Objectifs du chapitre
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de:
- décomposer le mouvement d'un solide en une translation de son centre de masse et une rotation autour de celui-ci, et appliquer les deux théorèmes (centre de masse, moment cinétique) qui gouvernent chacune de ces parties;
- calculer l'énergie cinétique d'un solide en mouvement plan grâce au théorème de König;
- traduire la condition de roulement sans glissement en relations cinématiques, résoudre les problèmes de roue, de cylindre ou de sphère sur une pente, de yo-yo et de bobine, et décider à partir du coefficient de frottement statique si le solide roule sans glisser;
- écrire et résoudre les conditions d'équilibre d'un solide (échelle, pont-levis, grue) et discuter la stabilité d'un équilibre;
- calculer le tenseur d'inertie d'un solide, en trouver les axes principaux, en déduire le moment cinétique et l'énergie cinétique d'une rotation quelconque, et évaluer les couples qu'exerce sur ses paliers un rotor mal équilibré;
- expliquer la précession d'un gyroscope, calculer sa vitesse angulaire et traiter un choc mettant en jeu un solide en rotation (centre de percussion).
Le mouvement général d'un solide
Translation et rotation
Au chapitre 5, nous avons décrit un système de points matériels par son centre de masse; au chapitre 9, nous avons étudié la rotation d'un solide autour d'un axe fixe. Le présent chapitre réunit ces deux points de vue pour traiter un solide libre de se déplacer: la roue d'un vélo qui dévale la route du Grand-Saint-Bernard, l'échelle du couvreur appuyée contre une façade, la toupie qui précesse sur la table. La clé est une décomposition simple du mouvement.
Le champ des vitesses d'un solide a une structure très particulière. Si désigne le vecteur rotation instantané du solide, la vitesse de l'un quelconque de ses points s'écrit
C'est la formule de distribution des vitesses (Euler): à chaque instant, le mouvement le plus général d'un solide est la superposition d'une translation à la vitesse et d'une rotation de vecteur autour d'un axe passant par . La rotation est la même quel que soit le point choisi pour la décrire (le vecteur est une caractéristique du solide, pas d'un point); seule la vitesse de translation dépend du point de référence. Ce que nous savons de chacun de ces deux mouvements se transpose au solide grâce à deux théorèmes.
Ce théorème a été démontré au chapitre 5 pour un système quelconque de points matériels, en sommant les lois de Newton et en utilisant le fait que les forces intérieures se compensent deux à deux (troisième loi). Il décrit la translation; il ne dit rien de la rotation, pour laquelle il faut un second énoncé.
Démonstration. Écrivons et par rapport à un point fixe d'un référentiel galiléen. Le moment cinétique en se développe en quatre termes:
Par définition du centre de masse, , et en dérivant, : les deux termes croisés disparaissent et (premier théorème de König). Le théorème du moment cinétique en un point fixe (chapitre 9) donne . Or, d'une part,
d'après (10.2); d'autre part, . En soustrayant, il reste exactement (10.3). Le cas plan découle de et du calcul du chapitre 9 avec l'axe passant par .
Les théorèmes 10.1 et 10.2 forment un système de six équations scalaires (trois pour la translation, trois pour la rotation) pour les six degrés de liberté du solide: le problème est «bien posé». En mouvement plan, il reste trois équations, , et , pour trois inconnues.
Énergie cinétique: théorème de König
Démonstration. Avec ,
Le terme du milieu est nul, comme dans la démonstration précédente. Le dernier terme est l'énergie cinétique dans le référentiel du centre de masse; pour un solide en rotation autour d'un axe passant par , où est la distance de à l'axe, et (chapitre 9).
Un solide est lancé en l'air en tournoyant: son centre de masse décrit une parabole. Sous quelle condition peut-on écrire pour son moment cinétique par rapport au centre de masse?
Roulement sans glissement
La condition cinématique
Démonstration. Plaçons l'axe le long du plan, dans le sens du mouvement, et l'axe vers le haut; la roue tourne dans le sens horaire, avec , et le point de contact est . D'après (10.1),
La condition équivaut donc à . Les deux autres relations s'obtiennent en dérivant et en intégrant par rapport au temps, avec pour .
La figure 10.1 illustre une conséquence surprenante mais bien réelle de (10.1): le sommet de la roue avance à , tandis que le point de contact est immobile. C'est pourquoi les rayons d'une roue de vélo photographiée en mouvement sont flous en haut et nets en bas, et pourquoi la boue projetée par un pneu part du haut de la roue. Un point de la jante décrit une cycloïde, courbe dont la vitesse s'annule à chaque contact avec le sol.
Roue qui descend une pente
Considérons un solide de révolution (anneau, cylindre, sphère) de masse , de rayon et de moment d'inertie par rapport à son axe, lâché sans vitesse sur un plan incliné d'angle . Le coefficient sans dimension caractérise la répartition de la masse: pour un anneau ou un cylindre creux mince, pour un cylindre plein, pour une sphère pleine, pour une sphère creuse (chapitre 9).
Démonstration (méthode dynamique). Isolons le solide. Il subit son poids appliqué en , la réaction normale et la force de frottement statique du plan, toutes deux appliquées au point de contact . Prenons l'axe le long de la pente vers le bas. Le théorème du centre de masse projeté sur et le théorème du moment cinétique en donnent
le poids et la réaction normale ayant un moment nul en (leurs lignes d'action passent par ). La condition de roulement (10.5), , transforme la seconde équation en . En reportant dans la première, , d'où (10.6), puis .
Démonstration (méthode énergétique). La réaction normale ne travaille pas (perpendiculaire au déplacement) et la force de frottement statique non plus, car son point d'application a une vitesse nulle (voir le Callout suivant). Seul le poids travaille: l'énergie mécanique se conserve. Lorsque a parcouru la distance le long de la pente, il est descendu de , et le théorème de König avec donne
En dérivant par rapport au temps, , ce qui redonne (10.6). Enfin, la méthode de l'axe instantané fournit une troisième preuve en une ligne: avec donne .
Le résultat (10.6) est remarquable: sur une même pente, une bille d'acier de 1 cm et une boule de pétanque arrivent en même temps, mais toutes deux battent n'importe quel cylindre plein, qui bat lui-même n'importe quel anneau. Seule la forme compte, par l'intermédiaire de . L'explorateur suivant met en scène cette course.
Quatre solides de même rayon partent sans vitesse du haut d'une pente de 4 m et roulent sans glisser. Faites varier l'angle α et l'instant t: l'accélération a = g sin α/(1 + k) ne dépend ni de la masse ni du rayon, mais seulement du coefficient k = I_G/(MR²). Le trait dans chaque solide montre l'angle tourné φ = x/R (pour R = 0,2 m).
Démonstration. La force de frottement statique ne peut pas dépasser (chapitre 3). La projection de (10.2) perpendiculairement à la pente donne , et le théorème 10.5 impose . La condition s'écrit , soit (10.7).
La condition (10.7) est d'autant plus facile à satisfaire que est petit: une sphère () roule sans glisser sur des pentes plus raides qu'un anneau (). Pour , une sphère roule sans glisser jusqu'à , soit , un anneau seulement jusqu'à .
Une sphère pleine () est lâchée sur une pente inclinée de , avec un frottement suffisant pour rouler sans glisser. Calculez l'accélération de son centre en m/s² ( m/s²).
Glissement puis roulement: la boule de billard
Lorsqu'un solide est lancé avec une vitesse qui ne satisfait pas , il glisse d'abord, et le frottement cinétique le ramène vers le roulement sans glissement.
Yo-yo et bobine
Remettez dans l'ordre les étapes de la démonstration dynamique de l'accélération d'un solide roulant sans glisser sur une pente.
Glissez les éléments pour les mettre dans le bon ordre
- Imposer la condition de roulement sans glissement , d'où avec
- Écrire le théorème du moment cinétique en , où seul le frottement a un moment:
- Vérifier a posteriori la condition de non-glissement avec
- Projeter le théorème du centre de masse le long de la pente:
- Éliminer entre les deux équations et résoudre:
- Isoler le solide et dessiner les trois forces: poids en , réaction normale et frottement statique au point de contact, dirigée vers le haut de la pente
Statique du solide
Conditions d'équilibre
Démonstration. D'après les théorèmes 10.1 et 10.2, et équivalent à et ; partant du repos, le solide reste alors immobile. Montrons que le point de calcul du moment est libre. Pour deux points et quelconques,
Si , alors : le moment résultant ne dépend pas du point. En particulier pour tout dès que , et réciproquement.
Cette liberté est précieuse: on choisit le point de façon que le plus grand nombre possible de forces inconnues y aient un moment nul (leur ligne d'action passe par ), ce qui découple les équations.
L'échelle contre un mur
Une échelle homogène est appuyée contre un mur lisse sur un sol de coefficient de frottement statique . Quel est l'angle minimal (en degrés) qu'elle doit faire avec le sol pour ne pas glisser, personne ne se trouvant dessus?
Pont-levis, grue et contrepoids
Stabilité de l'équilibre
Pour un solide posé sur un plan, la règle est géométrique: l'équilibre existe tant que la verticale du centre de masse tombe à l'intérieur de la base de sustentation (le polygone convexe enveloppant les points d'appui), et il est d'autant plus stable que le centre de masse est bas et la base large. Un cône posé sur sa base est stable, sur sa pointe instable, couché sur sa génératrice indifférent. Le funambule abaisse son centre de masse avec son balancier; une voiture de course a un centre de masse à 30 cm du sol, un camion chargé à près de 2 m.
Rotation dans l'espace: le tenseur d'inertie
Jusqu'ici, nous avons écrit comme si le moment cinétique était toujours parallèle au vecteur rotation. Le chapitre 9 avait pourtant prévenu: le théorème 9.4 ne donne que la composante le long de l'axe, et pour une roue mal équilibrée n'est pas parallèle à . Cette section dit exactement quand et sont parallèles, comment calculer quand ils ne le sont pas, et pourquoi c'est l'affaire des ingénieurs qui équilibrent les roues de voiture, les rotors de turbine et les tambours de machine à laver.
Moment cinétique d'un solide autour d'un point fixe
Considérons un solide qui tourne autour d'un point fixe avec le vecteur rotation (direction quelconque), ou bien le mouvement d'un solide libre autour de son centre de masse, avec et les vitesses relatives du théorème 10.2. Le point , de position , a la vitesse d'après (10.1). Avec la formule du double produit vectoriel ,
Le second terme montre d'emblée que n'a aucune raison d'être parallèle à : il ajoute à des vecteurs dirigés selon les positions . En revanche, dépend de : en composantes, , et de même pour et . Une application linéaire se représente par une matrice.
Démonstration. La relation (10.10) est le calcul qui précède la définition 10.5, écrit pour les trois composantes. Pour l'énergie, . Par la propriété du produit mixte avec , et , chaque terme vaut , et la somme donne . Enfin, pour , le solide tourne autour de l'axe et le chapitre 9 donne ; en comparant avec , on obtient .
Retrouvons le chapitre 9. Pour une rotation autour de l'axe , et (10.10) donne
La composante axiale est exactement le théorème 9.4. Les composantes transversales, proportionnelles aux produits d'inertie et , sont celles que le chapitre 9 avait laissées de côté: elles sont nulles si et seulement si est parallèle à l'axe de rotation.
Axes principaux d'inertie
Démonstration. La matrice est réelle et symétrique. Le théorème spectral (cours d'Algèbre linéaire) affirme qu'une telle matrice possède une base orthonormée de vecteurs propres, dans laquelle elle est diagonale; ses valeurs propres sont les moments d'inertie par rapport aux axes correspondants, , où est la distance de à l'axe . Dans cette base, (10.10) et (10.11) prennent la forme diagonale annoncée. Enfin, signifie pour un réel , c'est-à-dire que est un vecteur propre; si les valeurs propres sont distinctes, les seuls vecteurs propres sont les multiples de , et .
Lorsque deux moments principaux sont égaux, par exemple , toute direction du plan est un axe principal; lorsque les trois sont égaux, toutes les directions le sont, et pour toute rotation. En pratique, on trouve presque toujours les axes principaux sans diagonaliser, par la symétrie.
C'est ce résultat qui justifie toutes les formules des chapitres 9 et 10: une roue qui tourne autour de son axe, un cylindre qui roule, un gyroscope qui tourne vite autour de son axe de symétrie tournent tous autour d'un axe principal. Lorsque ce n'est plus le cas, le vecteur n'est plus porté par l'axe de rotation et il tourne avec le solide, comme le montre la figure 10.3.
Un solide mal équilibré: couples sur les paliers
Si un solide tourne à vitesse angulaire constante autour d'un axe fixe, son tenseur d'inertie dans un repère lié au solide est constant, et donc aussi par rapport au solide. Dans le référentiel fixe, un vecteur lié à un solide en rotation varie comme les vecteurs de base au chapitre 2 (2.21): . Le théorème du moment cinétique exige alors un moment extérieur
nul si et seulement si , c'est-à-dire si l'axe de rotation est un axe principal. Ce moment, perpendiculaire à l'axe et qui tourne avec le solide, ne peut venir que des paliers.
Démonstration. Écrivons avec , et . Chaque élément de est une somme de termes quadratiques en les coordonnées de ; en développant, les termes croisés, linéaires en , disparaissent après sommation, exactement comme dans la démonstration du théorème 9.5. Il reste les termes en seul, qui forment , et les termes en seul, qui forment le tenseur d'inertie d'un point de masse placé en , .
Les éléments diagonaux redonnent le théorème 9.5 ( est le carré de la distance entre les deux axes parallèles à ). Les produits d'inertie, eux, sont modifiés dès que a deux composantes non nulles: un axe principal en n'est en général plus principal en un autre point. Une roue parfaitement équilibrée mais montée excentrée sur son arbre ( perpendiculaire à l'axe) reste sans produit d'inertie selon l'axe et ne subit «que» la force tournante du balourd statique; une roue voilée (axe de révolution incliné sur l'arbre) a un produit d'inertie et subit un couple, comme l'haltère.
Une plaque rectangulaire homogène, non carrée, tourne à vitesse angulaire constante autour d'un axe passant par son centre. Pour lequel de ces axes le moment cinétique n'est-il pas parallèle à , de sorte que les paliers subissent un couple tournant?
Une haltère formée de deux masses de kg aux extrémités d'une tige sans masse de m de long est soudée en son milieu sur un arbre, en faisant l'angle avec lui. L'arbre tourne à rad/s. Calculez le moment (en N·m) que les paliers doivent exercer sur l'arbre.
Gyroscope et précession
Le moment cinétique d'une roue rapide
Une roue de moment d'inertie tournant à la vitesse angulaire autour de son axe possède le moment cinétique , dirigé le long de l'axe, puisque l'axe d'un solide de révolution est un axe principal d'inertie (théorème 10.9). Si est grand, est grand, et la loi implique qu'un moment de force donné ne modifie la direction de l'axe que lentement: l'axe d'une roue rapide est «rigide». C'est le principe du gyroscope, dont le comportement, contraire à l'intuition, découle pourtant directement du théorème du moment cinétique.
Démonstration. Les forces extérieures sont le poids en et la réaction du pivot en . Cette dernière a un moment nul en , point fixe; le moment du poids vaut , vecteur de norme , perpendiculaire à l'axe (figure 10.4). Le théorème du moment cinétique en s'écrit , avec dirigé le long de l'axe. Comme est perpendiculaire à , la variation est perpendiculaire à : la norme de ne change pas (), seule sa direction tourne, et elle tourne dans le plan horizontal puisque est horizontal. Pendant , l'extrémité de décrit l'arc sur un cercle de rayon , ce qui correspond à l'angle . La vitesse angulaire de précession est donc , constante. Sous forme vectorielle, avec , on vérifie que : l'équation du mouvement de est celle d'un vecteur de norme constante en rotation uniforme autour de la verticale.
L'approximation néglige le moment cinétique dû à la précession elle-même, de l'ordre de avec le moment d'inertie par rapport à la verticale: elle est légitime si , ce que l'on appelle l'approximation gyroscopique. Le résultat (10.12) montre qu'elle est auto-cohérente pour grand, puisque décroît comme . On démontre à l'exercice 10.6 que ne dépend pas de l'inclinaison de l'axe. Le comportement du gyroscope est paradoxal au premier abord: on s'attend à ce que la roue tombe, et elle se déplace . Il n'y a pourtant aucun mystère: la force est bien verticale, mais c'est le qui compte pour la rotation, et le moment d'une force verticale est horizontal.
Stabilité gyroscopique et applications
Le mouvement complet d'une toupie ou d'un gyroscope, sans l'approximation , fait apparaître, superposée à la précession, une oscillation rapide de l'inclinaison de l'axe, la nutation; sa théorie (Euler, Lagrange) dépasse le cadre de ce cours.
Le disque d'un gyroscope pesant ralentit progressivement à cause du frottement des paliers. Comment évolue la vitesse de précession , tant que l'approximation gyroscopique reste valable?
Chocs et rotation
Conservation du moment cinétique lors d'un choc
Lors d'un choc, les forces de contact sont très grandes pendant une durée très courte. Comme au chapitre 5, on néglige pendant cette durée les forces ordinaires (poids, frottement) devant les forces de choc. Si le solide est monté sur un pivot fixe , la force du pivot est elle aussi une force de choc, mais son moment en est nul: le moment cinétique par rapport au pivot est conservé pendant le choc, alors que la quantité de mouvement ne l'est pas. Le choix du point est donc dicté par la géométrie.
Le centre de percussion
Qui a frappé une balle avec une batte ou planté un clou avec un marteau sait qu'il existe un point de l'outil où l'impact ne «pique» pas les mains: le centre de percussion. La statique du choc l'explique.
Démonstration. Pendant le choc, le solide reçoit la percussion au point d'impact et la percussion du pivot (toutes deux perpendiculaires à , prises dans le même sens). Les théorèmes du centre de masse et du moment cinétique en , intégrés sur la durée du choc, donnent
la percussion du pivot n'ayant pas de moment en . Comme le solide tourne autour de , . En éliminant ,
qui s'annule si et seulement si . Pour la tige, et donnent .
Pour , est de sens opposé à (le pivot retient le solide); pour , il est de même sens. D'après le théorème de Huygens–Steiner, , donc : le centre de percussion est toujours au-delà du centre de masse. Une batte de baseball frappée à son centre de percussion ne transmet aucune secousse aux mains (c'est le ); un marteau bien conçu a sa tête au centre de percussion par rapport au poignet; et le point d'impact du marteau du pendule de Charpy (essai de résilience) est placé au centre de percussion pour que l'axe ne subisse aucun effort. Remarquez enfin que est aussi la longueur du pendule simple synchrone du pendule pesant (chapitre 7): ce n'est pas un hasard, les deux calculs font intervenir le même rapport .
Synthèse
- Le mouvement d'un solide se décompose en la translation de son centre de masse, régie par , et une rotation autour de , régie par , valable même si accélère. En mouvement plan: . L'énergie cinétique vaut (König).
Un anneau, un cylindre plein et une sphère pleine, de masses et de rayons différents, sont lâchés en même temps du haut d'une même pente et roulent sans glisser. Dans quel ordre arrivent-ils en bas?
Exercices
Vous pouvez afficher le corrigé directement sous chaque énoncé après avoir cherché la solution.
Un cycliste et son vélo ont une masse totale de kg (roues comprises). Chaque roue, de masse kg et de rayon m, est assimilée à un anneau. Le vélo roule à km/h sur une route horizontale.
- Calculer la vitesse angulaire des roues et l'énergie cinétique (translation et rotation) de l'une d'elles.
- Calculer l'énergie cinétique totale du système et la fraction due à la rotation des roues.
- Le cycliste remplace ses roues par des roues de kg. De combien l'énergie cinétique à km/h diminue-t-elle? Comparer avec l'effet d'une perte de kg sur le cadre.
Un solide de révolution inconnu (masse , rayon ) est lâché sans vitesse en haut d'une pente inclinée de et longue de m. On mesure sa vitesse en bas: m/s. On suppose qu'il roule sans glisser.
- Déterminer le coefficient et identifier la forme du solide.
Une poutre horizontale homogène de masse kg et de longueur m est articulée à un mur en . Un câble, fixé à la poutre à m de et au mur au-dessus de , fait un angle de avec la poutre. Une enseigne de masse kg est suspendue à l'extrémité libre de la poutre.
Une boule de billard (masse , rayon , ) est frappée horizontalement par la queue en un point situé à la hauteur au-dessus de son centre. La percussion est très brève, de sorte que le frottement du tapis est négligeable pendant le choc.
Une plaque mince homogène de masse kg, de côtés m et m, est soudée sur un arbre qui passe par deux coins opposés: l'arbre est porté par la diagonale, longue de m, et les paliers sont placés à ces deux coins. L'arbre tourne à rad/s. On prend le centre de la plaque pour origine, parallèle au côté , parallèle au côté et perpendiculaire à la plaque.
Un gyroscope est constitué d'un disque de masse et de moment d'inertie par rapport à son axe, tournant à la vitesse angulaire , monté sur un axe sans masse dont l'extrémité repose sur un pivot. Le centre de masse est à la distance de , et l'axe fait l'angle avec la verticale ascendante (pour , l'axe est horizontal). On note le vecteur unitaire de l'axe, orienté de vers , et l'on admet l'approximation gyroscopique .
Références
- Gruber, C. et Benoit, W., Mécanique générale, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, chap. 12–14 (dynamique du solide, gyroscope).
- Halliday, D., Resnick, R. et Walker, J., Physique 1 – Mécanique, Chenelière Éducation, Montréal, chap. 11–12 (roulement, moment cinétique, équilibre).
- Benson, H., Physique I – Mécanique, De Boeck, Bruxelles, chap. 12–13.
- Kleppner, D. et Kolenkow, R. J., An Introduction to Mechanics, 2e éd., Cambridge University Press, chap. 7–8 (rigid body motion, gyroscopes).
- Young, H. D. et Freedman, R. A., University Physics, 15e éd., Pearson, chap. 10–11.
- Feynman, R. P., Leighton, R. B. et Sands, M., Le cours de physique de Feynman – Mécanique 1, Dunod, Paris, chap. 20 (rotation dans l'espace, gyroscope).