sur toutes les droites, ne démontre rien. Elle peut réfuter, elle ne peut pas confirmer. Pour confirmer, il faut une minoration valable dans tout un voisinage — ce que fournit le théorème 7.3 quand la hessienne est définie.
Théorème des bornes (théorème 7.5, rappel du théorème 2.11). Méthode en trois temps: (1) chercher les points critiques intérieurs, sans calculer leur nature — la comparaison finale tranche de toute façon; (2) étudier séparément la restriction de au bord, paramétré ou découpé en arêtes puis sommets; (3) comparer toutes les valeurs candidates. L'étape 2 est celle que les copies oublient, et c'est celle qui contient le plus souvent la réponse.
Coercivité (théorème 7.6): la démonstration fabrique un compact là où il n'y en avait pas — la coercivité enferme le minimum dans une boule, après quoi Weierstrass fait le travail. Il suffit donc de calculer toutes les valeurs critiques et de prendre la plus petite, sans étude de bord ni étude à l'infini. Sans coercivité, tout peut arriver: la fonction témoin a un minimum local strict en de valeur , un col en , et extremum global, puisque et .
Moindres carrés (7.8) et équations normales (7.9, théorème 7.7), qui ne sont rien d'autre que la condition du premier ordre . Le choix du carré des écarts rend différentiable et le système linéaire.
Solution (7.10), à condition que les ne soient pas tous égaux: le dénominateur est alors par le cas d'égalité de Cauchy–Schwarz appliqué à et . La hessienne est constante et définie positive: le minimum est .
Les deux propriétés des résidus, relecture directe des équations normales: la droite passe par le point moyen , et le vecteur des résidus est orthogonal au vecteur des abscisses. Deux vérifications numériques gratuites — un ajustement qui ne les satisfait pas est faux. Géométriquement, l'ajustement est la projection orthogonale du vecteur des sur le plan engendré par et . La méthode s'étend à ; ce qu'elle ne fait , c'est tester le modèle: seul l'examen des résidus révèle l'inadéquation.
Chapitre 8 – Extrema liés et multiplicateurs de Lagrange
Ensemble admissible et extremum lié: est un maximum lié local si pour tout . n'est pas ouvert — c'est une courbe ou une surface, dont tous les points sont des points de bord —, et c'est pourquoi n'y vaut plus. Quand la contrainte se résout explicitement (elle est linéaire, ou une variable y est au premier degré, ou elle se paramètre commodément), la est la méthode à préférer: elle donne l'optimum sa nature.
L'idée géométrique (8.1): si le gradient de a une composante le long de la tangente à la contrainte, est strictement monotone et on peut encore progresser en glissant le long de . Par contraposée, en un extremum lié , comme : dans le plan, les deux gradients sont colinéaires et la ligne de niveau de est à la contrainte.
Théorème des multiplicateurs de Lagrange (8.2, théorème 8.1), démontré à partir du théorème des fonctions implicites: celui-ci écrit localement la contrainte comme un graphe , ce qui transforme l'extremum lié en extremum libre de sur un ouvert. Le système compte équations — les composantes de (8.2) plus la contrainte — pour inconnues .
Lagrangien (8.4): ses points critiques libres dans sont exactement les solutions du système de Lagrange, la contrainte réapparaissant comme l'équation . On remplace ainsi un problème contraint à variables par un problème libre à variables. Bon réflexe de résolution: éliminer en combinant les équations deux à deux (différence ou quotient) avant d'utiliser la contrainte.
L'existence. Le théorème est une condition nécessaire: une solution du système peut n'être ni maximum ni minimum. L'existence vient de la compacité de (théorème des bornes, chapitre 2) ou d'un argument de croissance. Sur l'hyperbole , le système donne et , et pourtant n'y a ni maximum ni minimum global, puisque .
Les points singuliers. Les points de où ne vérifient pas l'hypothèse de régularité et ne sont pas produits par le système: il faut les repérer et les examiner à part. Sur la courbe , le système n'a aucune solution alors que le minimum de la distance à l'origine existe et vaut , atteint au point de rebroussement .
Plusieurs contraintes (8.5, théorème 8.2): l'hypothèse de régularité devient l'indépendance linéaire des gradients . Traduit géométriquement, est orthogonal à l'espace tangent , dont l'orthogonal est engendré par les lignes de , c'est-à-dire par les gradients des contraintes. Le lagrangien devient et le système compte équations.
Le multiplicateur est une sensibilité (8.8, théorème 8.3): il donne, au premier ordre, de combien la valeur optimale change quand on relâche la contrainte d'une unité. La démonstration dérive (8.9) et , puis utilise ; elle suppose la régularité de , qui est . Selon les disciplines: sensibilité de l'optimum, (), coût marginal de la ressource.
Le réservoir sans couvercle du cours: pour dm³, la cuve optimale mesure dm et dm, la tôle vaut dm² et le multiplicateur dm² par dm³. Vérifications: ; ; en . Le multiplicateur quand augmente ( pour dm³): effet d'échelle du rapport surface/volume. La cuve optimale a une base carrée et une hauteur égale à la moitié du côté — ce n'est un cube, contrairement au cas avec couvercle, où et .
Inégalité arithmético-géométrique (8.11, théorème 8.4), avec égalité si et seulement si tous les sont égaux. Elle se démontre par les multiplicateurs (maximiser à somme fixée sur un simplexe compact) et sert ensuite à légitimer une application de Lagrange: appliquée à , et , elle donne (8.6), avec égalité si et seulement si . Cette démonstration fournit du même coup l'existence, l'unicité, la valeur minimale et le caractère du minimum — ce que le seul système de Lagrange ne donne jamais.
Hessienne bordée (cas , une contrainte), critère admis et non utilisé dans les exercices. Les signes sont l'inverse de ceux du cas libre, à cause de la bordure de zéros. Ce cours conclut toujours par compacité et comparaison des candidats, ce qui est plus court, plus sûr, et donne en prime le caractère global de l'extremum — qu'aucune condition du second ordre ne fournit jamais.
Distance d'un point à un plan (8.12), retrouvée par les multiplicateurs, qui donnent en prime le pied de la perpendiculaire . Autre classique: la compensation de mesures, où minimiser sous donne une correction .
Chapitre 9 – Intégrales doubles
Somme de Riemann double (9.1) sur une subdivision du pavé , avec . est si toutes ces sommes tendent vers un même nombre quand le pas tend vers , quel que soit le choix des points; ce nombre est . Trois lectures: volume sous une surface, masse d'une plaque de densité variable, total d'une densité surfacique. Critère de Darboux: intégrable si et seulement si pour une subdivision.
Théorème 9.1 (démontré par uniforme continuité sur le compact) et critère de Lebesgue (théorème 9.3, admis: il relève de la théorie de la mesure). Un ensemble est de mesure nulle s'il se recouvre par une famille dénombrable de pavés d'aire totale arbitrairement petite; le graphe d'une fonction continue en est un (théorème 9.2). D'où: si est continue et bornée sur et si est de mesure nulle — on dit quarrable —, alors est intégrable sur , en la prolongeant par hors de .
Propriétés fondamentales (théorème 9.4): linéarité, additivité par rapport au domaine (si est de mesure nulle), croissance, module, encadrement. Toutes se lisent sur les sommes de Riemann. Attention: une intégrale nulle n'impose rien au signe de — sauf si est continue et positive, auquel cas .
Théorème de la moyenne (9.2, théorème 9.5) sur un domaine compact, connexe par arcs, quarrable, d'aire non nulle, continue. Le volume sous le graphe égale celui du cylindre droit de base et de hauteur . La connexité est essentielle: sur deux disques disjoints où vaut et , la moyenne n'est atteinte nulle part.
Théorème de Fubini sur un pavé (9.3, théorème 9.6), continue. Dans l'intégrale intérieure la variable extérieure est gelée; l'ordre des symboles se lit de l'intérieur vers l'extérieur. Seul le résultat final coïncide, pas les fonctions intermédiaires: calculer dans les deux ordres est la vérification la plus économique dont on dispose. Les hypothèses comptent: pour sur , non bornée, les deux ordres donnent et , et l'intégrale double n'existe pas.
Domaines élémentaires de type I (9.4, formule 9.6) et de type II (9.5, formule 9.7), théorème 9.7. Recette des bornes: dessiner , projeter sur l'axe de la variable extérieure pour obtenir les bornes constantes, puis balayer par des verticales (type I) ou des horizontales (type II). Contrôle: les bornes intérieures peuvent dépendre de la variable extérieure, jamais l'inverse. Un même domaine peut demander d'être coupé en deux dans l'un des deux types.
Inverser l'ordre rend parfois calculable ce qui ne l'était pas: n'a pas de primitive élémentaire, mais l'inversion fabrique le facteur qui manquait — c'est la longueur de la coupe verticale . Même mécanisme pour et pour . Inverser l'ordre, ce n'est échanger les symboles: il faut redessiner le domaine et relire ses bornes; seules les bornes constantes d'un pavé sont invariantes.
Aire et volume (9.8, théorème 9.8), pour .
Théorème du changement de variables (9.10, théorème 9.9, admis — sa preuve relève de la théorie de la mesure), pour difféomorphisme de sur . Le jacobien est le facteur local de dilatation des aires: la différentiabilité approche par une application affine, et une application linéaire de matrice multiplie les aires par . La valeur absolue est indispensable — un domaine n'a pas d'orientation, contrairement aux bornes d'une intégrale simple. Mnémotechnique: .
Coordonnées polaires (9.11, théorème 9.10), . La demi-droite et l'origine qu'il faut retirer pour avoir un ouvert sont de mesure nulle et ne coûtent rien; contrôle: . Autres changements courants: , pour une ellipse (, d'où ), et , ( dans le sens ).
Intégrale de Gauss (9.12, théorème 9.11). La démonstration élève au carré, reconnaît par Fubini, calcule la même intégrale sur un disque en polaires — , le facteur du jacobien fournissant la primitive — puis encadre par . Le changement d'échelle donne , constante de normalisation de la ; au passage, .
Masse, centre de gravité (9.13) et moments d'inertie (9.14) d'une plaque de densité surfacique continue. Chaque quantité est le total d'une densité: on «pèse» , puis , puis . Si est constante elle disparaît de et : le ne dépend que de la forme. Pour un disque homogène de rayon : et . Pour la plaque chauffée du cours, sur (modèle didactique), — et non la moyenne des quatre coins, qui n'est qu'une somme de Riemann à un seul pavé.
Intégrales doubles impropres, définies par une suite exhaustive de compacts quarrables; pour la limite ne dépend pas de la suite choisie (admis), ce qui autorise à prendre des disques plutôt que des carrés. Le jacobien adoucit la singularité d'un ordre: le seuil est en dimension deux, en dimension un et en dimension trois.
Chapitre 10 – Intégrales triples et changements de variables
Somme de Riemann triple (10.1) et intégrale sur un pavé; toute fonction continue sur un pavé y est intégrable (théorème 10.1, même preuve qu'en dimension deux). La notation rappelle la lecture physique: si est une masse volumique, l'intégrale est une masse; si , c'est un volume. Sur un domaine borné , on prolonge par à un pavé contenant ; si la frontière est négligeable — on dit admissible —, toute fonction bornée continue hors d'un ensemble négligeable y est intégrable (théorème 10.2, ). Seules les fonctions non bornées demandent de la prudence.
Fubini sur un pavé (10.2, théorème 10.4), obtenu en appliquant deux fois le théorème de Fubini du chapitre 9. Linéarité, additivité, croissance et : théorème 10.3.
Intégration par piles (10.3, théorème 10.5): on projette le solide sur le plan et l'on parcourt les colonnes verticales; la variable intérieure est et ses bornes sont deux surfaces.
Intégration par tranches (10.4, théorème 10.6) et principe de Cavalieri: on coupe par les plans horizontaux et l'on parcourt les sections ; la variable extérieure est , ses bornes sont deux constantes. Choisir: par piles quand le solide est décrit comme «entre deux surfaces», par tranches quand les sections sont des figures simples.
Bornes sur le tétraèdre limité par (10.5), dont le volume vaut . : dans une intégrale itérée correctement posée, les bornes de la variable extérieure sont , celles de la médiane ne dépendent que d'elle, celles de l'intérieure peuvent dépendre des deux autres. Une borne qui contient la variable qu'elle borne est une faute. Permuter , , en laissant les bornes en place décrit un solide.
Changement de variables dans (10.8, théorème 10.7, admis), bijection de jacobien non nul, . La conclusion subsiste si les hypothèses tombent sur un ensemble négligeable — les sphériques échouent à être bijectives sur l'axe . Le jacobien est le , le volume du parallélépipède engendré par trois vecteurs étant la valeur absolue du déterminant de leur matrice. On applique la formule dans le sens variables; dans l'autre sens, .
Coordonnées cylindriques (10.9)–(10.10): est la distance à l'axe , non à l'origine. Le jacobien vaut ; il s'annule sur l'axe, qui est négligeable. Cellule élémentaire: arêtes , et .
Coordonnées sphériques (10.11)–(10.12), avec la distance à l'origine, la colatitude mesurée depuis l'axe positif et la longitude. Lien avec les cylindriques: et . Lecture de la cellule: arêtes (radiale), (méridien) et (parallèle, de rayon ) — le facteur traduit le resserrement des parallèles près des pôles. : certains échangent et , d'autres mesurent la latitude depuis le plan équatorial, auquel cas le jacobien porte un . Vérifiez toujours depuis quoi l'angle est mesuré et sur quel intervalle il varie.
Volumes de référence: boule, cône de rayon et de hauteur , ellipsoïde de demi-axes , , (changement linéaire , , , de jacobien ), de hauteur (10.13; contrôles: donne , la demi-boule, la boule entière), et intersection de deux cylindres perpendiculaires de même rayon (solide de Steinmetz), dont les sections sont des — d'où un volume rationnel pour un solide courbe. Le facteur de tous les cônes et pyramides vient de .
Masse, centre de gravité (10.14) et moments d'inertie d'un solide de masse volumique continue. Deux contrôles à utiliser systématiquement: le centre de gravité appartient à l'enveloppe convexe du solide, et il est situé sur tout axe ou plan de symétrie du couple (solide, masse volumique). Identité de contrôle valable pour tout solide: .
Résultats de référence (10.15, théorème 10.8), à savoir retrouver plutôt qu'à retenir: les coefficients ne se reconstituent pas de mémoire, alors que chaque intégrale tient en trois lignes. Le centre de gravité de l'hémisphère est plus bas que la mi-hauteur parce que les tranches basses sont les plus larges; symétriquement, un cône plein rempli jusqu'à la hauteur a depuis le sommet. Que a un sens physique: à masse et rayon égaux, la matière de la boule est en moyenne plus proche de l'axe que celle du cylindre, donc plus facile à mettre en rotation; le cône, avec , l'est encore davantage.
Fonctions radiales: la boule se décompose en coquilles sphériques d'épaisseur et de volume , le facteur étant l'aire de la sphère unité. La distance moyenne à l'origine dans la boule vaut , et converge bien que l'intégrande soit non bornée: en dimension trois, est intégrable près de l'origine dès que — d'où un potentiel newtonien défini au sein même de la matière.
Changement de variables en dimension (10.16, théorème 10.9) et son cas linéaire, qui donne l'interprétation géométrique complète du déterminant: le déterminant est le facteur par lequel une application linéaire multiplie les volumes. Le cas redonne le changement de variable de l'Analyse I, à ceci près que (10.16) fait intervenir et un domaine, là où la formule d'une variable garde le signe grâce à l'orientation des bornes.
Références
- Douchet, J. et Zwahlen, B., Calcul différentiel et intégral, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne: formulaire en fin d'ouvrage, notation suivie par ce cours.
- Stewart, J., Analyse: concepts et contextes, vol. 2, De Boeck, Bruxelles: tables des jacobiens usuels, des volumes et des moments d'inertie sur les pages de garde.
- Marsden, J. E. et Tromba, A. J., Vector Calculus, Freeman, New York: résumé en fin de chapitre pour le gradient, la règle de la chaîne et les intégrales multiples.
- Bronstein, I. N. et Semendjajew, K. A., Taschenbuch der Mathematik, Harri Deutsch, Frankfurt: référence exhaustive pour les équations différentielles résolubles, les jacobiens et les intégrales multiples.
- Beer, F. P. et Johnston, E. R., Mécanique pour ingénieurs: statique et dynamique, McGraw-Hill: tables des centres de gravité et des moments d'inertie des solides usuels.